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Le Tisseur de rêves

Ratiba Nasri

Ratiba Nasri

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Le chauffeur arrêta le véhicule juste en face de la petite boutique d’un quartier populaire new-yorkais et descendit rapidement pour ouvrir la porte à son milliardaire de patron. Celui-ci lui assura qu’il en avait pour quelques minutes et lui ordonna sèchement de l’attendre dans la voiture. Le chauffeur, habitué aux manières brusques de son employeur, acquiesça respectueusement.
Nathan Delcourt n’avait pas de temps à perdre et regarda avec mépris ce quartier pitoyable et miséreux, en se faisant violence pour ne pas faire demi-tour et repartir dans son monde à lui. Cela faisait des mois qu’il était suivi par un psychologue de renom qu’il payait une fortune et, malgré toutes les séances, il n’arrivait pas à être heureux. Il avait de l’argent, une petite amie et pourtant, chaque nuit, il faisait des cauchemars atroces qui invitaient la mort, la maladie, la misère et toutes les souffrances du monde à lui rendre visite. Le matin, il était épuisé par tous ces rêves effroyables et il aurait donné jusqu’à son dernier centime pour retrouver la paix. Tous les médecins, psychologues, et autres charlatans consultés semblaient dans l’incapacité de soigner son mal-être profond.
Un jour Lifong, son chauffeur, qui avait entendu parler de ses déboires, prit la liberté de lui parler d’un petit homme asiatique qui tissait des rêves pour les gens qui en avaient besoin. Nathan fut scandalisé qu’un modeste employé lui donne des conseils et s’apprêtait à lui dire de se taire, quand il tiqua sur la phrase qu’il venait de prononcer. Il lui demanda de s’expliquer, et Lifong lui raconta alors l’étrange histoire d’un homme capable de fabriquer des rêves, et dont la renommée n’était plus à faire.
Nathan regarda la boutique qui portait un nom curieux : « Le tisseur de rêves ». Dubitatif, il poussa la porte, pénétra à l’intérieur et n’en crut pas ses yeux. Il y avait un beau comptoir sculpté dans un magnifique bois marron, une petite vitrine en dessous qui contenait des petits pots de lotions, mais ce qui l’impressionna le plus fut la grande étagère murale où était alignée une quantité ahurissante de pots en verre transparents, fermés par des petits bouchons de carafe. Chaque pot portait une étiquette avec deux mots : l’un écrit en chinois et l’autre, en dessous, en anglais. Nathan s’approcha et fut sidéré. Il put lire les mots suivants : amour, amitié, partage, douceur, bien-être, bonheur, plaisir, vie, joie, compassion, reconnaissance, abnégation... Il secoua la tête en se demandant s’il ne perdait pas son temps quand soudain, un homme d’une soixantaine d’années fit son apparition. Il avait des petits yeux bridés, brillants, et une longue barbe. Il observa les vêtements et l’attitude dédaigneuse de Nathan d’un air étonné.
— Bonjour monsieur ! Je suis M. Tisserhan. En quoi puis-je vous aider ?
— Bonjour. J’ai un grave problème de sommeil troublé par des rêves épouvantables qui m’empêchent de vivre et je voudrais un remède miracle. Je n’ai pas beaucoup de temps à vous accorder. C’est mon chauffeur, Lifong, qui m’a parlé de vous, car je vous avoue que je ne crois pas trop à tout ça mais je n’ai pas d’autre solution. Pouvez-vous me préparer quelque chose dans le quart d’heure qui suit ? Ne vous inquiétez pas, j’ai de l’argent et je paierai sans discuter le montant qu’il faudra.
— Désolé, monsieur, je ne peux rien pour vous. Votre cas est trop désespéré.
— C’est une blague ! Lifong m’a pourtant dit que vous êtes tisseur de rêves et que vous aidez les personnes. Je ne vois pas en quoi mon cas est plus désespéré que les autres !
