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Songe d'une matinée d'été

Agathe BC

Agathe BC

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138 voix

« Garrick ! Reviens ici tout de suite ! » hurle une femme, campée sur le perron d’une haute porte.
L’enfant ne s’arrête pas de courir. Ses pieds nus et sales foulent les pavés humides. Son bras, tendu vers le ciel noir de nuages menaçants, brandit une baguette magique. Les passants se précipitent pour se mettre à l’abri avant que l’orage n’éclate. Tous vêtus de leur longue cape noire, ils ne prêtent pas attention à ce garnement qui tente d’échapper à l’autorité maternelle.
Des gouttes de pluie ruissellent maintenant sur le visage pâle du petit garçon. Sa mère n’a plus besoin de le prier pour qu’il rentre à la maison. Il passe le palier en boudant. Ses vêtements dégoulinent sur le carrelage : il déteste être mouillé ! Il tend la baguette qu’il tient dans sa petite main car il sait que sa mère s’énerve rapidement lorsqu’il emprunte un de ces objets. Mais il ne peut y résister. Ces milliers de boîtes qui ornent le magasin de ses parents l’attirent comme un aimant.
Il la regarde avec de grands yeux suppliants. Il espère que d’une formule magique, elle mettra fin à ce supplice trempé. Ses espérances sont vaines. Elle l’envoie se laver rapidement et part ranger dans son précieux écrin, ce petit bijou en chêne rouge.

***

« Maman ! Je l’ai ! Je l’ai enfin reçu ! »
Garrick descend les escaliers en courant, une lettre à la main. Ce matin, un hibou aux plumes blanches et soyeuses, l’a tiré de son sommeil. Sa mère, une sorcière d’une quarantaine d’années aux cheveux roux, prépare le petit déjeuner. Au son de la voix de son fils, elle se lève brusquement. Mais il la fait se rassoir en grimpant sur ses genoux. A haute voix, il lit le contenu de l’inestimable papier que contenait l’enveloppe :

COLLEGE POUDLARD, ECOLE DE SORCELLERIE
Directeur : Albus Dumbledore
Commandeur du Grand-Ordre de Merlin
Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur-en-chef, Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers

Cher Mr Ollivander,
Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d’ores et déjà d’une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.
La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendons votre hibou le 31 juillet au plus tard.
Veuillez croire, cher Mr Ollivander, en l’expression de nos sentiments distingués.

Trebbie Ombroza
Directrice adjointe

Son onzième anniversaire avait été célébré hier et pendant toute la nuit l’enfant avait craint de ne pas être un sorcier. Quelle honte cela aurait été pour la famille ! Mais cette énorme frayeur était passée et il est maintenant tout excité. Il sort de l’enveloppe un second papier qu’il colle sous le nez de sa mère. Il lui montre la longue liste des fournitures et pose son doigt sous l’inscription « 1 baguette magique ». La sorcière rousse sourit :
« Ce soir, mon petit démon. Avant que je ne ferme la boutique, tu viendras avec moi trouver la baguette qui fera de toi un brillant sorcier.
- Je n’ai plus deux ans ! Arrête de m’appeler comme ça. Et pourquoi pas maintenant ? Tu n’as pas encore ouvert, je peux la choisir tout de suite, supplie-t-il.
- Mange plutôt ce que je t’ai préparé et va t’habiller, dit-elle en ébouriffant sa tignasse marron. »
Il descend des genoux de sa mère en soupirant et s’assoit en face d’elle devant une assiette d’œufs brouillés et de bacon grillé. Il dévore avec appétit son repas, tachant son pyjama de sauce. Un large sourire illumine son visage constellé de taches de rousseur.

