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Antichambre de la création littéraire : proposition d'écriture destinée à travailler la neutralité

Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
C'est la rentrée. Un peu de création littéraire et de neutralité, pour fêter ça. Qu'en pensez-vous ?
Voici une proposition d'écriture destinée à vous détendre et à rendre à ce forum ses lettres de noblesse.Quoi de mieux que de travailler la neutralité à l'écrit pour cela ? ^^
Participe qui veut. Le jugement est interdit. La bienveillance, une obligation. La lecture de chaque texte avec un avis constructif de bon aloi.
À vos plumes !

L’inventaire :
À la manière de Georges PEREC, vous raconterez une de vos précédentes journées qui inclura une description succincte et la plus neutre possible du l’endroit où vous vous trouviez.
2000 signes maxi (espaces comprises)
Exemple :
« La date : 19 octobre 1974, l'heure : 12 h 30, le lieu (NB : Place St Sulpice, Paris 6e) : sur un banc en plein soleil, au milieu des pigeons, regardant dans la direction de la fontaine (bruits de la circulation derrière).
Le temps : le ciel s'est tout à fait dégagé.
Les pigeons sont quasi immobiles. II est cependant difficile de les dénombrer (demain, peut-être) ; plusieurs sont couchés, les pattes repliées. C'est l'heure de leur toilette (avec leur bec, ils s'épluchent le jabot ou les ailes) ; quelques-uns se sont perchés sur le rebord de la troisième vasque de la fontaine. Des gens sortent de l'église.
J'entends parfois des coups de klaxon. La circulation est ce qu'on appelle fluide.
Nous sommes quatre sur quatre bancs. Le soleil est un instant caché par un nuage.
Deux touristes photographient la fontaine. Passe un car-vision à deux étages… »
Georges Perec, Tentative d'épuisement d'un lieu parisien, Christian Bourgois, 1975, page 44

Bonne écriture à tous !

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Pour poster des commentaires,
Mamounette
Mamounette · il y a
http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/les-obseques-dhenri
Qu'est ce que je bataille avec ces histoires de liens !!!!
J'espère que ça a marché sinon vous pouvez retrouver ce texte sur ma page.... Merci beaucoup de me dire si je suis " dans les clous" . Le fait d'avoir donné un prénom au défunt brise un peu la neutralité non ??? J'ai hésité sur ce détail. J'ai choisi exprès une situation qui implique normalement beaucoup d'émotions pour essayer justement de ne rien laisser filtrer des sentiments de la narratrice mais est ce un bon choix ???????

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Je vais aller lire ça, chère Mamounette.. A très vite !
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JACB
JACB · il y a
Défi réussi pour le lien, Mamounette...Je vais aller aux obsèques d'Henri maintenant!
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Mamounette
Mamounette · il y a
Je trouve cette idée extrêmement intéressante et fort intelligente. Même si je ne me sens pas vraiment à la hauteur pour participer je suis sûre que ce genre de topic peut me faire progresser et j'espère vraiment que, malgré l'investissement que cela implique pour vous, il y aura d'autres propositions ...peut être ferez vous des émules ? Chaleureux remerciements.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci beaucoup chère Mamounette. Votre commentaire me touche beaucoup. Je vais réfléchir à une autre proposition. Au plaisir !
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Mamounette
Mamounette · il y a
Je viens de mettre sur ma page un texte intitulé les obsèques d'Henri. Je ne sais pas s'il répond aux critères que vous avez demandé de respecter mais en tout cas c'est un excellent exercice pour me faire travailler car je manque parfois de motivation... Merci encore Élodie...
Je n'arrive pas à mettre le lien, je suis un peu empotée avec la technologie !

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Vu, lu, commenté et apprécié. Et bravo pour le lien ! C'est aussi une réussite ! ^^
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Mamounette
Mamounette · il y a
MERCI !
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Florane
Florane · il y a
On ne juge pas on a dit....

"Jeudi vingt-quatre août. Le soleil est haut. Il inonde le carrefour. Il n’y a pas d’arbre. Le thermomètre de mon tableau de bord indique trente-sept degrés. Le bitume est brulant. Quatre files. Soit à peu près quarante voitures, et une minute et dix sept secondes jusqu’au vert, à partir du moment où le rouge succède à l’orange. Bruit des moteurs au ralenti, rehaussé par celui des ventilateurs de climatisation. Fumées d’échappement. Majorité de diesel. Il choisit la deuxième rangée. La mienne. Je le vois, sous son bob rouge, tenant un verre en plastique. Il descend la file en boitant de la jambe gauche. Son regard fixe les conducteurs. Un coup à droite, un coup à gauche. Son visage est usé. Sa peau burinée. Son tee-shirt sale et son jean rapiécé. Ses baskets fluo collent à la chaussée. Je lui donne cinquante ans. Peut être plus. Peut être moins. Avec eux, on ne peut jamais savoir. Il se rapproche. Plus que deux voitures. Je fixe le feu. Il est rouge. Plus qu’une voiture. Il est toujours rouge. C’est mon tour. Il me fixe à travers le pare-brise . Je ne le vois pas. Il me fait un signe derrière ma vitre fermée. Il n’existe pas. Il me montre son verre tordu. Ce n’est pas mon problème. Il est passé. Je ré-ouvre mes vitres. L’air circule à nouveau. Je ne mets jamais la climatisation. Je suis écologiste. Le feu passe au vert. Devant ça démarre doucement. Je récupère ma fille ce weekend. Je vais peut être l’amener à l’accrobranche."

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Marie
Marie · il y a
En tenant compte de ce que dit justement Élodie, je trouve ce portrait du narrateur vraiment intéressant grâce à la distanciation que vous y mettez ; il pense qu'il a tout bon ce papa attentif et écolo !
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Florane
Florane · il y a
Merci Marie. Voir aussi ma réponse à Élodie
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Si le début est neutre dans la description, à partir du moment où le mendiant arrive et notamment où vous évoquez son âge possible, il ne l'est plus vraiment. La proposition d'écriture est donc partiellement respectée ;) Merci d'avoir participé !
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Florane
Florane · il y a
Bonsoir Élodie.
Je me permets de vous expliquer ma démarche:
Je suis plutôt câblé émotion et pour moi, le fait de réaliser un texte neutre, je l'ai tout de suite associé à 'Fais taire tes sentiments' et ma traduction a été de décrire une situation d'égoïsme, de cynisme et d'indifférence. Ceci pour le sujet. Après il fallait employer du narratif neutre. Neutre en émotion ai-je traduit. Bien sûr, ce que j'ai cherché à produire chez le lecteur, c'est le dégout envers le narrateur mais tout en restant dans le factuel . Je pense que je me suis raté sur 'Plus que deux voitures, plus qu'une' ; j'aurais dû dire 'deux voitures, une voiture' pour ne pas sous entendre l'angoisse grandissante à mesure que le mendiant avance vers le narrateur. Pour le reste, je pensais être resté factuel. Pour moi, l'histoire de l'indétermination de l'âge du mendiant n'est pas plus suggestive que le nombre de pigeons que Perec n'arrive pas à déterminer. Est-ce que c'est parce que j'ai suscité des émotions, en l'occurrence de l'aversion, chez le lecteur que vous estimez que mon texte n'est pas neutre ou bien est-ce autre chose que je n'ai pas su voir? Votre développement m'intéresse beaucoup.
Merci

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bonjour Florane.
Merci pour vos précisions. C'est surtout l'utilisation de certains mots qui rend votre texte en partie suggestif.
Les voici pour être plus claire :
Je lui donne... Avec eux, on ne peut jamais savoir. Je ne le vois pas.... Il n’existe pas....Ce n’est pas mon problème.
Ces phrases dénotent l'avis du narrateur et non pas simplement les faits comme c'est le cas dans les autres phrases... Ainsi, qui dit avis, dit subjectivité. Est-ce plus claire ?

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Florane
Florane · il y a
Crystal clear!
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Mamounette
Mamounette · il y a
Petit commentaire un peu plus haut, j'aurais dû l'écrire ici....
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Loodmer
Loodmer · il y a
4 sur 4 bancs, çà n'est pas ce qu'on appelle du co-banturage
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
???
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Loodmer
Loodmer · il y a
Allusion à la phrase "Nous sommes 4 sur 4 bancs", qui m'a fait penser aux voitures qui circulent avec 1 conducteur seulement.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci ! Je comprends mieux ;)
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Gladys
Gladys · il y a
Il est 5 heures Paris s'éveille
Il est 5 heures je n'ai pas sommeil
Les journaux sont imprimés
Les ouvriers sont déprimés il est 5 heures
Paris s'éveille (emprunt à J. Lanzman)

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci à J Lanzman ! ^^
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JACB
JACB · il y a
C’était une passagère du TGV Tours/Paris Montparnasse 14068, voiture 9, tout comme moi. Peu de monde à cette heure de l’après-midi dans le wagon, elle tapotait par intermittence, le train filait. Yeux bleus derrière des lunettes rondes, visage encadré de cheveux châtain coupés au carré, ma voisine de train me faisait face et c’est ce que je voyais d’elle juste au-dessus de son écran d’ordi. J’entendais le cliquetis de ses doigts sur le clavier. Un livre était posé à côté. J’en décryptai le titre « Lettres de mon moulin », le nom de l’auteur « Alphonse Daudet ». Vieux, le livre était vieux, pages jaunes, couverture cartonnée. Il en dépassait un flyer coincé au milieu. Je me penchai en avant pour lire l’écriture en caractères gras qui y était imprimée : 9 septembre, VIDE-GRENIER, MONTHOU SUR… Je n’ai pas pu lire la suite, c’était caché dans l’épaisseur des pages. Une mouche vint se poser sur la lettre D de DAUDET. Elle s’essuya les ailes, puis deux pattes et s’envola vers la vitre. La jeune femme leva les yeux vers l’insecte qu’elle chassa d’un revers de main. Elle portait un parfum qui s’exhala quand elle se leva après avoir bouclé et calfeutré son ordi dans une sacoche rayée. Elle a emprunté l’allée centrale sans m’accorder un regard. On arrivait en gare.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Voilà, c'est réussi ! N'est-ce pas ? Alors, heureuse ? :-)
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Luc Michel
Luc Michel · il y a
Juste pour bien comprendre : " sans m'accorder un regard " n'aurait-il pas fallu dire : "sans me regarder ". Accorder ne suggère t-il pas une sorte de déception ?
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Très juste Luc. Désolée mais celui-ci est passé à l'as !
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JACB
JACB · il y a
Oui. Finalement je m'aperçois qu'il me faut plusieurs jets, que je procède plutôt par réduction et remplacement sur ce que j'écris en premier lieu. C'est plus facile pour moi et j'ai plus l'impression de travailler. J'y trouve mon compte et finalement du plaisir. un petit défi en somme!
Merci Elodie pour vos lectures.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Ravie de vous avoir peut-être aidé à cette prise de conscience. Et merci d'avoir si bien su relevé le défi, avec patience et humilité, un duo gagnant ! Quant aux lectures, c'est un plaisir !
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Oriel
Oriel · il y a
Carottes, chaussettes, biscuits, ruban adhésif, boite de conserve défilent sur le tapis caoutchouté juste devant mon charriot. L’homme les place lentement.
- S’il vous plait Monsieur, puis-je voir le contenu de votre sac à dos ? Merci Monsieur.

