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L'esprit embrumé

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Paul Ferre

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29 voix

Un homme était assis sur une chaise. Devant lui, un verre entamé et une bouteille de vodka vide. Il a le regard évasif, l’esprit embrumé. Il est chez lui, ce soir et il s’attend à de la visite. C’est justement cette rencontre future qui le tourmente. Comment pourrait-il y faire face ? C’est impossible, il n’a pas le choix, il ne lui reste qu’une solution attendre que l’inévitable arrive.

Il pleure ses larmes, c’est un mélange d’un ressentiment enfoui au plus profond de lui. Un mélange, de dégoût, de haine, de tristesse. Il n’a rien pût faire pour le prévoir, pour l’envisager parce que ce genre de chose ça n’arrive jamais, cela ne devrait jamais arriver. Et, pourtant tandis que l’aiguille de l’horloge et son bruitage incessant fait rage, sa tête et ses pensées se retrouvent martelées, compressées dans les méandres et les brumes de son esprit.

Un grand coup devant la porte d’entrée, il le sait, cette chose est là dans le coin, elle arrive. Elle est déjà venue pour l’autre maintenant c’est à son tour. Oh, il aurait pu utiliser son fusil de chasse et l’aligner mais il savait que c’était vain. On ne pouvait pas résoudre ce genre de dilemme avec une cartouche. Il devait lui rester encore quelques minutes, quelques secondes avant d’y faire face. Le temps de se rappeler, de se remémorer les évènements qui l’on conduit à être là, chez lui, en attendant que ça vienne.

Bizarrement, il se rappelait être au volant de sa voiture, il filait loin dans les airs, il y avait sa femme et son frère et il devait se rendre à une rétroprojection dans la soirée du dernier holofilm sortit La Brume Assassine, un magnifique holofilm d’horreur comme il les aimait.

Il s’était trouvé une bonne position pour pouvoir regarder l’holofilm mais hélas on leur avait gentiment indiqué que la séance n’aurait pas lieu pour cause de soucis technique. La soirée était maintenant clairement tombée et c’est là que Max, son frère leurs avait dit qu’il pourrait faire autre chose à la place. Il connaissait un coin où on s’amusait bien, c’était un peu retiré dans la nature et bien loin des extravagances de la ville. Ils avaient accepté et c’était rendu dans un vieux parc d’attraction.

L’endroit fonctionnait toujours malgré la désertion des employés. Les quelques automates qui parcouraient le parc étaient toujours en état de fonctionnement. Il suffisait uniquement d’utiliser son nanodisque pour pouvoir entrer. Depuis que les nanodisques avaient été greffés directement en tant qu’implant crânien il y a quelques années, la société avait atteint un autre stade d’évolution. Tout y était plus facile comme payer, activer le GPS ou encore téléphoner.

Le truc c’est que ces vieux appareils du parc ne fonctionnait pas aux derniers standards et une sorte de court-circuit c’était produit quand Sally, sa femme l’avait utilisé. Pourquoi elle plus que les autres ? Il ne l’avait pas compris et ne le saurait sans doute jamais. Le fait est qu’une fois le tour de Grande Roue effectué, Sally était devenue comme folle ou possédé et avait dit que des choses sur Max comme quoi ce ne serait pas possible entre eux et qu’elle aurait jamais dût coucher avec lui. C’était incohérent et cela n’avait pas de sens, son frère n’aurait jamais fait ça, si ? En fait, on avait l’impression qu’elle racontait tous ses secrets les plus éhontés. En revanche, malgré la stupeur de la situation, il ne comprenait toujours pas pourquoi elle s’était emparé de cette vieille pelle et avait fracassé le crâne de son frère avec. Il en avait été tétanisé, d’autant que l’horreur ne s’était pas arrêté là. Elle avait d’une manière écœurante arrachée avec sa main l’implant de son frère pour se le greffer ou se la rajouter, c’était un peu flou pour lui.

Il avait tenté de la raisonner mais le mal avait déjà été fait. Quand il avait compris que l’amour de sa vie était devenue une chasseuse, une traqueuse qui désirait qu’une chose son implant. Il n’avait rien pu faire d’autre que s’enfuir au volant de véhicule et rentrer chez lui comme si de rien n’était. Un cauchemar cela ne pouvait être que ça. Il se prendrait un coup de vodka et tout cela serait effacé et rien ne compterait.

