Antiquité

L'Antiquité nous ferait presque rougir ! Elle ouvre notre héritage littéraire et culturel. Au cœur des écrits : la passion et la responsabilité humaine, l'Homme dans sa nature intrinsèque, être de sentiments et de rationalité. C'est le temps des épopées d'Homère, de la philosophie de Platon et d'Aristote et de la poésie d'Aristophane, Virgile, Lucrèce et Sappho (LA première poétesse). lege illum librum !

Apéritif

« Riez quand vous avez plutôt envie de pleurer »

Ovide

Les remèdes à l'amour

L'émergence de la Grèce

En 1600 avant Jésus-Christ, lorsque les Hélènes s’installent sur ce qui deviendra la Grèce. Cependant les envahisseurs du XIIème siècle avt JC détruiront les cités achéennes et installeront de nouvelles cités telles qu’Athènes, Sparte ou Thèbes. Le territoire est morcelé, chaque cité est une entité politique, l’identité grecque n’existe pas vraiment pour le moment. Cependant les trois cités dominantes s’uniront contre les Perses lors des guerres médiques.

Au cinquième siècle avt JC, c’est le siècle d’or d’Athènes, l’Athènes de Périclès, l’Athènes de Sophocle et Eschyle, fameux dramaturges grecs, qui voit l’élévation du Parthénon dans un contexte démocratique (déjà !). Mais Sparte et Athènes se faisaient de l’ombre et bien vite s’affrontèrent. Comme le dit Brassens, « les guerriers de Sparte ne plantaient pas leurs épées dans l’eau », ils sont réputés pour leur force militaire. Toujours est-il qu’ils remportent la victoire de la guerre du Péloponnèse.

Les envahisseurs en Grèce

Au IVème siècle avt JC, Alexandre le Grand, le renommé conquérant qui renverse l’Empire Perse, et dont les conquêtes s’étendent en Asie et en Afrique, met tout le monde d’accord : il détruit Thèbes mais n’occupe pas militairement Athènes. Le monde grec en est bouleversé. A la mort de cet ambitieux, ses généraux se partagent son royaume et débute la période dite « hellénistique ».

Mais Rome gronde et pousse les portes de la Grèce qui perd son indépendance en 146 avt JC, Athènes est envahie en 86 avt JC. Les cités sont coupées entre elles, les liens commerciaux sont coupés, le pays est forcé à se soumettre, la puissance grecque est écrasée.

La pacification se fait à partir du second siècle ap JC durant lequel des cités redeviennent libres. Cependant le pays ne parvient pas immédiatement à redresser sa situation (et des informations rapportent qu’elle n’y est toujours pas arrivée). La Grèce antique laisse place à l’empire byzantin au Ier siècle ap JC.

La construction d'un territoire romain

Faisons un pas en arrière : Au VIIIème siècle avt JC, Romulus et Rémus, les fils de Rhéa, une vestale, et de Mars, le dieu de la guerre, sont abandonnés par le frère de Rhéa, qui est roi et qui craint que les jumeaux réclament leur dû une fois conscients de leur droit. Cependant ils sont recueillis par une louve qui les nourris, puis, plus grand, ils tuent le roi et reprennent leur place.

Ils veulent cependant créer une nouvelle capitale. Mais qui la gouvernera ? Cette question tourne à la dispute, Rémus meurt et Romulus crée Roma. Un dernier problème, les femmes manquent pour instaurer des familles. On invite donc les Sabins à une grande fête, et on enlève toutes les Sabines. Le tour est joué.

Rome est d’abord tournée sur elle-même, elle est royale sous la domination des rois étrusques mais très vite elle devient républicaine (elle aussi !) à l’aube du VIème siècle avt JC. Pendant ce temps, Rome vainc quelques peuples comme les Latins, regroupant une trentaine de cités du Latium, sur qui ils assurent leur domination.