Sucre, chocolat, chocolat, chocolat, biscuits, cordelette, gants jetables suivent le même chemin.
- Pardon Monsieur, pouvez-vous m’incliner le pack d’eau s’il vous plait ? Merci Monsieur.

Eau de javel, eau de javel, eau de javel, eau de javel, pic à glace. Il sonne. L’hôtesse de caisse le démagnétise.
- Inutile de sortir la descente de lit, je vais me déplacer.

Je recule un peu, accrochant une pile de paquets de chips. Je présente mes excuses et les remets en place. Le service 50 a été appelé quand même. Derrière moi, les allées se remplissent. La musique s’amplifie. En fin de journée, les gens font leurs courses. Les queues s’allongent devant les quatorze caisses.

Scie sauteuse, valise, valise, chloroforme, torchon, sur chausses, tablier. Le tapis est vide, je pose mes articles à mon tour.
- Avez-vous la carte de fidélité de notre magasin ? Souhaitez-vous l’obtenir, cela ne prendra que quelques minutes ? Vraiment ? Très bien. Comment réglez-vous ? En espèces ? Je vous en prie… Au revoir Monsieur, je vous souhaite une bonne fin de journée.
Bonjour Madame.

L’homme se dirige vers la sortie. Dehors, il pleut.

- Bonjour Madame.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci Oriel. En dehors de "quand même" qui est à mon avis.. un avis, votre texte est neutre. Et non dénué d'intérêt. Original même dans son approche. Merci et belle soirée à vous !
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Oriel
Oriel · il y a
Très juste, j'ai relu deux fois avant de le retrouver. merci
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JACB
JACB · il y a
Je les ai crus verts, ils étaient bleus, ses yeux. Bleus derrière des petites lunettes rondes sur un visage au teint laiteux encadré de cheveux châtain coupés au carré. Allure stricte plutôt que banale. Ma voisine de train me faisait face et c’est ce que je voyais d’elle juste au-dessus de son écran d’ordi. Dans ses verres ronds j’aurais pu deviner ce qu’elle consultait avec tant d’attention mais je n’étais pas indiscret. Je percevais le cliquetis alerte de ses doigts sur le clavier et je supputais une pro : informaticienne peut-être ou secrétaire ? Enfin quelque chose comme ça qui venait parachever l’image lisse que son apparence véhiculait. Ses cheveux raides mais soyeux se balançaient sous l’énergie qu’elle mettait à taper sur les touches : message passionné, commande sur le Net ou mail administratif ? Rien ne transparaissait : c’était une passagère du TGV Tours/Paris Montparnasse 14068, voiture 9, tout comme moi. Peu de monde à cette heure de l’après-midi dans le wagon, elle tapotait par intermittence, le train glissait dans un souffle régulier, Alphonse Daudet aurait pu y caser un bourdonnement de mouche sans faire sursauter qui que se soit ! Elle portait un parfum légèrement citronné qui s’exhala en légère bouffée quand elle se leva après avoir d’un clac amorti bouclé et calfeutré son ordi dans une sacoche aux rayures bayadère. Camaïeux de bleus comme ses yeux, discrétion pastelle comme elle, elle a emprunté l’allée centrale sans m’accorder un regard, invisible j’étais, effacée elle s’en allait semant dans son sillage un souvenir sage et éphémère.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Il y a tjs cet Alphonse Daudet assez subjectif, non ? ^^
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JACB
JACB · il y a
Mon texte est en tête de Topic et ma mouche est devenue une mouche normale, une mouche qui prend le train
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Oups, j'avais pas lu celui-là. J'y vais !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci beaucoup JACB pour votre participation. Hélas, votre texte, même s'il est intéressant, n'est pas neutre. Et ce, dès le début. "Je les ai crus" est un avis et donc subjectif. "Plutôt que banale" est également un avis. "Je supputais", idem. Il faudrait donc revoir tout en décrivant ce wagon. Merci d'avoir participé !
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JACB
JACB · il y a
C’était une passagère du TGV Tours/Paris Montparnasse 14068, voiture 9, tout comme moi. Peu de monde à cette heure de l’après-midi dans le wagon, elle tapotait par intermittence, le train filait, Alphonse Daudet aurait pu y caser un bourdonnement de mouche sans faire sursauter qui que se soit ! Yeux bleus derrière des lunettes rondes, visage encadré de cheveux châtain coupés au carré Ma voisine de train me faisait face et c’est ce que je voyais d’elle juste au-dessus de son écran d’ordi. J’entendais le cliquetis de ses doigts sur le clavier .Elle portait un parfum qui s’exhala quand elle se leva après avoir bouclé et calfeutré son ordi dans une sacoche aux rayures bayadère. Elle a emprunté l’allée centrale sans m’accorder un regard. On arrivait en gare.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci JACB. L'intrusion d'Alphone Daudet, si elle est sympathique n'en demeure pas moins subjective ^^ Non ? Qu'en pensez-vous ?
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JACB
JACB · il y a
Certainement! Je suis d'accord.Mais il ne reste plus rien de ce qui fait qu'un texte me plaît, l'exercice est une privation pour moi, il me contraint intrinsèquement.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
C'est tout le bénéfice des exercices des ateliers d'écriture. Savoir ce que nous pouvons faire ou pas, ce qui nous convient et ce qui nous dérange et avec cela, composer. Ceci étant, dans mes ateliers, je propose plus de 300 propositions d'écriture à l'année pour les séances hebdos et, croyez le ou non, elles permettent au fil du temps d'avancer... dans la contrainte ! Mais en effet, cela ne convient pas à tout le monde ! ^^
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JACB
JACB · il y a
Je n'ai rien contre les contraintes d'écriture bien au contraire je les juge stimulantes mais celle-ci m'est vraiment contrainte et casse un peu mon élan.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
C'est signe qu'elle ne vous convient pas. En même temps, si je ne m'abuse, vous avez joué le jeu par deux fois. C'est peut-être que, malgré tout, vous souhaitez en venir à bout ? ^^
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JACB
JACB · il y a
Eh! oui je m'y contrains!!!! je n'aime pas laisser les choses en plan...
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
J'ai le même problème, si tant est que ce soit un problème ! Belle soirée à vous !
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JACB
JACB · il y a
Texte revu plus haut...Je suis toujours dans le train, Elodie!!!!
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Pascaline MLP
Pascaline MLP · il y a
Ce 8 septembre, à Nice: Nous déjeunons dans la cuisine.
Moune, notre petite chatte qui paressait sur la terrasse, arrive, saute sur la table, et se met à se gratter furieusement au niveau du cou. Elle s'arrache des touffes de poils sur une surface d'environ trois centimètres de diamètre et se fait saigner. Je tamponne la plaie avec de l'eau oxygénée. Cela semble la calmer.
Mais dans l'après-midi, elle se gratte à nouveau en se débattant.
Nous sommes perplexes et inquiets: Que faire! Le week-end arrive, vite l'emmener chez le vétérinaire. Ouf, nous arrivons juste avant la fermeture.
"C'est une piqûre d'insecte" nous dit le vétérinaire, qui palpe longuement le cou d'une Moune qui voudrait bien retourner dans sa cage. Il lui injecte une dose d'antibiotiques, puis nous donne une plaquette de cachets à lui faire prendre pendant douze jours. Dans une boulette de "vache qui rit", que Moune adore, le médicament sera avalé sans problème!
Sur le chemin du retour, Moune, bien à l'abri dans sa cage, ne miaule plus.
Quel bonheur de retrouver son fauteuil préféré, de s'y endormir, en sachant que deux humains géants vous regardent d'un œil attendri, car pour eux, vous avez beaucoup d'importance!
Peut-être faudra-t-il éviter de chasser des objets volants non identifiés...