***

« Alors maman comment je choisis ma baguette ? » demande Garrick qui entre en trombe par la porte à l’arrière du magasin.
Le soleil déclinant illumine la veille façade de la boutique de baguettes. La mère est assise derrière le comptoir. Elle se lève et saisit un mètre ruban. Ce dernier prend tout seul les mensurations de son fils qu’elle connaît déjà par cœur à force de l’avoir observé. La sorcière marche jusqu’à la porte où elle tourne le panneau qui indique que l’échoppe est fermée. Elle déambule ensuite d’un pas lent entre les colonnes emplies jusqu’au plafond de petites boites. Des milliers d’écrins attendent le moment venu où on viendra les dépouiller de leur précieux contenu. Elle en saisit un et appelle son fils. Il accourt, se débattant avec le mètre qui ne veut plus le quitter. Un seul geste de la main pâle de la sorcière et celui-ci retombe au sol en un petit tas inerte.
La femme sort la baguette et la tend à Garrick :
« Bois de tremble et plume de phœnix, 18,5 centimètres, assez flexible. Prends-la...
- Je n’aime pas la couleur, l’interrompt-il.
- Garrick, soupire-t-elle. On ne choisit pas sa baguette magique en fonction de sa couleur. Regarde, on dirait de l’ivoire, un matériau très noble. »
Pour faire plaisir à sa mère, il l’essaye mais rien ne se passe. Il esquisse un sourire narquois : il avait bien dit qu’elle ne lui convenait pas. Alors la sorcière attrape une nouvelle boîte et lui donne la baguette :
« Et celle-ci ? Bois de noyer noir et plume de phœnix, très souple, 20 centimètres. »
Il la fait tournoyer mais sa mère la lui arrache des mains en criant :
« Je sais ! J’ai trouvé ! – Elle sautille, fait virevolter sa propre baguette et une boîte descend du haut d’une rangée lointaine. – Celle-là sera parfaite ! Chêne rouge, crin de licorne, parfaitement maniable, 25 centimètres. Tu t’en souviens ?
- Bien sûr ! – Il la saisit, l’abaisse en faisant siffler le bois dans l’air et une étincelle dorée s’en échappe. – Depuis tout petit, cette baguette et moi, nous sommes faits l’un pour l’autre. »
Il la sert contre lui, fier de commencer enfin son apprentissage de sorcier. Sa mère le prend dans ses bras et lui promet que le lendemain ils iront acheter ce qui reste sur la liste de fournitures.
Ils ferment ensemble la boutique et rentrent dîner. Sur la commode de la cuisine, son père Gervais Ollivander rigole assis sur un tronc d’arbre mort, emprisonné dans un cadre luisant.

***
Garrick descend du train encore fumant. Il reste abasourdi devant ce décor incroyable. Devant lui, s’étend un immense lac frémissant. Ses eaux noires absorbent la lumière de la pleine lune et ne renvoient seulement qu’un faible éclairage. Des barques en bois sombre attendent les élèves de première année. Portant de lourdes lanternes, il monte dans une des embarcations en compagnie d’un garçon brun, plus petit que lui, au sourire timide et d’une fille blonde à l’air hautain. Le bateau vogue légèrement sur les flots, il ne semble même pas les frôler.
Ils sont conduits dans la Grande Salle où plusieurs centaines de bougies flottent dans l’air. Le moment décisif pour les nouveaux élèves est enfin arrivé ! Le temps passe lentement, comme si une personne s’amusait à reculer les aiguilles de la grande horloge.

« Garrick Ollivander... Je ne sais pas trop... J’hésite, marmonne le Choixpeau posé sur la tête rousse du garçon. Gryffondor... Bien trop poltron.
- Serpentard, chuchote-t-il à lui-même, fermant les yeux pour essayer de se protéger de la peur qui l’envahit.
- Serpentard ? – le Choixpeau ricane – Pas assez malin pour cette maison ! Serdaigle, hurle-t-il. »
Toute la table de la maison applaudit joyeusement le nouveau venu. Il s’assoit à côté du garçon brun de la traversée, nommé Sonny. Un fantôme passe au-dessus de la table pour les saluer. C’est la Dame Grise, une belle femme vêtue d’une longue robe. Les assiettes débordent de mets colorés. Garrick ne sait pas par où commencer : il aurait envie de tout manger. A côté de lui, le garçon dévore une cuisse de poulet dorée. La salle entière est emplie de rires, de bribes de conversations et de l’angoisse dégagée par les nouveaux élèves.
Le copieux repas fini, les novices sont conduits par le préfet jusqu’à la salle commune de Serdaigle. Ils découvrent une vaste pièce circulaire parée de bleu et de bronze et baignée d’une lumière douce qui perce à travers les hautes fenêtres. Garrick est impressionné par la splendide vue qui s’offre à lui : les montagnes environnantes qui entourent Poudlard. Il promène son regard le long des murs, couverts de tapisseries et admire le plafond orné d’étoiles qui se reflètent sur la moquette bleu nuit. Dans un coin, il découvre une imposante statue de Rowenda Serdaigle qui les observe. Plongé dans ses yeux de marbre, il est tiré de sa rêverie par le préfet qui invite tout le monde à le suivre dans le dortoir.
Les chambres sont plus sombres que la salle commune. Quatre lits en bois trônent dans chaque coin de la pièce. Garrick s’installe sur celui près de la fenêtre ; il ne peut plus se passer de cette magnifique vue, lui qui n’avait l’habitude que de voir les pavés et les murs gris de sa rue. Il dépose sa valise contre le mur et range méticuleusement ses livres.
Sa première année à Poudlard commence enfin !

