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Short Paysages : Les Îles

Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Cette semaine, je vous propose une petite escapade dans les îles, sous toutes les latitudes, qu'importe l'hémisphère ! Des senteurs vanillées aux édifices énigmatiques de l'île de Pâques, des îles Grecques à celles du Japon, sous les Tropiques ou même, pourquoi, une île au milieu d'un lac !


Rappel du principe :
A la manière du Short Paysages organisé l'an passé sur le thème de l'Isère, je vous propose un Short Paysages hebdomadaire (du vendredi au vendredi) au cours duquel nous pourrons confronter/conforter nos différents points de vue autour d'un paysage en échangeant nos textes et BD (ou ceux que nous avons apprécié chez d'autres auteurs).
Attention tout de même, pour le Short Paysage, il est important de localiser son récit : soit dans le texte lui-même ou à-minima en précisant quel lieu vous a inspiré. On doit savoir où ça se trouve !

Postez-nous vos cartes postales... :-)
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Mamounette
Mamounette · il y a
Carresses épicées
Chauds baisers des alizés
Une île se pame
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Virgo34
Virgo34 · il y a
Minorque est bordée par un chemin piétonnier (un peu comme le sentier des douaniers, en Bretagne) qui fait la joie des randonneurs confirmés : 185 kilomètres en 20 étapes et sur 10 jours, voilà de quoi se régaler les yeux, avec des paysages variés et magnifiques : plages, falaises et calas (calanques rocheuses). On l'appelle le chemin des chevaux (es cami de cavalls, en langue minorquine) et c'est la meilleure façon d'observer la flore de l'île).

LE CAMI DE CAVALLS
Tout autour de Minorque, un chemin arboré,
Le cami de cavalls, c'est le nom qu'on lui donne,
Est devenu un jour une route piétonne
Qui serpente à travers les fleurs et les rochers.

Il eut dans le passé un rôle militaire,
Assurant la défense sur des ennemis
Qui débarquaient ici comme en pays conquis,
Arrivant par bateau, portés par notre mer.

Aujourd'hui, c'est la voie empruntée par tous ceux
Que la nature experte a rendus amoureux
De ces mille splendeurs en un tableau sublime :

La flore comme la faune, d'espèces endémiques,
Se concertent en secret pour un instant magique
Où les dieux bienveillants ont un soupir ultime.
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Virgo34
Virgo34 · il y a
J'habite la moitié de l'année, comme en ce moment, sur une île de Méditerranée. Elle fait partie des Baléares et c'est une des plus petites, si ce n'est la plus petite habitée. Et justement, elle s'appelle Minorque. Elle m'a inspiré quelques poèmes.


Minorque, mon île magique

Pas très loin du tropique, elle souffre du chaud.
En forme de croissant, elle n'est pas bien grande
Mais sa côte arrondie danse une sarabande.
Ce sont ses plages d'or qu'on apprécie d'en haut.

La vie y est bercée de joie et de bonheur.
Son peuple enraciné dans ce beau paradis
A su actualiser ses trésors anoblis
Et dans chaque village on sent battre son cœur.

Sa campagne bien verte et ses coquelicots
Nous réjouissent les yeux, et l'on voit des chevaux
Galoper sans repos, crinière au vent marin.

Habitée en tous lieux depuis des millénaires,
Ombragée par des pins bien plus que centenaires,
C'est une île magique où toujours l'on revient.
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JACB
JACB · il y a
Vous êtes privilégiée d'habiter en ces lieux Virgo; merci de nous y avoir invité(e)s.
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Virgo34
Virgo34 · il y a
Oui, je sais, lol !
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
on irait bien y faire un tour pour y revenir...
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Virgo34
Virgo34 · il y a
Qu'à cela ne tienne. L'île est de plus en plus ouverte au tourisme.
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JACB
JACB · il y a
Il n'y a d'île que parce qu'il y a la mer et des bateaux pour y accoster.
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Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Certes! Une découverte à chaque fois renouvelée...
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Ton récit m'a captivée, Luc..
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Coucou!
Coucou! · il y a
Il est une île,
oubliée et oublieuse des hommes,
à la végétation luxuriante.
Une île cachée au fond de l'océan,
cachée à nos regards, à nos mémoires,
qui a trouvé le silence.
L'île mythique, mystérieuse,
royaume des poissons désormais,
garde son secret.
Un jour peut-être,
elle ressurgira des flots,
exposant ses plages de pierre au soleil.
Île, rêve lointain,
trésor d'espoir,
Atlantide.
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Il existe une île si petite qu'elle a une colonie d'oiseaux pour seuls habitants.
Pas de plage paradisiaque, pas de rochers fouettés par les vagues, juste un monumental platane qui situe son emplacement.
Elle n'est pas au milieu d'une mer lointaine ou d'un océan connu.
Elle n'appartient pas à un pays exotique et sa destination n'est prisée que par les petits bâteaux et les pédalos.
Elle se voit de loin et intrigue, surtout quand l'arbre géant revêt une blancheur hivernale due au guano de centaines de cormorans.
Bien sûr qu'elle a un nom! Elle s'appelle "l'île de Peilz", plantée dans la partie suisse du lac Léman, tout à l'est, face au Château de Chillon, ancienne forteresse qui s'avance sur l'eau et qui fut une redoutable prison (voir le poème "Le Prisonnier de Chillon" de Lord Byron)
Ce minuscule îlot d'un peu plus de 20 mètres-carrés a été offert par la Suisse à la Reine Victoria, Sa Majesté d'Angleterre, qui appréciait cette région unique...
Toutefois, il semblerait que la Reine Victoria, ulcérée qu'elle doive payer une taxe foncière à la Suisse aurait restituer son cadeau... mais rien n'est moins sûr...
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JACB
JACB · il y a
c'est à cause du Brexit !!!!
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
T'as trouvé!! Tout vient de là... je suis pliée...
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Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Original et instructif!
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Etant plutôt sédentaire (je voyage immobile avec les reportages TV par contre!),je me suis dit que j'avais qd mm une île sous la main!!
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Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Et dire que lors de mes nombreux passages non loin du Léman je n'avais jamais remarqué cette île étrange! Encore merci de nous la faire découvrir ^^
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
En fait, Luc, on voit plutôt un arbre qui dépasse de l'eau... Si tu reviens par là, tu vas la guetter!
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JACB
JACB · il y a
Elbe au vent
Tâche de terre sur l’océan
Kyste de pierre, abrupt en paravent
Nid de cormorans au nez des éléments
Sert de repaire au navigant, de chimère au divagant
D’étoile aux horizons, prison amère au dissident pour châtiment.
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Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
A Burano

