95 lectures

80 voix

Quand la lune sort de sa brume pour graver les runes de ma ruine
Ce visiteur dans le ciel dont on ne sait s’il est bien mort ou bien en vie
Ressemble à la bruine qui suce mon humeur sous ses canines
Et qui accueille en Valachie mon corps qui va et s’avachit

Quand la viorne ronde et féconde est le perchoir de nos corneilles
Elle rogne nos visions et en une succion elle fait de nous des borgnes
Elle est l’appeau strident qui prend au poète un peu de son sommeil
À regarder la baie du jardin céleste on en oublie les ténèbres qui nous lorgnent

Quand l’obole pour Charon diffuse dans mon verbe des chardons
Je vais tel un ventre gonflé recracher une nuée d’aspérités en souvenir du passé
Quand son image stationnaire a dans l’eau l’aspect de la sagesse de Chiron
Son reflet balnéaire qui ondule m’appelle à m’en délecter et à me délester

Quand apparaît la raison des lycaons libérée de ses haillons
Je vais délicat et translucide veiller dans l’opale d’un voyage astral
Ainsi mon esprit abrite l’Incendie de Troie, est-ce une malédiction ?
Je brûle le jour dans l’urne diurne et jette les cendres en Mer d’Aral

Quand je crève le bulbe onirique ainsi qu’une vesse-de-loup
Je libère en vers des gamètes à faire enfanter cette ronde muette
Elle est l’ovule que j’adule et à qui je trouve plus de goût
Que toutes celles à ma portée qui m’enfument de paroles ineptes

Quand se dévoile dans le fiel la roche qui ricoche la lumière
Elle réveille le poète de son rêve de pesanteur
Pour qu’il dévide la pelote de soi avec apesanteur

Ainsi se révèle dans le ciel la pleine lune mystique
Elle met bas au prophète quantique qui tel le Lévite interdit à l’autel
Gravite extatique dans le giron de sa muse lunatique !

en compét' !

80 VOIX

CLASSEMENT Poèmes

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Bertrand
Bertrand · il y a
des vers obscurs
et nocturnes
qui s'ornent
d'un linceul^^+5

·
Rombel
Rombel · il y a
Merci Bertrand pour ce commentaire en prose qui résume bien le contenu du poème.
·
Bertrand
Bertrand · il y a
Voilà
je n'aurais pas eu la patience de lire la longue explication que tu as fournie aux autres lecteurs.moi j'ai tout compris du premier coup^^hihi

·
Chantane
Chantane · il y a
belle plume, j'aime beaucoup
·
Rombel
Rombel · il y a
Bonsoir,

Merci d’avoir pris le temps de lire ces 26 vers, pas faciles d’accès voire indigestes pour certain(e)s.

Quelques explications :

La lune est source d’inspiration et on l’associe souvent au monde de la nuit. Elle agit sans doute sur notre affect, suivant son cycle. Ce poème est du spleen et donc les images construites autour de l’astre blanc sont volontairement très sombres.

Ainsi je vous emmène dans mon périple, tour à tour :

- en Valachie, pays de vampires, soit le thème du vampirisme et de l’humeur qui change en fonction de la lune.

- voir l’oiseau de présage et de mauvais augure, la corneille, souvent associée au corbeau. Ici la lune est son perchoir : la viorne ronde et féconde (pour l’imagination) dont les fleurs sont blanches comme lune. Voyez l’image de la fleur de viorne sur laquelle serait posée une corneille… Corneille dont le cri est strident et n’a rien de rassurant, d’où « l’appeau strident qui prend au poète un peu de son sommeil », façon de parler de l’insomnie. Corneille qui pourrait vider l’orbite de son œil comme le corbeau, vu le régime alimentaire de cet oiseau… D’où « Quand la viorne ronde et féconde est le perchoir de nos corneilles/Elle rogne nos visions et en une succion elle fait de nous des borgnes ». On pourrait aussi y voir une allusion à Odin, le dieu borgne, qui a perdu un œil, pour acquérir le savoir : « Odin est le dieu principal de la mythologie nordique. Son rôle, comme pour la plupart des dieux nordiques, est complexe, étant donné que ses fonctions sont multiples : il est le dieu du savoir, de la victoire et de la mort. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse ».

- voir Charon et Chiron, figures de la mythologie grecque. Charon est passeur des ombres errantes des défunts sur le fleuve Styx, moyennant une obole, c’est-à-dire un péage, sous la forme d’une pièce qu’on place sur les yeux du défunt. Ici je compare la lune à une obole, pièce qu’on poserait sur mes yeux. Cela signifie pour moi la mort des souvenirs, des regrets et des remords. En quelque sorte je « m’exorcise » par l’écriture si je puis dire… je recrache « des chardons », me purifie de mon passé. Puis, seulement alors, je vois le reflet de la lune dans les eaux calmes. Lune que je compare à la sagesse de Chiron, réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances.

- voir les loups-garous, dont lycaon est un synonyme. Et si j’écris « Quand apparaît la raison des lycaons libérée de ses haillons » c’est que la pleine lune me commande aussi, quand elle apparait grosse, ronde et blanche, dans un ciel dégagé. Et alors je retrouve ma vraie nature, propre à voyager, à divaguer, au plus profond d’une nuit d’insomnie. Alors « Je vais délicat et translucide veiller dans l’opale d’un voyage astral ». L’image renvoie à la pierre précieuse qui semble abriter une galaxie… L’Incendie de Troie est aussi le nom de l’opale aux couleurs de feu qui fût offerte à l’impératrice Joséphine par Napoléon. L’opale est aussi une pierre qui était réputée porter malheur. D’où « Ainsi mon esprit abrite l’Incendie de Troie, est-ce une malédiction ? Je brûle le jour dans l’urne diurne et jette les cendres en Mer d’Aral ». La mer d'Aral est un ancien lac d'eau salée d'Asie centrale presque à sec, aussi désert que la lune qu’on pourrait comparer à un désert de cendres après un incendie… L’idée, ici, est de se purifier, de repartir à zéro. Nouveau cycle, nouvelle vie, nouvelle peau…

- assister à l’éclosion de la production artistique, inspirée par la lune : « Quand je crève le bulbe onirique ainsi qu’une vesse-de-loup
Je libère en vers des gamètes à faire enfanter cette ronde muette
Elle est l’ovule que j’adule et à qui je trouve plus de goût
Que toutes celles à ma portée qui m’enfument de paroles ineptes ». La lune n’est pas une femme comme les autres…

etc.