La conquête des environs

Peu à peu, au cours des IVème et IIIème siècles avt JC, le hasard des rivalités et des alliances fait de Rome, presque malgré elle, une conquérante sans précédent : elle parvient à se hisser au sommet de la botte italienne et à contrôler le territoire. L’identité romaine évolue : des routes sont construites, la monnaie apparaît, la religion romaine est influencée par celles des territoires envahis.

Mais un Etat paraît trop encombrant aux yeux de Rome : c’est Carthage. Lors de la première guerre punique (dès 264 avt JC), c’est l’affrontement et la victoire de Rome. La deuxième voit la vengeance d’Hannibal et de ses éléphants devant qui Rome tremble mais qui en triomphera tout de même. Cependant Carthage respire encore, elle sera achevée lors de la troisième guerre punique (qui finit en 146 avt JC). Au cours de ces victoires, Rome le territoire romain prend de l’ampleur et de l’influence.

La Grèce, l’Asie mineure, l’Espagne, le Proche-Orient, l’Egypte, la Gaule rejoignent le tableau de chasse de Rome. Ca en devient presque insolent de facilité ! Cependant la crise éclate (oui, comme en 2008) et avec elle, les guerres civiles.

Fin de la République et chute de l'Empire romain

Pompée, Crassus et César forment un triumvirat et règne à trois. Mais à la mort de Crassus, César qui a conquis la Gaule (c’est nous) franchit le Rubicon et provoque la chute et la mort de Pompée. César prend le titre de dictateur. Il meurt en 44 en plein sénat, victime du complot fomenté par son fils, Brutus : « Tu quoque, mi fili ! », ça vous dit quelque chose ?

L’héritier de César, Octavien, met définitivement fin à la république en devenant l’empereur Auguste. Après les philosophes Cicéron et Lucrèce sous César, l’empire d’Auguste voit de nombreux autres poètes tels que Horace, Virgile ou Ovide, et des historiens fameux encore aujourd’hui comme Tite-Live.

Le portrait physique mais surtout moral des différents empereurs a été brillamment présenté par Suétone dans La Vie des douze Césars. Jusqu’au IIIème siècle, c’est la paix romaine, tout va bien dans l’Empire. Mais alors, la pression des barbares se fait plus forte et l’économie est en crise (encore). Après l’anarchie, le IVème siècle présente un régime politique autoritaire.

Avec Constantin Ier, l’Empire s’agrandit encore et devient même chrétien. L’Empire se partage en deux en 395 avec la naissance d’une nouvelle capitale : Constantinople. La prise de Rome et la chute de l’Empire romain sont datés de 476.

Les auteurs

Aristophane

Aristophane
vers 445 av. J.-C. - vers 380. J.-C

théâtre  

Aristophane est un poète grec du Vème siècle avant Jésus Christ. Considéré comme le maître de la comédie à Athènes, il écrivit 44 pièces dont seulement 11 on été conservées jusqu'à aujourd'hui. Ses œuvres sont des satires sociales qui contiennent bon nombre de références à l'actualité de son temps. Il vécut notamment pendant la douloureuse guerre du Péloponnèse et dans ...

Catulle

Catulle
87 av. J.-C. - 54 av. J.-C

œuvres érotiques   poésie  

Catulle est un poète romain volontiers railleur, aux textes parfois érotiques ou vulgaires. À Rome, il entretient de bons rapports avec les hommes influents, Jules César et Cicéron notamment. De cette voix unique de la poésie latine ne nous sont parvenus que 116 poèmes. Il fut l'amant de Claudia, terrible croqueuse d'hommes et empoisonneuse notoire. Les poèmes dédiés à son amante, ...

Ésope

Ésope
VIIe - VIe siècle av. J.-C.

fable  

Ésope est considéré comme le créateur du genre de la fable. La dette de La Fontaine est immense. Les textes de l'auteur grec, généralement plus courts que ceux de son continuateur français, ont une visée bien plus humoristique. La morale est évidemment toujours présente, mais relève plutôt du comique de situation. Ce sont de petits textes en prose sans visée littéraire et dont le...

