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Le blog de Damoclès # 2 Nouvelle identité

Damoclès
Damoclès · il y a
Il y a une différence entre ce qui est une identité déterminée administrativement et ce qui l’est de manière affective.

En parlant directement façon bistrot du coin, je dirais qu'il n'y a pas de noirs bretons. Du moins sur ce plan de l’identité historique. Ces personnes le sont tout au plus d’un point de vue administratif en tant qu’habitants de la région Bretagne.

Alors le fait est que pour des bretons de souche (un peu, beaucoup, passionnément à la folie), on est en Bretagne avant même d’être en France, voire pas du tout en France pour les ultras.

Et le problème est qu'il y a justement des endroits où on ne peut pas se sentir français de cœur parce que l'on vous dit qu'ici ce n'est pas votre terre. Vous n'y avez pas vos racines. Ce qui sous-entend que les enfants d'immigrés sont bien des déracinés (Cf. Mon blog # 1 Métissage).

Dans ce contexte, certains vont suggérer de ne pas y prêter attention, que l'on ne va pas changer le monde. Réaction fataliste et égoïste à la fois à mon sens, influencés par des années de société de consommation. Car on se construit dans le regard de l’autre, des autres.


Alors j'émets l'hypothèse que si la région Bretagne était renommée désormais la région Nord Ouest par exemple, cela ouvrirait des horizons plutôt que l’enfermement, le repli sur soi. Tous les gens établis là sont des Norouestiens. Voilà qui pourrait à la fois symboliser mais aussi traduire un sentiment d'unité pour aller ensemble vers un avenir commun sur une terre commune. A ce même titre, certains prônent l'arrêt de la prise en charge de l'apprentissage des langues régionales à l'école.

Il y a ce vin bleu qu’un groupement d’artistes commercialise pour justement suggérer qu’en ces temps de mondialisation et de cités cosmopolites, il faut créer de nouveaux repères qui seront comme autant de pratiques culturelles communes.

Il y a Kimiko Yoshida artiste photographe. Je vous conseille la visite de son site et de son œuvre « Là où je ne suis pas ». Elle y parle de ce qui nous empêche sur un plan personnel de nous inventer authentiquement, sans être aliéné par un héritage culturel qui au contraire nous inhibe et nous ferme aux autres finalement.



N.B. : La Bretagne, comme la façade Atlantique n'a pas connu tant que cela les vagues d'immigrations liées à l'industrialisation et ce type de questionnements y fait moins écho. Mon hypothèse ci-dessus a pris l'exemple breton, mais cela est transposable à toutes les régions qui sont dans ce même cas de figure.

P.S. : Ne chomerit ket fachet ruz ganin kaer tud d'ar pobl breizhoneg, mar plij ganeoc'h.
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