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Si tu lis dans mes pensées,
Est-ce que j'écris dans les tiennes ?
Dans nos veines l'encre s'est effacée,
Il y reste un goût de Verlaine.

Les rimes autour de ma raison
S'invitent en cœur à prendre l'air
Et tournent les pages de ma passion,
Que pourrait parapher Baudelaire.

Des salves de cartouches usées
Tracent la ligne d'horizon
Sur laquelle viennent se percher
Quelques funestes oraisons.

Dans la candeur d'un paragraphe,
La muse échappe à son auteur
Et de loin Lilith s'esclaffe
De voir les hommes croire en leur cœur.

La prose s'écrit sans prétention
Et les plumes volent vers l'émotion.
Expiration, inspiration...
La mienne redessine sa nation.

Gardiens d'un idéal complice,
Envieux de croire en l'évidence,
S'évertuent sans peine mes vices
À démanteler la balance.

Chargée d'alcool ou de parfum,
Cherchant en vain le pur dosage,
Alchimie mère de mots marins
Sur l'océan des blanches pages.

Apollinaire, grand capitaine,
Navigue en mer de poème.
Ses maux étaient mats de misaine,
Desquels nous scrutions nos bohèmes.

Chacun retrouve dans un aveu
Un échantillon de son antre
Et il se peut qu'un de mes nœuds
Soit quelque part là dans ton ventre.

Lis dans ma tête ! Mes images
Sont un veto à tes adieux.
Si tu sens écrire mes pages,
C'est ma main qui remplit tes yeux.

Et n'oublie pas qu'au bout du monde
Vogue un trois-mâts nommé enfance,
Et si tu ne vois rien à la ronde,
L'essentiel est que tu m'y penses !