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci très chère Pascaline. Ravie de te voir ici.
Si ce texte est attanchant, il n'est pourtant pas neutre. "Ouf !", Moune "voudrait bien"; "que Moune adore" et enfin "Quel bonheur... peut-être" sont très subjectifs. Pour répondre à la proposition, et c'est sans obligation, il faudrait donc revoir ces quelques phrases mais aussi décrire de manière neutre les lieux en même temps que les faits. Quoi qu'il en soit, merci d'avoir participé, amie poète ! Bises

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Pascaline MLP
Pascaline MLP · il y a
J'avoue ne pas être douée pour la "neutralité". Les descriptions sans ressenti m'ennuient. Désolée d'avoir été "hors sujet", mais heureuse de t'avoir lue. Je t'embrasse.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
je ne suis pas étonnée, un poète est destiné à écrire avec subjectivité et non neutralité. Signe que tu es bien à ta place ! Moi aussi, je t'embrasse !
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
"Ce 7 septembre, suis convoqué chez le dentiste, un gars en blouse bleu tendre, masque et pantalon idem. Son nom, à la ville comme à la fraise, est Gandy. Politiquement, un pacifiste, professionnellement, un compétent. Discuter avec lui est possible : avant et après sa prestation, pendant, mieux vaut s'abstenir.
Que dire encore ? Que je vais m'amuser, souffrir, que je me rends à son cabinet content, pas content ? En la matière, je n'ai pas d'opinion. Objectivement,la vérité m'oblige à préciser qu'il s'agit d'un contrôle. La vérité, c'est que je fréquente depuis tellement longtemps les dentistes que ça ne me fait ni chaud ni froid. Je m'assois sur son fauteuil et hop, c'est lui qui œuvre, moi je décroche, neutre et confiant. Et puis... Son assistante est à la hauteur. Les récalcitrants, les trouillards et les nerveux, elle les hypnotise.
Vraiment, c'est chouette, une fois par trimestre, d'être convoqué par ce dentiste."

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JACB
JACB · il y a
Oh! ce n'est pas neutre Zutalor...c'est drôle!!!
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Z'êtes sympa, vous. ;-)
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Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Faut quand même se méfier du Gandy raton ;-)
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Touche pas à Gandy, il me soigne et je voudrais pas que tu le braques et qu'après il devienne violent envers mézigo. Dis, tu as lu ceci ?
http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/coup-de-blues-1
Du beau, du bon, du bonnet de rivière. Non mais ! :-)

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci Zutalor! Grâce à ce lien, j'ai vécu un très bon moment de lecture... Merci Michel Dréan !
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
;-)
J'en ai un second, très bon aussi
http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/le-dernier-habit-de-lumiere

Si vous avez lu "La Ruche" de Camillo Cela, on retrouve presque l'atmosphère d'une scène du livre. Du top !

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci Zut. J'irai lire dès que possible !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
J'y suis allée et je ne regrette absolument pas. Pour l'écriture mais aussi le sujet de la tauromachie que j'ai traité également pour le Prix Hemingway en 2017... Mais chut, si tout va bien ma nouvelle devrait sortir sur le site pour le prix de l'hiver... En tout cas bravo Zut pour vos goûts de la bonne littérature. N'hésitez pas à me donner les bons plans ;)
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Plumareves
Plumareves · il y a
Un festival de ressentis Zutalor ! Que dis-je ? Un feu d'artifices à la renverse ! :-))
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Depuis que je n'ai plus de dent, j'adore le dentiste ! ^^
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De l'Air !
De l'Air ! · il y a
Le dentiste et ... la purée !
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Marie
Marie · il y a
Là, là ! Mais tu n'est pas neutre du tout, cher et estimé, Z ! On sent ta chair vive dans tes réflexions si personnelles qui sont ta marque de fabrique : "politiquement - professionnellement - mieux vaut" et les qualificatifs : "pacifiste - compétent - neutre - confiant - son assistante est à la hauteur". Tu es présent, très présent : "que dire encore - je n'ai pas d'opinion - ça ne me fait ni chaud ni froid - c'est chouette". Et n'est-ce pas toi qui se définit en creux , confiant et/ou (comme on dit !) courageux face aux "récalcitrants, trouillards et nerveux" ?
Du coup, Z, je décide de retourner chez le dentiste au plus tôt car tu m'as donné confiance; Longtemps je ne l'ai pas craint, maintenant je supporte moins d'endurer des douleurs.
Tu souris, j'espère ?
J'ai bien aimé "l'assistante à la hauteur", mon cousin m'ayant confié être capable de supporter une extraction dentaire superflue rien que pour le plaisir d'humer les seins parfumés de sa dentiste !
A plus, Z !

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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Ma chère vive,
Ma chair vive ?
Reprenons.
Revenons à ce dentiste à qui j'ai rendu visite hier dans ses bureaux et ateliers où, en plus de tout le matériel nécessaire à l'exercice de son métier, il a installé un appareil à panoramique. "Viens, on va te faire un " pano ", m'a-t-il dit en m'entraînant dans la pièce dédiée. C'est un appareil qui évite de se déplacer chez un radiologue. 58 €, c'est le prix d'un "panno" chez lui (je n'ai pas de références périphériques donc me garderai bien d'avancer que la prestation n'est pas donnée ou bon marché.)
Je ne souris pas à ton histoire d'humer, renifler ou s'ébaubir devant les seins de la dentiste dont tu parles. Et ne te dirai pas non plus si je trouve la situation plaisante, ou dévergondée ou inconsciente la dentiste qui exposerait ses nichons sous mon nez. Le cas ne s'est jamais produit (peut-être parce que je me méfie de certaines natures féminines, surtout quand elles ont l'ascendant sur toi, patient souffrant), et... N'en disons pas davantage. (en plus, la nana que tu évoques se serait parfumé les nigauds - je voulais écrire " nibards " mais le correcteur refusait ; il commence sérieusement à me courir sur le haricot, ce correcteur. Je m'en va te le fumer grave s'il s'obstine.)
Précision: tout ce qui est écrit entre parenthèse se situe hors du champ neutre.
Je disais donc : parfum des molécules parfumées sur protubérances mammaires + goût du bicarbonate d'après détartrage... Je te laisse la responsabilité d'émettre un avis.
Salut Marie ! Et courage pour la suite de tes aventures fauteuillesques !

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Marie
Marie · il y a
Faut-il dire "de humer" ? Un doute m'envahit.
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Gladys
Gladys · il y a
Le doute m'assaille ...de rien!
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Marie
Marie · il y a
Et plutôt :"La, la !"...
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Là... Calme-toi, calmons-nous maintenant.
Un peu d'air frais humons
Et vite mieux nous sentons.
;-)

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Marie
Marie · il y a
Bonjour Zutalor,
C'est évidemment une critique "pour de rire" sur ton texte. Tu l'auras compris et tu auras souri.
Laissons les seins parfumés, c'est une façon de parler.
Bonne journée à toi !

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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Mais... Mais elle était géniale, ta critique ! (Ah ! ce second degré dont il faut que je me méfie quand je l'emploie face à des innocentes bienveillantes telle que toi...)
Je répète :
;-)

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Marie
Marie · il y a
Ah, bon !
:-)))

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Zutalor!
Zutalor! · il y a
M'enfin... Te moquerais-tu, Perfide ?
Veux-tu que, tel un Méchanlon, je me fâchions ?

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Gladys
Gladys · il y a
C'est quoi cette bête "méchanlon"
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Marie
Marie · il y a
Je me nous fâchions jamais !
On rit un peu mais, parfois, je crois ce que tu écris.
Enfin, tu as repéré mes deux traits de caractère principaux, c'est l'essentiel.

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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Croire... (Crâne dans ma main, air plus qu'inspiré... Le Ravi de la crèche et du catéchisme réunis)
Une prédisposition tant au bien qu'au crime
(Dans ton cas c'est au bien)
Ah, c'en est trop ! (le crâne a roulé au sol ; la déprime a gagné le visage de l'acteur ; on dirait celui du tout nouveau jeune président de la république)...

Après, j'hésite sur le lieu... Athènes 'l'Accrop, celle de Dijon ou Laval ?
L'attitude... Rejoindre le crâne par terre ; relever fièrement le buste ?

Et si je te passais le relais ? (Marie, help !)

Et cette fois, un franc sourire ! Et c'est pas une blague : je retourne chez le dentiste mais tu n'y es pour rien !
A bientôt, "inspireuse", va !

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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Voilà un texte très subjectif Zutalor ! Contrepied volontaire ?
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Marie
Marie · il y a
Je pense aussi qu'il l'a fait exprès... Pas facile néanmoins l'exercice !
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Oh oui, j'en suis certaine . . . c'est une forme d'humour sans doute !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Je profite d'un temps d'écriture pour la personne avec qui je travaille pour dire que Zut est en avance sur les propositions car la prochaine, logiquement... Mais non... Conservons le suspense ! ^^
Peut-être qu'alors il tentera d'être neutre ^^

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Chers amis auteurs,
Je vais devoir vous laisser pour aujourd'hui. Un atelier d'écriture solo cet après-midi va m'éloigner d'ici.
Mais je reviendrai. N'hésitez pas à commenter les textes de vos petits camarades.
Merci de tout cœur à tous d'avoir participé par un texte, un commentaire, un avis. Vous êtes géniaux !
A très vite !
Belle journée et surtout bonne inspiration !
Bien à vous,

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Plumareves
Plumareves · il y a
22 août 2017, Loire-Atlantique, St-Brevin-Les-Pins, plage de Mindin, pointe du nez de chien. 13h39 c'est marée basse. Le squelette du serpent de mer est complètement à découvert. Les os sont en métal poli. Ie soleil brille. Quelques personnes sur la plage. Des enfants sont photographiés dans la gueule béante de la bête. Le garçon tient la main de la petite fille qui se serre contre lui. Je dépose mes sandales sur le sable et  me promène les pieds dans l'eau à travers les  vertèbres.
Il y a un promontoire à proximité. Je monte les marches et surplombe la sculpture qui s'étend sur 130 m en faisant des méandres.  Une plaque m'indique le nom du sculpteur, un chinois nommé Huang Yong Ping et le nom de l'oeuvre située sur l' estran, à l'endroit où l'estuaire de la Loire rencontre l'Atlantique : le Serpent d'Océan créé en 2012 et cofinancé par l'union européenne. Me dirigeant sur Pornic, j'ai fait le détour suite à un reportage télé  visionné un an auparavant qui m'avait appris l'existence de l'oeuvre. Je prends plusieurs clichés dont un panorama. Au loin, le pont de Saint Nazaire fait pendant au serpent. Je reprends la route vers ma destination première.

