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Short Paysages : la Bretagne

Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Cette semaine, repartons gaiement vers une géographie plus classique, mais non moins enthousiasmante, en direction de la Bretagne. Voyages d'été où berceau de l'enfance, contez-nous cette contrée magnifique dont les paysages nous enchantent... On inclura aussi le Mont St Michel car, même si le Couesnon n'a pas retrouvé la raison, nous on aime bien quand même les petits grains de folie ! (Ne vous inquiétez pas, on le rendra à la Normandie... :-) ).


Rappel du principe :
A la manière du Short Paysages organisé l'an passé sur le thème de l'Isère, je vous propose un Short Paysages hebdomadaire (du vendredi au vendredi) au cours duquel nous pourrons confronter/conforter nos différents points de vue autour d'un paysage en échangeant nos textes et BD (ou ceux que nous avons apprécié chez d'autres auteurs).
Attention tout de même, pour le Short Paysage, il est important de localiser son récit : soit dans le texte lui-même ou à-minima en précisant quel lieu vous a inspiré. On doit savoir où ça se trouve !

Postez-nous vos cartes postales... :-)

Pour poster des commentaires,
Patrick Barbier
Patrick Barbier · il y a
Brest est de granit et de métal... Anthracite et rouille…
Son port est un des seuls endroits que je connaisse où les jetées, les quais, les containers, les entrepôts, les grues, forment un ensemble quasi organique, en une révélation jusque là tenue secrète...
A Brest, l'oxymoron "beauté et poésie industrielles" échappe à la contradiction pour rallier l'évidence... C'est une ville meurtrie, massacrée, dont la renaissance, en un contrat faustien, n'a pu être autorisée qu'en échange de cicatrices de plomb et de béton... Au lieu de dissimuler ses stigmates, elle les arbore, racontant ainsi son Histoire qui se confond avec celle des hommes qui l'ont bâtie et rebâtie...
Mais à Brest, les souvenirs de jeunesse disparaissent au ponant tel un « Bon Chien Jaune » ou une « Ancre de Miséricorde »… Et l’alcool de couler en flots apaisants de chaque côté de la Rue de Siam afin de faire renaître les mémoires en chansons de marins, pleurées au milieu des rires et moquées entre deux chagrins.
Brest est de la couleur de son océan et de son ciel... Elle est le trait d'union entre cet océan et ce ciel...
Les tempêtes lui sont un écrin…
Scribouille
Scribouille · il y a
Ria d 'Etel - St Cado - Morbihan


Elle a un petit air de golfe du Morbihan, même lumière presque rosée, même proximité entre terre et mer, mêmes courants cachés sous une surface plane.
Son trésor, c'est un petit village de pierres, un confetti connu du monde entier grâce à un îlot dont la maison aux volets bleus a fait le tour du monde en photo ...St Cado
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Merci pour cette prose qui m'a fait découvrir la Ria d'Etel et St Cado... je ne connaissais pas
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
1er mai 2008 à Quiberon

Des maisons blanches, des toits en pentes,
Des murets pas très hauts,
Des embruns pas très chauds,
Des petites fleurs si charmantes
Près des vagues bleues
Près des tuiles bleues
Sous un beau ciel bleu
C'est le souvenir au fond des yeux
D'une escale sur la presqu'île
Où mon amie de la chocolaterie
Me ramenait ses caramels
Au beurre salé, pardi...euh, non... Paradis !
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Tout est - merveilleusement - dit, Deddy... note gourmande incluse. Bravo!
Yasmina
Yasmina · il y a
Délicieux !
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Si il te prend l’envie, de flinguer les étoiles
De hurler à la lune, de renverser du gas-oil
Et d’y foutre le feu pour regarder les flammes
Venir lécher tes pleurs de leurs langues sans âme

Viens,
On ira faire un tour
Loin du chemin des drames
Se marrer à La Torche
Se torcher à Penmarc’h
On ira faire un tour
On ira voir les dames
Allumées à La Torche
Pas si moche à Penmarc’h

Si il te prend l’envie, de tuer terre et mer
De te pendre à une corde, aller simple pour l’Enfer
De noyer dans l’écume tes souvenirs légers
Et de franchir le pas dans le port de Saint Gué

Si il te prend l’envie, de prendre ton envol
Gueuler aux goélands que t’en as ras-le-bol
Du haut du phare d’Eckmühl, avec le vent du large
Qui te crie aux oreilles que t’es peut-être bien barge

Si il te prend l’envie, de ne pas oublier
Cette fille de Kérity, le sel de ses baisers
Et la marque au fer rouge qu’elle t’a faite sur le cœur
Le jour où elle t’a dit que t’es rien qu’un branleur

Si il te prend l’envie, de croire que c’est la fin
De ce tour de manège où la vie ne vaut rien
Où la queue du Mickey t’a échappé des mains
Je te jure c’est pas vrai mais pour ça allez viens.