— Monsieur, vous souffrez de rêves affreux, or vous me dites que vous n’avez pas le temps de vous en occuper. Vous ne croyez pas à ce que je fais et, en plus, vous voulez un remède en un clin d’œil comme lorsqu’on achète un produit « prêt à emporter ». Je pense que vous êtes un homme d’affaires, moi je suis un homme de cœur, et le métier de tisseur de rêves est bien plus complexe que vous ne le pensez. Les personnes qui viennent me consulter remplissent un questionnaire très précis, et après avoir fait mon diagnostic, je leur concocte une potion adaptée au rêve qu’ils souhaitent. Je vais devoir travailler quelques heures afin de trouver la dose qui correspond à votre cas. Quant à l’argent, c’est le cadet de mes soucis. D’ailleurs, vous avez la grille des tarifs affichée ici, et chaque personne paye le même prix.
— C’est une plaisanterie !
— Non monsieur, je suis sérieux, et mon métier est certes atypique mais très carré. Sachez aussi que les rêves que vous ferez avec ma potion pourront modifier complètement votre façon de vivre, de raisonner et d’être. Tout cela bien sûr, dans le bon sens du terme. Mais comprenez bien que je ne fais pas de miracle. Je ne peux pas vous faire gagner à la loterie ou vous guérir de quoi que ce soit. Il y a des personnes qui sont venues me voir pour un seul rêve et qui ont eu des retombées positives sur leur vie. Ils ont appris à vivre mieux, ont compris qui ils étaient vraiment et à se soucier des autres. Vous êtes libre de me croire ou de partir !
Nathan consulta les tarifs affichés sur une petite pancarte fixée sur le comptoir et fut surpris.
Un rêve = 20 dollars
Lotion relaxante ou exaltante pour le corps : 5 dollars
La maison ne fait aucun remboursement car le rêve fonctionne parfaitement.
Les poudres sont garanties sans danger. Ce sont des plantes bénéfiques pour la santé (elles calment les angoisses, les jalousies, laissent une sensation de bien-être et offrent un sommeil réparateur, peuplé de bons rêves).
Monsieur Tisserhan le regarda dans les yeux et lui lança une interrogation muette. Nathan décida de lui faire confiance et d’accepter l’offre. Après tout, que risquait-il ? Pas grand-chose, a priori. Si ça ne marchait pas, il perdrait un peu de temps et vingt dollars. Il contacta son chauffeur et lui annonça qu’il prendrait un taxi pour rentrer.
Monsieur Tisserhan l’installa dans un fauteuil qui faisait face à un petit bureau chinois sculpté et décoré avec art, puis posa un questionnaire devant lui en lui demandant de le renseigner avec sincérité et précision. Nathan prit la feuille et fut abasourdi. Il commença néanmoins à remplir l’étrange formulaire.
Nom, prénom, âge, adresse, n° de téléphone, situation familiale, métier :
Delcourt, Nathan, trente deux ans, Upper East Side New York, 06..., célibataire, homme d’affaires.
Fils unique, parents morts de maladie sans pouvoir se soigner correctement du fait d’un milieu modeste. J’avais dix-neuf ans lorsqu’ils sont morts à quelques mois d’intervalle. J’ai été traumatisé par leur perte.
Formations et diplômes universitaires obtenus à la sueur de mon front... Je suis un homme d’affaires qui a créé une entreprise spécialisée dans la sécurisation des données bancaires. Ma société gagne beaucoup d’argent et est cotée en bourse.
Pas d’amis car trop occupé par le travail.
Fiancé à une jeune et jolie jeune femme prénommée Karyn. Elle n’a pas fait de grandes études et fabrique des bijoux qu’elle vend sur internet. Je lui ai proposé un poste dans ma société, mais elle a refusé. J’ai repoussé le mariage à une date ultérieure.
Cauchemars récurrents où il est question de morts, violences, maladies graves, trahisons... depuis environ trois mois.
Enfin, quatre questions clôturaient le document :
1) Quel est votre rêve ? Éradiquer ces maudits cauchemars (votre prix sera le mien).
2) Quel est votre sentiment préféré ? Détermination
3) Citez une qualité essentielle à vos yeux ? Ambition
4) Nom et prénom de la personne qui vous a communiqué mon adresse : Lifong, mais je ne connais pas son nom de famille.
Deux cases figuraient au bas de la page verso. L'une « Diagnostic du tisseur » et l’autre « Posologie ».
