Hermine Maplume

Lauréat
Grand Prix Printemps 2013

Un soir d’août, on vit une voiture étrangère se garer précipitamment sur la place du village, devant le bar-tabac qui avait été déserté presque un an auparavant par ses anciens propriétaires. Un couple d’une quarantaine d’années en sortit, suivi de deux enfants, et bientôt d’une succession de paquets et de valises qui semblaient avoir été préparés dans l’urgence. Depuis les fenêtres de la place, on regarda ces nouveaux venus s'engouffrer dans le petit commerce abandonné, où une nouvelle vie semblait se préparer pour eux, entre le comptoir poussiéreux du rez-de-chaussée et l'appartement exigu de l'étage.
Cet épisode anodin suffit à beaucoup pour se perdre en théories sur les implications possibles de l’arrivée d’une famille d’inconnus au village, et plus encore sur les conséquences de la réouverture de l’unique débit de boissons des alentours. Certains se réjouissaient de cet événement susceptible d'arracher le village à son inéluctable endormissement ; d'autres s’inquiétaient du retour prévisible du ballet des mobylettes et de leurs conducteurs éméchés.

Quelques semaines passèrent, offrant à chacun le temps d’apprivoiser cette nouveauté à sa manière. On croisait régulièrement les intrus au marché, dans la rue piétonne, et on échangeait des appréciations plus ou moins bienveillantes sitôt leurs dos tournés. On trouvait que Jean-Marie Morlan avait le visage fermé, le verbe rare, et qu’il paraissait particulièrement taciturne. On constatait que sa femme Marie était à l’inverse excessivement volubile et que ses tenues criardes laissaient présager un comportement digne des mœurs les plus critiquables. La curiosité entretenue autour de leur passé, leur provenance géographique et les raisons de leur établissement au village restait entière, mais on commençait progressivement à accepter leur présence dans le paysage. Il faut dire que leurs enfants, Adrien et Hermine, étaient singulièrement polis et qu'on remarquait si peu leur existence qu'il était difficile de trouver quoi que ce soit à leur reprocher.
Les vacances d’été parvinrent finalement à leur terme. Le bar-tabac fraîchement rénové ne tarda pas à rouvrir, et le ballet des curieux et des mobylettes ne se fit pas attendre.

Le matin du 4 septembre, Cécile Berléand attrapa d'une main fébrile son cartable de cuir noir et quitta son appartement pour se rendre à sa toute première rentrée des classes. À l'instant précis où elle passa la grille de l'école communale, elle pensa au nombre incalculable de fois où elle avait imaginé ce moment, anticipant le regard de ses nouveaux collègues, imaginant les couloirs délabrés qui constitueraient son décor quotidien, craignant par-dessus tout les visages grimaçants et moqueurs de ses futurs élèves.
Cécile avait été nommée au village quelques semaines plus tôt, après une réussite inespérée à ce concours qu'elle s'était résolue à tenter par dépit. Depuis, elle vivait cette victoire arrachée de peu comme une imposture flagrante, se demandant à quel moment celle-ci allait éclater aux yeux de tous.
En montant l'escalier qui menait à sa salle de classe, elle repensa à son père, qui l'avait vue partir en lui lançant d'un sourire mauvais que jamais elle n'aurait pu trouver profession plus inepte. Quant à sa mère, elle avait accueilli la nouvelle avec un rire sans joie, pariant sur la date de démission de sa fille, qu'elle n'avait jamais crue capable de rien. En ouvrant la porte de sa classe, Cécile prit une grande inspiration et se composa un visage de comédienne qui s'apprête à monter sur scène. Elle pénétra dans l'arène en rassemblant tout son courage, déterminée à être en tout point irréprochable. Parmi les petits visages goguenards et encore endormis qui l'attendaient, elle résolut de choisir le plus avenant pour se concentrer sur lui. Au fond de la classe, une minuscule fillette aux yeux écarquillés et aux longs cheveux blonds lui adressa un sourire timide qui lui permit de souhaiter la bienvenue à ses nouveaux élèves avec une relative assurance.