Allez viens,
On ira voir le jour
Malgré nos bleus à l’âme
Se lever sur La Torche
Et flamber à Penmarc’h
On ira à notre tour
Se moquer de ces dames
En se marrant à La Torche
En se torchant à Penmarc’h
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Tu as droit à la première marche du podium, Michel!!
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Départ de l'Hermione à l'issue de la fête maritime de Brest, observée non loin du Conquet:
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/le-soleil-decline
Yasmina
Yasmina · il y a
Déjà lu et apprécié !
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
J'étais en balade avec vous à la lecture de ce texte...
(il m'a aussi fait pensé à la chanson Torrey Canyon de Gainsbourg...)
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Un texte qui corrspond tout à fait au thème de la semaine. Je l'ai apprécié... Concernant les haïkus, navrée, je n'accroche absolument pas au genre.
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Pointe du raz. Finistère.
Le sentier caillouteux et ce qui l'entoure vous donne déjà l'idée d'un coin de Bretagne sauvage et quasi-indompté.
A droite, la végétation rase, chiche et piquante s'aplatit encore sous la force du vent.
A gauche, vos regards furtifs redoutent les falaises abruptes et découpées qui naissent d'un océan déchaîné quelques dizaines de mètres plus bas.
L'eau est bleu nuit, striées de larges bandes vert émeraude.
Le souffle de l'iode bouscule vos poumons.
Des mouettes valdinguent dans le ciel noir et leurs appels grinçants ajoutent à l'atmosphère déjà lourde.
La tempête fait rage et assister à la colère des éléments est un spectacle rare et captivant.
Les vagues se jettent à l'assaut de la pointe du raz, inlassablement, obstinées, avec quelques courts instants de répit où elles reprennent leur souffle. Les brisants s'entrecoupent, se rejoignent et s'élancent sur le rocher sombre et luisant. Le bruit est assourdissant. Non loin, sorti d'un piton de pierre, un monument sévère affronte pareillement la violence des flots. Cela ne l'émeut pas. "Le phare de la vieille" en a vu d'autres...
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
whaou...mais comment fait-il ce phare pour rester stoïque face à un tel déferlement ? ... Très beau
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Superbe! Un beau début de roman...
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Merci... mais ces quelques phrases vite pondues le sont pour le thème de la bretagne... Je ne suis pas assez persévérante pour en faire plus...
Volsi
Volsi · il y a
De la Bretagne, je me rappelle un triple galop endiablé sur une plage grise.
J’avais 8 ans. Mon poney s’appelait Tendresse, un shetland un peu plus haut que les autres, caractériel et fier qui n’avait pas apprécié que d’autres envisagent de le doubler et s’était emballé.
Travelling animal sur une plage, au couchant, ourlée de rochers noirs. Je filais, cheveux au vent, ivre de vitesse et de liberté, me réveillant centaure foulant le sable fin et tassé à marée basse. Quand tout à coup la scission eut lieu. La chute fut ponctuée d’un sabot dans la cuisse. Le bleu passé, me sont restées la beauté des paysages et la magie des sensations.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
La chevauchée extra-ordinaire... !
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Les longues bandes de plage sont des terrains formidables où peuvent s'éclater chevaux et lévriers...
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE
TRANSITION
COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA

Le débrief' de la semaine :
Sur les grands écrans cette semaine, nous avons vu défilé des univers très diversifiés (visiblement, les Shortiens sont des cinéphiles avec de sacrées références !) : d'un classique STARS WARS, nous voilà propulsés en haut d'un gratte-ciel à Hong Kong où deux infiltrés se (re)découvrent sur les hauteurs vertigineuses d'une INFERNAL AFFAIR. C'est ensuite dans un décor à la fois épuré et pesant que nous suivons une femme prise au piège dans le village de DOGVILLE. Grands espaces, Grands acteurs, Grande histoire maintenant où la musique de fond fait avancer la locomotive du DOCTEUR JIVAGO. Locomotive qui déposera un peu plus tard un homme dans le FAR WEST brûlant des cows-boys audacieux qui ne vivent qu'au rythme de la gâchette. Après une telle chaleur harassante, rien de mieux qu'un bain de mer à la rencontre des PIRATES DES CARAIBES, le regard toujours vers l'horizon...
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Le bateau ivre (Pirates des Caraïbes)