A coup de burins
Le soleil plante ses couleurs
A Burano
Pour que les marins
Trop burinés retrouvent les leurs
A Burano
Et moi je marche
Le long de ces rues arc-en-ciel
Je crie Mort aux vaches
Maudissant le temps qui passe superficiel
J'ai passé l'âge
De croire aux heures providentielles
J'ai plus le courage
De penser que ma vie est essentielle

A coup de burins
Le soleil plante ses couleurs
A Burano
Pour que les marins
Trop burinés retrouvent les leurs
A Burano
Et moi je cours
Dans cette île ornée de dentelles
J'attends que le jour
Finisse par couler une bielle
Et les vautours
Sont plus nombreux que les hirondelles
A me faire la cour
Suis-je déjà pestilentiel

A coup de burins
Le soleil plante ses couleurs
A Burano
Pour que les marins
Trop burinés retrouvent les leurs
A Burano
Et moi je meurs
D'avoir suivi une demoiselle
Je crois au malheur
Dans mes artères un flot de fiel
Plus de hauteur
Dans mon horizon obsessionnel
Je sens plus mon coeur
L'amour n'est rien qu'artificiel

(extrait du recueil Venise paru aux éditions PVTST :
http://www.association-lac.com/editions/catalogue.html#05 )
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Virgo34
Virgo34 · il y a
J'adore Burano, cette île aux mille couleurs. A côté, Murano est, à mon avis, sans grand attrait.
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Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Complètement d'accord !
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Virgo34
Virgo34 · il y a
Ceci dit, j'adore Venise et sa lagune. Même le cimetière (San Georgio ?) est beau.
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Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Venise est une ville absolument fascinante pour qui sait quitter les sentiers touristiques et aller se perdre dans les quartiers populaires. J'ai une expression pour ça : prendre les ponts de traverse.
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Virgo34
Virgo34 · il y a
C'est vrai, à condition aussi d'y aller hors saison touristique.
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Coucou!
Coucou! · il y a
la légende de Burano: la naissance de la dentelle.
Un jour, un marin quitta sa fiancée pour une voyage en mer. Il lui promit qu'ils se marieraient à son retour. La belle, en pleurs, lui fit donc ces adieux, et il partit sur un navire marchand. Hélas, 3 jours après, alors qu'ils voguaient en mer Ionienne, des sirènes s'approchèrent du bateaux et se mirent à chanter. Envoûtés, les matelots sautèrent dans les flots rejoindre les ensorceleuses. Un seul resta a bord: le jeune marin fiancé. Intriguée par ce comportement singulier, la reine des sirènes s'approcha. Mais même à son chant il demeura insensible. Alors, elle le questionna, et il répondit: Déjà je me suis promis à la plus belle des créatures qui a posé sur mon coeur une prison de soie. Emue par la fidélité du jeune homme, la reine lui fit jaillir l'écume des vagues et la transforma en un large voile de dentelle. Elle le lui offrit et le laissa partir. Un mois plus tard, l'île toute entière s'émerveillait de la finesse du voile de la mariée, et dés lors, tous cherchèrent sans cesse à l'imiter.
Une autre version:
Un beau marin vénitien qui, partant, offrit à sa fiancée, une algue qui fut appelée, quand la promise eut reproduit son joli dessin aux fuseaux, la dentelle des sirènes.
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Virgo34
Virgo34 · il y a
On voit encore, à Burano, des dentellières assises sur le pas de leur porte et penchées sur leur ouvrage. Et là, ce n'est pas une légende, même si le spectacle est offert aux touristes...
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Luc M
Luc M · il y a
Superbe!
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Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
C'est la dérive des continents...de l'incontinent, comme dirait un ami breton amateur d'à-peu-près.;-)))
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Belle pub pour "L'île des pins"...
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Luc M
Luc M · il y a
Île magnifique!
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Volsi
Volsi · il y a
Une montagne dans la mer. Les sommets blanchis brillent au soleil. Par endroit, quelques trainées d'ocre, coulées de couchant sur la neige aérée, aérienne. Parfois des arêtes aiguës brisent de leur dureté brune, la douceur des courbes de monts érodés. La mer qui, partout, entoure l'île, a l'écume crémeuse pourtant aucune vague ne semble l'agiter. Il flotte, curieusement, un parfum de vanille. Je saisis ma cuillère et entame mon dessert. :)
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
:-)
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Lambda
Lambda · il y a
Et moi je vous emmène sur les îles croates (à l'origine du poème, mais il aurait pu être écrit sur d'autres!)
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/des-anes
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Yasmina
Yasmina · il y a
Poème très émouvant !
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Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
Comme dans la chanson d'Antoine...
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Lambda
Lambda · il y a
Un haïku insulaire qui surfe sur le haut de la vague!
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Excellent! Ça tombe à pic ! :-D
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.
TRANSITION
SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Je cours ! Je cours ! Je suis déjà en retard ! Je foule du pied le chemin de terre, dans mon sac d'ado tout valdingue à l'arrière. J'arrive aux rails. On a pas le droit de passer par là mais ma soeur et mon frère ont déjà tracé le chemin... Un enjambement, puis l'autre jambe, je fais des ciseaux au-dessus du grillage comme un athlète sur un cheval d'arçon. Le bus est déjà là, le chauffeur m'a vu et il m'attend. Je crois qu'il m'aime bien, je monte en souriant. Je crois surtout qu'il ne veut pas que je rate l'école... Au fond du bus, on me maudit déjà : je viens de leur faire perdre 5 min de pause clope-drague avant le début des cours. Je les emmerde. C'est parti pour une longue ligne droite sur la route nationale. A ma droite, la Montagne Noire nous offre ses plus belles courbes, vertes rondeurs boisées qui s'échelonnent. A ma gauche, des champs de colza, des prés, des blés et au fond quelques falaises se dessinent à qui sait les discerner. Droit devant, le soleil qui se lève. On longe la vallée du Thoré. Trois kilomètres plus loin un feu rouge, celui d'une sorte de petit bourg, là où on trouve une boulangerie, la boulangerie, the boulangerie... Autant vous dire qu'on a pas des croissants tous les matins.
