10
min

 Suspense

Chauffé à blanc

Michel Dréan

Michel Dréan

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187 voix


J’ai claqué ma main sur ma nuque. Quand je l’ai retirée, un moustique en sale état trônait au milieu d’une petite tache de sang. Ils étaient voraces dans le coin et savaient apprécier un mets de choix, à savoir un tendre journaliste débarqué d’une grande ville de la côte Est.
L’air était devenu lourd, chargé de particules électriques qui jouaient avec nos nerfs. Le bayou bruissait de milles sons. Un soleil agonisant jetait ses dernières forces pour tenter d’arracher les marécages à l’obscurité grandissante. Des odeurs de tourbe et d’eau croupie remontaient des terres spongieuses où prospéraient les cyprès d'eau colonisés de spanish mosses ressemblant à des chevelures de femmes peu soigneuses. J’avais cru voir deux yeux briller dans les méandres inquiétants qui venaient lécher les limites de la pauvre propriété.
— Ici, depuis des temps immémoriaux, la couleur du deuil, on la porte à même la peau, monsieur.
George Wallash parlait avec cette voix traînante et fatiguée qu’ont les gens de couleur dans les états du sud. Avec cette politesse surannée incrustée à coups de fouet et d’injures depuis que ses ancêtres avaient été déportés dans les cales des bateaux négriers jusqu’à ces contrées couvertes de misère et de champs de coton. Je le regardais, il semblait encore courber l’échine. La fatalité n’était pas un vain mot par ici.
— Dylan était un bon gars, jamais il n’aurait fait une chose pareille, monsieur.
— C’est pour ça que je suis là George, pour lui rendre justice.
— Quelle justice monsieur ? Le miracle Obama est fini, vous savez tout comme moi ce que ce pays est en train de devenir.
De maigres larmes coulaient maintenant dans les ravines de son visage fripé. George Wallash avait en partie raison, la fracture était profonde, irréversible. Chronique d’un racisme ordinaire dont la parole s’était libérée et qui s’illustrait par des actes toujours plus nombreux et répugnants. La bête immonde s’était logée dans le cœur-même de cette Amérique que j’avais chérie – en était-elle d’ailleurs un jour partie ? Mais qu’avait fait Obama pour des gens comme lui ? Est-ce que sa vie avait changé avec la première présidence noire de ce pays ? L’espoir avait été immense, la déception également. Et maintenant, il s’agissait juste de survivre.
J’ai arrêté l’enregistrement. Puis j’ai vidé le fond du verre de limonade et me suis levé pour quitter l’abri illusoire de la terrasse en bois accolée à la vieille maison vermoulue.
— George, merci de m’avoir reçu.
Il s’est levé à son tour et m’a tendu une main où la désespérance étalait ses premiers rhizomes. Il avait l’air si vieux. Au loin, du côté de l’océan, les premiers éclairs s’invitaient déjà au bal du diable.