Nathan tendit le formulaire à M. Tisserhan qui le prit pour le consulter. Il secoua la tête plusieurs fois d’un air consterné, puis fixa un instant le jeune homme avant de parler.
— Monsieur Delcourt, comme je le pensais, votre cas est complexe. Pour commencer, les cauchemars que vous faites sont liés à ce que vous avez traversé dans votre vie – la mort de vos parents suite à un manque d’argent évident, l’inexistence d’amis sous prétexte du manque de temps, alors qu’en fait, vous avez peur d’être trahi. Le mariage avec votre fiancée repoussé : vous avez honte de sa position sociale. La façon dont vous avez rempli le formulaire m’a profondément choqué : votre rêve n’est pas cohérent et ne réglera pas vos tourments. Vos réponses sont polluées par l’argent et le travail. Vous pensez que l’argent peut tout acheter, or vous faites fausse route. Le travail et l’argent sont indispensables, certes, mais c’est dangereux et malsain de construire sa vie autour. Je vous ai demandé le nom et le prénom de la personne qui vous a adressé à moi, et vous avez été incapable de me donner le nom de famille de votre chauffeur. Depuis combien de temps travaille-t-il pour vous ?
— Deux ans. Je l’appelle tout le temps Lifong. Je n’ai jamais su son nom. Je suis désolé.
— Vous n’avez jamais pris la peine de discuter avec lui de sa famille, où il vit, ce qu’il aime. Pour vous, c’est un serviteur. Or ce Lifong, dont vous ne vous souciez guère, a entendu parler de votre problème et vous a envoyé à moi sans rien attendre en retour. Vous regardez tout le monde de haut. Vous avez de l’argent, mais ne savez pas l’utiliser. Que donnez-vous aux autres ? Avez-vous quelqu’un qui vous aime vraiment pour ce que vous êtes ?
Nathan était livide et bouleversé par les mots prononcés. Il regardait cet homme qu’il connaissait depuis quelques minutes à peine et qui avait su cerner ses peurs, ses faiblesses et sa façon de penser. C’était très inquiétant !
Il demeura quelques minutes sans rien dire. Il avait le choix de partir ou de rester et d’accepter les reproches justifiés de cet étrange personnage.
— Monsieur Tisserhan, votre diagnostic est bon. Tout ce que vous venez de dire est rigoureusement exact, et je m’aperçois que je me suis menti à moi-même. C’est extraordinaire ! Avez-vous une solution à me proposer ?
— Oui, je vous suggère de modifier votre rêve ainsi que le sentiment et la qualité. Prenez le temps de la réflexion. Je vais finir de préparer la commande d’un client qui doit venir dans une heure, et je reviens vers vous après. Laissez parler votre cœur et ça ira.
Nathan réfléchit longuement avant de pouvoir corriger sa fiche :
1) Quel est votre rêve ? Apprendre à aller vers les autres
2) Quel est votre sentiment préféré ? Amour
3) Citez une qualité essentielle à vos yeux ? Générosité
4) Nom et prénom de la personne qui vous a communiqué mon adresse : Lifong Yu.
Le nom de son chauffeur venait de ressurgir des profondeurs de sa mémoire. Il l’avait simplement oublié et il était heureux de s’en souvenir tout seul. C’était pour lui une première victoire.
Satisfait, Nathan reposa la fiche sur le petit bureau et regarda ce que faisait M. Tisserhan. Il fut littéralement subjugué en observant le ballet minutieux de celui-ci qui semblait prendre son travail très à cœur. Muni d’une petite cuillère en argent, il prenait des petites doses de poudre dans différents bocaux, les mettait sur le plateau d’une petite balance argentée et scrutait attentivement la petite aiguille pour trouver le bon dosage. Puis il notait soigneusement des informations au dos d’un formulaire. Il versa la dose de poudre dans un petit sachet en tissu blanc et ferma le tout à l’aide d’un ruban rouge. Il plaça ensuite le sachet accompagné du formulaire dans un étroit casier qui portait une étiquette.
Nathan était comme hypnotisé par la douceur, la force et le magnétisme qui se dégageaient de cet homme si mystérieux. Puis M. Tisserhan revint vers lui et prit la fiche pour en prendre connaissance. Il sourit en voyant les réponses données :
— Je vous félicite monsieur Delcourt. Avec ça, je vais pouvoir tisser un rêve capable de résoudre votre problème de cauchemars et bien plus encore. Mais chut, c’est une surprise.