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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Une belle balade, faite sans se fatiguer... j'en aime beaucoup les détails...
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Ce texte me plaît beaucoup. Je ne savais pas trop pourquoi jusqu'à cette explication : j'aime les lieux, les paysages, les promeneurs qui me racontent des histoires sans que j'aie besoin d'entendre des explications. Ils sont là et je les observe. Et peut-être qu'ils m'observent aussi. Un truc comme l'air "derrière l'air", qui existerait envers et contre tout et malgré nous. Giono l'avait suggéré dans "Rondeurs des jours". Et peut-être plus que suggéré...
:-)

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Plumareves
Plumareves · il y a
Merci Zutalor! J'ai un souvenir lointain de lectures de Giono. Ses premières oeuvres ancrées dans le terroir provençal comme "Colline". Une écriture charnue, sensuelle, traduisant un rapport quasi mystique à la nature. Je lirai volontiers "Rondeurs des jours" pour découvrir l'évolution de sa riche écriture.
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Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
( Texte découvert après les corrections effectuées ). Désormais neutre par le choix des adjectifs, plein de surprises et, finalement, informatif. Le premier paragraphe m'a transportée dans un univers fantasmagorique, moi qui imaginais que la neutralité de description était synonyme d'ennui...
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Plumareves
Plumareves · il y a
Merci Sylvie. Il faut reconnaître que le sujet s'y prêtait.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bonjour Plumareves. Merci pour votre participation.
La proposition est respectée dans la description du lieu et de l'action du personnage. Cependant, la neutralité n'est pas toujours effective. "petit" promontoire est un jugement. Si vous étiez nain, ne serait-il pas grand ? Idem pour "je ne me suis pas arrêtée ici par hasard." Ceci étant dit, rien de grave. On est là avant tout pour s'amuser :)
Merci d'avoir participé.

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Plumareves
Plumareves · il y a
Merci Elodie pour cet exercice ludique et très formateur. J'ai pris en compte vos remarques en modifiant les phrases signalées. :-)
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Je vous en prie. Ravie que ce petit jeu plaise. A bientôt !
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Luc Michel
Luc Michel · il y a
Voici ma contribution : (exercice très intéressant...avec un "dérapage": " existe t-il des gens objectivement cons ?" Cela n'est pas un jugement de valeur mais la transcription de ce qu'a pensé le narrateur à ce moment précis, c'est donc neutre non ?...j'ai un doute...)
Mercredi 06 septembre. 14 H. Visite à " l'atelier de la mosaïque", rue Coustous à Lyon. Impossible de se garer dans la rue Je dépose ma fille. Elle a rendez-vous. Je me gare au parking "Bellecour". Je sors. Des gens, par petits groupes, déambulent sur la place immense. Envie pressante. Un café. Les toilettes. Le journal "Le Progrès" est posé sur la table du bistrot. Je le feuillette. Page 42, une journée portes ouvertes est annoncée sur les métiers d'arts. Je conserve l'adresse en mémoire. Je me déplace jusqu'au comptoir en rappelant le prix au serveur. Je dis : " un Orangina : 3.9 €." Je lui tends un billet de 5 €. Il me répond : " oui, je sais monsieur. Je connais le prix". Je salue le serveur. Existe t-il des gens objectivement cons ? Je me pose un instant la question. A côté du café, la librairie Décitre. J'entre. 1er étage Littérature. Je parcours les rayonnages. Beaucoup de monde en cette rentrée scolaire. J'entends : " Madame Bovary", c'est ici madame, " La promesse de l'aube" ? Le voici. La vendeuse me frôle, j'en suis à la lettre " G". Giono, Gary. Je me décide finalement pour les auteurs Italiens : Dino Buzatti, "le désert des Tartares", De Luca " Le contraire de Un", Malaparte " La peau", Allessandro Barico " Soie", mais aussi Chateaubriand " Génie du christianisme", tome 1 et 2. Il est quatre heures. Je règle mes achats. Je suis en retard rue Coustous. Ma fille est dans l'atelier du mosaiste, penchée sur un bout de caillou, un petit marteau dans la main droite. Elle frappe un petit coup, cloc, le bout de caillou se fend en deux. Le mosaiste m'aperçoit , me salue. La formation coûte cher. Nous discutons un moment, puis nous partons. Il est six heures trente. Je dois retrouver mon épouse et quelques amis dans un petit restaurant, dans le Jura, près de chez nous. L'autoroute de Genève est bloquée. Un accident. Ma fille prévient que nous serons en retard. Elle hésite entre plusieurs formations : mosaiste, vitrailliste, design. Nous en discutons sur le trajet. Nous arrivons au restaurant. Ils ont commencé sans nous. Après demain, je devrais repartir à Nouméa. Un long voyage. Il me reste encore le jeudi tout entier et une bonne partie du vendredi.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bonjour Luc Michel.
Merci d'avoir participé. À première vue, la proposition est respectée du point de vue de la neutralité. Pour répondre à TropYk, l'envie pressante ne me semble pas être subjective puisqu'elle est ce que ressent le narrateur et n'a rien de subjectif. En revanche la question "Existe-t-il..." est assez orientée et pour ma part loin d'être neutre. Si on veut répondre à la proposition stricto-sensu alors il faudrait la supprimer. Enfin, il manque aussi la description des lieux qui fait partie également de la proposition. Mais bon, ça c'est si on est tatillon. ^^ Encore merci ! :)

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Luc Michel
Luc Michel · il y a
Pourtant je donne de nombreuses références aux lieux : Place Bellecour à Lyon, rue Coustous, autoroute de Genève. Il faut décrire les lieux c'est ça ?
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Oui !
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Lors du choix des livres, Élodie, est-ce que l'adverbe "finalement" et les mots de liaison " mais aussi" sont vraiment neutres ?
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Luc Michel
Luc Michel · il y a
Je ne vois pas les choses comme ça...finalement n'est pas subjectif, c'est un élément qui permet de savoir que le "héros" (enfin le héros, si on veut, c'était moi!) a hésité entre littérature française et italienne, rien de subjectif. De même que le mais aussi sert à éviter que le lecteur pense que Chateaubriand est un auteur italien. Il me semble que ça aussi c'est objectif non ?
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
"Finalement"'peut montrer ici une sorte de lassitude, donc de subjectivité car il traduit un sentiment, et "mais aussi" à pour moi une connotation méliorative j'aurais écrit " et un auteur français Chateaubriand" pour rester neutre . . .
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TropYk
TropYk · il y a
Je suis d'accord sur le "finalement".
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Luc Michel
Luc Michel · il y a
oui, effectivement, c'est compliqué en fait d'être totalement neutre. C'est un exercice très intéressant en tous les cas!
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Exercice non seulement intéressant mais très formateur car il faut s'interroger sur tous les mots ou presque, donc remettre sans cesse en question ce que l'on écrit, au plaisir Luc !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Non, je ne le pense pas. Ils induisent une subjectivité.
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Merci Élodie c'est en effet ce que je pensais et je voulais juste vérifier.
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TropYk
TropYk · il y a
Ohhhhh !!!! Du coup je viens de mieux comprendre un truc : Neutralité n'est pas égal à absence de sentiment / sensation !??
On pourrait donc écrire tout en restant neutre : "J'ai envie d'un gâteau au chocolat. Je suis trop fatigué pour aller jusqu'au buffet en choisir une part."

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Alors pour le gâteau au chocolat, je me demande si ce n'est pas subjectif (oui, oui, je n'ai pas toutes les réponses aux questions!). Est-ce qu'un gâteau au chocolat est une obligation comme l'est une envie d'aller aux toilettes ?
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TropYk
TropYk · il y a
Ah oui !!!! manger, boire, faire pipi, on n'a pas le choix ! Ha ha ha.
Et puis si je dis : J'ai envie d'un gâteau au chocolat, ça reste factuel, non ? Je fais état de mon envie... (???)

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Oui mais est-ce que l'envie est neutre ?
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TropYk
TropYk · il y a
Du coup il ne faudrait pas dire "Envie pressante" mais "Vessie pleine".
Parce qu'envie pressante exprime bien l'envie d'uriner...

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
En effet !
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TropYk
TropYk · il y a
;o)
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Luc Michel
Luc Michel · il y a
Vessie pleine. Un café. Pas très joli quand même. Envie pressante non plus, tu me diras. Alors le mieux aurait été de dire : j'entre dans un café, je vais aux toilettes. Mais d'un autre côté, on s'en fout qu'il aille aux toilettes. Oui mais, en fait je voulais aller à la librairie mais comme j'avais une envie pressante, je n'aurais pas pu déambuler tranquillement pendant deux heures dans la librairie à cause de cette envie pressante et donc je suis allé boire un café, pas pour le café mais juste pour pouvoir aller aux toilettes, houla, j'ai mal à la tête! :)))
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TropYk
TropYk · il y a
Des gens, par petits groupes, déambulent sur la place immense. Envie pressante. Un café. Les toilettes. Le journal "Le Progrès" est posé sur la table du bistrot. Je le feuillette.

Des gens, par petits groupes, déambulent sur la place immense. Ma vessie est pleine, je m'arrête dans un bistrot, je vais aux toilettes puis commande un café. Le journal "Le Progrès" est posé sur la table que j'occupe. Je le feuillette.

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TropYk
TropYk · il y a
Cet exercice est effectivement moins facile qu'il n'en a l'air ;o)
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TropYk
TropYk · il y a
Envie pressante. est une sensation du narrateur, je pense. Elodie te dira.
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Luc Michel
Luc Michel · il y a
Sensation bien réelle! :)))
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TropYk
TropYk · il y a
Oui mais justement, tu ne dois pas évoquer les sensation du narrateur, il me semble.
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Luc Michel
Luc Michel · il y a
Si je crois, si la sensation est neutre. Enfin je ne suis pas certain non plus. Et puis ça n'est pas subjectif. Si j'avais dit le vent me paraît froid, ça c'est une sensation (il paraîtra moins froid à des gens moins frileux), mais si je dis il fait moins dix, j'ai froid, c'est une sensation objective, enfin attendons le retour de la spécialiste !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Très juste Luc.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bonjour TropYk,
Ma réponse dans le commentaire à Luc Michel.