Des trombes d’eau se sont abattues alors que je venais d’atteindre la route sur pilotis qui menait à la Nouvelle-Orléans, là où se déroulait le procès. J’ai mis les essuie-glaces à fond et réduit ma vitesse. Même ainsi j’avais du mal à discerner le tracé de la voie. Ironie grinçante, le rapprochement avec cette enquête ne m’échappait pas.
Quand je suis arrivé à l’hôtel, la pluie avait cessé, le ciel débarrassé de toutes ses scories orageuses était maintenant d’une pureté trompeuse squattée par des milliers d’étoiles. Seule une bande sombre qui cavalait sur l'est rappelait au souvenir de l'orage. La raison me poussait à rester là, synthèse de la journée à faire, article à compléter, toutes ces choses si futiles mais nécessaires quand on flirtait avec le chaos. J’avais pourtant besoin de me nettoyer de cette crasse accumulée. Décaper le chagrin, récurer ce cafard morbide avant qu’il ne s’incruste au plus profond de moi.
Douche rapide avant de partir en direction du French-Quarter. La pluie avait dégraissé les trottoirs, ne laissant qu’une pellicule luisante d’où montaient encore des odeurs de bitume chaud. Les entrées des bars à entraîneuses et des clubs de jazz me semblaient être des bouches monstrueuses et avides, prêtes à m’avaler. Une foule bigarrée et joyeuse déambulait dans les rues. Sur un balcon ouvragé, un groupe de fêtards éméchés interpellait les passants. Devant le Preservation Hall, des grappes de touristes faisaient la queue en attendant la prochaine session. Ils voulaient tous avoir leur dose de jazz authentique. Ambiance de fête et de fin du monde. Comme Sodome et Gomorrhe, la ville finirait un jour par disparaître. Sous les coups de boutoir d’un ouragan plus puissant encore que ceux qui l’avaient déjà mise à terre. Le Mississippi s’affranchirait des voies balisées par les hommes. La mer reprendrait ses droits. Alors il fallait en profiter, repousser la peur dans le vice et la musique. Parce que la mort était ici partout présente.
Dans un petit restaurant cajun, je me suis enfilé un gumbo d’écrevisses avant d’aller me poser dans un bar un peu chic de Bourbon Street. Une jolie fille n’a pas tardé à venir s’installer à côté de moi. Une professionnelle. Je lui ai payé un verre. Quand elle a compris que je n’irai pas plus loin, elle m’a largué en me traitant de pédé. J’ai souri.
C’est en rentrant à l’hôtel qu’ils me sont tombés dessus. Une ruelle obscure et déserte. Trois mecs cagoulés comme au bon vieux temps du KKK – dont ils faisaient peut-être partie. Premier crochet à la mâchoire suivi d’un uppercut au foie. Je me suis vite retrouvé à terre où les coups ont continué à pleuvoir. Je me suis mis en boule en protégeant au mieux ma tête et mes couilles pour limiter la casse.
— T’as rien à foutre par ici fouille-merde. Tire-toi avant qu’on devienne vraiment méchants.
Un dernier crachat et ils se sont fondus dans la nuit d’où ils n’auraient jamais dû sortir. Je suis rentré en clopinant. En me voyant, le veilleur a fait une drôle de tête.
— Qu’est-ce qui vous est arrivé ?
— Oh rien, juste un réverbère qui a traversé devant moi, lui ai-je répondu avec un rictus crispé.
Il n’a pas insisté. Au fond, il s’en foutait bien et je ne devais pas être le premier client à rentrer un peu amoché. Mon enquête dérangeait et c’était sans doute la première bonne nouvelle de la journée. J’ai rempli un seau de glaçons à la machine installée dans le couloir. Je me les suis appliqués en compresse sur les endroits les plus douloureux. Ça ne m’empêcherait pas d’arborer un joli cocard demain.

Le procès avait repris. Le juge Valbert, noyé dans sa graisse, interrogeait l’un des témoins de l’accusation, qui n’avait plus l’air si sûr de lui.
— Vous pouvez identifier l’accusé, oui ou non ?
— Euh, il faisait nuit... je ne peux pas affirmer que c’était vraiment lui qui était au volant.
Balbutiements, hésitations, j’avais l’impression d’assister à une parodie de justice. James Gallager, encadré de ses avocats, arborait un léger sourire narquois. L’attorney avait l’air bien plus préoccupé par sa carrière que par la vérité. Les jurés avaient été soigneusement choisis. Ce salopard allait s’en tirer. Et ses complices avec.
Dylan Wallash était mort de manière atroce. Bouc émissaire idéal dans le cadre d’une autre affaire vite classée après la disparition du suspect principal. Le viol et le meurtre de Peggy Turner, gamine de 15 ans dont on avait découvert le corps près de la maison de George et Dylan. Dylan avait un léger retard mental, il traînait toujours dans le secteur. Cela avait suffi pour que la rumeur enfle et qu’ils lui tombent dessus. Gallager et ses potes.
Ils l’avaient mis à poil, lui avaient accroché les pieds au pare-choc d’un pick-up et l’avaient traîné sur plusieurs kilomètres. Quand George avait récupéré le corps de son fils, celui-ci n’était plus qu’une longue plaie sanglante presque impossible à identifier. Mais qui donc se souciait de la mort d’un nègre par ici ?
Je suis resté jusqu’à la suspension de la séance. Des témoins qui avaient perdu la mémoire, ceux de la défense qui faisaient mouche. L’issue de cette mascarade ne faisait aucun doute.
À moins que.

