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poésie 67LECTURES

Miserrimus

La poésie aussi compte ses Lapeyrouses,
Marins prédestinés aux tempêtes jalouses,
Dignes pourtant d’un meilleur sort ;
Voyageurs qui partaient sous les blondes étoiles,
Heureux, fiers du bon vent qui soufflait dans leurs voiles,
Mais qui n’ont pas trouvé de port !

Au moins pour quelques-uns il reste sur la grève
Un blanc et doux fanal, une écharpe qu’on rêve,
Et qui contraint à croire en Dieu ;
Mais moi, je m’en irai, pauvre astre solitaire,
Sans clarté fraternelle, et je fuirai la terre
Sans avoir à qui dire adieu.