« Mon chéri, tu es là ? Laisse-moi rentrer ! »

Le son de sa voix le sortit de cette torpeur, elle était là. Son destin était là. Que pouvait-il faire ? C’était sa femme et il ne pouvait pas lui tirer dessus ! La raisonner ? Cela n’avait pas fonctionné la dernière fois, alors que lui restait-il si ce n’était la mort ? Une mort partagé, il pouvait lui donner son nanodisque même si cela signifiait qu’il mourrait mais alors cela ne serait pas la plus belle preuve de mariage qu’il n’aurait jamais pu lui apporter ?

Une clé tourna dans la serrure, bien évidemment elle savait où était les doubles et il avait été sutpide d ne pas les prendre avec lui. Mais comment réfléchir de manière rationnel quand le chaos et l’alcool embrumé la poindre pensée ? Elle pénétra lentement dans la maison en refermant derrière elle du moins c’est ce qu’il lui semblait. Elle se tenait fermement devant lui. Elle allait abattre la sentence irréprochable.

« Eh bien, mon chéri quelle soirée épouvantable, il y avait tellement de brume, aujourd’hui. Danny, qu’est-ce qu’il y a ? Tu te sens pas bien ? »

C’est à lui qu’elle demandait ça ? Elle qui avait tué son frère dan le parc d’attraction ? Elle, qui avait était une détraquée, une menteuse et qui en plus avait assassinée sauvagement son propre frère ? Oh, mais toute était clair maintenant ! Cette petite dinde s’était suffisamment moqué de lui comme ça, il allait en finir maintenant et tout de suite !

« Hé Sally, pousse-toi de l’entrée, il fait froid dehors ! »

Cette voix, c’était celle son frère ! Comment était-ce possible ? Il l’aperçut alors la vision de l’horreur devant lui son frère ne ressemblait plus à rien. Il était devenu un tas d’immondice sur patte. Ce n’était pas son frère. Il lui ressemblait vaguement mais ce n’était pas son frère. Elle le manipulait comme elle avait fait toute sa vie. Il n’avait jamais eut l’esprit aussi clair que maintenant. Il prit son fusil ne pouvant assumer cette vision plus longtemps et tira deux fois sous les cris de protestations. Les deux étaient étendues par terre sous une gerbe de sang et puis tremblant de peur et de tristesse il retourna le fusil contre lui et mit fin à ces jours.

Pour ma part, en tant que chargé de l’enquête, je clos l’affaire, en faisant remarquer que trois personnes son mortes car le fournisseur d’accès au nanodisque n’a pas été capable de vendre une puce saine à la vente ce qui a rendu son propriétaire fou quand il a bu d l’alcool. C’est une histoire bien triste et il n’a pas été compliqué de revoir les souvenirs de Danny Crawford et ces derniers instants grâce à une analyse de sa puce. J’ai compris que malheureusement le pauvre Danny n’a jamais quitté sa maison ce soir là et tandis qu’il buvait son alcool et que son esprit dérivé, il s’était ni plus ni moins fais un film d’une réalité distordue.

29 VOIX

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Richard Laurence · il y a
Encore un grand bravo pour ce texte !

Il y a, dans cette finale, des textes de moins bonne qualité, mais le système de votes est ce qu'il est et cela fait partie du jeu... Ce système est un bon système parce qu'il récompense les gens qui votent et font des commentaires sur les textes mais il a aussi un effet pervers : il ne reflète pas réellement les goûts du public.

Je vous invite donc à venir prolonger le plaisir en participant à la "sélection du public" du Festival Off, sur le forum : http://short-edition.com/fr/forum/la-fabrique/imaginarius-2017-le-festival-off

Que la fête continue et longue vie au prix Imaginarius !

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Richard Laurence · il y a
Un très beau texte !
Si vous souhaitez un commentaire précis et argumenté, n'hésitez pas à demander et, de même, ne vous gênez pas pour venir commenter, critiquer ou même détester ma "Frontière de brumes"...

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Pascal Depresle · il y a
Un bon texte. Je trouve, si je puis émettre une réserve, malheureuse la formule "tas m'immondices sur pattes" même si on a l'image toute de suite sous les yeux. Dommage, ça nuit à l'ensemble qui est bien écrit et harmonieux. Mes votes de soutien, et j'espère plus d'exposition. Peut-être aimerez vous "L'héroïne" "Tata Marcelle" ou "Le Grandpé".
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Coraline Parmentier · il y a
Joli écrit , vous avez mes voix et mes sincères encouragements !
Si mon royaume embrumé vous intéresse pour continuer votre voyage, c'est par ici... (au cas où vous ne l'auriez pas lu)
http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/le-royaume-dans-la-brume

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Yann Olivier · il y a
J'aime. Je vote. 5 voix.
Je suis aussi en compétition ; http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/ainsi-soit-il-2

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