Un quartier abandonné des hommes et de Dieu. Il restait encore des paquets de baraques désertées, des blocs entiers où les terrains vagues avaient remplacé d’anciennes maisons en bois. Ravages encore visibles de Katrina. L’ouragan s’était comporté comme une lèpre affamée et les chairs urbaines n’étaient pas près de cicatriser. Un chien errant aux côtes saillantes a traversé devant ma voiture, j’ai dû faire un écart pour l’éviter. Je me suis garé devant ce qui avait tout d’un taudis et suis sorti. Un vent fort balayait la rue, faisant voltiger papier gras et immondices dans des tourbillons sordides, à la manière de tumbleweed dans un village fantôme. Malgré ça, un air plus pesant et brûlant que du plomb en fusion coulait dans mes poumons. Ma chemise trempée de sueur collait à ma peau. J’ai gravi les quelques marches menant au perron et j’ai sonné. La porte s’est ouverte, la moustiquaire restée en place me renvoyait l’image filtrée d’une femme vieillie prématurément. La robe passée de mode et les bigoudis sur la tête n’arrangeaient rien.
— Madame Turner, je suis Sean Golding, journaliste pour le Washington Post. Je vous ai appelée hier.
— J’ai rien à vous dire.
— Mais hier vous étiez d’accord pour me rencontrer.
— Hier c’était hier, aujourd’hui c’est aujourd’hui.
— Je vous ai dit que mon journal pouvait rétribuer les témoignages intéressants ?
Court instant d’hésitation avant de me laisser entrer. Elle m’a fait assoir dans un canapé pourri dont les ressorts me niquaient le fessier et le dos, ravivant les douloureux souvenirs de ma rencontre de l’autre nuit. J’ai sorti mon téléphone portable ouvert sur la fonction dictaphone.
— Je peux enregistrer ?
— J’préfère pas, non.
J’ai ramassé l’appareil et sorti le bon vieux calepin et un crayon. On allait la jouer à l’ancienne. Mes yeux ont fait le tour de la pièce. Un ventilateur hors d'âge à gauche ne faisait que brasser du chaud. Mon regard s’est arrêté sur une photo. Une Lolita d’une blondeur vénéneuse me fixait d’un air provoquant. Mi-enfant, mi-femme. Peggy Turner ne changerait plus, figée dans un cliché pour une éternité de douleur. Juste à côté, une femme qui lui ressemblait étrangement. Vanessa Turner, sa mère, au temps de sa splendeur.
Face à moi, l’ombre crasseuse de ce portrait. Le carnage avait sans doute débuté depuis longtemps mais la mort de sa fille avait posé la touche ultime et irréversible. Elle avait pris cent ans.
J’ai commencé l’interview en douceur, revenant sur leur passé, leur vie ici à toutes les deux. Le père s’était tiré à la naissance de la petite, il n’était jamais reparu. Ça a duré un moment, mais il ne fallait rien brusquer. Je voulais l’amener à confirmer ce que j’avais déjà découvert. La pièce du puzzle qui pourrait faire changer la face des choses. Quand j’ai compris qu’elle n’irait jamais sur ce terrain, j’ai abattu ma dernière carte.
— Madame Turner, James Gallager sortait avec votre fille. Ce jour-là, il est parti avec elle. Pourquoi n’avez-vous rien dit au juge ?
Le monde s’est écroulé sous ses pieds. J’ai cru qu’elle allait céder, se libérer de cette monstrueuse vérité qui la rongeait. Mais elle est ressortie du gouffre, s’est levée et m’a toisé d’un regard qui ne souffrirait plus aucune discussion. Les lèvres tremblantes, elle a juste craché ces paroles qui mettaient fin à l'entrevue.
— Foutez le camp d’ici !
Je me suis extirpé avec peine du canapé vorace qui voulait me garder. Avant de partir, j’ai sorti des billets de mon portefeuille que j’ai laissés sur le coin de la table du salon. Une promesse était une promesse.

Je n’ai pas eu longtemps à attendre. Garé un peu plus loin, planqué derrière un container à ordures, j’ai vu le Hummer se pointer. Harold Gallager, le père, et son bras droit Peter Milovich, sont entrés à leur tour chez Vanessa Turner. J’ai pris quelques photos au téléobjectif. Confirmation de ce que je pressentais depuis quelques jours. Je savais maintenant d’où provenait l’écran plat dernier cri qui faisait tache parmi le mobilier bon marché de la mère éplorée. Ces salopards avaient acheté son silence et maintenant c’était elle qui les informait des visites inopportunes. Gallager était assez con pour venir en personne à son domicile. Ou alors, fort de sa position d’homme d’affaires important, il se sentait intouchable. Le même type qui, sachant que je menais ma propre enquête, avait envoyé ses sbires me casser la gueule.
Je venais de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Il fallait juste que je fasse encore plus gaffe à mes fesses désormais. J’attendais qu’ils sortent quand un grand coup donné sur la tôle de mon véhicule m’a flanqué une frousse de tous les diables. Le clodo édenté qui me fixait d’un regard trouble faisait juste la manche. Aucune envie d’être repéré, je lui ai lâché deux billets d’un dollar afin qu’il se tire vite fait. Il est parti direct les convertir en mauvais alcool.
Cinq minutes après, les deux hommes sont ressortis, accompagnés sur le seuil par Vanessa Turner. J’ai repris quelques photos, j’avais ce que je voulais.