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Marie
Marie · il y a
Auto-correction : évidemment je n'aurais pas dû écrire "la mer aussi retient son souffle" mais plutôt quelque chose comme "j'entends la mer frapper la roche"...
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Et "le crissement chuinté des vagues sur les rochers" ?
Ou "De l'hôtel Miramar me parviennent, à m'en écorcher les oreilles, les affreux grattements du sac et du ressac de la mer, exaspérée par les rochers qui lui résistent. Elle doit penser, la gorgone, qu'un jour de haute marée, elle en viendra à bout."

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Marie
Marie · il y a
Pas mal du tout dans une subjectivité exacerbée !
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Oui, surtout que le Miramar que j'avais en tête ne fait absolument pas partie du décor environnant ton cimetière !
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Marie
Marie · il y a
Tu penses au Miramar de Biarritz ? Moi, c'est le plus grand cimetière américain de Normandie, on ne se représente pas ce nombre de croix. Et puis c'est beau, paisible, très paysagé. Ils méritaient bien ça les p'tits gars !
L'exercice me semblait plus difficile sur un paysage vivant et coloré qui aurait exigé adjectifs et adverbes.
Notre subjectivité s'exprimerait-elle essentiellement à travers adjectifs et adverbes ? Sans oublier les pronoms personnels.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Oui, ils méritaient bien ça, Marie. Je l'ai, pour ma part, reconnu tout de suite. Oui, elle s'exprime essentiellement à travers adjectifs, adverbes et pronoms personnels mais pas que. Un avis du narrateur est forcément subjectif.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bonjour Zutalor !
Alors là, c'est très subjectif ! ^^

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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Bonjour Élodie !
Reprenons l'exercice :
"La mer qu'on voit danser le long des golfes clairs a des reflets d'argent" ; c'est objectif, neutre, le scripteur n'interprète pas ce qu'il voit, n'en "rajoute" pas.
Maintenant,
"La mer, cette croqueuse de marins même pas ivrognes, cette furie par moments déchaînée, ce ventre regorgeant de poissons, d'algues, d'épaves couvertes de rouille, la mer, moi qui ne sais faire que la planche, je la hais !"
Là, votre avis ?

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Ah Zutalor! je vous sens bien blagueur ce matin ^^
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
^^ en effet...
Bonne journée Élodie !

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
À vous aussi cher Zutalor!
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Marie
Marie · il y a
Comme j'ai vraisemblablement du mal avec la neutralité, j'essaie :

Le 28 août est une journée ensoleillée. Je débouche sur l'esplanade : 9387 croix blanches sont alignées sur l'immense pelouse piquetée de rosiers ; des files entières de croix dans tous les axes, toutes les directions, si loin que mon regard ne peut en voir la fin. Je lis à voix haute des prénoms et des noms sur les croix les plus proches, des dates de naissance et de mort et puis des noms d'Etats : Minnesota, Maryland, Ohio, Californie...
C'est une fin de jour lumineuse et, au-delà du parapet, au pied des falaises, la mer aussi retient son souffle.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bonjour Marie,
Merci pour votre participation et votre auto-correction. La proposition est respectée. Une question que je me pose cependant. Ne faudrait-il pas préciser pour davantage de neutralité qu'il y a un panneau annonçant ces 9387 croix blanches ? On pourrait croire à lire le texte que vous les avez comptées... Et si le narrateur les compte, n'est-ce pas parce qu'il y met un sentiment ? C'est une question. J'avoue ne pas avoir toutes les réponses ^^

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Marie
Marie · il y a
Oui, Élodie, il y a forcément un panneau ou un guide papier qui a indiqué ce nombre difficile à penser d'où l'effarement à le voir représenté, mais je glissais alors fatalement vers la subjectivité. On ne peut pas envisager froidement 9387 croix dans un cimetière. Mais, sur le fond, dans l'exercice proposé, vous avez raison. Comment pourrait-on procéder ? J'y réfléchis.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Je vous propose la simplicité. "Un panneau annonce 9387 croix". Qu'en pensez-vous ?
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Marie
Marie · il y a
Oui, j'étais en train d'y penser. Ou " les 9387 croix annoncées sont alignées..." mais on ne saurait pas sur quel support elles sont annoncées...
Votre solution est sans doute la meilleure, c'est Juste que j'aurais voulu garder l'effet de surprise de la découverte de cette immensité de croix.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Alors gardez ! Vous êtes le maître de votre texte. Il s'agit là simplement d'essayer de répondre à une proposition. Après la liberté est importante, tout autant que d'essayer de respecter la proposition... ;)
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Marie
Marie · il y a
Je ne voudrais pas vous lasser...
essai n° ?
Ce 28 août 2017 est ensoleillé. Je débouche sur l'esplanade : sur l'immense pelouse piquetée de rosiers, des centaines, des milliers de croix blanches sont alignées. Je relis la fiche de visite : 9387 croix ou étoiles de David, très exactement ; des files entières de croix dans tous les axes, toutes les directions, si loin que mon regard ne peut en voir la fin.Sur les plus proches je lis à voix haute des prénoms et des noms, des dates de naissance de mort et puis des noms d'Etats : Minnesota, Maryland, Ohio, Californie...
C'est une fin de jour lumineuse et, au-delà du parapet, au pied des falaises, la mer frappe la roche.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
C'est réussi ! Et la fin provoque un sentiment chez le lecteur alors que vous n'en avez mis aucun. Qu'en pensez-vous ?
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Marie
Marie · il y a
Je pense que je suis sur la voie de l'exercice demandé. Merci !
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Marie
Marie · il y a
...esplanade : les 9387 croix mentionnées sur le prospectus du cimetière sont alignées, blanches, toutes, sur l'immense pelouse...
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Là tout en restant neutre, grâce au rythme des virgules et notamment entre ce "toutes", vous provoquez chez le lecteur un sentiment. Comme quoi, en toute neutralité, on peut créer des émotions et des ambiances... ;)
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Marie
Marie · il y a
Oui, je le perçois. Merci pour ces conseils avisés, Élodie.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Je vous en prie, c'est un plaisir !
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Aujourd'hui, c'est la rentrée. Le collège ouvre ses portes au moment où j'arrive et les premiers élèves entrent dans la cour. Les grilles ont été repeintes en noir pendant les vacances, c'est là que m'attend mon amie Élodie. Son jean, déchiré sur la cuisse droite laisse entrevoir sa peau bronzée. Baskets et débardeur complètent sa tenue. Son sac de classe est posé à terre, à ses pieds, et elle me sourit. En approchant je vois qu'elle s'est maquillée : son eye liner noir souligne son regard bleu, ses cils sont longs et recourbés ; ses lèvres, teintées de gloss rose pâle, me font la moue. Quant à moi, j'ai enfilé un tee-shirt blanc uni, un pantalon noir, j'ai attaché mes cheveux en queue de cheval, et ne me suis pas maquillée. Nous nous embrassons et nous dirigeons vers la cour où nous retrouvons d'autres camarades. Des bancs ont été installés au bord de la pelouse, des rosiers sont en fleurs sous les fenêtres du rez-de-chaussee. La cloche sonne. Nous nous regroupons pour attendre l'appel.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Proposition respectée. Qu'en avez-vous pensé ? Le résultat vous plaît ? Merci d'avoir participé.
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
J'ai l'impression d'avoir épuré mon texte au fur et à mesure que je l'écrivais, en supprimant les adjectifs, les sentiments personnels, les moralisateurs . . . c'est un peu frustrant car je n'ai pu donner libre cours à mon imagination, mais il m'a aussi fallu plus de rigueur et de concentration dans le choix des mots donc de ce point de vue l'exercice est très formateur. Merci Élodie !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Je vous en prie Francine, c'est avec plaisir !
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Je crois que je vais reprendre mon texte en testant plusieurs points vue, histoire de prolonger l'exercice pour le plaisir justement ! Il en sortira peut-être un TTC, qui sait ?
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bravo ! C'est une très bonne idée !
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Merci Élodie ! Il faut maintenant que je trouve le temps de m'y mettre, mais cela me tente vraiment !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Tant qu'il y a l'envie, c'est le principal !
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Oh, de ce côté, pas de problème ! C'est toujours le temps qui manque . . . heureusement, je suis insomniaque, ça aide parfois ! :-))
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TropYk
TropYk · il y a
Lundi, 17 heures, Open Space, 1er étage.
Le chef est en réunion depuis deux heures. Depuis nos bureaux nous le voyons s’agiter à travers les vitres. La DRH ne bouge pas, pas même les lèvres. La comptable a la tête baissée sur ses dossiers. On entend qu’il crie, le patron, mais ça fait juste des sons incompréhensibles.
Patrick est allé deux fois à la photocopieuse, au bout du couloir. Chaque fois il est revenu les lèvres pincées, il n’a rien dit. On ne lui a pas posé de questions.
Les fenêtres sont fermées. La salle de réunion est fermée. Nos bouches sont fermées. Quelques doigts cliquettent sur les claviers. Le parfum de Solange flotte dans l'Open Space.

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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
C'est neutre et on sent - outre le parfum de Solange - une ambiance très lourde. J'aime ce texte qui dit tout en peu de mots...
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Plumareves
Plumareves · il y a
Il n'y a que l'aménagement des bureaux qui est "open" :-). Tout le reste est verrouillé à double tour ! On est oppressé par cette ambiance de plomb. Et puis la présence parfumée de Solange qui apporte une touche de légèreté.
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Mapie
Mapie · il y a
C est la rentrée? :)))
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TropYk
TropYk · il y a
Je n'avais pas compris que "C'est la rentrée" du début de post d'Élodie était un thème imposé.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Vous avez raison, je n'ai imposé aucun thème.
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Mapie
Mapie · il y a
Mais non!
C' était un trait d' humour par rapport à l' ambiance tendue ah ah

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Proposition respectée. Et grâce ou malgré la neutralité, on sent bien que l'ambiance est lourde. Que pensez-vous de cet exercice et du résultat ?
Merci d'avoir participé, TropYk.