Enfin quand j’écris « Ainsi se révèle dans le ciel la pleine lune mystique
Elle met bas au prophète quantique qui tel le Lévite interdit à l’autel
Gravite extatique dans le giron de sa muse lunatique ! » je veux dire, entre autres, que je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le lévite est un membre de la tribu sacerdotale de Lévi voué au service du temple pour remplir des offices annexes au culte, sans avoir accès à l'autel. Donc je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le « prophète quantique » est le poète, infiniment petit, qui délivre son message…

·
Artemiss03
Artemiss03 · il y a
Toujours cette écriture fouillée, précise, ou chaque mot est à sa place. Mes voix. Si tu as le temps, je t'invite à me donner ton avis sur 'rendors toi' ma dernière victime en lice
·
Rombel
Rombel · il y a
Bonsoir,

Merci d’avoir pris le temps de lire ces 26 vers, pas faciles d’accès voire indigestes pour certain(e)s.

Quelques explications :

La lune est source d’inspiration et on l’associe souvent au monde de la nuit. Elle agit sans doute sur notre affect, suivant son cycle. Ce poème est du spleen et donc les images construites autour de l’astre blanc sont volontairement très sombres.

Ainsi je vous emmène dans mon périple, tour à tour :

- en Valachie, pays de vampires, soit le thème du vampirisme et de l’humeur qui change en fonction de la lune.

- voir l’oiseau de présage et de mauvais augure, la corneille, souvent associée au corbeau. Ici la lune est son perchoir : la viorne ronde et féconde (pour l’imagination) dont les fleurs sont blanches comme lune. Voyez l’image de la fleur de viorne sur laquelle serait posée une corneille… Corneille dont le cri est strident et n’a rien de rassurant, d’où « l’appeau strident qui prend au poète un peu de son sommeil », façon de parler de l’insomnie. Corneille qui pourrait vider l’orbite de son œil comme le corbeau, vu le régime alimentaire de cet oiseau… D’où « Quand la viorne ronde et féconde est le perchoir de nos corneilles/Elle rogne nos visions et en une succion elle fait de nous des borgnes ». On pourrait aussi y voir une allusion à Odin, le dieu borgne, qui a perdu un œil, pour acquérir le savoir : « Odin est le dieu principal de la mythologie nordique. Son rôle, comme pour la plupart des dieux nordiques, est complexe, étant donné que ses fonctions sont multiples : il est le dieu du savoir, de la victoire et de la mort. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse ».

- voir Charon et Chiron, figures de la mythologie grecque. Charon est passeur des ombres errantes des défunts sur le fleuve Styx, moyennant une obole, c’est-à-dire un péage, sous la forme d’une pièce qu’on place sur les yeux du défunt. Ici je compare la lune à une obole, pièce qu’on poserait sur mes yeux. Cela signifie pour moi la mort des souvenirs, des regrets et des remords. En quelque sorte je « m’exorcise » par l’écriture si je puis dire… je recrache « des chardons », me purifie de mon passé. Puis, seulement alors, je vois le reflet de la lune dans les eaux calmes. Lune que je compare à la sagesse de Chiron, réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances.

- voir les loups-garous, dont lycaon est un synonyme. Et si j’écris « Quand apparaît la raison des lycaons libérée de ses haillons » c’est que la pleine lune me commande aussi, quand elle apparait grosse, ronde et blanche, dans un ciel dégagé. Et alors je retrouve ma vraie nature, propre à voyager, à divaguer, au plus profond d’une nuit d’insomnie. Alors « Je vais délicat et translucide veiller dans l’opale d’un voyage astral ». L’image renvoie à la pierre précieuse qui semble abriter une galaxie… L’Incendie de Troie est aussi le nom de l’opale aux couleurs de feu qui fût offerte à l’impératrice Joséphine par Napoléon. L’opale est aussi une pierre qui était réputée porter malheur. D’où « Ainsi mon esprit abrite l’Incendie de Troie, est-ce une malédiction ? Je brûle le jour dans l’urne diurne et jette les cendres en Mer d’Aral ». La mer d'Aral est un ancien lac d'eau salée d'Asie centrale presque à sec, aussi désert que la lune qu’on pourrait comparer à un désert de cendres après un incendie… L’idée, ici, est de se purifier, de repartir à zéro. Nouveau cycle, nouvelle vie, nouvelle peau…

- assister à l’éclosion de la production artistique, inspirée par la lune : « Quand je crève le bulbe onirique ainsi qu’une vesse-de-loup
Je libère en vers des gamètes à faire enfanter cette ronde muette
Elle est l’ovule que j’adule et à qui je trouve plus de goût
Que toutes celles à ma portée qui m’enfument de paroles ineptes ». La lune n’est pas une femme comme les autres…

etc.