Horace

Horace
65 av. J.-C. - 8 av. J.-C

nouvelle   poésie  

Les Satires d'Horace valent, entre autres, pour le répertoire de locutions et de formules qu'elles constituent. Sa langue, dense, parfois difficile, traduite fidèlement par le poète parnassien Leconte de Lisle, épouse tous les styles : patriotique, satirique, poétique, érotique, humoristique, etc. Mais c'est dans ses Odes que l'on trouve la fameuse locution carpe diem, littéralement « ...

Juvénal

Juvénal
Ier - IIe siècle

poésie   nouvelle  

Bien que sa vie soit mal connue, ses œuvres poétiques ont été rassemblées sous le titre de Satires. S'il commence à écrire très tard, sans doute vers l'âge quarante ans, c'est pour mieux dénoncer la dépravation des mœurs et des idées qui a lieu à Rome, que l'auteur se plaît à rendre en une langue acide, cruelle et bigarrée. Un seul constat : personne n'est épargné. Les ...

Martial

Martial
vers 40 - vers 104

poésie  

Les épigrammes de Martial, tantôt louangeuses tantôt obscènes, sont des paradoxes. S'il écrit pour s'attirer les bonnes grâces des puissants c'est pour ensuite mieux les discréditer dans de courts textes assassins. Il donne à voir une Rome haute en couleur et sans langue de bois sur ce qu'il s'y passe d'inavouable. Martial est peut-être aussi le premier poète ivrogne car l'éloge des...

Ovide

Ovide
43 av. J.-C. - 17 ap. J.-C

poésie   nouvelle  

Avec Virgile, Ovide est l'auteur latin le plus traduit depuis le Moyen Âge. Homme des Métamorphoses et de l'Art d'aimer, ses textes sont la somme de tous les mythes, à la fois de l'imaginaire romain et de toute la culture héritée de la Grèce. Apparenté à Auguste et à Jules César, il bénéficie de la protection des dirigeants romains mais refuse la carrière politique par choix de ...

Perse

Perse
34 - 62

poésie  

Poète satirique très difficile, ses vers ont fait l'objet d'interprétations différentes sans que plusieurs ne se recoupent vraiment. L'ensemble de son œuvre nous est parvenue sous la forme de six courts textes en vers qui laissent supposer que Perse n'a pas vécu plus de trente ans. Sa langue est obscure, dérangeante, railleuse, farouchement indépendante. Tous ces aspects ont fait que ...

Pétrone

Pétrone
27 - 66

citations/pensées   fable   poésie   théâtre  

L'identité de cet auteur latin est incertaine. On lui attribue le Satyricon, premier « roman » de toute la littérature, qui ne nous est parvenu que par fragments. L'œuvre, écrite en bas latin, est la seule qui donne à lire le latin tel qu'il était parlé par le peuple. C'est une langue verte et sans détour, faite de jeux de mots et d'inventaires obscènes et bouffons, à la croisée...

Plaute

Plaute
vers 254 av. J.-C. - vers 184 av. J.-C

théâtre  

Plaute a écrit plus d’une centaine de pièces mais vingt seulement nous sont parvenues ! Difficile d’imaginer que cet excellent homme de théâtre a dû d’abord jouer de la manivelle dans un moulin avant de pouvoir vivre de son art. Comme quoi, à force de tourner la meule l’inspiration vient !
Entre la Comaedia Palliata et la nouvelle comédie grecque, Plaute met en œuvre des ...

Properce

Properce
vers 47 av. J.-C. - 16 av. J.-C

poésie  

Le nom de ce poète latin reste attaché au genre de l'élégie. Il laisse derrière lui quatre livres ayant pour source d'inspiration une femme, Cynthia. On ne connaît vraiment Properce qu'à travers ses textes, même si les témoignages de ses amis rapportent qu'il fréquentait des hommes influents et des personnalités politiques à Rome, sur la colline de l'Esquilin. Petit à petit, au ...