Dans un panier de crabe, un marin s'était noyé avant même d'avoir appris à marcher sur la terre ferme. Maudits pirates !
Dans la nuit noire, les sirènes s'échouent sur le sable, éloignées par le phare de la raison et d'un formidable saut de l'ange. Le chant s'élève dans les airs.
Au milieu d'un bleu limpide, une île déserte. Mais pourquoi y a plus d'rhum ?!
Vogue Marin ! A perte de vue c'est l'infini qui t'ouvre ses portes par un rayon vert.
Volsi
Volsi · il y a
On est vendredi Deddy ;-)...
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
C'est prêt ! :-)
JACB
JACB · il y a
La chaleur et le vent embrasent l’inertie d’un paysage. La gare, la réserve d’eau, décor moiré de rouille, d’ocre et de poussière connotent le silence d’un OUEST Américain. Tout semble aphone, ne vibrent que les couleurs, terre, pierres, métal, bois sous un ciel bleu qui croque toutes les formes d’un trait lapidaire. La torpeur amorce un traveling ambiant sur les rails, la citerne de nouveau la gare, aiguisant le bourdonnement irrité d’une mouche qui choit sur le nez patibulaire d’un cow-boy…Il y a vie au bord de la voie ferrée. Ils sont plusieurs et peu amènes à accueillir la loco et son tortillard qui s’époumonent . Des reflets brûlants titubent dans l’horizon de sable qui prend soudain champ entre deux jambes bottées d’éperons agressifs. Sous basques de cache-poussière crasseux le souffle de la vapeur s’expurge brusquement puis l’immobilité paralyse tous les éléments de la scène sauf peut-être…la mouche ! Monte alors la musique puis l’accent déchirant d’un harmonica quand du train, il descend…un homme.
Volsi
Volsi · il y a
Décidément raccord avec Elisabeth si je ne m'abuse... (voir son premier texte avant Dr Jivago)
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
JACB a plus respecté le thème - description d'un paysage - que moi qui ai plus raconté une scène. D'ailleurs, je vais effacer mon texte vu que j'en ai proposé un 2ième... Amitiés Voisi...
Volsi
Volsi · il y a
Dommage que vous l'ayez effacé, c'était chouette d'avoir deux approches...
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Et vous, Volsi, le thème "paysage dans les salles obscures" ne vous inspire pas?
Volsi
Volsi · il y a
Si, j'ai rédigé deux textes quand même, bon, sur des "paysages" atypiques, c'est vrai :)
Mais je n'avais pas envie de paysages au sens classique, sinon j'aurais pris "into the wild"...
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Bien aimé... excuse... je les ai lus sans regarder l'auteur...
Volsi
Volsi · il y a
Pas de souci :)
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
C'est l'histoire classique d'un homme marié qui a une maîtresse. Il l'aime. Elle l'aime. Avec passion.
Sauf que, dans ce film, tout est hors norme. A commencer par le paysage et l'époque.
L'immensité des prairies entourant Moscou est capitale à l'intrigue. Plate, à perte de vue, on s'y extasie à la splendeur du printemps et on y souffre en hiver. A cette saison, c'est la guerre. Une armée entière s'enfonce dans la neige et dans l'horreur.
Le docteur et une infirmière, soudés par les soins donnés aux blessés, se découvrent un amour qui aura beaucoup à affronter.
La datcha qui les abrite en été est un hâvre de paix... Sous la glace, la demeure qu'ils redécouvrent, abandonnée, se réchauffe à leurs ébats torrides.
Le traineau noir tiré par des chevaux noirs qui traverse la grande toundra blanche, la locomotive rouge, massive, avec sa couverture de fumée sombre. qui fend une colline immaculée, tout est démesuré sur l'écran. La musique de fond "Un jour Lara..." prolonge le frisson...
Reconnaissez-vous le film? De David Lean, avec Julie Christie et Omar Shariff... "Docteur Jivago".
JACB
JACB · il y a
J'ai adoré ce film et sa musique.
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Bien sûr JACB, c'est un film culte... du style "Autant en emporte le vent" que tu as peut-être apprécié aussi...
JACB
JACB · il y a
oui et aussi Docteur Jivago.
Volsi
Volsi · il y a
Dogville - Lars Von trier.

Pour tout décor, une scène de théâtre ou son équivalent. Un plateau nu ou presque, sur lequel on a dessiné à la peinture blanche les contours des maisons - comme on le fait d’un corps sur une scène de crime - et disposé quelques meubles. Un décor dépouillé au possible, au-delà de tout ce qui s’est tenté au cinéma. Un film qui laisse une place étrange et angoissante à l’imaginaire du spectateur lui ménageant un espace réel.
Dans ce village ouvert, aux maisons sans murs, une femme est recueillie. Dans ce village où chacun est soumis au regard permanent, une femme est enfermée. Et nous, avec elle.
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Deddy, je me suis trompée ci-dessous? J'ai mis une scène de film sans trop de paysages... je peux effacer... merci pour ta réponse...
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
oui bien sûr, pas de souci, c'est comme tu l'entends. En tous cas j'avais bien aimé :) on voit bien la scène et on entend même la musique !
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Merci d'avoir répondu si vite!! Je n'ai pas d'autre idée... je laisse le texte cette semaine, si tu es d'acc'... mais c'est hors-thème... Amitiés.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
ça marche, une bonne lecture est toujours bonne à prendre de toute façon. Si l'inspiration te vient cette semaine pour écrire un autre texte et que tu veux remplacer celui-ci, n'hésite pas ; c'est vraiment comme tu le souhaites
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Tu es bien aimable... je vais visionner un film avec beaux paysages et pondre qq chose... Amitiés
Volsi
Volsi · il y a
Infernal affairs - film de Alan Mak et Wai Keung Lau dont Scorsese a réalisé un remake : Les infiltrés

Hong Kong. La ville, et ses lignes infinies. Ses couleurs froides, ses néons. Ces gratte-ciel de verre, miroirs où se reflète la solitude. La verticalité vertigineuse, les ascenseurs qui la parcourent, et tout en haut, ce toit : mer de béton tranquille sur laquelle deux hommes marchent, hors du temps. Dans cet espace immense, ouvert à tous les vents et donnant sur la baie, deux hommes se cachent. Magnifique paradoxe servi par une esthétique sublime et une lenteur magique.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Tatooine (planète de Stars Wars)

Larges plaines aux flancs fouettés par les vents,
cratères infranchissables devenu lieux de cultes,
c'est aux deux soleils couchant que l'on doit la couleur rosé-ocre des paysages de Tatooine.
Lucas élève des dropalins, ces animaux au caractère bien trempés qui lui donne un peu de fil à retordre.
Un jour, il voyagera sur cette lune qu'il contemple. Il ira au-delà des confins de l'univers. Il cherchera à savoir s'il existe d'autres Tatooine dans un ailleurs peuplé d'autres Lucas comme lui, qui cherchent à se rencontrer en déjouant les lois physiques universelles du hasard qui ne cesse de les éloigner.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA
TRANSITION
MONTS.ET.MERVEILLES.MONTS.ET.MERVEILLES.MONTS.ET.MERVEILLES.MONTS.ET.MERVEILLES