Enfin quand j’écris « Ainsi se révèle dans le ciel la pleine lune mystique
Elle met bas au prophète quantique qui tel le Lévite interdit à l’autel
Gravite extatique dans le giron de sa muse lunatique ! » je veux dire, entre autres, que je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le lévite est un membre de la tribu sacerdotale de Lévi voué au service du temple pour remplir des offices annexes au culte, sans avoir accès à l'autel. Donc je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le « prophète quantique » est le poète, infiniment petit, qui délivre son message…

·
Artemiss03
Artemiss03 · il y a
Mais j'ai senti l'agacement sur un commentaire
·
Rombel
Rombel · il y a
Non pas plus que ça mais j'avais envie de faire un commentaire de texte au lieu de regarder un bon film XD, lol.
·
Artemiss03
Artemiss03 · il y a
:-)
·
Artemiss03
Artemiss03 · il y a
Merci Rombel, mais honnêtement je n'avais pas besoin de toutes ces explications.
·
Rombel
Rombel · il y a
Je l'ai mis à tout le monde comme ça y'a pas de jaloux! je passerai vous voir ce wk. Bonne soirée Artemiss :)
·
Philippe Barbier
Philippe Barbier · il y a
beau texte
·
Rombel
Rombel · il y a
Bonsoir,

Merci d’avoir pris le temps de lire ces 26 vers, pas faciles d’accès voire indigestes pour certain(e)s.

Quelques explications :

La lune est source d’inspiration et on l’associe souvent au monde de la nuit. Elle agit sans doute sur notre affect, suivant son cycle. Ce poème est du spleen et donc les images construites autour de l’astre blanc sont volontairement très sombres.

Ainsi je vous emmène dans mon périple, tour à tour :

- en Valachie, pays de vampires, soit le thème du vampirisme et de l’humeur qui change en fonction de la lune.

- voir l’oiseau de présage et de mauvais augure, la corneille, souvent associée au corbeau. Ici la lune est son perchoir : la viorne ronde et féconde (pour l’imagination) dont les fleurs sont blanches comme lune. Voyez l’image de la fleur de viorne sur laquelle serait posée une corneille… Corneille dont le cri est strident et n’a rien de rassurant, d’où « l’appeau strident qui prend au poète un peu de son sommeil », façon de parler de l’insomnie. Corneille qui pourrait vider l’orbite de son œil comme le corbeau, vu le régime alimentaire de cet oiseau… D’où « Quand la viorne ronde et féconde est le perchoir de nos corneilles/Elle rogne nos visions et en une succion elle fait de nous des borgnes ». On pourrait aussi y voir une allusion à Odin, le dieu borgne, qui a perdu un œil, pour acquérir le savoir : « Odin est le dieu principal de la mythologie nordique. Son rôle, comme pour la plupart des dieux nordiques, est complexe, étant donné que ses fonctions sont multiples : il est le dieu du savoir, de la victoire et de la mort. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse ».

- voir Charon et Chiron, figures de la mythologie grecque. Charon est passeur des ombres errantes des défunts sur le fleuve Styx, moyennant une obole, c’est-à-dire un péage, sous la forme d’une pièce qu’on place sur les yeux du défunt. Ici je compare la lune à une obole, pièce qu’on poserait sur mes yeux. Cela signifie pour moi la mort des souvenirs, des regrets et des remords. En quelque sorte je « m’exorcise » par l’écriture si je puis dire… je recrache « des chardons », me purifie de mon passé. Puis, seulement alors, je vois le reflet de la lune dans les eaux calmes. Lune que je compare à la sagesse de Chiron, réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances.

- voir les loups-garous, dont lycaon est un synonyme. Et si j’écris « Quand apparaît la raison des lycaons libérée de ses haillons » c’est que la pleine lune me commande aussi, quand elle apparait grosse, ronde et blanche, dans un ciel dégagé. Et alors je retrouve ma vraie nature, propre à voyager, à divaguer, au plus profond d’une nuit d’insomnie. Alors « Je vais délicat et translucide veiller dans l’opale d’un voyage astral ». L’image renvoie à la pierre précieuse qui semble abriter une galaxie… L’Incendie de Troie est aussi le nom de l’opale aux couleurs de feu qui fût offerte à l’impératrice Joséphine par Napoléon. L’opale est aussi une pierre qui était réputée porter malheur. D’où « Ainsi mon esprit abrite l’Incendie de Troie, est-ce une malédiction ? Je brûle le jour dans l’urne diurne et jette les cendres en Mer d’Aral ». La mer d'Aral est un ancien lac d'eau salée d'Asie centrale presque à sec, aussi désert que la lune qu’on pourrait comparer à un désert de cendres après un incendie… L’idée, ici, est de se purifier, de repartir à zéro. Nouveau cycle, nouvelle vie, nouvelle peau…

- assister à l’éclosion de la production artistique, inspirée par la lune : « Quand je crève le bulbe onirique ainsi qu’une vesse-de-loup
Je libère en vers des gamètes à faire enfanter cette ronde muette
Elle est l’ovule que j’adule et à qui je trouve plus de goût
Que toutes celles à ma portée qui m’enfument de paroles ineptes ». La lune n’est pas une femme comme les autres…

etc.

Enfin quand j’écris « Ainsi se révèle dans le ciel la pleine lune mystique
Elle met bas au prophète quantique qui tel le Lévite interdit à l’autel
Gravite extatique dans le giron de sa muse lunatique ! » je veux dire, entre autres, que je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le lévite est un membre de la tribu sacerdotale de Lévi voué au service du temple pour remplir des offices annexes au culte, sans avoir accès à l'autel. Donc je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le « prophète quantique » est le poète, infiniment petit, qui délivre son message…

·
Philippe Barbier
Philippe Barbier · il y a
MERCI
·
Obsidiane
Obsidiane · il y a
Rude, grave, épineux...
·
Rombel
Rombel · il y a
Bonsoir,

Merci d’avoir pris le temps de lire ces 26 vers, pas faciles d’accès voire indigestes pour certain(e)s.

