Marc Menu

Marc Menu

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209 voix


Andantino (allegro)

Ca commence comme une caresse, un souffle de vent sur une plage nue.
La mer, en vaguelettes joyeuses, toutes fines, presque impressionnistes.
Un chuchotement de sable sous les pas.
Et un ciel d’aube, en reflet dans cette mer.

Scherzo (vivace)

L’horizon se resserre, imperceptible.
Très vite, le vent monte, les vagues se font plus hautes, plus blanches, plus déchirées.
Le bruit des eaux emplit l’espace, enfle lentement, jusqu’au plein fracas.
Un brise-lames, même, fait le gros dos.
Le sable commence à courir, serré – cinglant.
Des nuages s’amoncellent, où le noir le dispute au blanc.
Les premières gouttes sonnent comme un roulement de cymbales, comme une délivrance.
Et puis cascadent, déferlent, tempêtent, démultipliées, formant rideau, à l’horizontale, même, quand le vent les prend, libérées de toute gravité.
La mer aussi se libère, prend le large, éclate en mille variations sur un thème électrique.

Intermezzo (allegro moderato)

Ce déferlement en a surpris plus d’un.
De rares passants, aux premiers éclairs, se sont pressés de rentrer.
Elle est restée là, à écouter la mer, à regarder la pluie.
A s’emplir à ras bord de ce merveilleux tumulte.
Elle est restée là jusqu’au bout de la pluie – jusqu’à ce que la mer s’endorme enfin.
Alors, le vent, après avoir balayé sable et nuages, séché chaque parcelle du paysage, le vent s’est enfin laissé désarmer.

Finale (allegro tempetuoso)

Alors, elle s’est mise à danser, danser à perdre haleine, à n’être plus qu’une silhouette envolée, infiniment tournoyante, funambule improvisée sur un fil d’embruns.
Elle a dansé, à enlacer les vagues, à toucher d’autres rivages.
Des îles, peut-être, que la mer aurait déposées là, sous ses pieds.
Des îles comme il doit en exister, là-bas, à l’autre bout de cette mer dont on ne voyait pas la fin.
Elle dansait comme une vague qui se brise, éclate en gerbes d’écume, se dissout dans le vent.
Elle dansait comme si c’était elle, le vent.
Il m’aurait fallu des ailes pour la suivre de vue – mais rien n’aurait pu m’en détacher.
Quand elle s’est arrêtée, hors d’haleine, le jour n’était pas encore levé.

209 VOIX


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Joelle Teillet
Joelle Teillet · il y a
jolie allez Gorie ;-)
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Xoux34
Xoux34 · il y a
la poésie comme son de la vie... bravo et merci
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Elmorabethi
Elmorabethi · il y a
beau et bien lu

je vous invite par amour à venir lire mon texte et merci http://short-edition.com/oeuvre/poetik/monsieur-noir
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Huppefasciée
Huppefasciée · il y a
Très belle partition !
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Zenso
Zenso · il y a
Tout le rythme des mots en harmonie totale avec le récit, on vit, on sent, on voit, on ressent, on est mouillé...on est séché.... Grand merci et bravo.
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Marc Menu
Marc Menu · il y a
merci... de tout coeur.
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Zenso
Zenso · il y a
Bravo pour le podcast je ne l'avais pas entendu. C'est parfait à part peut-être le premier couplet un peu trop lent quand même. Le reste est top de mon humble avis.
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Nabelle
Nabelle · il y a
l'idée de la partition décrite en mots : géniale !
si et seulement si :
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/les-lignes-d-un-jour
et sans obligation. :-)
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Laurette
Laurette · il y a
et dire que je l'avais loupé celui là ! une beauté poétique ;-)
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Marc Menu
Marc Menu · il y a
merci Eve !
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Pingouin
Pingouin · il y a
Bravo pour cette poésie musicale
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Louise Mercier
Louise Mercier · il y a
On se laisse facilement emporté! A voté! Et en plus vous avez été podcasté, la classe d'avoir son texte mis en voix!
http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/bad-day
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