Lucien de Samosate

Lucien de Samosate
vers 120 - vers 180

nouvelle  

Lucien de Samosate, ou plus généralement Lucien, est un auteur satiriste grec. Ses Voyages extraordinaires sont considérés comme les premiers textes de science-fiction car ils traitent, sur le mode humoristique, de rencontres au-delà du réel. Son style, fantaisiste, est unique dans la littérature grecque. Jonathan Swift s'en inspira pour rédiger les Voyages de Gulliver. Critique ...

Sapphô

Sapphô
VIIe - VIe siècle av. J.-C.

poésie  

Poétesse grecque de l'île de Lesbos, elle réunit autour d'elle un cercle de jeunes femmes artistes, formant une véritable académie de musiciennes. Ses poèmes nous sont parvenus par fragments et ont donné lieu aux spéculations les plus folles sur sa sexualité. De là, viennent les mots « saphique » et « lesbien ». Déjà célèbre dans l’Antiquité, le seul mot de « poétesse »...

Tacite

Tacite
vers 58 - vers 120

nouvelle  

Historien, c'est son style lapidaire qui a fait de lui une source singulière de la vie antique. Jamais tout à fait objectif dans les informations qu'il donne, il se livre à quelques réécritures de l'histoire immédiate en mêlant faits réels et pensées personnelles. Mais son oeuvre, les Annales, est le témoignage le plus complet sur quatre des empereurs romains, dont l'étrange Néron....

Tertullien

Tertullien
vers 155 - vers 220

nouvelle  

Mesdames, ne vous irritez pas contre Tertullien ! Certes il condamne fortement le maquillage, les parures et l’ornement des femmes mais on lui pardonnera pour cette fois-ci.
Né à Carthage Tertullien, apologiste chrétien, est le premier auteur chrétien à énoncer la foi en latin et est connu pour son combat contre les cultes païens et le gnosticisme de Marcion.

Tibulle

Tibulle
vers 54 av. J.-C. - 19 av. J.-C

poésie  

Sait-on que Tibulle est à l'origine de la poésie bucolique ? Son style, très doux, comparable à celui d'un Verlaine, s'est attaché au genre de l'élégie où le poète se fait, tour à tour, amoureux, passionné, louangeur, volage... Il est injustement méconnu malgré un regain récent d'intérêt. Son amour pour la campagne et les joies champêtres, et parfois son dédain pour les ...

Virgile

Virgile
70 av. J.-C. - 19 av. J.-C

poésie  

Virgile est sans doute le poète latin le plus célèbre. Des textes comme les Bucoliques, les Géorgiques ou encore L'Énéide ont fait les joies et les cauchemars de tous les latinistes. Il est surnommé le Cygne de Mantoue, en référence à l'élégance de sa poésie et à la ville du nord de l'Italie dans laquelle il est né. D'aucuns affirment que passé un certain âge il suffit de ...

Lumières sur
Pétrone

27 - 66

Pétrone

L'identité de cet auteur latin est incertaine. On lui attribue le Satyricon, premier « roman » de toute la littérature, qui ne nous est parvenu que par fragments. L'œuvre, écrite en bas latin, est la seule qui donne à lire le latin tel qu'il était parlé par le peuple. C'est une langue verte et sans détour, faite de jeux de mots et d'inventaires obscènes et bouffons, à la croisée de tous les styles : car le texte mêlent prose, dialogue, poésie et chansons. La vulgarité de ...

EN SAVOIR +

La nature nous donne le nécessaire

Une divinité propice a mis à la portée des mortels tout ce qui peut soulager leurs maux et faire cesser leurs plaintes. Les végétaux les plus communs et les mûres suspendues aux buissons épineux suffisent pour apaiser la faim d’un estomac à jeun. Il n’y a qu’un sot qui puisse mourir de soif, quand un fleuve coule près de lui, ou trembler de froid, lorsqu’il peut s’approcher du foyer où pétille un bois enflammé. La loi, armée de son glaive, défend le seuil redoutable de la...

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