***
Les rues sinueuses de Pré-au-Lard sont envahies par la neige hivernale. Un manteau immaculé recouvre la campagne environnante. La chaussée fourmille de sorciers vêtus de noir. Les passants semblent préoccupés ; ils marchent avec en tête un but précis ; ils ne prêtent pas attention à ce qui se passe autour d’eux ; ils ne tiennent pas compte de tous ces élèves de Poudlard qui s’agitent sur leur passage.
Garrick ne tient plus en place. Accompagné de Sonny, il se rue vers les Trois Balais. Il pousse la lourde porte de l’auberge. La salle chaleureuse grouille de rires et de discussions. Les deux garçons repèrent une table ronde en bois, calée dans un coin reculé. Ils s’avancent pour s’y asseoir quand trois filles les devancent pour leur prendre la place.
Garrick et Sonny se regardent, déterminés : ils ne se laisseront pas marcher sur les pieds ! Alors ils s’assoient prudemment sur deux tabourets bancals. Leurs adversaires, résolues à ne pas se retrouver à la miteuse Tête de sanglier, s’installent, elles aussi, autour de la table. Chacun commande une bièreaubeurre. Les deux garçons y goutent pour la première fois. Ils attendaient tellement ce moment. Le goût sucré du caramel enflamme leurs papilles ; la douce chaleur du liquide doré réchauffe leur corps. Ils sirotent ce délicieux breuvage en silence.
Garrick remarque l’écusson brodé sur les robes des filles : elles viennent toutes de Serpentard. A côté d’elles, il se sent minable. Lui qui voulait tant se retrouver dans cette maison a maintenant honte de Serdaigle. Il lève les yeux vers la jeune fille blonde qui semble être la plus extravertie du groupe. Il la reconnait ! Ils ont pris la même barque la nuit de leur première année. Elle n’a pas changé, elle est certes plus grande et plus élancée mais cet air hautain qui anime son visage frappe toujours autant Garrick. Elle se tourne vers lui, lui lance un regard méprisant et lui sourit sournoisement. Elle lui tend sa main :
«Foxglove, dit-elle brusquement. Rose Foxglove, enchantée. Et voici Cassidy et Meredith.
- Garrick Ollivander, répond-il en lui rendant sa poignée de main. Plus ou moins enchanté de vous rencontrer. Je vous présente Sonny, mon meilleur ami. »
Voulant couper court à la conversation, les deux garçons se lèvent simultanément, règlent leur boisson et sortent de la taverne en saluant vaguement leurs nouvelles connaissances.

***
« Allez ! murmure Sonny. Vas-y ! Demande lui.
- Je ne vais pas y arriver, gémit Garrick.
- Ecoute-moi bien, dit-il, se plantant devant son ami. Tu vas lui parler, maintenant ! Sinon tu vas encore passer le bal de Noël, assis, tout seul dans un coin de la salle à ressasser.
- Mais... tente-t-il de se défendre.
- Je te préviens, crie le garçon lui coupant la parole, cette année je ne viendrai pas passer la soirée à tes côtés, que cela soit bien clair. »
Garrick foudroie son ami du regard et s’extirpe de l’endroit où ils étaient assis. La cour centrale est agitée par les flocons soulevés par les pas précipités des élèves. L’adolescent souffle fort et sert ses poings glacés pour se donner confiance en lui. Il se dirige d’un pas mal assuré vers un groupe de trois filles. Deux d’entre elles, le voyant s’approcher, s’éloignent discrètement laissant leur amie seule.
Le teint de porcelaine de cette dernière semble se fondre avec la neige environnante. Le froid mordant rougit son nez et ses hautes pommettes. Sa large veste noire dissimule ses formes. Elle regarde Garrick approcher, toujours avec ce même regard dédaigneux qui lui est propre.
Timide, le garçon lui explique qu’il veut l’emmener au bal. Il s’attend à ce qu’elle lui réponde qu’avoir un Serdaigle pour cavalier la ridiculiserait mais elle accepte sans détour. Elle frotte plusieurs fois ses mains pâles sur son manteau puis repart vers ses deux amies qui rigolent dans un coin de la cour.
Garrick n’en croit pas ses oreilles : elle lui a dit oui ! Le ciel lui tombe sur la tête. Pour lui, Rose Foxglove est inaccessible. Il ne peut que la dévorer des yeux pendant les modestes heures qu’ils ont en commun lors du cours de potion. Depuis deux ans, il n’ose pas lui adresser plus de deux mots consécutifs. En entrant à Poudlard pour sa cinquième année, il a parié, avec Sonny, une boîte de chocogrenouilles et un sachet de dragées surprises, qu’il réussirait à lui demander de l’accompagner à la soirée de Noël.
Il court, déboussolé, jusqu’à son ami :
« Sors ton argent de poche mon vieux ! hurle-t-il. Pari réussi ! »
Garrick saute vigoureusement, s’envolant de joie vers le ciel hivernal.