Quelques semaines plus tard, du petit balcon qui prolongeait sa cuisine, José Montès observait le bar-tabac de l'autre côté de la place en fumant sa cigarette. Le soir arrivait trop lentement et José avait besoin d'un whisky, mais il n'y en avait plus chez lui. Il n'y avait d'ailleurs plus grand-chose chez lui, pas même de femme.
Un matin de juillet, il s'était réveillé avec une gueule de bois monumentale ; en titubant jusqu'à sa cuisine pour se faire un café, il avait lentement pris conscience que le silence autour de lui était tout à fait inhabituel. Il avait alors fait un effort considérable pour complètement ouvrir les yeux et s'était rendu compte que Katia était partie. Katia, et toutes ses affaires. Envolées. Depuis ce jour, il passait des journées entières assis sur son petit balcon à boire du whisky, laissant ses yeux se perdre sur la place, en se demandant encore et encore ce qui avait bien pu se passer cette nuit-là. Il cherchait péniblement dans sa mémoire, et des bouts de phrases, des éclairs de scènes brutales lui revenaient par bribes. Il s'épuisait à rassembler les pièces du puzzle et en avait perdu le sommeil. Il n'avait plus jamais remis les pieds dans son atelier.
José écrasa sa cigarette et se leva, décidé à traverser la place pour se faire servir son whisky. Ses yeux s'arrêtèrent sur la fenêtre d'en face, à l'étage du bar-tabac. Derrière la vitre, on distinguait une frêle silhouette avec de longs cheveux qu'une main empoignait énergiquement. Elle était secouée avec tellement de force qu'il semblait à José qu'il allait bientôt voir la tête se séparer du corps. Il crut discerner quelques cris que l'on cherchait à étouffer, puis il entendit un grand claquement sec. Une mobylette passa en pétaradant pour se garer sur la place. José n'entendit alors plus rien. Il repensa à la terrible scène avec Katia qu'il essayait si fort de reconstituer. Son regard s'embruma à nouveau et, allumant une nouvelle cigarette, il attrapa sa veste et sortit.

Au comptoir du bar-tabac, Marie Morlan, trop maquillée, servait autant de verres aux clients avachis en face d'elle qu'à elle-même. Son regard alangui par l'alcool et une fatigue probablement ancienne se promenait avec une impérieuse résignation sur la salle du café. Elle s'adressait à certains avec une voix caressante, à d'autres avec condescendance, comme si elle pardonnait aux premiers et reprochait aux seconds la médiocrité de son existence. Près d'elle, son mari s'agitait, changeait des fûts de bière, distribuait de pâles poignées de main, se risquait de temps à autre à proposer une partie de dés.
Quand ils rentraient de l'école, courbés sous des cartables disproportionnés, les deux enfants saluaient chaleureusement les habitués, quasiment considérés comme des membres de la famille. Du haut de ses onze ans, Adrien avait parfois le droit de rester un peu auprès de sa maman et de l'aider en rendant la monnaie ou en ramassant les verres vides. Hermine, plus réservée, glissait comme une ombre jusqu'à l'escalier qui menait à l'étage. Son père la regardait passer sans la voir, et on surprenait parfois chez sa mère un œil froid et réprobateur, qui l'engageait à disparaître le plus tôt possible de sa vue. Marie riait en remarquant les mines vaguement indignées autour d'elle, et rétorquait d'un air péremptoire qu'un bar n'était pas un endroit où traîner pour une petite fille « comme il faut ».
Quant José eut traversé la place pour commander son whisky, il fut accueilli par Adrien qui prit fièrement sa commande sous le regard couvant de sa mère. Il sirota son whisky d'un air triste et Morlan, qui le remarqua, lui proposa une partie de dés avec une gentillesse maladroite. José accepta et ils parlèrent du village, de l'hiver qui arrivait et du départ de Katia qui était connu de tous.
Quand José se vit offrir un second whisky après avoir remporté la partie, il demanda :
— Elle est pas là ta gamine ? Encore à l'école ?
Morlan eut l'air de chercher quelques secondes de quoi son camarade pouvait bien parler. Se ressaisissant, il répondit abruptement :
— Oh ! Elle ! C'est connerie sur connerie. Elle est punie, là-haut. Ça nous fait des vacances.
José observa Morlan un instant. Son cerveau fatigué se concentra sur une zone d'ombre naissante et embraya par habitude sur la soirée où Katia était partie. Il se demanda si elle avait déjà ressenti l'envie d'avoir un enfant avec lui... Si, peut-être, c'était encore une de ces choses qu'il n'avait pas su voir. Il se rembrunit et vida son verre d'un trait.