Le débrief de la semaine :
Que serait la montagne sans cette ascension qui fait monter en nous les sens pris entre découvertes, fleurs odorantes et panorama âprement mérités... C'est peut-être bien là ce que nous retiendrons du Short Paysage de cette semaine. A travers les étages montagnards des Alpes pour admirer le MONT-BLANC jusqu'au sommet vertigineux de l'ALCUDINA, nos chemins poétiques s'élèvent jusqu'à toucher les étoiles depuis l'OBIOU. Les monts et merveilles titillent notre imaginaire au point de nous emporter dans une épopée digne des contes et légendes à la conquête du MONTGRI... On en reste scotchés !
Merci à vous tous/toutes pour vos proses poétiques ; on continue notre périple, cette fois-ci dans les salles obscures...
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
L'angoisse que l'on peut ressentir quand on est seule en altitude est palpable dans votre récit... par bonheur, chat che finit bien...
JACB
JACB · il y a
ch'est chûr...
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
"L'Obiou", poème de Arthur Aurélian (Lauréat de Short paysage 2016) :
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/l-obiou

Ainsi qu’un Léviathan échoué dans le ciel,
Fossilisé par les temps aux tempêtes nues,
L’Obiou mord la Grande Ourse et fait couler son miel,
Tout en griffant la plaine, et dévore les nues.

Il est un vaste empire où le roc roule, tel
Un océan brisé de pierres retenues
Et dont l’écume vague en un très grand autel
Qui se dévoue à la voûte aux clefs contenues ;

Etoiles de ses flancs sans cesse en mouvement,
Les chamois rayonnants poussent l’achèvement
Du massif jusqu’aux cris craints du gypaète,

Serviteur des courants d’or cascadant sur l’eau :
L’ivresse grise accouche un or vert, comme un flot
Recouvrirait un Sphinx dont la crypte est sa tête.
Volsi
Volsi · il y a
Fin août sur le Coscione, quelques bêtes en estive paissent sur les pozzines, ces pelouses d’altitude parsemées d’un maillage de trous d’eau, emblématiques du lieu. L’aconit dresse fièrement ses fleurs bleues, belle et redoutable. C’est la plus toxique des gardiennes du plateau, bien plus que la digitale qui fait figure de débutante. L’aconit est mortelle.
Je traverse les aulnes odorants au parfum d’huile d’olive, je piétine malencontreusement erba barona et immortelle qui complètent le cocktail olfactif, prends garde à l’épine vinette, au genêt et à l’astragale qui rivalisent de malice pour écorcher chaque parcelle de peau découverte, et je continue mon chemin vers l’Alcudina, plus haut sommet de Corse du Sud.
D’en haut, la vue est époustouflante. Un 360 de montagnes dont le gris-bleu s’éclaircit en un délicat dégradé jusqu’à la mer qui ceint l’ensemble. Les chocards à bec jaune ont élu domicile dans un chaos rocheux inaccessible à l’homme. L’à-pic devant moi est vertigineux, et quand mon regard remonte pour rencontrer la crête en face, il se heurte aux aiguilles de Bavella, doigts des titans de pierre qui commencent doucement à accrocher les nuages pour dicter les orages. Il est temps de redescendre.

La photo d'arrière plan sur ma page est prise depuis l'Alcudina.
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Magnifique panorama... je me vois bien m'y balader avec mes chiens...
Yasmina
Yasmina · il y a
Pointes acérées
les aiguilles de Bavella
percent les nuages
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Voilà que tu me donnes le vertige, Volsi!! Ta description détaillée nous fait suivre tes pas... Merci!
SakimaRomane
SakimaRomane · il y a
La Corse beauté absolue :)
Ô Corse île d'amour (Tino Rossi)
Yasmina
Yasmina · il y a
Je n'ai pu résister ! Jean Ferrat, Que la Montagne est belle !
https://www.youtube.com/watch?v=G3AJSToTlfY
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Merci du partage, la suivante est pas mal non plus "de plaines en forêts, de vallons en collines, du printemps qui va naître à tes mortes saisons..."
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Comme ton thème m'inspire, Deddy, je me permets quelques lignes :
"Les Monts et Merveilles, depuis toujours, il faut les mériter.
Au départ, le sentier caillouteux traverse les pâturages. Le troupeau de petites vaches noires ignore le marcheur. Elles paissent, tranquilles, Monsieur Taureau au milieu d'elles. Les veaux, petits tas foncés, sont couchés dans l'herbe grasse.
Une forêt à traverser maintenant... Les sapins sont serrés, le sous-bois y est bien sombre. Une délicate odeur de champignons et d'humus chatouille les narines.
La barrière des arbres franchie, c'est l'espace et la lumière qui happent le randonneur.
La nature s'étale et, en son milieu, le chemin abrupt prend la direction du sommet.
Il faut grimper, plusieurs heures, un pas après l'autre, marche métronome, sans se presser, sans ralentir.
L'oeil s'émerveille en même temps : petites fleurs vaillantes, un lièvre qui détale, des chevreuils posés au loin, le plafond bleu du ciel tout proche, les nuages qui défilent, l'ombre des falaises des tours montagneuses.
Et voilà. Vous y êtes. Tout en haut.
Face à vous, les neiges éternelles s'offrent comme un gigantesque dessert qui ne vous verra jamais rassasié. A gauche, le glacier du Trient, en face, les Dents-du-Midi, à droite, les Dents Blanches, les merveilles de ce coin de terre qui font écrin au Mont-Blanc."
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Mais je vous en prie, la page est faite pour ça. Merci pour cette ballade dans les alpages. N'hésitez pas à revenir pour nous emmener à nouveau !
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
MONTS.ET.MERVEILLES./.MONTS.ET.MERVEILLES./.MONTS.ET.MERVEILLES./.MONTS.ET.MERVEILLES
TRANSITION
VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES