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TropYk
TropYk · il y a
J'ai trouvé ça très amusant ! Merci pour cet exercice.
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Sophie Dolleans
Sophie Dolleans · il y a
Tu ne veux pas nous rejoindre sur les ateliers ? ;-)
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TropYk
TropYk · il y a
J'ai pas de micro...
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Sophie Dolleans
Sophie Dolleans · il y a
Tu as une caméra sur ton ordi ?
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TropYk
TropYk · il y a
Pffff.... mais arrê-teuuuuh
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Sophie Dolleans
Sophie Dolleans · il y a
Euh... je ne comprends pas tropYk. C'est juste que si tu as un ordi avec une webcam intégré, tu as un micro (un truc qui permet de parler et t'entendre). Du coup, je ne comprends ta réponse. :-)
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TropYk
TropYk · il y a
Tu joues les tentatrices ! Ha ha ha
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Sophie Dolleans
Sophie Dolleans · il y a
Je n'aurais jamais été retenue à l'ïle de la tentation ! Mais oui, j'aurai bien envie que tu viennes tous les mardis soir aux ateliers pour s'amuser, écrire et rire. ;-)
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Et ce n'est pas tous les mardis soirs (Sophie elle aime tellement qu'elle rêve que ce soit tous les mardis soirs :-) ) mais un mardi sur deux hors vacances scolaires. Et ça ne reprend que le 24 octobre. Ca laisse le temps de réfléchir. Sachant qu'on peut nous rejoindre toute l'année. Et qu'un projet éditorial démarre en janvier. Sans obligation. Off course. Je n'ai pas choisi le nom de Libres Plumes au hasard ^^
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TropYk
TropYk · il y a
Oui, je suis allée voir le site et j'ai tout lu. ^^
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Wahou quel courage ! ^^
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Avec plaisir !
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TropYk
TropYk · il y a
J'ai l'impression que ce genre d'exercice est beaucoup plus facile pour faire ressentir la peur, l'ennui, la tristesse que s'il fallait, en restant neutre, donner au lecteur une sensation de joie, d'allégresse, de bonheur...
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
J'en suis convaincue. Moins on en fait, plus on laisse au lecteur son interprétation et si les mots choisis sont précis alors il va là où on veut qu'il aille.... La sobriété en littérature est, comme dans tous les arts, un but exigeant et prolifique. Je file. On m'attend pour un atelier ! Bonne journée et à très vite mesdames !
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Marie
Marie · il y a
Probable !
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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Plage de Lava, commune d’Appietto, Corse du Sud
28 juillet, 16 h 45. Beau temps, assez chaud mais pas caniculaire.
Soudain, une agitation à quelques mètres de ma serviette. Une jeune fille court jusqu’au poste de sécurité juste à côté. Elle revient très vite, accompagnée de deux MNS.
Elle crie, semble agitée. Les sauveteurs s’affairent sur une forme allongée sous le parasol. Je perçois une interjection qu’elle lance, Papa !
D’où je suis, je devine un homme d’une cinquantaine d’année. La jeune fille est toujours agitée, pleure. Un jeune homme est aussi présent, plus âgé. Il semble être le fils ainé, calme sa jeune sœur. Un troisième sauveteur arrive avec un autre sac de matériel de secours. Prise du pouls, questions à la victime… Pas de réaction. Le défibrillateur est sorti. Un peu de fébrilité aussi du côté des sauveteurs qui tâtonnent un peu avec l’appareil. Le plus âgé le met en place sur le torse de l’homme allongé.
1er choc… Rien… Les vacanciers à proximité sont intrigués, mais pas d’attroupement. Un espace est laissé pour que les sauveteurs s’activent. 2ème choc… Rien. Pose du BAVU, ventilation de la victime. Un sauveteur appelle les urgences, demande l’intervention de l’hélico. Les bribes de la conversation qui me parviennent semblent indiquer qu’il est déjà engagé sur une autre intervention.
Massage cardiaque. Les sauveteurs se relaient. Le loueur de jets, juste à côté, vient également prêter ses muscles pour soulager les sauveteurs. Le SAMU finit par arriver. Prise en charge par le médecin. Perfusion de la victime. Les gendarmes arrivent aussi. Questions… Enquête de routine.
L’hélico se montre enfin. Les vacanciers sont repoussés au-delà d’un périmètre de sécurité. L’appareil se pose. Après un conditionnement de la victime, évacuation par voie aérienne vers 17h35. La fille pleure encore lorsque l’hélico s’envole, son frère la soutient.
L’homme sera sauvé.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci Epicurien.
Il y a quelques adjectifs qui empêchent la neutralité et rendent certains passages subjectifs tel que "beau" temps. Temps ensoleillé aurait été plus neutre. De même le "je devine" n'est pas factuel. Il est, à mon sens, orienté. Idem pour l'âge de l'homme. "Un peu de fébrilité" qui veut jouer avec le mot défibrillateur est subjectif. Enquête est neutre mais est-ce le cas de "de routine" qui tend à donner votre avis ? Enfin, le futur à "l'homme sera sauvé" induit aussi une forme de subjectivité. Non ? Qu'en pensez-vous ? De l'exercice, de votre texte et de ce commentaire ?
Quoi qu'il en soit merci d'avoir joué le jeu. :)

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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Merci de votre lecture attentive. Quelques points cependant de votre analyse me laissent perplexe (en ce temps de rentrée, je vais me prendre direct une heure de colle pour impertinence ! ;)).
Oui, bien sûr pour "fébrilité" ; je n'ai pas pu résister à ce petit jeu de mot !
Beau... ensoleillé... je vous l'accorde aussi, ensoleillé est plus neutre.
Pour le final (l'homme sera sauvé), je l'ai rajouté à la toute fin avant d'envoyer, pour ne pas paraître trop morbide vu le récit que j'ai choisi. Cependant il s'agit là d'un fait, pas d'un jugement. Il a en effet été sauvé (tant mieux pour lui). Je l'ai su en questionnant les MNS (que je connais un peu...) le lendemain
Pour "je devine"... Que dire ? Je ne peux pas annoncer de manière péremptoire son âge (je ne connais pas ce monsieur). Ne rien dire sur l'âge manquerait de "factualité" ; il pourrait alors s'agir d'un ado ou d'un vieillard étendu là, et ce n'est pas la même chose. Faudrait-il dire "un homme paraissant cinquante ans" ?
Quant à "enquête de routine", c'est un terme usuel pour toutes les enquêtes ordinaires non commanditées par un juge d'instruction, et il fait bien partie de la "routine" des gendarmes arrivant sur site de poser des questions. Où cela est-il subjectif ?

Qu'ai-je pensé de l'exercice ? Amusant, intéressant même. L'impression, précisément, d'écrire un procès verbal de police, une sorte de récit journalistique (mais sans la partie analyse), un texte décharné, comme un squelette sans muscle. Il faut se (me...) faire violence pour entrer dans ce monde décrit ainsi, un monde qui serait sans couleur, sans sensation, sans émotion...
Merci en tout cas de prendre le temps de faire cette petite animation, et pour ces propositions de corrections.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Cher Epicurien,
Merci pour votre message. L'heure de colle, n'est pas pour tout de suite. ^^^
Je ne remettais pas en question le fait que l'homme soit sauvé, je précisais juste qu'au présent ou au passé la phrase serait plus neutre.
Pour l'âge du monsieur, si vous ne le voyez pas puisqu'il est caché comment annoncé un âge. Le fait que vous deviniez implique une subjectivité. Non ?
Pour enquête de routine, oui c'est un terme utilisé fréquemment. Je veux bien vous l'accorder mais il me semble qu'il fait appel à vos connaissances en la matière et non pas à ce que vous observez.
Se faire violence... En effet, c'est le but. Sortir de ses sentiers pour découvrir d'autres voies et comprendre aussi que celle-ci ne nous plaît ou convient pas.
Merci à vous !

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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Voilà le texte un peu remanié. Il doit désormais être bien neutre et parfaitement insipide (Mdrrr ! Mais bon, il vaut mieux être Mdrrr que Md'...une crise cardiaque, comme cela faillit arriver à ce pauvre homme).

Plage du Golfe de Lava, commune d’Appietto, Corse du Sud
28 juillet, 16 h 45. Un temps ensoleillé, assez chaud mais pas caniculaire.
Soudain, une agitation à quelques mètres de ma serviette. Une jeune fille court jusqu’au poste de sécurité juste à côté. Elle revient très vite, accompagnée de deux MNS.
Elle crie, est agitée. Les sauveteurs s’affairent sur une forme allongée sous le parasol. Je perçois une interjection qu’elle lance, Papa !
D’où je suis, je vois un homme d’une cinquantaine d’année. La jeune fille est toujours agitée, pleure. Un jeune homme est aussi présent, plus âgé. Il semble être le fils ainé, calme sa jeune sœur. Un troisième sauveteur arrive avec un autre sac de matériel de secours. Prise du pouls, questions à la victime… Pas de réaction. Le défibrillateur est sorti. Les sauveteurs tâtonnent un peu avec l’appareil. Le plus âgé le met en place sur le torse de l’homme allongé.
1er choc… Rien… Les vacanciers à proximité sont intrigués, mais pas d’attroupement. Un espace est laissé pour que les sauveteurs s’activent. 2ème choc… Rien. Pose du BAVU, ventilation de la victime. Un sauveteur appelle les urgences, demande l’intervention de l’hélico. Les bribes de la conversation qui me parviennent semblent indiquer qu’il est déjà engagé sur une autre intervention.
Massage cardiaque. Les sauveteurs se relaient. Le loueur de jets, juste à côté, vient également prêter ses muscles pour soulager les sauveteurs. Le SAMU finit par arriver. Prise en charge par le médecin. Perfusion de la victime. Les gendarmes arrivent aussi. Questions… Ils commencent leur enquête.
L’hélico se montre enfin. Les vacanciers sont repoussés au-delà d’un périmètre de sécurité. L’appareil se pose. Après un conditionnement de la victime, évacuation par voie aérienne vers 17h35. La fille pleure encore lorsque l’hélico s’envole, son frère la soutient.
L’homme est sauvé.