Un champ, deux champs, trois ch... ah non, on arrive à la ville. Le quartier qu'on contourne et où j'aperçois mes lieux familiers. Puis le trou noir, le vacarme, un paysage indéchiffrable pour qui n'a pas un ordinateur à la place du coeur. C'est le carrefour le plus moche qui soit. Il pue, il fait du bruit, ça chahute à l'arrière ; il me tarde de passer à autre chose. Voilà, on tourne à gauche. A ce carrefour là il y a des fleurs dans des bacs. C'est déjà ça. On passe devant le collège, on poursuit le long du stade. On s'arrête, tout le monde descend. Je marche sous le pont. Je suis arrivée. Je suis au lycée. A l'heure !
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Volsi
Volsi · il y a
T'as failli rater le créneau "sur le chemin de l'école"... ;-)
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Un nouveau sujet qui, j'espère, t'enthousiasmera ! :-)
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
A l'heure !
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JACB
JACB · il y a
Ce matin -là il faisait beau et beaux ils étaient, majestueux avec leurs glands et leurs franges d’argent, les deux pans de drap noir postés en sentinelle de chaque côté du lourd portail qui me faisait rêver chaque jour sur le chemin de l’école. Des armoiries, lettres enlacées pour le deuil annoncé parachevaient l’ensemble. Le marquis De G. ne conduirait plus la Cadillac qui sortait chaque fois que je me rendais à l’école, juste après le carrefour du Boulevard Félix Gras et de la rue Baclerie où nous logions dans un petit trois pièces en entresol. Cette voiture signifiait pour moi richesse et noblesse, chaque fois dans mon cœur j’échafaudais des plans sur la comète pour un jour en offrir une à mes parents. Cela galvanisait mes dispositions d’écolière à toujours m’appliquer et réussir. Ce décès me désarçonna et je continuai en sautant d’une jambe sur l’autre pour compenser par le mouvement le vide qui me saisit. Je passai vite devant le garage où mon père parquait la petite Rosengart bleue dont maman avait refait tout l’habitacle. Un peu plus bas vers la place, je changeai de trottoir pour éviter la boucherie chevaline. La grosse tête de métal doré qui surplombait l’entrée et la sciure qui recouvrait le carrelage certes me répugnaient mais c’était surtout le fils des lieux qui me tyrannisait parfois sur le trajet, que je fuyais. Un regard au bureau de tabac où je venais acheter le paquet de Gitanes maïs de papa, mon Mickey et quelques roudoudous et je dévalai en courant le boulevard jusqu’à mon école. Publique elle portait nom Saint Vénérand, ses beaux tilleuls m’accueillirent à bras ouverts et j’y retrouvai mes copines pour jouer à la corde ou aux osselets. Je m’y sentis en sécurité.
PS. Il y a peu je suis retournée dans mon école. Il ne manque qu’un tilleul. Les six autres sont toujours là fidèles à mes souvenirs.
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Image d'épouvante, pour les enfants, que les enterrements d'autrefois...le cerceuil, dans une charrette noire, avec des plumets noirs aux 4 coins, tirée par des chevaux noirs... Les tilleuls fidèles au poste ont dû te rassurer JACB! Les arbres sont des témoins de longue haleine, pour autant qu'ils ne soient pas coupés...
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Scribouille
Scribouille · il y a
Je quitte ma toute petite maison d’angle et je file à droite, rue des cuirs. La ruelle est sombre et déjà à cette époque, peu habitée. Je cours.
Une placette, une rue dont j’ai oublié les noms et c’est la grande rue, celle par laquelle tout le trafic routier entre et sort du gros bourg que j’habite. Il y a un passage piéton mais la vigilance est de mise, ici les automobilistes sont rois et les camions tellement hauts. Est-ce qu’ils me voient ?
L’artère principale traversée avec succès, me voilà dans la jolie rue de la laine, bordée de maisons de granit toujours bien fleuries. Au bout, l’école s’ouvre sur la campagne.
A l’aller, c’est mon chat qui m’accompagne, enfin je ne sais pas qui guide l’autre…
Je rentre seule, mon chat n’a pas horaire…
Un jour, après m’avoir accompagnée, il a disparu. Je lui en ai voulu. Je lui avais pourtant appris à regarder avant de traverser !
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Shinji11
Shinji11 · il y a
je compatis, c'est si difficile de faire face à une perte soudaine et cruelle comme cela surtout enfant...
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Les chats et les routes n'ont jamais fait bon ménage... Scribouille, je te vois bien, petite fille, sur le chemin de l'école...
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Une fin toute aussi violente que ce qu'elle décrit ! :-D
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Cinq mois par année, il fallait s'habiller chaudement pour affronter les frimas des montagnes de mon enfance.
La pélerine était la pièce incontournable pour que les petits écoliers-marcheurs que nous étions puissent rester bien au chaud, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente. Cet habit ressemblait à un long poncho de laine, doublé, imperméable, sans manches, fermé sur le devant de gros boutons. Les bras restaient dessous, l'un portait le sac d'école de cuir épais. Une capuche enserrait la tête et la maman enroulait encore soigneusement une écharpe autour du cou.
Nous partions toujours en groupe vers le bâtiment scolaire situé à deux kms de notre quartier. On aurait dit une troupe de petits champignons sur pattes qui se serraient les coudes pour traverser une nature quelquefois hostile.
Nous quittions la chaleur des maisons pour couper à travers le grand pré du paysan voisin. Après la neige, venait le printemps, le vert tendre de l'herbe avant les fleurs des champs qui se donnaient le mot pour piquer le sol, toutes ensemble, de couleur pastel. Les abeilles bourdonnantes et les papillons s'ajoutaient à ce tableau bucolique. Puis venaient foins et regains et leur bonne odeur de végétation coupée et qui sèche.
Nous devions traverser un petit ruisseau dont l' humeur changeait au fil du temps. Il grondait à la sortie de l'hiver et s'endormait à la chaleur. Parfois, l'éclair vivace d'une truite fendait l'eau, et, selon les périodes, les têtards, cachés dans des coins secrets, nous captivaient ...