Le débrief' de la semaine :
le petit tram Shorty vient de nous déposer à TOURS, et c'est l'occasion pour nous de marcher un peu pour nous remémorer toutes nos escales, on adore ça quand on est à MARSEILLE et qu'on a plein de gourmandises dans le panier. Gardons en un peu jusqu'à BRUGES, ça ira très bien avec un verre de BORDEAUX même un peu vieillot. Ah mince, on a oublié quelque chose à TOULOUSE. Tant pis, pas grave, plus l'temps, on part pour BERLIN. Mais qui se cache à NEW-YORK ?
JACB
JACB · il y a
Caesarodunum
Maintenant il ondule, serpent de métal et de verre sur les pavés neufs bien rangés et sans âmes encore. Il se coule entre les façades post-guerre, la seconde, convoie Start-up’s men and women de la majestueuse gare signée Victor Laloux à de tout nouveaux hôtels en faction au bout du Pont de Pierre. Du nord au sud, du sud au nord le tram chevauche Loire et Cher en marge du cœur croisé Moyenâgeux, Place Plumereau, château et Cathédrale Saint Gatien filtrant la vie de Saint Martin en son vitrail. D’est en ouest l’Histoire se lit à ciel ouvert sur les façades, dans les cours et les ruelles, à demi-mot en noms de rues. On y bat monnaie, fait du commerce, négocie fiente de pigeons, engrange balles de draps , débite et sculpte le bois, élève des vers à soie pour tisser belles étoffes, déniaise les pucelles et se noie dans des pintes de vin aigrelet. On y rénove, colmate des rides anciennes mais l’ancien pavoise dans ces nouveaux atours, le cœur de ville palpite toujours à Tours dans les venelles, sous les bardeaux. Et curieusement ce Tram m’ invite à marcher….à pied.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
To lose

Une pluie fine humectait la ruelle sombre qui nous enlaçait. Une lumière blanche frôlait ce vernis qui tapissait le sol et craquait sous nos pas. Que restait-il du rouge écarlate qui briquait nos visages ? Toulouse a connu bien des soleils radieux qui filtraient sur les prairies et que j'ai moi-même caressé de mes yeux. L'écureuil rit tandis que les Capitouls chantent mais les rues deviennent glauques quand on perd l'enchantement. Ce soir là, je savais que l'avenir nous tournait le dos et je laissais derrière moi cet amour perdu de vue.
Yasmina
Yasmina · il y a
Beau titre !
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Merci, il est inspiré de "To lose, lost, lost", une chanson de Renaud Papillon Paravel
JACB
JACB · il y a
désamour ?
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
à jamais associé à la ville rose
Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
Le Panier ( quartier historique et un peu hystérique de Marseille)

Un grand porche judas dans le rempart de pierre
Fascinante trouée qui mène au paradis
Indécis on franchit cette porte palière
Mon Stan est réservé, mais Laure, elle, est hardie...

La main glisse le long du chemin métallique
Vieille lisse lustrée par d'innombrables mains
Aimable conducteur dans ce passage oblique
Utile fil d'Ariane qui montre le chemin...

Le regard suit la flèche, celle du clocher si proche
Qui titille taquin le ciel environnant
Comme un poulet rôti lié au tourne-broche
On file résigné tout en se cramponnant...

On laisse, rue Caisserie, les buveurs de café
Qui parlent haut et fort pour couvrir de leurs voix
Ce flot automobile de moteurs surchauffés
Fuyant enfin le bruit on emprunte la voie...

Le panier est tressé de cordées de touristes
Entrelacs bigarrés qui cheminent gaiement
A l'ombre sur des marches, on croise des grévistes
Qui rêvent d'un bon " plat " au milieu du tourment...

Sur la langue de terre, se terrent bien des langues
La Vieille Charité, comme Tour de Babel
On ne s'entend pas tous mais quand les flâneurs tanguent
Les soupirs entendus sont du même label...

On bivouaque parfois au pied d'une façade
Quêtant quelque fraîcheur on se donne à l'obscur
L'abandon du soleil ne nous rend pas maussade
Car momentanément on baisse le mercure...

Dans ce si doux dédale, un air de déjà vu
Silhouette aperçue, quelques lacets plus bas
On s'interroge alors, qui commet la bévue
L'un, l'autre, voire les deux, la question fait débat...

De grossières venelles aux pavés trop polis
Transpirent le silence, les bruits sont en sourdine
Dans cet îlot pointu on parle l'aïoli
A l'ombre des croisées quand l'autochtone dine...

La farandole de linge tisse d'un même fil
Cousinant les deux rives, un lien inaltérable
La trame conviviale par ce biais se faufile
On s'amarre et se marre, intimes, inséparables...

Une place ombragée, comme une odeur de sieste
Accueille sur ses bancs quelques contemplatifs
En haut l'oiseau pépie, mélodieux manifeste
En bas l'oisif papy soupire méditatif...