Quelques explications :

La lune est source d’inspiration et on l’associe souvent au monde de la nuit. Elle agit sans doute sur notre affect, suivant son cycle. Ce poème est du spleen et donc les images construites autour de l’astre blanc sont volontairement très sombres.

Ainsi je vous emmène dans mon périple, tour à tour :

- en Valachie, pays de vampires, soit le thème du vampirisme et de l’humeur qui change en fonction de la lune.

- voir l’oiseau de présage et de mauvais augure, la corneille, souvent associée au corbeau. Ici la lune est son perchoir : la viorne ronde et féconde (pour l’imagination) dont les fleurs sont blanches comme lune. Voyez l’image de la fleur de viorne sur laquelle serait posée une corneille… Corneille dont le cri est strident et n’a rien de rassurant, d’où « l’appeau strident qui prend au poète un peu de son sommeil », façon de parler de l’insomnie. Corneille qui pourrait vider l’orbite de son œil comme le corbeau, vu le régime alimentaire de cet oiseau… D’où « Quand la viorne ronde et féconde est le perchoir de nos corneilles/Elle rogne nos visions et en une succion elle fait de nous des borgnes ». On pourrait aussi y voir une allusion à Odin, le dieu borgne, qui a perdu un œil, pour acquérir le savoir : « Odin est le dieu principal de la mythologie nordique. Son rôle, comme pour la plupart des dieux nordiques, est complexe, étant donné que ses fonctions sont multiples : il est le dieu du savoir, de la victoire et de la mort. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse ».

- voir Charon et Chiron, figures de la mythologie grecque. Charon est passeur des ombres errantes des défunts sur le fleuve Styx, moyennant une obole, c’est-à-dire un péage, sous la forme d’une pièce qu’on place sur les yeux du défunt. Ici je compare la lune à une obole, pièce qu’on poserait sur mes yeux. Cela signifie pour moi la mort des souvenirs, des regrets et des remords. En quelque sorte je « m’exorcise » par l’écriture si je puis dire… je recrache « des chardons », me purifie de mon passé. Puis, seulement alors, je vois le reflet de la lune dans les eaux calmes. Lune que je compare à la sagesse de Chiron, réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances.

- voir les loups-garous, dont lycaon est un synonyme. Et si j’écris « Quand apparaît la raison des lycaons libérée de ses haillons » c’est que la pleine lune me commande aussi, quand elle apparait grosse, ronde et blanche, dans un ciel dégagé. Et alors je retrouve ma vraie nature, propre à voyager, à divaguer, au plus profond d’une nuit d’insomnie. Alors « Je vais délicat et translucide veiller dans l’opale d’un voyage astral ». L’image renvoie à la pierre précieuse qui semble abriter une galaxie… L’Incendie de Troie est aussi le nom de l’opale aux couleurs de feu qui fût offerte à l’impératrice Joséphine par Napoléon. L’opale est aussi une pierre qui était réputée porter malheur. D’où « Ainsi mon esprit abrite l’Incendie de Troie, est-ce une malédiction ? Je brûle le jour dans l’urne diurne et jette les cendres en Mer d’Aral ». La mer d'Aral est un ancien lac d'eau salée d'Asie centrale presque à sec, aussi désert que la lune qu’on pourrait comparer à un désert de cendres après un incendie… L’idée, ici, est de se purifier, de repartir à zéro. Nouveau cycle, nouvelle vie, nouvelle peau…

- assister à l’éclosion de la production artistique, inspirée par la lune : « Quand je crève le bulbe onirique ainsi qu’une vesse-de-loup
Je libère en vers des gamètes à faire enfanter cette ronde muette
Elle est l’ovule que j’adule et à qui je trouve plus de goût
Que toutes celles à ma portée qui m’enfument de paroles ineptes ». La lune n’est pas une femme comme les autres…

etc.

Enfin quand j’écris « Ainsi se révèle dans le ciel la pleine lune mystique
Elle met bas au prophète quantique qui tel le Lévite interdit à l’autel
Gravite extatique dans le giron de sa muse lunatique ! » je veux dire, entre autres, que je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le lévite est un membre de la tribu sacerdotale de Lévi voué au service du temple pour remplir des offices annexes au culte, sans avoir accès à l'autel. Donc je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le « prophète quantique » est le poète, infiniment petit, qui délivre son message…

·
Wall-E
Wall-E · il y a
Bon, mis à part quelques vers et/ou tournures de phrases qui manquent parfois un peu de clarté, je reconnais la difficulté du travail qu'il a fallu pour en arriver là. De plus ce poème m'a plu, oui, il m'a plu, car j'aime les poèmes complexes. Je vote donc des dix doigts pour vous attribuer la note maximale de "5", voilà voilà !
Dans un autre registre, n'hésitez pas à venir faire un tour du côté du café de la Régence pour assister à une noble partie d'échecs, si le coeur vous en dit.
Wall-E

·
Rombel
Rombel · il y a
Bonsoir,

Merci d’avoir pris le temps de lire ces 26 vers, pas faciles d’accès voire indigestes pour certain(e)s.

Quelques explications :

La lune est source d’inspiration et on l’associe souvent au monde de la nuit. Elle agit sans doute sur notre affect, suivant son cycle. Ce poème est du spleen et donc les images construites autour de l’astre blanc sont volontairement très sombres.

Ainsi je vous emmène dans mon périple, tour à tour :

- en Valachie, pays de vampires, soit le thème du vampirisme et de l’humeur qui change en fonction de la lune.

