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En enfer

Claire

Claire

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Je me trouvais sur une route, au beau milieu de nulle part. Comme dans mes pires cauchemars, la verdure m'entourait, je sentais l'odeur des vaches et voyais un troupeau de moutons à ma droite. Un soleil éclatant m'étourdissait depuis quelques heures. En face de moi, ma mobylette adorée, un véhicule rouge, qui m'avait accompagnée dans tous mes voyages et tous mes trajets.
Je ne me rappelais que vaguement comment j'étais arrivée dans cette situation horrifique. Quelques jours plus tôt, à la suite de l'obtention de mon doctorat, l'anniversaire de mes trente ans me hantait et approchait dans les mois qui venaient. Je me sentais vulnérable, j'avais l'impression d'avoir passé ma vie à suivre le chemin des autres. Logée encore à cet âge dans l'appartement de mes parents, j'avais écrit un rite de passage pour la plupart d'entre nous : la liste de tout ce que je devais faire avant la trentaine. Et ce qui n'était qu'une frustration, du dépit face à la réalité m'a tellement motivée que j'ai décidé de réaliser mon rêve de gamin. Moi, citadine de Lyon, la deuxième plus grande ville de France, sur un coup de tête absurde, j'ai décidé de parcourir toute la France à bord de ma mobylette chérie qu'on m'avait offert à mes dix-huit ans, premier gage de liberté. Sans prévenir personne, sans m'arrêter à des détails, j'ai pris dans mon sac des provisions pour une semaine, quelques bouteilles d'eau et je me suis lancée comme une furie dans ce défi, parcourir toute la France en mobylette. Une semaine plus tard, mon sac vide, ma motivation sacrément baissée, je n'aspirais plus qu'à retourner à mes affaires, et oublier l'instant de folie qui avait précédé cette résolution. Je posais ma mobylette devant moi, et m'assis au beau milieu d'une route déserte.
Où me trouvais-je ? Qu'importait, une route immense se dressait devant et derrière moi. A mes côtés, des moutons bêlaient, mon sac vide me narguait avec une férocité exemplaire. Sans avoir mangé depuis plusieurs heures, sans avoir bu depuis trop longtemps, je sentais mes forces faiblir à chaque instant. Une sensation de faiblesse insurmontable s'empara de moi, je me sentis m'évanouir doucement. J'entendais toujours les bruits des moutons qui se rapprochaient et j'entendis le moteur d'une voiture au loin. Je voulus me redresser, lui demander de me reconduire dans un hôtel, de me fournir à manger et de m'aider. Je tentais d'esquisser un geste mais la fatigue de ces derniers eut raison de moi et je m’effondrais en plein milieu de la route.

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