Le jeune homme ne voyait pas en quoi ses réponses pouvaient l’aider à chasser ces maudits rêves, mais il ne releva pas et demanda quand la potion serait prête. Monsieur Tisserhan lui répondit que vu l’urgence de la situation, il allait s’y atteler immédiatement. Il conseilla à Nathan d’aller faire un tour dans le quartier et de manger quelque chose. Devant le regard médusé du jeune homme, il le rassura en lui disant que le quartier était populaire, mais que les gens étaient chaleureux.
Quelques minutes plus tard, Nathan sortit faire un tour. Il flâna un peu en regardant les bâtiments à la peinture un peu défraîchie, les boutiques bon marché, la petite place avec des bancs de pierre, le jardin où des enfants jouaient au football, au vélo, sur les balançoires... Il entendit des rires, des cris d’enfants heureux, des gens qui discutaient ou qui jouaient au baseball... On était loin des résidences, des boutiques de luxe de l’Upper East Side qui respirait l’argent, l’opulence, ou de Central Park, et pourtant ces gens avaient l’air contents de vivre, d’échanger. Il entra dans un petit café pour prendre un double expresso accompagné d’une tarte au citron, et observa un petit groupe d’hommes occupés à jouer aux dominos. Complètement pris par le jeu, ils oubliaient leurs problèmes actuels, et Nathan sourit en les voyant aussi obnubilés. Puis, l’un des quatre hommes lui proposa de faire une partie. Le jeune homme voulut refuser, mais tous insistèrent, et le patron du café l’incita vivement à participer. Nathan se retrouva bientôt au cœur du jeu et rit comme un fou en voyant la mine déconfite des perdants. Puis, après avoir payé sa tournée, il prit congé en promettant de revenir un jour. C’est le cœur plus léger qu’il regagna la boutique. Il croisa une femme qui rangeait un petit sachet de poudre dans son sac, avec satisfaction.
Content, il raconta à M. Tisserhan ce qu’il avait vu et fait. Celui-ci lui répondit que le patron du café, ainsi que les joueurs, étaient des clients-amis et qu’à l’occasion, il fermait boutique pour aller jouer avec eux. Il y avait un temps pour travailler, un temps pour s’amuser et profiter de la vie. Nathan le remercia.
Monsieur Tisserhan lui tendit un sachet blanc en souriant :
— Ce soir, juste avant de vous coucher, vous prendrez toute la poudre en une seule prise. Vous pouvez la diluer dans de l’eau ou la mettre dans un yaourt, une compote. Couchez-vous normalement. Vous viendrez me voir dans un mois, c’est-à-dire vendredi 28 à 18 heures, pour faire le point sur vos sensations. Je prends la liberté de vous remettre une petite fiole relaxante pour le corps. Vous pouvez appliquer deux ou trois gouttes de lotion dès ce soir. Comme les poudres, elle est composée de plantes sans danger pour la santé. Elle ne tâche pas les vêtements et a une excellente odeur. Voilà, ça vous fait vingt-cinq dollars pour le tout.
Nathan sortit un billet de cinquante dollars et demanda à M. Tisserhan de garder la monnaie. Le vieil homme ouvrit son tiroir-caisse, y glissa le billet et rendit vingt-cinq dollars au jeune homme en lui recommandant de donner de l’argent à ceux qui étaient dans le besoin. Nathan, confondu, prit l’argent et remercia chaleureusement le vieil asiatique. Il était tard, et il prit un taxi pour rentrer chez lui.
Il habitait un immense appartement dans une résidence privée et pour la première fois, il s’arrêta un instant pour parler avec le gardien. Celui-ci fut surpris, car d’ordinaire Nathan se contentait de le saluer distraitement. Puis le jeune homme lui glissa un billet de cinquante dollars dans la main. L’employé protesta, mais Nathan lui souhaita une bonne soirée et se dirigea d’un pas énergique vers l’ascenseur.