- voir l’oiseau de présage et de mauvais augure, la corneille, souvent associée au corbeau. Ici la lune est son perchoir : la viorne ronde et féconde (pour l’imagination) dont les fleurs sont blanches comme lune. Voyez l’image de la fleur de viorne sur laquelle serait posée une corneille… Corneille dont le cri est strident et n’a rien de rassurant, d’où « l’appeau strident qui prend au poète un peu de son sommeil », façon de parler de l’insomnie. Corneille qui pourrait vider l’orbite de son œil comme le corbeau, vu le régime alimentaire de cet oiseau… D’où « Quand la viorne ronde et féconde est le perchoir de nos corneilles/Elle rogne nos visions et en une succion elle fait de nous des borgnes ». On pourrait aussi y voir une allusion à Odin, le dieu borgne, qui a perdu un œil, pour acquérir le savoir : « Odin est le dieu principal de la mythologie nordique. Son rôle, comme pour la plupart des dieux nordiques, est complexe, étant donné que ses fonctions sont multiples : il est le dieu du savoir, de la victoire et de la mort. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse ».

- voir Charon et Chiron, figures de la mythologie grecque. Charon est passeur des ombres errantes des défunts sur le fleuve Styx, moyennant une obole, c’est-à-dire un péage, sous la forme d’une pièce qu’on place sur les yeux du défunt. Ici je compare la lune à une obole, pièce qu’on poserait sur mes yeux. Cela signifie pour moi la mort des souvenirs, des regrets et des remords. En quelque sorte je « m’exorcise » par l’écriture si je puis dire… je recrache « des chardons », me purifie de mon passé. Puis, seulement alors, je vois le reflet de la lune dans les eaux calmes. Lune que je compare à la sagesse de Chiron, réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances.

- voir les loups-garous, dont lycaon est un synonyme. Et si j’écris « Quand apparaît la raison des lycaons libérée de ses haillons » c’est que la pleine lune me commande aussi, quand elle apparait grosse, ronde et blanche, dans un ciel dégagé. Et alors je retrouve ma vraie nature, propre à voyager, à divaguer, au plus profond d’une nuit d’insomnie. Alors « Je vais délicat et translucide veiller dans l’opale d’un voyage astral ». L’image renvoie à la pierre précieuse qui semble abriter une galaxie… L’Incendie de Troie est aussi le nom de l’opale aux couleurs de feu qui fût offerte à l’impératrice Joséphine par Napoléon. L’opale est aussi une pierre qui était réputée porter malheur. D’où « Ainsi mon esprit abrite l’Incendie de Troie, est-ce une malédiction ? Je brûle le jour dans l’urne diurne et jette les cendres en Mer d’Aral ». La mer d'Aral est un ancien lac d'eau salée d'Asie centrale presque à sec, aussi désert que la lune qu’on pourrait comparer à un désert de cendres après un incendie… L’idée, ici, est de se purifier, de repartir à zéro. Nouveau cycle, nouvelle vie, nouvelle peau…

- assister à l’éclosion de la production artistique, inspirée par la lune : « Quand je crève le bulbe onirique ainsi qu’une vesse-de-loup
Je libère en vers des gamètes à faire enfanter cette ronde muette
Elle est l’ovule que j’adule et à qui je trouve plus de goût
Que toutes celles à ma portée qui m’enfument de paroles ineptes ». La lune n’est pas une femme comme les autres…

etc.

Enfin quand j’écris « Ainsi se révèle dans le ciel la pleine lune mystique
Elle met bas au prophète quantique qui tel le Lévite interdit à l’autel
Gravite extatique dans le giron de sa muse lunatique ! » je veux dire, entre autres, que je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le lévite est un membre de la tribu sacerdotale de Lévi voué au service du temple pour remplir des offices annexes au culte, sans avoir accès à l'autel. Donc je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le « prophète quantique » est le poète, infiniment petit, qui délivre son message…

·
Wall-E
Wall-E · il y a
Merci pour ces explications aussi étayées que fascinantes. Bien sûr, il y avait aussi un rapport avec la mythologie et bien d'autres choses, ce qui fait toute la richesse de ce poème.
Wall-E

·
Flore
Flore · il y a
Un beau poème, de belles allitérations et il y en a...un vrai bonheur onirique, et pas besoin de demander à la lune...comme dans la chanson. Bravo.
·
Rombel
Rombel · il y a
Bonsoir,

Merci d’avoir pris le temps de lire ces 26 vers, pas faciles d’accès voire indigestes pour certain(e)s.

Quelques explications :

La lune est source d’inspiration et on l’associe souvent au monde de la nuit. Elle agit sans doute sur notre affect, suivant son cycle. Ce poème est du spleen et donc les images construites autour de l’astre blanc sont volontairement très sombres.

Ainsi je vous emmène dans mon périple, tour à tour :

- en Valachie, pays de vampires, soit le thème du vampirisme et de l’humeur qui change en fonction de la lune.

- voir l’oiseau de présage et de mauvais augure, la corneille, souvent associée au corbeau. Ici la lune est son perchoir : la viorne ronde et féconde (pour l’imagination) dont les fleurs sont blanches comme lune. Voyez l’image de la fleur de viorne sur laquelle serait posée une corneille… Corneille dont le cri est strident et n’a rien de rassurant, d’où « l’appeau strident qui prend au poète un peu de son sommeil », façon de parler de l’insomnie. Corneille qui pourrait vider l’orbite de son œil comme le corbeau, vu le régime alimentaire de cet oiseau… D’où « Quand la viorne ronde et féconde est le perchoir de nos corneilles/Elle rogne nos visions et en une succion elle fait de nous des borgnes ». On pourrait aussi y voir une allusion à Odin, le dieu borgne, qui a perdu un œil, pour acquérir le savoir : « Odin est le dieu principal de la mythologie nordique. Son rôle, comme pour la plupart des dieux nordiques, est complexe, étant donné que ses fonctions sont multiples : il est le dieu du savoir, de la victoire et de la mort. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse ».