***
Le garçon roux est debout dans le grand hall où des centaines d’élèves en tenue soirée le bousculent. Il attend impatiemment Rose, vêtu de son costume bleu marine flambant neuf. Sonny a déjà rejoint Madeline, sa copine et Garrick doit le retrouver un peu plus tard dans la soirée.
Soudain, il la voit apparaître au fond du couloir. Elle porte une splendide robe longue, bleu nuit, qui tombe parfaitement sur ses hanches ; ses bras frêles sont recouverts par des manches en dentelle ; et ses cheveux blonds descendent le long de sa poitrine, noués en une grosse tresse. Pour la première fois, elle sourit en s’approchant de Garrick et son air hautain a quitté son visage, laissant place à une douceur inattendue.
Ils se saluent et elle passe son bras sous celui de son cavalier. Tous deux entre dans la Grande Salle magnifiquement décorée pour l’occasion. Autour d’eux, plusieurs élèves sont assis au bord des tables et sirotent une boisson. D’autres rigolent, appuyés nonchalamment contre un mur. Garrick saisit la main de Rose et l’emmène au milieu de la piste où des danseurs déchainés s’agitent.
Sonny arrive bruyamment, accompagnée de Madeline. Tous les quatre s’efforcent de suivre le rythme de la musique lorsqu’un slow vient calmer l’atmosphère. Rose passe lentement ses mains autour du cou de Garrick tandis que celui-ci place doucement les siennes sur les hanches de sa cavalière. Par-dessus son épaule, il aperçoit son meilleur ami qui lui lance des regards appuyés. La forte lumière diminue pour tamiser l’ambiance.
La jeune fille pose sa tête sur l’épaule de Garrick. Il ne voit plus ceux qui les entoure, ne les entend plus. Il ne sent qu’une chose : le contact de la joue chaude de Rose contre la peau de son cou. Il perçoit le froissement de sa longue robe qui tourne quand elle danse. Il aimerait que le temps s’arrête, que rien ne change et que la musique ne cesse jamais. Mais le son décline peu à peu et ce moment va s’envoler pour ne jamais revenir.
Alors qu’il tente de retenir ces derniers instants, Rose l’entraîne en dehors de la salle, loin de toute cette agitation. Ils s’assoient ensemble contre un poteau de la cour enneigée, drapée d’un épais voile noir. Ils fixent les rares étoiles perceptibles à travers la nappe de nuages. Ils se parlent en silence, sans qu’aucun mot ne sorte.
Leurs deux visages se rapprochent doucement, leurs lèvres se touchent furtivement, leurs souffles se confondent et ils s’embrassent lentement, protégés du monde extérieur par le manteau obscur de la nuit qui les enveloppe.
« J’espère que ça sera toujours comme ça, murmure Garrick.
- J’aimerais que ça soit toujours comme ça, lui répond tristement Rose dans un souffle. »