— George, j’ai besoin de savoir si vous l’avez vu traîner dans le coin le jour du meurtre de Peggy Turner.
Sur la vieille table de la terrasse, j’avais posé les photos de James Gallager et de l’adolescente. Front plissé, George Wallash, ses lunettes sur le bout du nez, semblait faire un effort considérable. Bien sûr qu’il connaissait la tronche de celui qui était jugé aujourd’hui, je voulais juste créer comme un électrochoc.
— Je ne m’en rappelle pas monsieur.
— C’est important George, essayez de vous en souvenir. Pour Dylan.
— Dylan est mort monsieur.
— Je sais George, je sais, mais sa mémoire a été salie et il n’y a aucune raison pour que le vrai meurtrier s’en tire. J’ai toutes les raisons de croire que l’assassin de votre fils est aussi celui qui a tué cette gamine.
— Il venait souvent par ici avec ses amis. Son père a un terrain à côté avec un ponton et un abri pour hydroglisseur. Les jeunes allaient chasser le gator. Une fois, je crois bien que je l’ai aperçu avec la jeune fille.
— Quel jour George, quel jour ?
Il y avait un ciel immense qui se débinait au fond de ses yeux sombres avec une cohorte de démons chevauchant de lourds nuages gonflés d’amertume. Les secondes se sont figées, épaisses et dures, dans un relent de soufre et d’apocalypse.
Il a fini par me répondre.

Le crépuscule se déchirait dans des rougeurs flamboyantes quand je suis parti de chez George. Une vingtaine de kilomètres de piste et de mauvaise route à parcourir avant de rejoindre l’highway qui menait vers ce qui restait de la civilisation.
J’en avais fait à peine cinq. Dans mon rétroviseur, j’ai vu le nuage de poussière et le gros 4X4 qui se rapprochait à vitesse grand V. Il n’y avait que nous sur la voie. J’ai essayé d’accélérer mais ma voiture n’était pas faite pour ce terrain. Le premier choc m’a propulsé en avant. J’ai repris le contrôle je ne sais comment. Le deuxième m’a envoyé dans le décor. Le monde a tourné autour de moi, pris de folie. Plusieurs fois. Quand la voiture est retombée sur ses quatre roues, mon cœur cognait comme un fou. J’ai pensé à Deborah et aux enfants. À notre appartement douillet de Washington. Aux promenades que l’on faisait tous ensemble dans le Rock Creek Park. Bizarrement, me sont revenues en mémoire des images d'écureuils et d'arbres en feu à l'automne.
Un peu plus haut, sur la route cabossée, au volant du Hummer, Harold Gallager allumait tranquillement une cigarette. Peter Milovich est sorti du véhicule, une carabine à la main. J’ai essayé de me dégager mais ma ceinture était coincée. J’avais mal à la tête. J’ai porté ma main à mon crâne et l’ai ramenée devant mes yeux. Ma peau noire était couverte d’un sang si rouge. Le même que celui des Blancs.
À cet instant précis, j’étais heureux d’avoir transmis tous mes documents au journal.
Car qui se souciait ici de la mort d’un nègre ?

187 VOIX


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Fofi
Fofi · il y a
Une nouvelle qui nous emporte très loin... Bravo.
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Valérie Labrune
Valérie Labrune · il y a
C'est remarquablement écrit. Le style m'a happée autant que l'intrigue. Je suis subjuguée par cet écrit.
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Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Merci Valérie, très touché de ce commentaire !
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Patricia Besson
Patricia Besson · il y a
un récit qui m'a tenu en haleine et une histoire qui m'a beaucoup plu.. et la chute excellente même si elle est triste !!! bravo
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Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Merci Patricia de vous promener ainsi sur mes textes et de votre enthousiasme. Si vous avez aimé Chauffé à blanc, je pense que Tango Muerte et Coup de Blues(que vous pouvez même écouter !) pourraient aussi vous séduire. Et là, nulle question de vote ;-)
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Christiane Willemse
Christiane Willemse · il y a
Une nouvelle très prenante qui nous donne envie de crier devant l'injustice. Belle chute aussi, comme on les aime. Si cela vous dit, j'ai participé au concours Court et Noir, avec "perfidie". Bon week-end pascal.
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Ondine Sorini
Ondine Sorini · il y a
On plonge immédiatement dans l'ambiance, bravo pour votre style et cette bonne idée!
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Maud
Maud · il y a
Bravo pour ce texte et sa chute Michel. Biz
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Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Merci Maud d'être passée ici.
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Ganga
Ganga · il y a
Magnifique récit encore qui nous tient en haleine jusqu'au bout. Bon, je suis vraiment triste que tu aies choisi cette fin, car on s'attache à ton personnage mais on est noir où on ne l'est pas... et ta chute sur sa couleur est tellement bien faite! Ceci dit, le journal a les photos, cela redonne un peu de couleur. Le monde n'est pas que noir et blanc, alors. Merci
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Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Merci Ganga, oui le monde est plein de couleurs parfois même si en ce moment il tire plutôt sur le gris.
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SakimaRomane
SakimaRomane · il y a
Félicitations très sincères Michel :)
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Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Merci de ce passage dans les bayous. Un lieu qui visiblement inspire !
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Bertrand
Bertrand · il y a
bravo Michel
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