Une fois dans le cocon de son luxueux appartement, il dîna légèrement puis écouta un peu de musique. Juste avant de se coucher, il prit le sachet blanc, enleva le ruban et versa tout le contenu dans un verre d’eau minérale. Il mélangea et avala avec anxiété le médicament. L’eau était comme d’habitude. Puis il mit quelques gouttes de lotion dans le creux de sa main et se frictionna tout le corps. La tension accumulée depuis quelques temps se relâcha, et il se sentit plus apaisé. Il régla son portable sur 10 heures du matin (on était vendredi soir et sa société était fermée pour le week-end) et se coucha. Il ne croyait pas vraiment qu’un peu de poudre ait le pouvoir de changer ses rêves. Au bout de quelques minutes, il sombra pourtant dans un profond sommeil.
Il fut réveillé par la sonnerie de son portable. Il l’arrêta et fut stupéfait de voir qu’il avait dormi une nuit complète. Cela faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Il avait fait un rêve délicieux dans lequel il aidait des amis et se sentait aimé. C’était une sensation nouvelle et très plaisante, mais il se posait une question : n’était-ce pas une coïncidence ?
Il passa une journée tranquille et le soir, il décida d’appeler deux anciens amis, Arthur et Dylan, pour leur proposer un bowling suivi d’un dîner gastronomique. Ceux-ci, bien que surpris, acceptèrent sa proposition. La soirée fut très agréable et ils se promirent de se revoir.
Les deux nuits suivantes furent calmes et apaisantes et lui permirent de se refaire une santé.
Lundi matin, Lifong, son chauffeur, vint le chercher comme d’habitude. Pour la première fois, il discuta avec lui et apprit avec stupeur qu’il avait une épouse et deux enfants restés au Vietnam car il n’avait pas les moyens de payer les billets d’avion pour les faire venir. Nathan lui annonça qu’il allait payer les billets et qu’il aurait une augmentation de salaire car, grâce à lui, il avait récupéré un excellent sommeil. Il vit des larmes de joie briller dans les yeux du chauffeur, tandis que celui-ci le remerciait.
Ses nuits étaient peuplées de beaux rêves, et il n’arrivait pas à croire ce qui se passait. Tous les matins, il se levait de bonne humeur. Ses employés avaient noté le changement qui s’était opéré dans sa façon d’être, de parler... Il octroya des primes méritées et fit des dons à des associations. Son portable sonnait pour des invitations à sortir et à profiter de la vie. Il demanda Karyn, sa petite amie, en mariage lors d’un dîner romantique dans un somptueux restaurant new-yorkais et celle-ci, très émue, accepta. Il apprenait à écouter les gens et en un mois, il s’aperçut que ses relations, ses nuits et jusqu’à sa vie, tout avait évolué dans le bon sens. Il comprit alors que M. Tisserhan était un merveilleux tisseur de rêves, et que sa potion fonctionnait vraiment.
Le jour du rendez-vous, Nathan prit un taxi pour se rendre chez M. Tisserhan, car Lifong était parti à l’aéroport pour chercher sa famille. Quand il arriva devant la boutique, il s’aperçut que celle-ci était fermée. Après avoir patienté quelques minutes devant le rideau baissé, il décida d’aller demander au patron du café s’il savait à quelle heure revenait le tisseur.
Au café, le patron et les joueurs le reconnurent et le saluèrent avec de grands sourires. Nathan posa sa question et il y eut soudain un étrange silence. Troublé, Nathan demanda ce qui se passait. Le cafetier lui dit :
— Ça fait exactement deux ans que la boutique de ce pauvre asiatique est fermée. Pourtant, il n’avait pas son pareil pour tisser de beaux tapis d’orient. C’était comme dans un rêve : on notait sur une feuille ce que l’on souhaitait, et il arrivait à créer la pièce unique, celle qui comblait toutes nos attentes. Il était exceptionnel !

FIN

Finaliste

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CLASSEMENT Nouvelles

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Muirgheal James
Muirgheal James · il y a
Il tisse avec délice, mes votes
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Ratiba Nasri
Ratiba Nasri · il y a
Merci James pour ce joli retour. À bientôt !
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Michelle Ask
Michelle Ask · il y a
merci pour ce beau rêve !