Il fallait ensuite aborder une forêt de sapins sombres. Ces arbres étaient nos amis avec leurs pives dédiées aux bricolages. A la belle saison, leur sous-bois offrait framboises, mûres, voire myrtilles selon la pente du terrain...
Quand le temps était à la tempête, on se hâtait, et chacun de nous cachait sa peur aux copains...
Une maison abandonnée faisait travailler l'imagination. Elle avait toutes les nuances de gris, du clair au très foncé, avec ses murs effondrés, ses trous de portes béants. Bien sûr, on entendait toujours, plus ou moins, les ricanements des fantômes, gris aussi, qui l'habitaient.
Nous avions encore un pâturage à longer avant d'atteindre la route goudronnée du village. Aux beaux jours, des vaches laitières débonnaires pâturaient dans le champ mais rien ne les distrayait de leur tonte méthodique...
Deux kilomètres de trajet, quatre fois par jour - car nous prenions le repas de midi chez nous - voilà de quoi forger de bons mollets portés par de petites têtes opiniâtres, avides de savoir, sur le chemin de l'école...
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JACB
JACB · il y a
Vous lisant Elisabeth je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Heidi...Voilà de jolis souvenirs !
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
C'est un peu ça JACB... quand on vit au rythme des saisons dès l'enfance, il en reste toujours qq chose... pas de stress inutile, une certaine naïveté peut-être et un regard acéré... et aussi la philosophie que l'on est bien peu de chose, dans la nature, alors, il faut vivre chaque instant à fond...
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Je crois que j'ai sous-estimé le potentiel nostalgique du thème de cette semaine... j'ai aussi connu une maison abandonnée qui faisait travailler l'imagination, il en fallait pas plus aux marmots que nous étions ! L'image des petits champignons sur pattes en pélerines, j'ai trouvé ça extra :)
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Deddy, tu as ravivé des souvenirs chez les fidèles de ton post... c'est loin, mais pas tant que ça, finalement...
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
il y a des souvenirs qui nous habitent pour toujours
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Shinji11
Shinji11 · il y a
Oui c'est vrai , ils reviennent parfois lorsqu'on ne s'y attend pas :-)
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Volsi
Volsi · il y a
D’abord l’ascenseur, parfois l’escalier dans lequel chaque pas résonne. En bas, sur le parking de l’immeuble, je retrouve les jumeaux et leur grand frère. L’école on y va à pied parce que j’ai peut-être 6 ans, mais il y en a des plus grands et il n’y a pas de rue à traverser. Il suffit de décrire une sorte de rectangle pas fini, en restant toujours sur le même trottoir et en tournant deux fois à droite et une dernière fois encore pour rentrer dans l’école. En plus, on triche, on coupe par le vague terrain qui fait office d’aire de jeu : une cage à poule en métal où faire le cochon pendu, un tourniquet aux barres duquel il faut bien s’agripper pour pas finir éjecté, un pommier sauvage, trois brins d’herbe et surtout de la terre, de la poussière que je tamise pour faire du « sable doux ». Après, on passe par le trou dans le grillage et on atterrit au fond du cul de sac - j’adore ce mot que je peux dire alors qu’il contient un gros mot - perpendiculaire au chemin officiel. On récupère alors la dernière ligne droite et après quelques immeubles défraîchis, on longe enfin la cour de l’école, son grillage, sa haie de thuyas et on regarde d’un air entendu le tabac d’en face. Tout à l’heure, à la récréation, de l’autre côté de ce même grillage, tendant mon argent de poche de ma petite menotte à travers cette même haie, j’alpaguerai un passant pour qu’il aille m’acheter des bonbons à ce même tabac.
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JACB
JACB · il y a
L'école buissonnière en ville...avec friandise à la clé . Un bel itinéraire d'enfant.
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
On est allé à la même école ??... Paysage urbain, quand tu nous tiens...
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Volsi
Volsi · il y a
Va savoir :)
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Shinji11
Shinji11 · il y a
Les clefs dans la poche, je transpire, les gouttes de sueur coulent de ma nuque à mon dos.
La chaleur est écrasante, le ciel d'un bleu profond sans un nuage se déroule à l'infini je me sens merveilleusement bien, en parfaite osmose avec l'air ambiant,
les cigales chantent, invisibles, je sens leur présence près de moi,
les mauves poussent au milieu des herbes folles sechées par le soleil,
l'asphalte ramollit sous mes chaussures et fond lentement aux abords des fossés
l'odeur sèche du crottin mélée à celle des foins, les chevaux blancs aux longues crinières se protègent à l'ombre des pins
les melons laissés dans les champs exhaleront bientôt cette odeur presque écoeurante de fruit trop mûr, on sent le romarin et les feuilles de tomates coupées,
la poussière s'envole à chaque passage de voiture
j'ai hâte de rentrer pour boire un grande verre d'eau l'envie grandit quand on entend les cris des plus grands qui jouent dans leurs piscines, derrières les murs à lézards et geckos flanqués de cactus géants ou de canas...
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Volsi
Volsi · il y a
Arles, Nîmes, la Camargue ? Merci pour ce voyage très olfactif.
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Shinji11
Shinji11 · il y a
Occitanie maintenant ....
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Volsi
Volsi · il y a
OK, je n'en saurai pas plus :)
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Shinji11
Shinji11 · il y a
La Camargue ;-)
Sur ma page il y a un poème en vers libre soleil
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/soleil-14
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.
TRANSITION
LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
J'ai beaucoup aimé notamment La baie (je n'ai pas encore lu l'ange d moulin). Merci du partage :)
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Tenkervax
Tenkervax · il y a
Si t'en as marre de la finance
Qui se répand dans chaque recoin
Je t'invite à l'ouest de la France
On ne parle pas de taux d'embruns