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TropYk
TropYk · il y a
Les vacanciers à proximité sont intrigués : je pense que c'est subjectif.
L’hélico se montre enfin. Cet "enfin" marque le soulagement du narrateur, je crois.

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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
La vraie difficulté c'est que pour gommer la subjectivité on finit par tout enlever, ce qui finalement peut vider le texte de détails observés importants qui, s'ils ne sont plus là, n'a plus le même sens. Que faire alors ?
Comment, sans être suggestif, traduire le fait que les gens s'interroge (légitimement) de cette agitation ? Avez vous un proposition (je suis un peu sec ;))
Et pour l'hélico, que dire ? L'hélico arrive dans le lointain, peut-être... C'est certainement plus neutre.

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TropYk
TropYk · il y a
Les vacanciers à proximité observent la scène sans s'en approcher. (?)
L'hélicoptère arrive. Simplement.

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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Pas mal, en effet ! Merci TropYk !!
Dites donc, par chez vous (je veux dire en zone... tropicale, bien sûr), c'est pas la fête actuellement. La méchante Irma est redoutable...

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Oui, je pense bien à vous. C'est terrible ! J'aime tant les caraïbes !
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TropYk
TropYk · il y a
Euh.... Par chez moi c'est Arcachon : Temps calme, mer bleue, soleil.
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Marie
Marie · il y a
Ah ! Et je n'y suis pas, Chère !
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TropYk
TropYk · il y a
T'inquiète !! J'ai menti ; il fait gris gris gris !
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Marie
Marie · il y a
C'est bien vrai, ça ?
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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Je m'en doutais (cf. mon petit message).
Mon allusion ne tenait que dans le joke TropYk... Tropical... Antilles.
Suis-je facétieux, hé hé... ;)))
Blague à part, de tout cœur avec les sinistrés de cette zone... où j'étais il y a juste 6 mois

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Idem !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Ouf !
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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Merci pour ces compléments, chère professeur ! ^^^^
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Yasmina
Yasmina · il y a
La neutralité n'existe pas, comme dans une photographie.
Il y a toujours le choix d'un angle, d'un objet, d'une personne ...
Je prends l'exemple du texte de Plotine qui sue l'ennui ...
Mais ceci est mon point de vue.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Et elle est en effet loin de l'art et c'est en cela qu'elle est intéressante...Quant au texte de Piotine, il a l'avantage de décrire en donnant envie qu'il se passe quelque chose ;)
Merci pour votre point de vue. :)

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T. Siram
T. Siram · il y a
Hier, 15 août. 00 h 00.
Assis sur le bord de Mars.

J’observe l’Univers. Des étoiles brillent. Certaines gigotent. De temps à autre, des traînées rougeâtres filent vers l’horizon. Aucun bruit. C’est le noir incomplet. La Lune éclaire. Une lueur vive. Un phare universel. Un point de repère. Baissant les yeux, une nuée de petits points lumineux. Un mystère. Un jour, peut-être… la découverte. Je suis seul. Pas toujours. Quelques fois. D’autres curieux. Des sages aussi. Tout un univers intéressé vient... Les scientifiques. C’est beau…

T. Siram

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T. Siram
T. Siram · il y a
Texte initial corrigé... suite aux bons conseils d'Elodie Torrente.

Hier, 15 août. 00 h 00.
Assis sur le bord de Mars.

J’observe l’Univers. Des étoiles brillent. Certaines gigotent. De temps à autre, des traînées rougeâtres filent vers l’horizon. Aucun bruit. C’est le noir incomplet. La Lune éclaire. Une lueur vive. Un phare universel. Un point de repère. Baissant les yeux, une nuée de petits points lumineux. Un mystère. Un jour, peut-être… la découverte. Je suis seul. Pas toujours. Quelques fois. D’autres curieux. Des sages aussi. Tout un univers vient... Les scientifiques. C’est l’immensité…

T. Siram

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Proposition à 95% respectée. Un bémol sur la neutralité avec ce "intéressé". Il y a dans ce mot de la subjectivité, non ? Idem pour "c'est beau".:)
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T. Siram
T. Siram · il y a
Je supprime intéressé et beau => Tout un univers vient. C'est l'immensité...
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Pouvez-vous le faire directement dans le texte pour les autres participants ? Merci !
Proposition respectée !

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T. Siram
T. Siram · il y a
C'est fait... et merci...
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci à vous d'avoir joué le jeu :) Et bravo !
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Louise Calvi
Louise Calvi · il y a
Grenoble 5 septembre. 12h00. Service transports.
Ordinateur allumé. Dos calé sur mauvais fauteuil. La souris clique clique clique.
Rentrée scolaire. Les problèmes tournent à plein.Agitation dans l'air. Téléphones qui sonnent. Allo ???
Parents qui râlent. Collègues qui répondent. Appels aux transporteurs.
Bientôt la pause. Le soleil revient. L'été se maintient.
Repos en vue.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci Louise. Attention à ne pas confondre neutralité et style télégraphique. Ce ne sont pas les verbes qui nuisent à la neutralité mais plutôt les adjectifs. Votre texte, en cela, ne respecte pas totalement la proposition d'écriture. Rien de grave, hein. C'est juste pour bien montrer ce que signifie neutralité du récit. ;)
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Louise Calvi
Louise Calvi · il y a
Mais oui, c'est donc ça !!! Je me disais que qqchose clochait ! Mal lu Georges Perec. Merci pour l'exercice. Excellente initiative !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci ! Heureuse que ça vous plaise ;)
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Mapie
Mapie · il y a
Beyrouth mercredi 6 septembre 10h40 .

Bureau de la sûreté générale . 3eme étage . Un couloir avec au bout deux petites pièces , le bâtiment est ancien. . Deux tables , quatres chaises, un banc en cuir noir et deux climatisateurs accrochés au dessus d'une fenêtre en bois . Seul un fonctionne. L'autre est noir de poussière . Les murs sont sales et décrépis. L'air est frais. Mon fils est assis à côté de moi, avachi. Il attend. Il regarde son portable . Une femme en tenue militaire, cheveux bruns et lisses nous demandent notre nom. Elle a de grands yeux maquillés de noir . Elle va ouvrir un tiroir et en sort un dossier . " Francais?" Dit-elle. Je réponds oui.
Un autre homme entre, nous dit bonjour. Il est grand , cheveux grisonnant . La femme sort. L'homme commence à taper sur un ordinateur et parle en arabe á un autre homme qui vient d'entrer . Il imprime des feuilles , note des choses . Je tourne la tête . Deux autres hommes sont maintenant assis sur le banc, près de la fenêtre, silencieux. Ils portent des barbes. Ils attendent.
Nous attendons.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Proposition d'écriture respectée. Qu'en avez-vous pensé ? Que pensez-vous de votre texte ?
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Mapie
Mapie · il y a
Ce qui est intéressant c'est le fait de ne pas entrer dans les impressions et sentiments tout en suggérant par la description, ici par la repetition du verbe attendre par exemple .
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
En effet. Je trouve que cela donne beaucoup de cachet, de style à votre histoire dont on a envie de connaître la suite. Ce procédé peut être utiliser en contraste avec des sentiments. Ainsi, on pourrait tout à fait imaginer après le "nous attendons", une phrase emplie d'émotion, de sensation, en contraste et reprendre ensuite la neutralité. Ainsi, nous aurions créé une certaine originalité... ;)
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
6 septembre... 15h... assise sur un gros caillou, dans un pâturage à l'herbe rase, je m'applique à ne rien faire, ce qui occupe pas mal de mon temps libre.
L'été tire à sa fin, le soleil brille encore, sans chaleur, le ciel est bleu doux avec quelques nuages laiteux.
Si j'obserbe les alentours, je vois le museau gris et curieux de la marmotte-sentinelle, qui m'observe, planquée derrière une grosse pierre.
De grosses mouches bourdonnantes se régalent d'une bouse de vache fraiche.
Le troupeau est là, un peu en contrebas, et leurs sonnailles métalliques trouent le silence des alpages.
Dans la forêt vis-à-vis, une tronçonneuse grogne et s'énerve, son moteur grince pendant qu'elle blesse et s'active à mettre à terre un arbre sans doute malade.
Un parapentiste vient de s'élancer du sommet tout proche. Gros hanneton malhabile, il gigote des pattes sous sa tente en couleur. Il se met à chanter.
Je tape sur ma cuisse... c'est ainsi que je donne le signal de départ à mes chiens fureteurs.
Voilà venu le moment de rendre ma copie à Elodie...