- voir Charon et Chiron, figures de la mythologie grecque. Charon est passeur des ombres errantes des défunts sur le fleuve Styx, moyennant une obole, c’est-à-dire un péage, sous la forme d’une pièce qu’on place sur les yeux du défunt. Ici je compare la lune à une obole, pièce qu’on poserait sur mes yeux. Cela signifie pour moi la mort des souvenirs, des regrets et des remords. En quelque sorte je « m’exorcise » par l’écriture si je puis dire… je recrache « des chardons », me purifie de mon passé. Puis, seulement alors, je vois le reflet de la lune dans les eaux calmes. Lune que je compare à la sagesse de Chiron, réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances.

- voir les loups-garous, dont lycaon est un synonyme. Et si j’écris « Quand apparaît la raison des lycaons libérée de ses haillons » c’est que la pleine lune me commande aussi, quand elle apparait grosse, ronde et blanche, dans un ciel dégagé. Et alors je retrouve ma vraie nature, propre à voyager, à divaguer, au plus profond d’une nuit d’insomnie. Alors « Je vais délicat et translucide veiller dans l’opale d’un voyage astral ». L’image renvoie à la pierre précieuse qui semble abriter une galaxie… L’Incendie de Troie est aussi le nom de l’opale aux couleurs de feu qui fût offerte à l’impératrice Joséphine par Napoléon. L’opale est aussi une pierre qui était réputée porter malheur. D’où « Ainsi mon esprit abrite l’Incendie de Troie, est-ce une malédiction ? Je brûle le jour dans l’urne diurne et jette les cendres en Mer d’Aral ». La mer d'Aral est un ancien lac d'eau salée d'Asie centrale presque à sec, aussi désert que la lune qu’on pourrait comparer à un désert de cendres après un incendie… L’idée, ici, est de se purifier, de repartir à zéro. Nouveau cycle, nouvelle vie, nouvelle peau…

- assister à l’éclosion de la production artistique, inspirée par la lune : « Quand je crève le bulbe onirique ainsi qu’une vesse-de-loup
Je libère en vers des gamètes à faire enfanter cette ronde muette
Elle est l’ovule que j’adule et à qui je trouve plus de goût
Que toutes celles à ma portée qui m’enfument de paroles ineptes ». La lune n’est pas une femme comme les autres…

etc.

Enfin quand j’écris « Ainsi se révèle dans le ciel la pleine lune mystique
Elle met bas au prophète quantique qui tel le Lévite interdit à l’autel
Gravite extatique dans le giron de sa muse lunatique ! » je veux dire, entre autres, que je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le lévite est un membre de la tribu sacerdotale de Lévi voué au service du temple pour remplir des offices annexes au culte, sans avoir accès à l'autel. Donc je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le « prophète quantique » est le poète, infiniment petit, qui délivre son message…

·
Flore
Flore · il y a
Merci pour ce commentaire de texte qui permet d'appréhender votre poème au plus près. Quel travail, de recherches, de construction et de messages. Bravo.
·
Iméar
Iméar · il y a
Rombel
Rombel · il y a
Bonsoir,

Merci d’avoir pris le temps de lire ces 26 vers, pas faciles d’accès voire indigestes pour certain(e)s.

Quelques explications :

La lune est source d’inspiration et on l’associe souvent au monde de la nuit. Elle agit sans doute sur notre affect, suivant son cycle. Ce poème est du spleen et donc les images construites autour de l’astre blanc sont volontairement très sombres.

Ainsi je vous emmène dans mon périple, tour à tour :

- en Valachie, pays de vampires, soit le thème du vampirisme et de l’humeur qui change en fonction de la lune.

- voir l’oiseau de présage et de mauvais augure, la corneille, souvent associée au corbeau. Ici la lune est son perchoir : la viorne ronde et féconde (pour l’imagination) dont les fleurs sont blanches comme lune. Voyez l’image de la fleur de viorne sur laquelle serait posée une corneille… Corneille dont le cri est strident et n’a rien de rassurant, d’où « l’appeau strident qui prend au poète un peu de son sommeil », façon de parler de l’insomnie. Corneille qui pourrait vider l’orbite de son œil comme le corbeau, vu le régime alimentaire de cet oiseau… D’où « Quand la viorne ronde et féconde est le perchoir de nos corneilles/Elle rogne nos visions et en une succion elle fait de nous des borgnes ». On pourrait aussi y voir une allusion à Odin, le dieu borgne, qui a perdu un œil, pour acquérir le savoir : « Odin est le dieu principal de la mythologie nordique. Son rôle, comme pour la plupart des dieux nordiques, est complexe, étant donné que ses fonctions sont multiples : il est le dieu du savoir, de la victoire et de la mort. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse ».

- voir Charon et Chiron, figures de la mythologie grecque. Charon est passeur des ombres errantes des défunts sur le fleuve Styx, moyennant une obole, c’est-à-dire un péage, sous la forme d’une pièce qu’on place sur les yeux du défunt. Ici je compare la lune à une obole, pièce qu’on poserait sur mes yeux. Cela signifie pour moi la mort des souvenirs, des regrets et des remords. En quelque sorte je « m’exorcise » par l’écriture si je puis dire… je recrache « des chardons », me purifie de mon passé. Puis, seulement alors, je vois le reflet de la lune dans les eaux calmes. Lune que je compare à la sagesse de Chiron, réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances.