***
Une douce lumière d’été baigne les champs immenses où Rose et Garrick sont allongés l’un contre l’autre, dans les blés dorés. Ce matin, ils se sont levés tôt pour admirer le soleil estival sortir lentement sur le vaste terrain de quidditich de Wimbourne où se déroule la Coupe du Monde. Les feuilles de l’arbre voisin bruissent en silence, agitées par la brise matinale.
Soudain, un cri saisissant déchire la paisible atmosphère. Rose, défigurée par la douleur, appuie fortement sur son poignet droit. Elle qui paraissait si calme il y a quelques instants s’agite nerveusement. Quelqu’un hurle des paroles insaisissables en pointant le ciel du doigt. Sur l’étendue bleue qui s’élève au-dessus de leur tête, se dessine petit à petit un crâne vaporeux entouré d’un long serpent hideux. Les quelques rares personnes dehors se replient bruyamment dans leur tente.
La jeune fille essaye de se lever mais elle retombe aussitôt au sol. La mère de Garrick, affolée, sort de leur habitation et apercevant les deux adolescents, court vers eux. Elle cherche le regard de son fils pour tenter de comprendre la situation mais celui-ci est fuyant. Rose se recroqueville sur elle-même comme si elle essayait de se faire aussi petite que possible pour échapper au monde environnant.
Le jeune garçon saisi son bras et relève la manche de son chemisier fleuri. Stupéfait, il découvre la marque des ténèbres incrustée dans sa peau diaphane, striée de petites veines violettes. L’ange aux cheveux blonds est parcouru de spasmes : elle pleure.
Tout à coup, un mangemort, vêtu de ses habituelles ailes noires, apparait en face du petit groupe. La sorcière rousse comprend tout de suite les intentions malfaisantes de cet homme qui s’approche d’eux. Elle se lève et saisit fermement sa baguette. Un combat acharné commence. Des éclairs colorés fusent de tous côtés. Les autres sorciers apeurés ne sortent pas de leur abri. Garrick, désemparé, regarde sa mère se battre.
Rose lève doucement la tête vers lui. Elle caresse sa joue avec son pouce humide de larmes.
« Je suis tellement désolée, murmure-t-elle entre deux sanglots. »
Le garçon se retourne vers elle alors que derrière lui, un éclair bleu zèbre l’aube. Sa mère tombe au sol, frappée au ventre par un sortilège de Stupéfixion. Le mangemort rejoint à grands pas les deux adolescents. Garrick cherche en vain sa baguette pour se défendre. L’homme le pousse du pied et saisi violemment Rose par la taille. Cette dernière lance un dernier regard désespéré en direction de son compagnon avant que le corbeau ne l’emporte aussi rapidement qu’il est arrivé. Ils disparaissent dans un épais tourbillon noir qui ne laisse derrière lui qu’un opaque nuage de fumée.

***
Une larme roule doucement dans les sillons de la peau du vieil homme assis derrière le comptoir. Ses cheveux blancs s’agitent sous le courant d’air créé par l’ouverture de la porte. Le tintement de la clochette de la porte le tire de sa mélancolie. Un imposant bonhomme et un petit garçon brun aux lunettes rondes entre dans sa boutique. Derrière eux, l’insigne présentant l’inscription Ollivander-Fabriquant de baguettes magiques est chahutée par le vent violent qui souffle à l’extérieur.
Garrick secoué et harassé par tous ses souvenirs se lève lentement :
« Je m’étonnais, dit-il mystérieusement, de ne pas vous avoir encore vu, Mr Potter. »

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Odile Labbé
Odile Labbé · il y a
Félicitations, Agathe!
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Joëlle Brethes
Joëlle Brethes · il y a
Bravo, Agathe !
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Keith Simmonds
Keith Simmonds · il y a
Félicitations, Agathe BC, pour ce prix bien mérité ! Vous voulez sourire un peu ? Alors, venez voir ma “Mémé à Moto”. Merci d’avance ! Bon week-end !
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Agathe BC
Agathe BC · il y a
Merci beaucoup ! Dès que possible, j'irai lire votre oeuvre.
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Keith Simmonds
Keith Simmonds · il y a
Merci d'avance, Agathe ! A bientôt !
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Patricia BD
Patricia BD · il y a
Félicitations !
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Flore
Flore · il y a
Bravo pour ce prix du jury...
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Joëlle Diehl-Lagae
Joëlle Diehl-Lagae · il y a
j'ai beaucoup apprécié
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Agathe BC
Agathe BC · il y a
Je suis heureuse que mon histoire vous plaise !
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Agathe BC
Agathe BC · il y a
Merci pour vos voix !
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Chantal Muller
Chantal Muller · il y a
Quand l'élève est en passe de dépasser le maître...
Quelle fierté pour J. K. Rowling de permettre l'émergence de talents aussi prometteurs!
Bravo à l'auteur, je suis d'ores et déjà une Aficionado ;-)
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Agathe BC
Agathe BC · il y a
JK Rowling finira-t-elle par être dépassée par un de ses fans acharnés ? Je pense qu'elle seule sait vraiment manier son univers magique mais celui-ci encourage à écrire sur le sujet ! Merci beaucoup pour votre vote ! :)
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Arlo
Arlo · il y a
Très réussi et fort agréable à la lecture. Bravo.
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Julie Dupuis
Julie Dupuis · il y a
J'aime beaucoup cette histoire je me suis vraiment plonger dans l'univers je ne connais pas l'auteur personnellement mais bravo
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Agathe BC
Agathe BC · il y a
Merci jeune inconnue que je ne connais pas non plus ! ;)
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