On approchait de la fin novembre et cela faisait plusieurs jours que Cécile Berléand n'avait pas vu à l'école la petite fille aux grands yeux et aux longs cheveux blonds dont le sourire encourageant lui était si précieux. En plus de se sentir un peu plus seule et démunie, elle trouvait cela étrange, car aucune explication n'avait été donnée à cette absence. La veille, elle avait fini par téléphoner aux parents, qui avaient répondu avec désinvolture que leur fille était malade et qu'elle reparaîtrait bientôt.
En entrant dans sa classe, elle jeta un coup d’œil machinal à la petite chaise vide et commença son cours d'une voix blanche.
Quelques jours plus tard, la fillette revint enfin. Cécile l'accueillit chaleureusement et Hermine l'embrassa avec un enthousiasme presque trop marqué. Cécile l'observa du coin de l’œil pendant tout l'exercice du matin. Elle trouvait son petit corps amaigri et ses yeux bizarrement gonflés. Ses vêtements ne lui paraissaient pas très propres et elle en vint à se demander avec une certaine inquiétude ce qui avait bien pu la retenir loin de l'école si longtemps.
Quand la cloche sonna et qu’Hermine lui apporta sa copie, Cécile remarqua ses petits poignets bleuis. Elle lui demanda avec douceur ce qui s'était passé et si tout allait bien. Hermine rougit violemment, puis eut un petit rire nerveux :
— C'est pas grave, Maîtresse, je suis tombée dans l'escalier ! Je tombe tout le temps, moi !
La fillette sortit en courant dans un éclat de rire forcé, laissant Cécile mal à l'aise devant une copie excessivement raturée.

« Je m'appelle Hermine. J'ai huit ans.
Quand je serai grande, je voudrais être artiste-peintre et devenir célèbre dans le monde entier, même à Paris.
Mon papa sera très fier de moi, et ma maman aussi. Elle ne sera plus jamais triste, ni en colère. Pour mon grand frère, je peindrai des paysages magiques avec des dragons et des cosmonautes parce qu'il aime bien ça.
Si je suis sage, Papa m'emmènera au centre commercial et on achètera de la peinture qui se lave avec de l'eau, parce que Maman aime pas quand il reste des traces.
En attendant, j'ai des crayons et je fais des portraits. Un jour, je ferai un dessin pour toi Maîtresse, et tu seras contente parce que dessus tu n'auras plus l'air d'avoir peur comme des fois quand tu me regardes. Je te montrerai comment on fait pour ne pas avoir l'air d'avoir peur, tu verras, c'est facile. »