- voir les loups-garous, dont lycaon est un synonyme. Et si j’écris « Quand apparaît la raison des lycaons libérée de ses haillons » c’est que la pleine lune me commande aussi, quand elle apparait grosse, ronde et blanche, dans un ciel dégagé. Et alors je retrouve ma vraie nature, propre à voyager, à divaguer, au plus profond d’une nuit d’insomnie. Alors « Je vais délicat et translucide veiller dans l’opale d’un voyage astral ». L’image renvoie à la pierre précieuse qui semble abriter une galaxie… L’Incendie de Troie est aussi le nom de l’opale aux couleurs de feu qui fût offerte à l’impératrice Joséphine par Napoléon. L’opale est aussi une pierre qui était réputée porter malheur. D’où « Ainsi mon esprit abrite l’Incendie de Troie, est-ce une malédiction ? Je brûle le jour dans l’urne diurne et jette les cendres en Mer d’Aral ». La mer d'Aral est un ancien lac d'eau salée d'Asie centrale presque à sec, aussi désert que la lune qu’on pourrait comparer à un désert de cendres après un incendie… L’idée, ici, est de se purifier, de repartir à zéro. Nouveau cycle, nouvelle vie, nouvelle peau…

- assister à l’éclosion de la production artistique, inspirée par la lune : « Quand je crève le bulbe onirique ainsi qu’une vesse-de-loup
Je libère en vers des gamètes à faire enfanter cette ronde muette
Elle est l’ovule que j’adule et à qui je trouve plus de goût
Que toutes celles à ma portée qui m’enfument de paroles ineptes ». La lune n’est pas une femme comme les autres…

etc.

Enfin quand j’écris « Ainsi se révèle dans le ciel la pleine lune mystique
Elle met bas au prophète quantique qui tel le Lévite interdit à l’autel
Gravite extatique dans le giron de sa muse lunatique ! » je veux dire, entre autres, que je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le lévite est un membre de la tribu sacerdotale de Lévi voué au service du temple pour remplir des offices annexes au culte, sans avoir accès à l'autel. Donc je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le « prophète quantique » est le poète, infiniment petit, qui délivre son message…

·
Abi
Abi · il y a
Original, poétique et plein de sensibilité. J'adore!
·
Rombel
Rombel · il y a
Bonsoir,

Merci d’avoir pris le temps de lire ces 26 vers, pas faciles d’accès voire indigestes pour certain(e)s.

Quelques explications :

La lune est source d’inspiration et on l’associe souvent au monde de la nuit. Elle agit sans doute sur notre affect, suivant son cycle. Ce poème est du spleen et donc les images construites autour de l’astre blanc sont volontairement très sombres.

Ainsi je vous emmène dans mon périple, tour à tour :

- en Valachie, pays de vampires, soit le thème du vampirisme et de l’humeur qui change en fonction de la lune.

- voir l’oiseau de présage et de mauvais augure, la corneille, souvent associée au corbeau. Ici la lune est son perchoir : la viorne ronde et féconde (pour l’imagination) dont les fleurs sont blanches comme lune. Voyez l’image de la fleur de viorne sur laquelle serait posée une corneille… Corneille dont le cri est strident et n’a rien de rassurant, d’où « l’appeau strident qui prend au poète un peu de son sommeil », façon de parler de l’insomnie. Corneille qui pourrait vider l’orbite de son œil comme le corbeau, vu le régime alimentaire de cet oiseau… D’où « Quand la viorne ronde et féconde est le perchoir de nos corneilles/Elle rogne nos visions et en une succion elle fait de nous des borgnes ». On pourrait aussi y voir une allusion à Odin, le dieu borgne, qui a perdu un œil, pour acquérir le savoir : « Odin est le dieu principal de la mythologie nordique. Son rôle, comme pour la plupart des dieux nordiques, est complexe, étant donné que ses fonctions sont multiples : il est le dieu du savoir, de la victoire et de la mort. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse ».

- voir Charon et Chiron, figures de la mythologie grecque. Charon est passeur des ombres errantes des défunts sur le fleuve Styx, moyennant une obole, c’est-à-dire un péage, sous la forme d’une pièce qu’on place sur les yeux du défunt. Ici je compare la lune à une obole, pièce qu’on poserait sur mes yeux. Cela signifie pour moi la mort des souvenirs, des regrets et des remords. En quelque sorte je « m’exorcise » par l’écriture si je puis dire… je recrache « des chardons », me purifie de mon passé. Puis, seulement alors, je vois le reflet de la lune dans les eaux calmes. Lune que je compare à la sagesse de Chiron, réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances.

- voir les loups-garous, dont lycaon est un synonyme. Et si j’écris « Quand apparaît la raison des lycaons libérée de ses haillons » c’est que la pleine lune me commande aussi, quand elle apparait grosse, ronde et blanche, dans un ciel dégagé. Et alors je retrouve ma vraie nature, propre à voyager, à divaguer, au plus profond d’une nuit d’insomnie. Alors « Je vais délicat et translucide veiller dans l’opale d’un voyage astral ». L’image renvoie à la pierre précieuse qui semble abriter une galaxie… L’Incendie de Troie est aussi le nom de l’opale aux couleurs de feu qui fût offerte à l’impératrice Joséphine par Napoléon. L’opale est aussi une pierre qui était réputée porter malheur. D’où « Ainsi mon esprit abrite l’Incendie de Troie, est-ce une malédiction ? Je brûle le jour dans l’urne diurne et jette les cendres en Mer d’Aral ». La mer d'Aral est un ancien lac d'eau salée d'Asie centrale presque à sec, aussi désert que la lune qu’on pourrait comparer à un désert de cendres après un incendie… L’idée, ici, est de se purifier, de repartir à zéro. Nouveau cycle, nouvelle vie, nouvelle peau…

- assister à l’éclosion de la production artistique, inspirée par la lune : « Quand je crève le bulbe onirique ainsi qu’une vesse-de-loup
Je libère en vers des gamètes à faire enfanter cette ronde muette
Elle est l’ovule que j’adule et à qui je trouve plus de goût
Que toutes celles à ma portée qui m’enfument de paroles ineptes ». La lune n’est pas une femme comme les autres…

etc.