Comme un port dans le port, un havre dans Marseille
Le temps s'arrête alors et je m'érige en cancre
Irrémédiablement, faisant fi des conseils
Dans cet endroit sacré, j'ai enfin jeté l'encre...

Alain Chenoz (8 juin 2015)
Mamounette
Mamounette · il y a
Je salue le véritable travail d'écriture avec ce très beau poème ... Aujourd'hui, temps maussade .... Merci Alain d'ensoleiller ma journée.
Gladys
Gladys · il y a
Bravo , avez-vous concouru avec ce texte?
Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
Non, je suis un peu aquaboniste..;-)
Gladys
Gladys · il y a
Ce texte mérite une plus grande audience, j'en suis persuadée
JACB
JACB · il y a
Des métaphores pétillantes !
Yasmina
Yasmina · il y a
Sublime !
Des images inattendues, des jeux de mots exquis.
A publier sur ta page.
Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
Merci mesdames, c'était dans le cadre d'un atelier d'écriture nomade où il fallait narrer pendant une heure de temps un périple urbain.
Chacun de son côté.
Je l'ai fait sous la forme d'alexandrins, d'autres en prose, il fallait éveiller ses sens, c'était très marrant à faire, un exercice très formateur, cependant ce n'est pas aisé d'écrire en marchant, je n'avais pas encore de tablette.;-)
Yasmina
Yasmina · il y a
Qu'importe le chemin, pourvu qu'on est l'ivresse poétique !
JACB
JACB · il y a
Et pourtant les pleins y sont et les déliés aussi...belle écriture.
Yasmina
Yasmina · il y a
J'avais beaucoup apprécié l'atmosphère de cette ville du Sud.
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/il-est-midi d'Alain Morinais
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
merci de nous l'avoir fait découvrir :)
JACB
JACB · il y a
Mai et ses ponts, l’échappée belle ! Je marche sur les pavés disjoints, ballotin à la main. Je lui souris, il me sourit. Saveur de ganache et de chocolat noir dans un baiser au son d’un carillon. Lignes blanches et brique rouge aux joues des maisons, ferveur des Béguines dans les carrés de buis, rubans d’eau lisse, cygnes en couvaison, ciel laiteux, vent frisquet et ma main dans la sienne. Bruges crochète dentelles de printemps en garde des canaux sages, sème des mots d’amour sur nos pas de concert.
Mamounette
Mamounette · il y a
Plus modestement j'ai écrit un court poème qui parle de cette belle ville...J'aime vraiment beaucoup votre texte...
JACB
JACB · il y a
Postez-le Mamounette, Bruges le vaut bien...et puis j'aimerai lire ce que vous en dites !
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
c'est gourmand :-D
Volsi
Volsi · il y a
Bordeaux
Vingt ans. Vingt ans que je n’avais arpenté tes rues pavées, détaillé tes façades de pierre et la noblesse de tes édifices. Les quais se sont ouverts afin que la Garonne puisse te contempler, voir la place de la Bourse se refléter dans le miroir d’eau qu’elle jalouse quand celui-ci diffuse une brume qu’elle, ne sait pas engendrer sur commande.
Tes bâtiments ont quitté leurs habits sombres pour afficher leur blonde nudité, tes places se sont peuplées d’arbrisseaux faits arbres, offrant calme, luxe et volupté et pourtant… Pourtant tu t’es noyée dans une gentrification qui touche toutes nos cités, oubliant combien ce sont les personnalités des lieux qui en faisaient la richesse, ces rades de seconde zone, ces ruelles maudites, ces impasses oubliées au fond desquelles on parvenait encore à trouver des merveilles, des vestiges d’un passé enfoui qui s’esquissait seulement sous le regard de ceux qui faisaient l’effort de le deviner. Vingt ans, vingt ans qui t’ont formatée, toi, ville de mes premiers émois, comme les orthodontistes zélés formatent les sourires de nos enfants, les dépouillant de leurs différences sous prétexte de leur offrir à tous une denture de rêve. Aujourd’hui, tu es devenue trop belle pour que je t’aime, mais ce n’est pas grave, je préfère les arbres tordus, le granit rugueux et les trognes des vieux qui hantent mes villages. J’étais, cependant, ravie de te revoir.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
c'est comme si tu parlais d'une ex-périence, ton texte m'inspire et je m'en vais de ce pas en écrire un qui serait un peu dans la même tonalité... et que je mettrai un peu plus haut quand il sera fait :) => To loose
JACB
JACB · il y a
Il n'empêche...c'est une belle ville pour qui n'y a jamais habité. Le temps heurte toujours nos souvenirs.
Volsi
Volsi · il y a
Ville superbe, en effet, qui charmera le voyageur de passage.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Ah!...j'essaie de me retenir mais... Ah! je n'y résiste pas, c'est plus fort que moi ! ... Pardon, mais c'est trop bon : https://www.youtube.com/watch?v=M7q3XtmF-tQ
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES
TRANSITION
COTE.ATLANTIQUE.VS.COTE.MEDITERRANEENE/COTE.ATLANTIQUE.VS.COTE.MEDITERRANEENE

