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109 voix


Dans cette plaine immense où presque rien ne bouge,
On ne craint plus le froid, ni même le soleil,
Et sous le grand ciel sombre où la pierre va rouge,
Fière la terre attend, s’effleure sans abeilles...

Le gris seul illumine un temps qui semble mort,
Là, brillant dans les cœurs son silence de feu,
- Miroir où peuvent seuls croire les gens du nord -,
Le ciel qui les maudit les garde courageux.

La tristesse roucoule au pourpre de leurs tuiles,
Et leurs frêles maisons vont collées et de briques,
Mais, leurs vagues rêvant au bleu d’une autre d’huile,
Leur mer n’a pas besoin de calanque ou de criques.

Les pigeons réfugiés en haut des colombiers,
Osent un peu de vent d’une aile bien peu blanche,
Et malgré la couleur et le bruit des ramiers,
La nature est ici bien moins terne que franche.

Du lit de vieux canaux aux faîtes des beffrois,
Semant la bonne humeur dedans les jardinières,
Comme la peine est digne et bavarde la joie,
Le pays sans sommet parle mille rivières.

Là, dans les watergangs, lacis de promenades,
Voyant glisser parfois quelque ancienne bacove,
L’eau, délabyrinthée, au milieu des salades,
Sent le fil qui poursuit l’anguille qui se sauve...

Sous des grands peupliers dorment de grandes fermes,
Doux, le vin qu’on y boit mousse et sent le houblon,
La treille est une perche et dans l’espoir qui germe,
Les légumes parfois rappellent les saisons.

Pas d’été, point d’hiver, des choux-fleurs, des endives,
Peut-être un jour moins morne, un rayon de plus beau,
Une chance que sèche un peu mieux la lessive,
En tout cas rien de grave, et aujourd’hui point d’eau.

Dans ce pays retors et de chaleur moins grande,
On n’envisage pas vivre sous d’autres cieux,
Le linge seul connaît l’odeur de la lavande,
Et l’exil est hasard, jamais le but des yeux.

Sous l’aile des moulins maintenant disparue,
Craignant bizarrement ne plus trembler plus bas,
Les nuages d’ici toujours n’avançant plus,
La terre d’où l’on vient est celle où l’on s’en va...

109 VOIX

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Arlo
Arlo · il y a
Bonjour à vous,
J'avais aimé commenté et aimé votre poème. Aujourd'hui je vous invite à découvrir le mien "A l'air du temps" en finale du grand prix été poésie 2017. Bonne soirée.
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Jean Nascien
Jean Nascien · il y a
"Et l'exil est hasard, jamais le but des yeux". J'ai tremblé en lisant ce vers. Merci.
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Arlo
Arlo · il y a
J'ai lu j'ai aimé et j'ai déjà voté. Aujourd'hui Arlo vous invite à venir soutenir son poème Découverte de l'immensité en finale de la matinale en cavale . Bonne journée à vous.
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Arlo
Arlo · il y a
Très beau poème tout en profondeur. Vous avez le vote d'Arlo qui vous invite à découvrir son TTC "le petit voyeur explorateur" et son poème "la découverte de l’immensité" dans le cadre de la matinale en cavale. Bon après midi à vous.
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Nadine Gazonneau
Nadine Gazonneau · il y a
Très beau poème agréable à lire et parfaitement réussi. J'aime. De la part de Tilee auteur du poème "transparence" en lice dans la dernière ligne droite prix été 2016. Je me permets de vous inviter à le lire et à le commenter si vous en avez le temps.
Merci à vous. Tilee
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Anka
Anka · il y a
Votre région est belle lorsque c'est vous qui en parlez.
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Scribo
Scribo · il y a
Vers très bien assemblés ! Bravo ! ;)
Voici mon oeuvre présentée en finale de la matinale des lycéens, si vous voulez venir faire un petit tour (deux minutes de lecture) ;) : http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/tournez-a-droite
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Alys
Alys · il y a
Si vous ne savez pas peindre...vous avez pourtant magnifiquement dépeint le nord
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Annelie
Annelie · il y a
Puisqu'il est permis de continuer à aimer une œuvre, je profite de mon passage ici pour vous le dire. J'ai reconnu le Pas de Calais que je connais un peu.
Si vous souhaiter lire, ou commenter, ou voter http://short-edition.com/oeuvre/poetik/humeur-noire Merci !
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Jean Calbrix
Jean Calbrix · il y a
Un beau poème sur les visages du nord avec des alexandrins ciselés sur mesure. Bravo, Sébastien ! Je cllque sur j'aime.
Vous avez aimé mon fauteuil, aimerez-vous ma pie ? : http://short-edition.com/oeuvre/poetik/la-pie-5
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