Ici rien ne compte pour du beurre
Et tu ne seras pas mis à l'amann
Laisse tes soucis dans le Fromveur
Et inspire toi de ses légendes

N'hésite pas à tomber en rade
Tu y gagneras en émotions
Apres tout il est indéniable
Qu'il n'y a pas d'Aber à Sion

Et si tu veux ramener ta fraise
En t'égarant à Plougastel
Ne souffle pas trop sur les breizh
On t'entendrait du cross Etel

Il faut s'égarer sur le port
Du Guil à la fin d'une marée
Et s'immiscer dans le décor
De scènes de vie inopinées

Assied toi au troquet du coin
Et laisse faire la magie
Par contre ne déconne pas gamin
Au retour, pas toi qui conduit

Dans ce décor de phare ouest
Où Les cowboys ont des bottes aigle
La diligence n'est pas en reste
C'est la passion qui est la règle

Le point commun de tous ces gens
Dont le regard ne ment jamais
Restera toujours l'océan
Laisse toi dont conter ses secrets

Ce n'est pas le dolmen des dieux
Et le marbre est plutôt granit
Mais je vais te faire 1 aveu
On n'oublie jamais sa visite
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Fred Panassac
Fred Panassac · il y a
Un délicieux poème, bravo Tenkervax !
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Tenkervax
Tenkervax · il y a
Merci ! Quel plaisir que ces sujets du forum qui font renaitre une inspiration un peu assoupie
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Fred Panassac
Fred Panassac · il y a
Heureusement, Tenkervax, le forum a ses bons côtés qui rachètent les râleries et médisances qui parfois s'y étalent. Alors je picore les bons grains ! Belle journée à vous !
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Décar
Décar · il y a
Finistère

Où le rocher découpe et tranche
Où les senteurs de l’algue verte
Où se défont les vents marins
Où je nourris mon amertume
Aux cris stridents des goélands
Striant le ciel
Pesant sur Brest
Et terre finie à Porspoder
Sur la presqu’île Saint-Laurent
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Patrick Barbier
Patrick Barbier · il y a
Brest est de granit et de métal... Anthracite et rouille…
Son port est un des seuls endroits que je connaisse où les jetées, les quais, les containers, les entrepôts, les grues, forment un ensemble quasi organique, en une révélation jusque là tenue secrète...
A Brest, l'oxymoron "beauté et poésie industrielles" échappe à la contradiction pour rallier l'évidence... C'est une ville meurtrie, massacrée, dont la renaissance, en un contrat faustien, n'a pu être autorisée qu'en échange de cicatrices de plomb et de béton... Au lieu de dissimuler ses stigmates, elle les arbore, racontant ainsi son Histoire qui se confond avec celle des hommes qui l'ont bâtie et rebâtie...
Mais à Brest, les souvenirs de jeunesse disparaissent au ponant tel un « Bon Chien Jaune » ou une « Ancre de Miséricorde »… Et l’alcool de couler en flots apaisants de chaque côté de la Rue de Siam afin de faire renaître les mémoires en chansons de marins, pleurées au milieu des rires et moquées entre deux chagrins.
Brest est de la couleur de son océan et de son ciel... Elle est le trait d'union entre cet océan et ce ciel...
Les tempêtes lui sont un écrin…
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Scribouille
Scribouille · il y a
Ria d 'Etel - St Cado - Morbihan


Elle a un petit air de golfe du Morbihan, même lumière presque rosée, même proximité entre terre et mer, mêmes courants cachés sous une surface plane.
Son trésor, c'est un petit village de pierres, un confetti connu du monde entier grâce à un îlot dont la maison aux volets bleus a fait le tour du monde en photo ...St Cado
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Merci pour cette prose qui m'a fait découvrir la Ria d'Etel et St Cado... je ne connaissais pas
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
1er mai 2008 à Quiberon

Des maisons blanches, des toits en pentes,
Des murets pas très hauts,
Des embruns pas très chauds,
Des petites fleurs si charmantes
Près des vagues bleues
Près des tuiles bleues
Sous un beau ciel bleu
C'est le souvenir au fond des yeux
D'une escale sur la presqu'île
Où mon amie de la chocolaterie
Me ramenait ses caramels
Au beurre salé, pardi...euh, non... Paradis !
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Tout est - merveilleusement - dit, Deddy... note gourmande incluse. Bravo!
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Yasmina
Yasmina · il y a
Délicieux !
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Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Si il te prend l’envie, de flinguer les étoiles
De hurler à la lune, de renverser du gas-oil
Et d’y foutre le feu pour regarder les flammes
Venir lécher tes pleurs de leurs langues sans âme

Viens,
On ira faire un tour
Loin du chemin des drames
Se marrer à La Torche
Se torcher à Penmarc’h
On ira faire un tour
On ira voir les dames
Allumées à La Torche
Pas si moche à Penmarc’h