Cette nuit-là, le sommeil de José fut particulièrement agité. Il se tournait et se retournait dans son lit, sursautant et se réveillant par intermittence. À plusieurs reprises, les cris et la voix de Katia s'étaient mêlés à d'autres cris plus aigus, à des bruits sourds et à des râles dont il ne parvenait pas à distinguer s'ils faisaient partie de son cauchemar ou s’ils s'y greffaient.
Au matin, il se leva péniblement, alla fumer sa première cigarette sur le balcon et observa le rideau de fer du bar-tabac qui se soulevait dans un crissement. Il vit en sortir les deux enfants Morlan avec leurs gros cartables. Le petit garçon avançait d'un pas vif et il semblait presser sa petite sœur qui traînait derrière lui. En la regardant plus attentivement, José remarqua qu'elle pleurait sans bruit et qu'elle boitait légèrement. Leurs regards se croisèrent. José se ressaisit et hasarda un sourire et un petit coucou de la main. Le minuscule visage d'Hermine s'éclaira et elle lui rendit son signe. Son frère la saisit alors brutalement par le bras et ils disparurent au coin de la rue.
José passa la journée à chasser de son esprit épuisé les cris et les images mélangées qui y survenaient. Il parvint à faire des courses, à discuter avec les autres clients du bar-tabac, et même à gagner quelques parties de dés contre Morlan qui se montrait de plus en plus sympathique et bienveillant envers lui. C'était un chic type, Morlan. José se disait parfois qu'il n'avait rien connu de plus ressemblant à de l'amitié depuis bien longtemps.
Quand les enfants rentrèrent de l'école, il jeta un regard furtif à Hermine et remarqua avec soulagement qu'elle avait l'air joyeux. Elle s'avança fièrement vers lui et lui tendit une feuille de papier, qu'il prit gentiment. C'était un dessin. José, troublé, lui demanda un peu gauchement si elle aimait dessiner et elle lui répondit avec un aplomb étonnant qu'un jour elle serait une grande artiste, d'autant que le matin même, sa maîtresse lui avait offert une boîte à aquarelle. Elle lui fit un grand sourire et disparut dans l'escalier.
José regarda le dessin : il le représentait, lui, perché sur son petit balcon et tenant à la main un gigantesque verre rempli d'un liquide doré.
Il commanda un café. Quand il rentra chez lui ce soir-là, il ressortit ses outils pour la première fois depuis des mois et les considéra un court instant. Ensuite, il prit un carnet de croquis et entreprit d'ébaucher un plan simple pour la fabrication d'un petit chevalet en bois.

À la mi-décembre, Cécile Berléand décrocha son téléphone. Elle repensait à tout ce qui l'avait mise sur cette piste obsédante dont elle n'arrivait plus à s'écarter : les absences de la petite Hermine, les mots d'excuse expliquant ses blessures d'une manière qui aurait été plausible si elles n'avaient pas été si nombreuses... L'appel bascula sur une boîte vocale qui annonçait que l'assistante sociale était en congés jusqu'à la fin de l'année. Cécile laissa un message court et confus, demandant à être rappelée.
En sortant de son tiroir de quoi rédiger un courrier, elle pensa à ses propres parents. Elle se rappela ces petites phrases mesquines envoyées à table l'air de rien, qui se fichent dans l'estomac plus sûrement qu'une lame bien affûtée. Elle se remémora les scènes de ménage toujours plus violentes, les insultes toujours plus cruelles. Elle se revit, elle, tremblante et cachée en haut de l'escalier de la maison familiale, guettant le cri de trop, terrorisée à l'idée que si elle ne pouvait rien empêcher, elle devrait au moins réagir à temps si le pire advenait.
Le film se déroulait toujours dans sa tête quand la lettre qu'elle écrivait parvint à sa conclusion : suspicion de maltraitance, demande de rendez-vous avec le médecin scolaire, alerte des services sociaux. Elle la relut et ce résumé solennel de ces soupçons lui parut soudain extraordinairement irréel. Elle pensa au petit Adrien qui avait l'air d'aller parfaitement bien, lui. Elle songea également à sa propre inexpérience et à sa tendance personnelle, excessive sans doute, à transposer sur les autres les fantasmes de violences familiales qui la hantaient depuis l'enfance. Elle s'efforça de se détendre et de voir les choses d'une autre manière, posément. L'étendue dramatique des conséquences qu'aurait ce courrier, si elle se trompait, lui apparut progressivement dans toute son absurdité. Elle frémit en imaginant la police débarquer sur la place du village, les enfants placés en famille d'accueil, séparément. Une famille brisée, des parents accusés à tort, sa mise au ban par la hiérarchie. Son père, qui ne manquerait pas de l'humilier plus cruellement que jamais. Sa mère, qui se moquerait une fois encore de sa sensiblerie et de sa manière pathologique de voir des victimes partout pour mieux s'y identifier.
Elle relut encore et encore sa lettre et en vint à se dire qu'elle l'avait écrite trop vite, dans un état émotionnel inadapté, et qu'il valait mieux pour tout le monde qu'elle prenne un peu de recul. Elle retira ses lunettes en respirant profondément, rangea la lettre dans le tiroir et chercha un moyen de se changer les idées.