Le débrief' de la semaine :
Cette semaine dans Short Paysage Made in Tripot, nous avons failli assisté à un raz de marrée océanique si la Méditerranée ne s'était pas manifesté en nous présentant une de ses plus belles perles, sauvage et majestueuse comme le LION DE ROCCAPINA... C'était sans compter sur le « MONT joyau » de SAINT MICHEL pour nous tendre la main vers les CÔTES BRETONNES où les fous de bassan, voltigeurs sans filets, narguent les marins comme pour venir en soutien d'un albatros par trop maladroit. En suivant les chemins de randonnées où s'échelonnent de multiples couleurs caressées par les embruns on découvre la ville portuaire de SAINT GILLES CROIX DE VIE où la mer océane nous laisse entendre sa complainte pour qui voudra bien s'en rendre compte. Et c'est le regard tourné vers le soleil couchant que nous imaginons déjà d'autres horizons, d'autres voyages, sur les ROUTES MARITIMES de l'exploration. Après nous être laissés portés suavement par les flots, nous avons finalement terminé notre périple bercés par les alizés sucrés d'un soir à FUNCHAL...
Et si nous envisagions pour les prochaines fois un Short Paysage spécial Îles ou encore spécial Bretagne ? En attendant, je vous propose de revenir un peu dans les terres :-)
JACB
JACB · il y a
Très bel itinéraire !
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Qu'il fut un plaisir de découvrir ensemble !
JACB
JACB · il y a
Atlantique exotique
Barouder dans des milieux exotiques ou sauvages, nous fondre
Dans d’autres mots, serrer des mains étrangères, amicales,
Croiser d’autres regards, d’autres peaux, écouter, solliciter,
Comprendre. Côtoyer des silhouettes habillées d’insolite,
Qui s’imposent, déconcertent, défient avec aplomb, l’académie
D’une culture mère, fissurent nos certitudes, agacent nos habitudes.

Rêver sous le vent adouci d’embruns qui nous sont inconnus,
Savourer l’ombre ajourée de rivages lointains, engranger
Précieusement l’image du pêcheur noir, la voile effilochée
Dans le claquement doux des palmes des cocotiers.
Me coller aux vagues tièdes, frisées du blanc de l’écume.

Ou bien encore, le soir assister au naufrage du soleil alangui
Qui tombe nu sous les mauves, les rouges d’orient, les ocres,
Poudrant d’or et de paillettes les rides bleues de l’océan.
Respirer, vivre la fin du jour sous le feu des chandelles,
M’ouvrir au souffle de la nuit, aux poids et aux parfums des ombres,
Poursuivre plus avant douceur et plénitude de la journée.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Le voyage...entre rêves et surprises ; un beau tableau paysager qui vogue sur les routes maritimes
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
La déchetterie

Je suis faite de larmes qui pleurent vos déboires.
Assez de ces filets et de ces coups de canettes qu'on m'assène !
Ne voyez-vous pas les arêtes qui crèvent quand je les rejette ?
J'ai le vague à l'âme pour ceux qui n'en ont pas.

(Toujours à St Gilles Croix de Vie, sur la plage... en hors saison...)
JACB
JACB · il y a
J'adore votre premier vers Deddy
C'est une autre image de la plage, et vous y avez quand même trouvé de la poésie.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Oui, c'est assez désolant comme spectacle. Pour moi qui n'ai pas grandit au bord de l'océan j'avais une image idyllique de ce type de plage. Quand j'ai vu ça j'ai été choquée :(
Si on voulait sensibiliser les gens à la pollution il suffirait de leur dire d'aller voir ces plages en hors saison... ce serait expéditif !
Volsi
Volsi · il y a
Au sud de l’île, avant que le granit ne cède la place au calcaire bonifacien, le lion de Roccapina garde une plage superbe, caressée par une eau turquoise indécemment transparente. Le sable fin y prend une teinte argentée. Le sol s’enfonce très doucement sous l’eau, prenant soin des enfants qui s’y aventureraient alors qu’ailleurs, bien souvent, il se fait traître et se dérobe au bout de trois pas.
C’est là, maintenant, qu’il faut s’y rendre et s’y baigner pour bénéficier de quiétude. Les parfums qui embaument le maquis commencent à prendre de l’ampleur, à se faire enjôleurs. Les fleurs aux tons éclatants réveillent les regards : on se croirait dans les alpages au début de l’été tant la variété des couleurs et la liberté des formes sont étonnantes.
Mais, attention, si vous vous aventurez dans l’eau vous serez peut-être surpris. Pas par sa température, qui est déjà idéale quand la chaleur vous assaille et que la mer vous nargue, mais parce qu’une étrange créature gris foncé vous suit lorsque vous nagez. Oppressante, elle est toujours là, juste en dessous de vous, d’une taille inquiétante… mais n’ayez pas peur, le soleil est moqueur ici en Corse et transperce l’eau sans vergogne pour projeter longtemps, à bien des profondeurs, votre ombre sur le sable.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
La fin est géniale :-D
Volsi
Volsi · il y a
et c'est tellement vrai ;-)
JACB
JACB · il y a
Saint Michel veille la baie
De grise mine vase ridée,
Le Mont joyau tout ensablé
Enkyste sel dans les prés
Moutonne laines oubliées.
Divin guetteur Michel le Saint
A la marée cambre les reins
Défie ressac et ses embruns
A l’égaré offre une main.
Mamounette
Mamounette · il y a
Madère île femme
Et ses langueurs océanes
Sous les alizés

Douceur d'un soir à Funchal
Sous les bleus jacarandas

Madère île mère
Berce mon coeur voyageur
Jardins parfumés
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
St Gilles X de Vie