Si il te prend l’envie, de tuer terre et mer
De te pendre à une corde, aller simple pour l’Enfer
De noyer dans l’écume tes souvenirs légers
Et de franchir le pas dans le port de Saint Gué

Si il te prend l’envie, de prendre ton envol
Gueuler aux goélands que t’en as ras-le-bol
Du haut du phare d’Eckmühl, avec le vent du large
Qui te crie aux oreilles que t’es peut-être bien barge

Si il te prend l’envie, de ne pas oublier
Cette fille de Kérity, le sel de ses baisers
Et la marque au fer rouge qu’elle t’a faite sur le cœur
Le jour où elle t’a dit que t’es rien qu’un branleur

Si il te prend l’envie, de croire que c’est la fin
De ce tour de manège où la vie ne vaut rien
Où la queue du Mickey t’a échappé des mains
Je te jure c’est pas vrai mais pour ça allez viens.

Allez viens,
On ira voir le jour
Malgré nos bleus à l’âme
Se lever sur La Torche
Et flamber à Penmarc’h
On ira à notre tour
Se moquer de ces dames
En se marrant à La Torche
En se torchant à Penmarc’h
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Tu as droit à la première marche du podium, Michel!!
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Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Départ de l'Hermione à l'issue de la fête maritime de Brest, observée non loin du Conquet:
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/le-soleil-decline
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Yasmina
Yasmina · il y a
Déjà lu et apprécié !
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
J'étais en balade avec vous à la lecture de ce texte...
(il m'a aussi fait pensé à la chanson Torrey Canyon de Gainsbourg...)
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Un texte qui corrspond tout à fait au thème de la semaine. Je l'ai apprécié... Concernant les haïkus, navrée, je n'accroche absolument pas au genre.
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Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Je vous comprend! Il y a encore peu de temps je n'aimais pas, mais alors pas du tout les Haïkus... trop courts, trop abrupts, trop faciles...
Puis j'ai découvert celui-ci, qui en quelque sorte m'a ouvert les yeux sur cet immense univers que j'ignorais, voire méprisais totalement:
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/theodore-monod
Depuis ce jour, je prends autant de plaisir à en lire qu'à en écrire ^^
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Oui pareil, moi aussi les haïkus ça me disait trop rien sauf quand j'ai lu ceux de Yasmina et de Keith Simmonds. Il y en a certainement beaucoup d'autres qui sont très bien, il y a en ce moment le concours haïkus printemps... de quoi faire le plein de découvertes !
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Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Certains d'entre eux sont de véritables perles...
A mes yeux, ce qui entre autres fait le charme du Haïku est son apparente facilité mais sa difficulté bien réelle!
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Bien d'accord !
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Pointe du raz. Finistère.
Le sentier caillouteux et ce qui l'entoure vous donne déjà l'idée d'un coin de Bretagne sauvage et quasi-indompté.
A droite, la végétation rase, chiche et piquante s'aplatit encore sous la force du vent.
A gauche, vos regards furtifs redoutent les falaises abruptes et découpées qui naissent d'un océan déchaîné quelques dizaines de mètres plus bas.
L'eau est bleu nuit, striées de larges bandes vert émeraude.
Le souffle de l'iode bouscule vos poumons.
Des mouettes valdinguent dans le ciel noir et leurs appels grinçants ajoutent à l'atmosphère déjà lourde.
La tempête fait rage et assister à la colère des éléments est un spectacle rare et captivant.
Les vagues se jettent à l'assaut de la pointe du raz, inlassablement, obstinées, avec quelques courts instants de répit où elles reprennent leur souffle. Les brisants s'entrecoupent, se rejoignent et s'élancent sur le rocher sombre et luisant. Le bruit est assourdissant. Non loin, sorti d'un piton de pierre, un monument sévère affronte pareillement la violence des flots. Cela ne l'émeut pas. "Le phare de la vieille" en a vu d'autres...
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
whaou...mais comment fait-il ce phare pour rester stoïque face à un tel déferlement ? ... Très beau
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Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Superbe! Un beau début de roman...
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Merci... mais ces quelques phrases vite pondues le sont pour le thème de la bretagne... Je ne suis pas assez persévérante pour en faire plus...
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Volsi
Volsi · il y a
De la Bretagne, je me rappelle un triple galop endiablé sur une plage grise.
J’avais 8 ans. Mon poney s’appelait Tendresse, un shetland un peu plus haut que les autres, caractériel et fier qui n’avait pas apprécié que d’autres envisagent de le doubler et s’était emballé.
Travelling animal sur une plage, au couchant, ourlée de rochers noirs. Je filais, cheveux au vent, ivre de vitesse et de liberté, me réveillant centaure foulant le sable fin et tassé à marée basse. Quand tout à coup la scission eut lieu. La chute fut ponctuée d’un sabot dans la cuisse. Le bleu passé, me sont restées la beauté des paysages et la magie des sensations.
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
La chevauchée extra-ordinaire... !
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Les longues bandes de plage sont des terrains formidables où peuvent s'éclater chevaux et lévriers...
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE
TRANSITION
COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA

Le débrief' de la semaine :
Sur les grands écrans cette semaine, nous avons vu défilé des univers très diversifiés (visiblement, les Shortiens sont des cinéphiles avec de sacrées références !) : d'un classique STARS WARS, nous voilà propulsés en haut d'un gratte-ciel à Hong Kong où deux infiltrés se (re)découvrent sur les hauteurs vertigineuses d'une INFERNAL AFFAIR. C'est ensuite dans un décor à la fois épuré et pesant que nous suivons une femme prise au piège dans le village de DOGVILLE. Grands espaces, Grands acteurs, Grande histoire maintenant où la musique de fond fait avancer la locomotive du DOCTEUR JIVAGO. Locomotive qui déposera un peu plus tard un homme dans le FAR WEST brûlant des cows-boys audacieux qui ne vivent qu'au rythme de la gâchette. Après une telle chaleur harassante, rien de mieux qu'un bain de mer à la rencontre des PIRATES DES CARAIBES, le regard toujours vers l'horizon...
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Le bateau ivre (Pirates des Caraïbes)

