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 Société Instant de vie Romance

Facebook : demande d'ajout à la liste d'amis 

Sylvie Loy

Sylvie Loy

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Disponible en :

Facebook, boîte de réception (messagerie privée) de Christian Stablet.
Conversation démarrée mardi 14/01/2014

Béatrice Lourda, 15:06
Salut Christian ! Je suis sur Facebook depuis peu. Et je te retrouve ! Comment vas-tu ? Que deviens-tu ? Je t’envoie une invitation.

Christian Stablet, 21:13
Bonsoir Béa ! En effet, ça fait un bail. Je vais bien, je te remercie. La vie suit son cours, comme pour tout le monde. Je suis marié avec Rachel. Te souviens-tu d’elle ? Nous avons deux enfants. Je suis designer informatique à mon compte depuis une dizaine d’années maintenant. Raconte-moi ton parcours depuis... vingt ans, déjà !

Béatrice Lourda, 21:15
Je suis tellement contente d’avoir de tes nouvelles. De mon côté, je suis fraîchement divorcée. Mon mariage a été un échec pitoyable. La vie avec un routier international n’est pas compatible avec la vie d’une femme en mal d’amour. Un jour, il a fait, à mon insu, un test de paternité et il a découvert que je l’avais trompé. Notre fils n’est pas de lui. Désormais, je suis fixée : sur notre amour et sa paternité aussi. Actuellement, je suis intérimaire. Je vis de petits boulots... Bien entendu que je me souviens de Rachel ! Qui ne se souviendrait pas de Rachel ? Demande donc aux garçons du lycée ! Je me souviens qu’au bahut, elle avait eu le rôle d’Antigone que je tenais tant à décrocher. Tu n’as toujours pas répondu à mon invitation sur Facebook.

Béatrice Lourda, 21:35
Coucou, tu es là ?

Béatrice Lourda, 23:48
Je te souhaite une bonne nuit. Au fait, tu es très beau sur ta photo de profil, tu n’as pas changé depuis le lycée ! J’ai vu qu’on ne vivait pas si loin l’un de l’autre finalement. Je suis si contente qu’on ait repris contact. On s’entendait si bien quand on était ados. Réponds-moi vite. Je t’embrasse très fort Christian.

Béatrice Lourda, mercredi 15/01/2014, 06:50
Bonne journée mon Christian ! Je t’embrasse. Ta Béa.

Christian Stablet, 13:12
Bonjour Béa. En effet, Rachel a bien joué Antigone lorsque nous étions en terminale. Tu étais encore en seconde à l’époque si je me souviens bien. Je suis désolé pour ton mariage. Par contre, Rachel et moi menons une vie harmonieuse avec nos deux enfants. Finalement, l’amour c’est comme un jeu de hasard. Tu referas ta vie, je te le souhaite. Bonne continuation.

Béatrice Lourda, 13:18
Tu as encore oublié d’accepter mon invitation sur Facebook ! C’est vrai que nous n’étions pas dans la même classe, mais déjà, à l’époque, j’avais beaucoup d’admiration pour toi. Combien de nuits ai-je passé à m’imaginer dans tes bras, mon visage contre ton blouson en jean, mes mains dans tes cheveux... J’aimerais vraiment que l’on se revoie.

Béatrice Lourda, 13:26
Tu m’as lue, sans répondre. Je conçois que tu aies besoin de temps pour réfléchir. Ce ne sont pas des retrouvailles à prendre à la légère. Nous avons grandi, nous sommes mûrs désormais pour entamer une relation plus aboutie. Je conçois aussi le fait que tu veuilles l’annoncer à Rachel. Tu as toujours été si honnête. Prends ton temps mon Christian...

Béatrice Lourda, 21:00
Mon amour, je me suis renseignée : si je prends le train, samedi, en début de matinée, je peux être près de toi dans la journée. La ligne est directe. Te rends-tu compte que seulement deux heures nous séparent ? C’est étrange ce qui nous arrive... Je pense beaucoup à toi, à nous surtout. J’ai des projets plein la tête. Dylan, mon fils est impatient de te connaître. Il trouve que tu ressembles à Clark Kent, Superman ! As-tu parlé avec Rachel ? Comment réagit-elle ? Tu avais raison, finalement l’amour c’est comme un jeu de hasard. Chacun son tour, on tente notre chance.

Christian Stablet, 23:43
Je vais être franc et forcément vexant avec toi. Il y a une énorme méprise entre nous. Cette conversation n’a pas de sens. Je n’envisage pas et n’ai jamais envisagé de quitter Rachel. Je l’aime. Elle m’aime. Nous nous aimons. Je ne peux pas être plus clair. En effet, tous deux, nous avons repris contact, mais comme deux connaissances qui se donnent de leurs nouvelles par hasard. Rien de plus. Et ça va s’arrêter là. Je ne réponds pas à ton invitation d’ajout à ma liste d’amis, car je pense qu’on a fait le tour de ce qu’on devait se dire. Je te prierai à l’avenir de ne plus m’importuner.

Béatrice Lourda, 23:47
Christian, mon amour, que se passe-t-il ? Ton dernier message est troublant. Je sens que tu es perdu, que tu as peur peut-être. Je peux le comprendre. Ce qui nous arrive est tellement déroutant. Nous sommes faits l’un pour l’autre depuis que nous sommes adolescents. Notre amour est exceptionnel. Il nous faut le préserver et le choyer. Tu es en droit de mener la vie que tu souhaites. Rachel devrait le comprendre si elle n’était pas si égoïste. Sois fort. Pense au bonheur qui nous attend.

Christian Stablet, 23:52
Béa, tu es folle. Tu devrais te faire soigner. Je ne veux plus rien avoir affaire avec toi. Je vais supprimer cette conversation immédiatement et paramétrer mon compte de façon à te bloquer définitivement.

Facebook, boîte de réception (messagerie privée) de Rachel Stablet.
Conversation démarrée mercredi 15 /01/2014

Béatrice Lourda, 23:58
Bonsoir Rachel. Je suis Béatrice Lourda. Nous étions dans le même lycée il y a vingt ans. Nous faisions du théâtre ensemble. J’estime la situation assez problématique pour venir t’en parler ici, sur ce réseau. Disons que c’est par solidarité féminine. Christian, ton mari, que je connais vaguement du bahut aussi, m’a contactée par message privé pour prendre de mes nouvelles. Nous avons un peu écrit sur nos vies. Sans plus. Cependant, le ton a changé quand il a appris que j’étais divorcée. Il s’entête à me revoir. Il s’imagine même une nouvelle vie amoureuse pour rattraper celle qu’il perd avec toi. Christian ne m’intéresse pas et je le lui ai clairement signifié. Mais il s’obstine : Rachel, ton mari me harcèle. Je suis désolée d’interférer ainsi dans ta vie conjugale, mais je ne sais plus quoi faire pour que cette situation cesse. À deux, peut-être trouverons-nous une solution ? Entre femmes...