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La petite mort

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J'ai tellement hâte qu'il m'attrape! 23h passées et toujours rien ! Pourtant, comme toutes les autres, je suis à ses pieds. Et dire qu’il ne pourrait faire qu’une seule bouchée de moi. Mais, rien. Tout ce qu'il fait c'est me couvrir de cadeaux. C'est bien gentil tout ça mais je passerais bien à la casserole moi! Je n'ai pas fait toutes ces heures d'avion pour rien, bordel !
 A vrai dire, je crains qu'il me préfère une plus jeune et moins amère que moi. J’ai bien peur d’être trop mûre pour lui.
A moins qu'il...ne nous prenne toutes en même temps?
Je me sentirais tellement tarte...
Mais ce soir, je le sens, c’est mon soir. Je me suis habillée d’un parfum fleur d'oranger, comme à Tunis où je laissais, il y a peu encore, le soleil me mordiller de ses rayons, suscitant mes premiers émois, enveloppant ma nudité d'un désir indécent.
J'aimerais tant qu'il succombe à ce parfum enivrant et me supplie d’humecter ses lèvres de ma douceur suave.
"Encore, encore", murmurerait-il.
Je veux qu'il me désire. Moi et pas une autre. Est-ce trop demander? Je veux qu'il me trouve jolie, à son goût, moi qui suis ronde et charnue.
En fait, la vérité, si j’osais l’avouer, c'est que je me languis de ses mains viriles s’attardant sur ma peau dorée, ses mains qui prendraient le temps de me parcourir toute entière. D'abord avec douceur et volupté, puis plus fort, animées d’un désir puissant.
 J'ai presque envie qu'il me griffe. De sentir ses ongles s'enfoncer dans ma chaire. Très fort. J'ai envie de sentir son empressement à m'effeuiller aussi. Je veux qu'il me respire, me susurre des mots sucrés, je veux qu'il me goûte. Et qu'il ressente jusqu'au creux de sa gorge à quel point je le désire.
Je veux sentir sa langue habile dessiner des arabesques sur mes cuisses lisses et tendres. Je veux qu'il les entrouvre. Doucement. Tout doucement.
 Qu'il se délecte de me voir ainsi offerte à lui.
Je veux qu'il me lèche, tendrement, puis en petites lapées bien toniques qui s’accélèrent, qu'il me morde aussi, pourquoi pas...
Je veux me sentir humide sous la pulpe de ses doigts, je veux qu'il joue avec moi et me dévore toujours plus, des yeux et de ses dents audacieuses.
 Quel délice ce serait !
 Je veux atteindre cette petite mort tant espérée.
 Je me consumerai ensuite pour lui, près de la cheminée.
Enfin, dans la cheminée.

L’odeur de mon écorce embaumera la pièce et me survivra quelques instants.

Signé TA Clémentine qui, comme chaque Noel, attend au pied du sapin dans ta chaussure gauche.

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Elo Guti · il y a
D'une sensualité incroyable !... je ne verrai plus les clémentines de la même manière. +1 pour ce fruit-porn
Je vous invite à lire une courte nouvelle, qui cache sa sensualité par contre ^^ http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/pas-de-mariage-a-trois-dommage

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Sofifee · il y a
J'adore.
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Marine Snape Morin'stal · il y a
Je découvre votre texte à l'instant, avec beaucoup de retard j'avoue ^^ mais j'ai pris un plaisir fou à le lire! J'ai adoré! :D
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MissFree · il y a
un vrai guet apens ce texte +1
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CristelD · il y a
Une fin surprenante ! mon texte me semble beaucoup plus léger en comparaison !
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Marie Casanova · il y a
Je l'avoue...Je me suis fait avoir !! +1
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Nicolas Juliam · il y a
C'est la première ligne qui m'a fait lire le texte... mon vote pour l'ambiance charnelle et sucrée qu'on sent venir mais qui rechauffe quand même. A + sur short et bonne continuation à nous pour le concours.
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