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De l'autre côté

Florian Covelli

Florian Covelli

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34 voix

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Entrée n°26 du dictaphone de Paul Mabrin, 28 oct. 2017, pièce à conviction :

Me voilà prêt. Resserré par le temps qui me contraint à l’essentiel, je vais raconter les événements qui m’ont conduit dans cette salle obscure...

J’étais en premier lieu dans une petite rue résidentielle, la nuit, tenant une conversation avec un écrivain. Au moment où je lui demande quel est le titre de son nouveau roman qu’il me dit être en train de le terminer, j’aperçois dans le ciel une étoile mouvante. Non pas une étoile filante... mais un curieux petit objet lumineux traînant un fil au bout duquel pendait un autre objet, lui-même d’une nature différente et particulière : il s’allumait par flashes intermittents. Comme si ce minuscule appareil photo était balancé dans les airs par un drone...

Mon camarade écrivain se met à suivre ce curieux appareil volant, inconscient du risque ! Et moi, devinant que nous étions espionnés, voire immortalisés dans une pellicule à des fins brumeuses, je prends la fuite. Je traîne mon écrivain par le bras, lui force à me suivre le long des haies. “Longe les haies, longe les haies !” je lui disais.

On débarque dans une autre rue, plus large, visiblement plus proche du centre du village que celle dans laquelle cette aventure commence, car une multitude de gens paniqués se barricadent chez eux, d’autres prenant la fuite dans toutes les directions. À la vue de cette scène, mon empressement augmente subitement.

Nous nous précipitons dans un bâtiment qui a l’apparence d’un temple oriental, à notre gauche. À l’intérieur, le froid nous envahit. Il fait sombre... Nous cherchons un endroit plus calme pour nous protéger. Mon écrivain prend les devants, passe de pièce en pièce par des portes battantes, et je le suis. Il nous fait passer à droite, à gauche, puis encore à gauche. Ce qui nous amène sur nos pas : le hall d’entrée.

Une personne chargée de l’intendance du temple s’approche de nous, nous accueille et nous demande de le suivre. Je sors mon téléphone portable par réflexe. Je constate qu’il n’y a pas de réseau. L’employé me lance :

“Rangez votre portable, s’il vous plaît, Mabrin.

— Comment vous connaissez mon nom de famille ?”

La suite est floue, je me souviens de luttes sourdes dans l’obscurité, d’un ascenseur. Je me souviens d’une panique constante et paralysante.

La pièce dans laquelle je me retrouve est petite, vulgairement meublée. J’ignore où est mon écrivain, s’il est passé de l’autre côté.

Maintenant que mes yeux se sont adaptés à la pénombre, je distingue parmi les rares meubles un bureau, une chaise, et une machine à écrire... Une antiquité.

Je me lève, marche en direction de la machine, m’assoit. Je constate, avec un effroi inexplicable, une pile de feuilles... Un manuscrit ? Après avoir feuilleté quelques pages, illisibles dans cette salle sans lumière, je tombe sur le titre...

*Bruits indéfinissables, sourds, mouvementés, le dictaphone a l'air de se cogner au sol*

Les forces m’abandonnent une à une... Je viens de me reprendre connaissance... Je vais...

2

Le lendemain on a retrouvé le corps de Paul Mabrin à côté du bureau, les yeux grands ouverts, aucune trace de sang visible sur son corps ou ailleurs, la langue pendante.

L’inspecteur de police a immédiatement été attiré par le manuscrit et son titre : “Depuis l’au-delà”.

Mabrin s’était introduit par erreur dans le bureau de l’écrivain et avait déchiré le mot "FIN" de la page.

En compét

34 VOIX

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Pascal Depresle
Pascal Depresle · il y a
Mes voix pour ce texte. Aimerez vous "l'invitation" et "reflets" ? Ou Tropique dans un tout autre genre.
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Florian Covelli
Florian Covelli · il y a
Merci. ;)
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Jfjs
Jfjs · il y a
Et oui, c'est comme ça !
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Virgo34
Virgo34 · il y a
Un texte plein de mystère et qui suscite beaucoup d'interrogations.
Mon pantoum (Rêve d'ailleurs) est aussi en cavale dans la Matinale. Je vous invite à aller le découvrir.
http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/reve-dailleurs-pantoum

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Elena Hristova
Elena Hristova · il y a
je me suis laissée perdre volontiers dans les méandres de ce rêve mouvementé. mes 5 votes en quête de repères visuels
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Florian Covelli
Florian Covelli · il y a
Merci. ;)
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Patricia Burny-Deleau
Patricia Burny-Deleau · il y a
Toutes les péripéties et la succession de tableaux d'un rêve !
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Florian Covelli
Florian Covelli · il y a
C'est ça ! Merci !
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Coucou!
Coucou! · il y a
Un peu perplexe mais je crois -j'espère?- avoir compris la moitié.
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Florian Covelli
Florian Covelli · il y a
C'est en grande partie inspiré d'un rêve que j'ai fait récemment... auquel j'ai essayé de trouver une fin. Mais je suis d'accord, cette histoire mériterait plus de 6000 signes pour être plus aboutie.
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Arlo
Arlo · il y a
Un excellent polar science fiction. Vous avez les votes d'Arlo qui vous invite à découvrir son poème *j'avais l'soleil au fond des yeux* de la matinale en cavale. Bonne chance à vous. http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/javais-lsoleil-au-fond-des-yeux
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Alice
Alice · il y a
Je n'ai pas tout compris, j'avoue... Mais je vote, vous êtes mignon ;)
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Florian Covelli
Florian Covelli · il y a
Haha, merci ? ^^
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