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Ratiba Nasri
Ratiba Nasri · il y a
C’est moi qui vous remercie pour votre lecture. Bonne soirée Michèle !
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Bengourion
Bengourion · il y a
Ce texte est une somptueuse prière je le partage de suite et te félicite ardemment
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Ratiba Nasri
Ratiba Nasri · il y a
Merci Bengourion, c'est vraiment sympa :-) A bientôt !
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Claudine
Claudine · il y a
Bravo!
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Ratiba Nasri
Ratiba Nasri · il y a
Merci Claudine pour votre soutien. Bonne soirée !
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Damien Malène
Damien Malène · il y a
Un joli talent de conteuse pour cette belle histoire. C'est un conte que l'on a le sentiment d'avoir déjà entendu, même si c'est sous une autre forme et avec d'autres personnages, et c'est pour cela qu'on le lit jusqu'au bout : pour savoir s'il y aura la même "happy end". Conte philosophique et allégorique. Philosophique car il veut démontrer que vivre bien dans sa peau passe par faire le bien autour de soi, être bien en dedans consiste à être bien avec le dehors. Allégorique parce qu'en changeant la scène et les fonctions des personnages on y retrouve tous les éléments d'une psychothérapie, même s'ils sont schématisés. Le patient et le thérapeute (tisseur de rêves, et le travail se fait aussi dans le registre de l'imaginaire), le diagnostic du "faux self", l'émergence de la demande (sur imprimé ; retrouver une authenticité originaire) le rapport à la réalité changée dans les interséances, etc... Ben sûr ça va bien vite et les changements ne sont jamais aussi rapides, mais c'est un conte... Belle composition agréable à lire.
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Ratiba Nasri
Ratiba Nasri · il y a
Merci Damien pour ce magnifique retour très détaillé. Vous avez tout compris ! Le partage fait partie de nous ; on aime partager un film, un repas, ce qui nous arrive dans la vie et les émotions que l’on a ressenti avec ses proches. Donner un peu de son temps, aider et échanger apporte beaucoup de richesse intérieure. La satisfaction ressentie est immense. Carpe diem est une de mes locutions préférées : cueillir le jour et profiter de chaque instant pour vivre, partager de bons moments et s’intéresser aux autres. L’essentiel est là ! L’argent et le pouvoir ne vous rendront jamais heureux si vous ne savez pas tendre une main à celui qui en a besoin. Voilà une belle philosophie de vie à appliquer ;-) C’est beau et ça ne coûte rien ! Merci pour votre lecture. Bonne soirée !
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Coum
Coum · il y a
Rayonnante histoire... comme quoi les rêves les plus beaux ne sont pas réservés qu'aux riches. Ils se trouvent sous nos yeux.
Faites moi le plein d'espoir, s'il vous plaît !
Merci et votes.

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Ratiba Nasri
Ratiba Nasri · il y a
Merci Coum pour votre lecture.
En fait, ce n'est pas un rêve ! La boutique du tisseur est ouverte pour ceux qui ont besoin de lui ;-) Nathan est guéri donc...
Au plaisir de vous lire !

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Zim
Zim · il y a
Très prenant, un plaisir de vous lire !
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Ratiba Nasri
Ratiba Nasri · il y a
Merci Zim, c'est sympa :-) A bientôt sur votre page !
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Barbara Duchet
Barbara Duchet · il y a
une bien jolie lecture, je vous souhaite bonne chance pour cette finale !
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Ratiba Nasri
Ratiba Nasri · il y a
Merci Barbara pour ce beau commentaire. Belle journée !
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Demens
Demens · il y a
Une belle histoire. En espérant que les grands patrons vous lisent... Et pour finir, une chute mystérieuse. Mes votes.
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Ratiba Nasri
Ratiba Nasri · il y a
Merci Demens pour ce beau retour ! Il y a peut-être des grands patrons lecteurs qui se cachent parmi les Shortiens et ça leur donnera des idées (augmentations de salaire, primes...) ;-) A bientôt sur votre page !
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Alixone
Alixone · il y a
Toutes mes félicitations et bonne chance pour la suite...
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Ratiba Nasri
Ratiba Nasri · il y a
Merci Alixone pour votre passage :-) Au plaisir !
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