Enfin quand j’écris « Ainsi se révèle dans le ciel la pleine lune mystique
Elle met bas au prophète quantique qui tel le Lévite interdit à l’autel
Gravite extatique dans le giron de sa muse lunatique ! » je veux dire, entre autres, que je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le lévite est un membre de la tribu sacerdotale de Lévi voué au service du temple pour remplir des offices annexes au culte, sans avoir accès à l'autel. Donc je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le « prophète quantique » est le poète, infiniment petit, qui délivre son message…

·
Zouzou
Zouzou · il y a
...toujours le nez dans les nuages , pour notre plus grand bonheur , Rombel !
si vous avez 1 mn, http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/fete-des-papilles

·
Rombel
Rombel · il y a
Bonsoir,

Merci d’avoir pris le temps de lire ces 26 vers, pas faciles d’accès voire indigestes pour certain(e)s.

Quelques explications :

La lune est source d’inspiration et on l’associe souvent au monde de la nuit. Elle agit sans doute sur notre affect, suivant son cycle. Ce poème est du spleen et donc les images construites autour de l’astre blanc sont volontairement très sombres.

Ainsi je vous emmène dans mon périple, tour à tour :

- en Valachie, pays de vampires, soit le thème du vampirisme et de l’humeur qui change en fonction de la lune.

- voir l’oiseau de présage et de mauvais augure, la corneille, souvent associée au corbeau. Ici la lune est son perchoir : la viorne ronde et féconde (pour l’imagination) dont les fleurs sont blanches comme lune. Voyez l’image de la fleur de viorne sur laquelle serait posée une corneille… Corneille dont le cri est strident et n’a rien de rassurant, d’où « l’appeau strident qui prend au poète un peu de son sommeil », façon de parler de l’insomnie. Corneille qui pourrait vider l’orbite de son œil comme le corbeau, vu le régime alimentaire de cet oiseau… D’où « Quand la viorne ronde et féconde est le perchoir de nos corneilles/Elle rogne nos visions et en une succion elle fait de nous des borgnes ». On pourrait aussi y voir une allusion à Odin, le dieu borgne, qui a perdu un œil, pour acquérir le savoir : « Odin est le dieu principal de la mythologie nordique. Son rôle, comme pour la plupart des dieux nordiques, est complexe, étant donné que ses fonctions sont multiples : il est le dieu du savoir, de la victoire et de la mort. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse ».

- voir Charon et Chiron, figures de la mythologie grecque. Charon est passeur des ombres errantes des défunts sur le fleuve Styx, moyennant une obole, c’est-à-dire un péage, sous la forme d’une pièce qu’on place sur les yeux du défunt. Ici je compare la lune à une obole, pièce qu’on poserait sur mes yeux. Cela signifie pour moi la mort des souvenirs, des regrets et des remords. En quelque sorte je « m’exorcise » par l’écriture si je puis dire… je recrache « des chardons », me purifie de mon passé. Puis, seulement alors, je vois le reflet de la lune dans les eaux calmes. Lune que je compare à la sagesse de Chiron, réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances.

- voir les loups-garous, dont lycaon est un synonyme. Et si j’écris « Quand apparaît la raison des lycaons libérée de ses haillons » c’est que la pleine lune me commande aussi, quand elle apparait grosse, ronde et blanche, dans un ciel dégagé. Et alors je retrouve ma vraie nature, propre à voyager, à divaguer, au plus profond d’une nuit d’insomnie. Alors « Je vais délicat et translucide veiller dans l’opale d’un voyage astral ». L’image renvoie à la pierre précieuse qui semble abriter une galaxie… L’Incendie de Troie est aussi le nom de l’opale aux couleurs de feu qui fût offerte à l’impératrice Joséphine par Napoléon. L’opale est aussi une pierre qui était réputée porter malheur. D’où « Ainsi mon esprit abrite l’Incendie de Troie, est-ce une malédiction ? Je brûle le jour dans l’urne diurne et jette les cendres en Mer d’Aral ». La mer d'Aral est un ancien lac d'eau salée d'Asie centrale presque à sec, aussi désert que la lune qu’on pourrait comparer à un désert de cendres après un incendie… L’idée, ici, est de se purifier, de repartir à zéro. Nouveau cycle, nouvelle vie, nouvelle peau…

- assister à l’éclosion de la production artistique, inspirée par la lune : « Quand je crève le bulbe onirique ainsi qu’une vesse-de-loup
Je libère en vers des gamètes à faire enfanter cette ronde muette
Elle est l’ovule que j’adule et à qui je trouve plus de goût
Que toutes celles à ma portée qui m’enfument de paroles ineptes ». La lune n’est pas une femme comme les autres…

etc.

Enfin quand j’écris « Ainsi se révèle dans le ciel la pleine lune mystique
Elle met bas au prophète quantique qui tel le Lévite interdit à l’autel
Gravite extatique dans le giron de sa muse lunatique ! » je veux dire, entre autres, que je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le lévite est un membre de la tribu sacerdotale de Lévi voué au service du temple pour remplir des offices annexes au culte, sans avoir accès à l'autel. Donc je voue un culte à la lune mais ne pourrai jamais l’approcher. Le « prophète quantique » est le poète, infiniment petit, qui délivre son message…

·
Zouzou
Zouzou · il y a
...ou de la profondeur de votre poésie qui mérite d'être portée au firmament ! belle journée , Rombel
·