Dans un panier de crabe, un marin s'était noyé avant même d'avoir appris à marcher sur la terre ferme. Maudits pirates !
Dans la nuit noire, les sirènes s'échouent sur le sable, éloignées par le phare de la raison et d'un formidable saut de l'ange. Le chant s'élève dans les airs.
Au milieu d'un bleu limpide, une île déserte. Mais pourquoi y a plus d'rhum ?!
Vogue Marin ! A perte de vue c'est l'infini qui t'ouvre ses portes par un rayon vert.
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Volsi
Volsi · il y a
On est vendredi Deddy ;-)...
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
C'est prêt ! :-)
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Volsi
Volsi · il y a
Gling !
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JACB
JACB · il y a
La chaleur et le vent embrasent l’inertie d’un paysage. La gare, la réserve d’eau, décor moiré de rouille, d’ocre et de poussière connotent le silence d’un OUEST Américain. Tout semble aphone, ne vibrent que les couleurs, terre, pierres, métal, bois sous un ciel bleu qui croque toutes les formes d’un trait lapidaire. La torpeur amorce un traveling ambiant sur les rails, la citerne de nouveau la gare, aiguisant le bourdonnement irrité d’une mouche qui choit sur le nez patibulaire d’un cow-boy…Il y a vie au bord de la voie ferrée. Ils sont plusieurs et peu amènes à accueillir la loco et son tortillard qui s’époumonent . Des reflets brûlants titubent dans l’horizon de sable qui prend soudain champ entre deux jambes bottées d’éperons agressifs. Sous basques de cache-poussière crasseux le souffle de la vapeur s’expurge brusquement puis l’immobilité paralyse tous les éléments de la scène sauf peut-être…la mouche ! Monte alors la musique puis l’accent déchirant d’un harmonica quand du train, il descend…un homme.
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Volsi
Volsi · il y a
Décidément raccord avec Elisabeth si je ne m'abuse... (voir son premier texte avant Dr Jivago)
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
JACB a plus respecté le thème - description d'un paysage - que moi qui ai plus raconté une scène. D'ailleurs, je vais effacer mon texte vu que j'en ai proposé un 2ième... Amitiés Voisi...
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Volsi
Volsi · il y a
Dommage que vous l'ayez effacé, c'était chouette d'avoir deux approches...
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Et vous, Volsi, le thème "paysage dans les salles obscures" ne vous inspire pas?
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Volsi
Volsi · il y a
Si, j'ai rédigé deux textes quand même, bon, sur des "paysages" atypiques, c'est vrai :)
Mais je n'avais pas envie de paysages au sens classique, sinon j'aurais pris "into the wild"...
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Bien aimé... excuse... je les ai lus sans regarder l'auteur...
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Volsi
Volsi · il y a
Pas de souci :)
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
C'est l'histoire classique d'un homme marié qui a une maîtresse. Il l'aime. Elle l'aime. Avec passion.
Sauf que, dans ce film, tout est hors norme. A commencer par le paysage et l'époque.
L'immensité des prairies entourant Moscou est capitale à l'intrigue. Plate, à perte de vue, on s'y extasie à la splendeur du printemps et on y souffre en hiver. A cette saison, c'est la guerre. Une armée entière s'enfonce dans la neige et dans l'horreur.
Le docteur et une infirmière, soudés par les soins donnés aux blessés, se découvrent un amour qui aura beaucoup à affronter.
La datcha qui les abrite en été est un hâvre de paix... Sous la glace, la demeure qu'ils redécouvrent, abandonnée, se réchauffe à leurs ébats torrides.
Le traineau noir tiré par des chevaux noirs qui traverse la grande toundra blanche, la locomotive rouge, massive, avec sa couverture de fumée sombre. qui fend une colline immaculée, tout est démesuré sur l'écran. La musique de fond "Un jour Lara..." prolonge le frisson...
Reconnaissez-vous le film? De David Lean, avec Julie Christie et Omar Shariff... "Docteur Jivago".
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JACB
JACB · il y a
J'ai adoré ce film et sa musique.
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Bien sûr JACB, c'est un film culte... du style "Autant en emporte le vent" que tu as peut-être apprécié aussi...
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JACB
JACB · il y a
oui et aussi Docteur Jivago.
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Volsi
Volsi · il y a
Dogville - Lars Von trier.

Pour tout décor, une scène de théâtre ou son équivalent. Un plateau nu ou presque, sur lequel on a dessiné à la peinture blanche les contours des maisons - comme on le fait d’un corps sur une scène de crime - et disposé quelques meubles. Un décor dépouillé au possible, au-delà de tout ce qui s’est tenté au cinéma. Un film qui laisse une place étrange et angoissante à l’imaginaire du spectateur lui ménageant un espace réel.
Dans ce village ouvert, aux maisons sans murs, une femme est recueillie. Dans ce village où chacun est soumis au regard permanent, une femme est enfermée. Et nous, avec elle.
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Deddy, je me suis trompée ci-dessous? J'ai mis une scène de film sans trop de paysages... je peux effacer... merci pour ta réponse...
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
oui bien sûr, pas de souci, c'est comme tu l'entends. En tous cas j'avais bien aimé :) on voit bien la scène et on entend même la musique !
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Merci d'avoir répondu si vite!! Je n'ai pas d'autre idée... je laisse le texte cette semaine, si tu es d'acc'... mais c'est hors-thème... Amitiés.
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
ça marche, une bonne lecture est toujours bonne à prendre de toute façon. Si l'inspiration te vient cette semaine pour écrire un autre texte et que tu veux remplacer celui-ci, n'hésite pas ; c'est vraiment comme tu le souhaites
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Tu es bien aimable... je vais visionner un film avec beaux paysages et pondre qq chose... Amitiés
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Volsi
Volsi · il y a
Infernal affairs - film de Alan Mak et Wai Keung Lau dont Scorsese a réalisé un remake : Les infiltrés