De son balcon, José avait pu profiter du spectacle de l'arrivée de l'hiver au village. La place déserte s'était progressivement couverte d'un voile blanc et onctueux qui tamisait les quelques rares impacts de la vie quotidienne. Il finissait tranquillement son café brûlant tandis que le jour tombait déjà. On était le 24 décembre, date tant redoutée par les esseulés de ce monde dont José savait parfaitement qu'il faisait partie. Il se demanda furtivement si Katia s'apprêtait à passer Noël en famille ou si, comme lui, elle était seule quelque part à regarder la neige tomber.
Il entra se mettre au chaud et contempla le joli petit chevalet en bois qui trônait au milieu de son salon et qu'il venait tout juste de vernir au pinceau. Il sourit. Il enveloppa l'objet avec soin dans une grande feuille de papier fleuri achetée plus tôt dans la rue principale. Il sortit, son petit paquet sous le bras, et traversa la place.
Lorsqu'il entra, il fut chaleureusement accueilli par Morlan, visiblement ivre et d'humeur joviale. Les clients étaient rares mais saturaient l'espace sonore, pour se réconforter sans doute, pensa-t-il. Marie, en tenue de fête, riait à gorge déployée avec trois hommes pendus à ses lèvres, qui se servaient de grandes rasades de champagne bon marché. Au fond de la salle, José remarqua une timide jeune femme portant de petites lunettes cerclées. Elle était seule, la chaise en face d'elle n'étant occupée que par un gros cartable de cuir noir. Elle semblait triste, mais très absorbée par l'observation des personnes présentes autour d'elle. Elle scrutait Marie avec une attention particulière et on pouvait déceler dans son regard quelque chose comme de la répugnance.
José revint à lui en voyant passer Adrien derrière le comptoir dans un petit pyjama bleu, pour tendre à son père une bouteille qu'il avait réclamée. Morlan la déboucha vigoureusement et en proposa à son ami.
José déclina d'un sourire et lui tendit le petit paquet enveloppé dans son papier fleuri.
— Tiens, c'est pour le Noël de ta gosse. Elle aime bien dessiner, elle m'a dit.
— Ah... ben merci. Fallait pas, tu sais. Une gamine pareille, elle le mérite vraiment pas en plus. On l'a encore envoyée au lit, on la tenait plus. J'lui donnerai demain.
José prit congé le cœur léger, imaginant comme Katia aurait été attendrie par son geste, et pensant à la gamine qui lui ferait peut-être bientôt d'autres jolis dessins.
Au fond de la salle, Cécile, quant à elle, fixait maintenant Morlan d'un œil glacial. Sa main, posée sur la table, trembla.

Au-dessus de leurs têtes, à l'étage, allongée au sol dans une pièce aveugle et verrouillée, la petite Hermine semblait plus chétive que jamais. Plus tôt dans l'après-midi, elle avait été surprise en train de voler une conserve dans un placard, alors qu'elle était privée de repas depuis la veille. À demi-nue, le dos strié de rouge et les yeux si gonflés qu'elle n'aurait de toute façon pas pu les rouvrir, elle s'était endormie en sanglots. Depuis quelques minutes, elle ne respirait plus.

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