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
D'après-vous Elisabeth, votre texte est-il neutre ?
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Je me demande... j'attends votre analyse... j'ai pondu ces lignes vite fait... là, je vais faire la sieste... franchement, je dois avoir des gênes de marmotte!!
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Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
La première ligne n'est peut-être pas neutre mais en tout cas on est parachuté dans le décor minutieux, ce qui m'a plu car ensuite on croit au reste, pour le meilleur : c'est si peu courant de se trouver nez à nez avec une marmotte. Des éléments qui pourraient être considérés comme déplaisants ( odeur des bouses de vache ) ou pas ( bouses = prairie = bonne odeur de campagne ) sont décrits de manière neutre et cela laisse une liberté de lecture.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Certes. Mais il ne s'agit pas ici de donner un avis subjectif sur un texte, de dire, j'aime, j'aime pas mais d'essayer de travailler à partir d'une proposition d'écriture et de tenter de la respecter. Ainsi, la question était posée à l'auteur du texte pour qu'elle trouve elle-même ce qui va ou ne va pas par rapport à la proposition d'écriture et uniquement par rapport à celle-ci. Ce afin qu'il puisse évaluer son propre travail. Il n'y a aucun jugement de valeur dans cet exercice, juste un jeu destiné à savoir où l'auteur peut aller et s'il ne peut pas, pourquoi il ne peut pas et éventuellement, mais ce n'est pas du tout obligé, comment y remédier. Les ateliers d'écriture servent à cela. Trouver son chemin d'écriture et dans ce chemin, des ouvertures et des procédés. Une sorte de tambouille dans laquelle chacun plonge ses mains et voit ce qu'il en ressort. ;)
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Gobu
Gobu · il y a
Sorry, Élodie, mais "évaluer son propre travail" c'est en déterminer la valeur. Il faudrait trouver un autre mot. Parlons plutôt d'auto-analyse de son texte, bien que ce soit atrocement lourdingue. :O)
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
En effet Gobu. Allons-y pour l'auto-analyse et donc sa responsabilité avant que de laisser cette responsabilité à d'autres ^^ Merci !
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Mapie
Mapie · il y a
J'aime l'image du parapentiste
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Est-ce que d'après vous, la fin de la première phrase du texte est neutre ?
Bonne sieste !

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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Non le texte n'est poas neutre : le point de vue de l'auteur apparaît plusieurs fois dans cette description ( lexique appréciatif, expression exprimant un jugement, métaphore)
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
05 septembre 2017, 10h30
Je viens tout juste de finir de ranger la cuisine et décide de m'accorder une pause : je verse de l'eau dans la bouilloire électrique et la mets à chauffer pendant que je choisis un sachet de thé Finalement j'opte pour un thé à la bergamote, verse l'eau bouillante dans la théière et laisse infuser trois minutes. En attendant que ma boisson soit prête, j'allume ma tablette et choisis de lire un T.T.C. sur le site Short Edition. A la fin de ma lecture, mon thé est prêt et je le bois à petites gorgées tout en observant deux tourterelles qui cherchent leur nourriture dans le jardin. Lorsque j'ai terminé, je lave ma tasse, l'essuie et la repose sur son étagère dans le placard. J'enfile une veste et sors faire un tour au potager, d'où je ramène quelques tomates et une salade.

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
C'est juste. La description de la journée est en effet neutre. Il manque la description du lieu pour répondre totalement à la consigne. Non ?
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Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Oups ! J'ai lu trop vite, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois . . .
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Ce n'est pas une obligation. Et surtout, merci d'avoir participé !
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Plotine
Plotine · il y a
Plage de Houlgate, Mercredi 30 août 2017, 15 heures
Il ne pleut plus. La marée descend. La plage se dénude peu à peu. Il n'y a personne. Des mouettes se laissent porter par le vent. Elle piquent vers la mer et remontent, une coque dans le bec. J'essuie un banc et m'assieds. Au loin, d'énormes bateaux font la queue pour entrer au Havre. Un jeune homme passe avec une planche à voile. La mer est grise. La marchande de glaces n'est pas là. Personne sur les bancs non plus. Un couple de sexagénaires sort du casino. Ils font la tête. Par la porte ouverte j'entends le bruit des machines à sous.

Comme ça ? Je peux finir par "je m'emmerde", ou pas ?

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
En terminant par "Je m'emmerde" vous donnez votre avis. ^^ Pour le reste c'est exactement ça et ça apporte une rigueur au récit. Que vous le vouliez ou non. Imaginons que vous écriviez toute une histoire comme ça.. Alors vous laisserez au lecteur le choix d'apprécier ou de s'emmerder, comme vous dites mais vous lui laisseriez au moins cette liberté. À méditer... ;)
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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Si je puis me permettre, "ils font la tête" n'est-il pas un jugement de valeur. C'est peut-être leur tête naturelle. Ils ont peut-être naturellement la tête de gens qui feraient la tête ! Certains en ont de drôles... de têtes. D'autres pas, des têtes de gens qui font la tête, quoi. Allez savoir, dans ce monde bizarre... ;))
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Plotine
Plotine · il y a
Bonne remarque. Et si j'avais écrit : ils ont l'air tristes. C'était mieux ?
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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Je ne suis pas spécialiste. C'est Elodie la "prof" de cette rentrée. Moi, je ne suis qu'un autre modeste élève ! ;)
J'ai l'impression que "ils ont l'air..." est également un jugement, une impression de votre part (un peu comme le "je devine" de mon texte qui fut retoqué par notre coach... au demeurant sympathique. Lol). Je suis embarrassé pour traduire votre idée sans donner l'impression d'un jugement. Peut-être un "Sans expression". Sans expression de joie, laissant entendre qu'il n'ont pas gagné...

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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bravo Epicurien ! Et désolée Plotine d'avoir laissé passer ce "ils font la tête".
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Plotine
Plotine · il y a
Ah oui, c'est pas mal !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
PS : En terminant par "Je m'emmerde" , et vous le savez, votre texte trouvera sa raison d'être. Ce n'est qu'un petit jeu. Qui, dans un texte pas du tout neutre, peut provoquer son petit effet.
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Plotine
Plotine · il y a
Oui le "je m'emmerde" est à bannir. Toute une histoire comme ça, c'est plus difficile que ça n'en a l'air. J'avais écrit sur une de mes promenades, un peu dans ce style et l'avais titrée "Une histoire un peu chiante" ...
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Il y a Luc Dragoni qui lance des thèmes où tout le monde peut laisser sa plume courir librement... Il y a eu "Les forêts"... "Les enfants"... "les plages" ... maintenant, "les anciens" "La vigne"... et bien peu de participants... sans doute parce qu'il n'y a pas d'enjeu... sinon une ambiance bon-enfant... Je te souhaite du succès avec ta rubrique, Elodie... j'ai quelques phrases en tête, que je devrai poser sur l'écran...
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci et bravo à Luc. Quant à ma rubrique, elle ne recherche pas le succès mais comme écrit dans le topic est destinée à travailler l'écrit plutôt qu'à échauffer les esprits. Elle n'est pas destinée non plus à durer mais juste à montrer que la neutralité à l'écrit n'est pas chose si aisée. Enfin, comme vous le savez, j'anime des ateliers d'écriture depuis 6 ans et ne tiens pas à en ouvrir un de plus ici mais il m'a semblé intéressant de faire cette proposition d'écriture quand je vois comment ce forum destiné à la création littéraire a été détourné de sa vocation initiale par des auteurs (quelle que soit la qualité de leur prose) qui, à mon avis, ferait mieux de travailler leur art plutôt que de se prendre la plume en discussions stériles et malveillantes. Ceci étant dit sans volonté de polémique mais simplement pour bien expliquer la démarche. Je pense que vous le comprendrez. ;)
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
On est bien d'accord... j'aime bien les ateliers d'écriture où il faut réfléchir et écrire relativement vite... tout dépend aussi de l'animateur(trice)... Il y en a qui décourage même de tenir une plume (enfin... on peut prendre ordi ou tablette maintenant)
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Cet exercice se fait en 15 minutes maxi. Mais comme il n'est pas possible d'arrêter le chrono de chacun ici, alors j'ai transformé en 2000 signes espaces comprises. Animer c'est s'adapter avant tout, tout en guidant chacun sur son propre chemin d'écriture... Enfin, en tout cas, c'est ma politique.
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Marie
Marie · il y a
Je n"ai pas vu la consigne du nombre de signes.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
ce n'est pas très grave. je ne crois pas que vous ayez dépassé.
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Olivier Darcourt
Olivier Darcourt · il y a
C'est pas avec ça qu'il va être lauréat sur Short, ce monsieur Perec, en plus je ne trouve même pas son profil! ;-)
Plus sérieusement, c'est une très bonne initiative, à laquelle je participerai de bon cœur la semaine prochaine si je retrouve le topic, pour l'heure je dois m'éplucher le jabot et les ailes pour être propre (ou à peu près) à Deauville! (Qui fera un bon endroit à décrire pour l'exercice, d'ailleurs) ;-)

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Sophie Dolleans
Sophie Dolleans · il y a
Tu ramènes des photos, hein, dis. Sinon, je te plume ! ;-)
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Olivier Darcourt
Olivier Darcourt · il y a
J'ai un nouveau portable qui prend de lui-même de superbes photos de l'intérieur de mes poches, donc pour les extérieurs ça devrait le faire aussi! ;-)
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Sophie Dolleans
Sophie Dolleans · il y a
loool. Ah ben alors l'affaire est dans le sac !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Lol !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
C'est sans obligation cher Olivier. Et c'est quand tu veux ;) Bon Deauville, veinard !
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Olivier Darcourt
Olivier Darcourt · il y a
Merci tout plein chère Elodie! ;-)
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Le Hussard de Hombourg
Le Hussard de Hombourg · il y a
Ça a l'air bien mais j'ai pas trop compris ce qu'il faut faire.
Pouvez répéter les consignes ?

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Sophie Dolleans
Sophie Dolleans · il y a
Par ex : pas dire "elle était vraiment très laide" mais " elle avait une verrue jaunâtre sur le nez ". lol
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Le Hussard de Hombourg
Le Hussard de Hombourg · il y a
Ah oui je vois.
Par exemple ne pas dire : "X écrit avec un balai à chiottes" mais dire : "Si X se casse un pied, ça va le gêner pour écrire."
J'ai bon ?
;-)

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Sophie Dolleans
Sophie Dolleans · il y a
Des faits : X s'est cassé un pied. Il essaie d'écrire mais la douleur l'empêche d'avoir les idées claires. lool
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Sophie Dolleans
Sophie Dolleans · il y a
Et encore, suis pas sûre d'être dans la consigne...
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Euh.... Alors voici : "À la manière de Georges PEREC, vous raconterez une de vos précédentes journées qui inclura une description succincte et la plus neutre possible du l’endroit où vous vous trouviez. "
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