Hong Kong. La ville, et ses lignes infinies. Ses couleurs froides, ses néons. Ces gratte-ciel de verre, miroirs où se reflète la solitude. La verticalité vertigineuse, les ascenseurs qui la parcourent, et tout en haut, ce toit : mer de béton tranquille sur laquelle deux hommes marchent, hors du temps. Dans cet espace immense, ouvert à tous les vents et donnant sur la baie, deux hommes se cachent. Magnifique paradoxe servi par une esthétique sublime et une lenteur magique.
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Tatooine (planète de Stars Wars)

Larges plaines aux flancs fouettés par les vents,
cratères infranchissables devenu lieux de cultes,
c'est aux deux soleils couchant que l'on doit la couleur rosé-ocre des paysages de Tatooine.
Lucas élève des dropalins, ces animaux au caractère bien trempés qui lui donne un peu de fil à retordre.
Un jour, il voyagera sur cette lune qu'il contemple. Il ira au-delà des confins de l'univers. Il cherchera à savoir s'il existe d'autres Tatooine dans un ailleurs peuplé d'autres Lucas comme lui, qui cherchent à se rencontrer en déjouant les lois physiques universelles du hasard qui ne cesse de les éloigner.
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA
TRANSITION
MONTS.ET.MERVEILLES.MONTS.ET.MERVEILLES.MONTS.ET.MERVEILLES.MONTS.ET.MERVEILLES

Le débrief de la semaine :
Que serait la montagne sans cette ascension qui fait monter en nous les sens pris entre découvertes, fleurs odorantes et panorama âprement mérités... C'est peut-être bien là ce que nous retiendrons du Short Paysage de cette semaine. A travers les étages montagnards des Alpes pour admirer le MONT-BLANC jusqu'au sommet vertigineux de l'ALCUDINA, nos chemins poétiques s'élèvent jusqu'à toucher les étoiles depuis l'OBIOU. Les monts et merveilles titillent notre imaginaire au point de nous emporter dans une épopée digne des contes et légendes à la conquête du MONTGRI... On en reste scotchés !
Merci à vous tous/toutes pour vos proses poétiques ; on continue notre périple, cette fois-ci dans les salles obscures...
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
L'angoisse que l'on peut ressentir quand on est seule en altitude est palpable dans votre récit... par bonheur, chat che finit bien...
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JACB
JACB · il y a
ch'est chûr...
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
"L'Obiou", poème de Arthur Aurélian (Lauréat de Short paysage 2016) :
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/l-obiou

Ainsi qu’un Léviathan échoué dans le ciel,
Fossilisé par les temps aux tempêtes nues,
L’Obiou mord la Grande Ourse et fait couler son miel,
Tout en griffant la plaine, et dévore les nues.

Il est un vaste empire où le roc roule, tel
Un océan brisé de pierres retenues
Et dont l’écume vague en un très grand autel
Qui se dévoue à la voûte aux clefs contenues ;

Etoiles de ses flancs sans cesse en mouvement,
Les chamois rayonnants poussent l’achèvement
Du massif jusqu’aux cris craints du gypaète,

Serviteur des courants d’or cascadant sur l’eau :
L’ivresse grise accouche un or vert, comme un flot
Recouvrirait un Sphinx dont la crypte est sa tête.
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Volsi
Volsi · il y a
Fin août sur le Coscione, quelques bêtes en estive paissent sur les pozzines, ces pelouses d’altitude parsemées d’un maillage de trous d’eau, emblématiques du lieu. L’aconit dresse fièrement ses fleurs bleues, belle et redoutable. C’est la plus toxique des gardiennes du plateau, bien plus que la digitale qui fait figure de débutante. L’aconit est mortelle.
Je traverse les aulnes odorants au parfum d’huile d’olive, je piétine malencontreusement erba barona et immortelle qui complètent le cocktail olfactif, prends garde à l’épine vinette, au genêt et à l’astragale qui rivalisent de malice pour écorcher chaque parcelle de peau découverte, et je continue mon chemin vers l’Alcudina, plus haut sommet de Corse du Sud.
D’en haut, la vue est époustouflante. Un 360 de montagnes dont le gris-bleu s’éclaircit en un délicat dégradé jusqu’à la mer qui ceint l’ensemble. Les chocards à bec jaune ont élu domicile dans un chaos rocheux inaccessible à l’homme. L’à-pic devant moi est vertigineux, et quand mon regard remonte pour rencontrer la crête en face, il se heurte aux aiguilles de Bavella, doigts des titans de pierre qui commencent doucement à accrocher les nuages pour dicter les orages. Il est temps de redescendre.

La photo d'arrière plan sur ma page est prise depuis l'Alcudina.
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Magnifique panorama... je me vois bien m'y balader avec mes chiens...
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Yasmina
Yasmina · il y a
Pointes acérées
les aiguilles de Bavella
percent les nuages
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Voilà que tu me donnes le vertige, Volsi!! Ta description détaillée nous fait suivre tes pas... Merci!
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SakimaRomane
SakimaRomane · il y a
La Corse beauté absolue :)
Ô Corse île d'amour (Tino Rossi)
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Yasmina
Yasmina · il y a
Je n'ai pu résister ! Jean Ferrat, Que la Montagne est belle !
https://www.youtube.com/watch?v=G3AJSToTlfY
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Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Merci du partage, la suivante est pas mal non plus "de plaines en forêts, de vallons en collines, du printemps qui va naître à tes mortes saisons..."
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La littérature (courte) est avant tout une passion, et un loisir qui s’adresse à tous. La diversité et l’éclectisme de la communauté Short Edition font donc toute sa richesse,...

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