Petit port de pêche où la Vie circule entre deux clochers qui se font front.
Il y a l'écume mais pas Vénus et un bruit d'enfer quand tu lézardes au sommeil.
Le ressac emporte avec lui ton dépit mais te confronte à de nouvelles tempêtes submersives.
Les pas dans le sable, les branches d'un arbre, un marin cradingue, un artiste, des peintres ;
Venez donc goûter au sel de la vie sur un air de Jazz quand le soleil descend,
On est jamais aussi libre dans ce Monde que lorsqu'on est insignifiant.
JACB
JACB · il y a
Une dernière phrase à méditer!
Virgo34
Virgo34 · il y a
Zut ! Pas trop le temps... je pars mardi en pleine Méditerranée, sur mon île adorée... et ce pour un mois et demi. La mer, les îles, sont mes meilleures inspiratrices. Dommage !!!
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Dommage en effet mais quel beau voyage ! De quoi faire le plein d'inspiration
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
COTE.ATLANTIQUE.VS.COTE.MEDITERRANEENNE/COTE.ATLANTIQUE.VS.COTE.MEDITERRANEENNE
TRANSITION
FLEUVES.RIVIERES.RUISSEAUX/FLEUVES.RIVIERES.RUISSEAUX/FLEUVES.RIVIERES.RUISSEAUX/
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Le débrief' de la semaine :
Pour cette première semaine, on peut dire qu'on a pas mal voyagé : nous avons d'abord nonchalamment descendu le fleuve LOIRE qui nous a mené non loin de là sur le dos du BLAVET où s'inclinent d'intemporelles épaves comme faisant écho au souvenir meurtri d'un amour à Kéroman. Nous avons ensuite embarqué avec un pêcheur sur la MEUSE quelque peu espiègle à cette occasion tandis qu'un jeune garçon laissait s'envoler son chagrin au bord de la SEVRE. Pendant ce temps là, la Corse nous révélait ses secrets sans tout nous en dévoiler (cachottière !). Puis nous avons mis les pieds dans le contraste du Larzac entre la VIS souterraine et la Vis à l'air libre, et c'est légèrement triste que nous nous sommes laissés fondre dans les eaux vives du TARN. Ah oui, j'oubliais... il y a eu un léger débordement en com', ça rappelle celui de l'OUVEZE... Enfin, pour terminer la visite de ce premier Short Paysage « Made in Fabrique » nous avons rejoint le petit ru de GALLY fort utile au grand Versailles et à ses jardins. Gling Gling, tout le monde descend ! Prochain départ : 2 com' plus haut ;-)
Volsi
Volsi · il y a
Merci pour ce petit accéléré :-)
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
C'est avec plaisir !
JACB
JACB · il y a
Très sympa ce débrief Deddy, merci.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Le ru de Gally

Depuis la ferme qui l'a quasiment vu naître, il parcourt son domaine avec l'humilité de ceux qui sillonnent la terre. Loin des courtisans, des voleurs et des hypocrites, de par sa nature même, il lève le roi et l'emmène jusqu'au coucher du soleil. Un jardinier l'a compris. Un exemple à suivre. Le nôtre.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Sur le Tarn (poème de Décar)

J'ai glissé sur le Tarn
Et mon âme était lourde
Et mon âme était pleine
J'ai glissé en silence
Au milieu des rochers
Mon corps était de sueur
Et de muscles tendus
Et je sentais vibrer
Tout le règne animal
Aux clapotis de l'eau
Aux sifflets des feuillages
Comme oraison vitale
JACB
JACB · il y a
revigorant !
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Poème sur le Tarn à lire à gorge déployée !
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
De l'eau qui court, oui... jusqu'à vendredi soir prochain !
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
De Vissec à la Vis

La gorge sèche, je m'entorse la cheville dans une vrille et m'écorche les genoux sur ces cailloux. Je manque d'eau comme je manque d'air, et j'espère.
Dans un bruit assourdissant venant des profondeurs, un trop plein trop longtemps retenu jaillit comme un fou ! Une explosion fait voler en éclats les contraintes passées. Enfin, je la vis. Elle remplit mes yeux de turquoise et d'émeraudes. Sa blanche fraîcheur scintille à mon oreille. Ses clapotis festifs achèvent le récit d'une haletante péripétie. Dans un incommensurable soulagement, je souris.

(NB : Vissec est un petit village dans le Larzac et la Vis est la rivière qui passe par le Cirque de Navacelle).
Gladys
Gladys · il y a
Un peu en aval il y a le clou
Gladys
Gladys · il y a
Avec la village de Clouet
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
On entend la chanson de l'eau !
Gladys
Gladys · il y a
Ce sont les galets qui roulent
Virgo34
Virgo34 · il y a
Belles gorges, la Vis, Que j'ai parcourues en rando.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Sacrées randos, pas vrai...
Virgo34
Virgo34 · il y a
oui, super !
JACB
JACB · il y a
Regards sur rives de MEUSE

Infiniment, les regards se prélassent,
S’oublient dans les trous noirs, pervers,
Prismes, rosaces, ruban où la rivière s’épanche,
Lèvres pulpeuses, toisons, mousses de vert,
Menthes sauvages, mailles de roseaux et becs d’oiseaux.

Musardent, s’immiscent dans la feuillée des branches,
Caressent la vulve de la rive, hument l’air,
Dénichent la fugueuse, la pourchassent,
Araignée frêle sur nénuphar au fil de l’eau.
Effleurent les fanges douces pelisses
De pierres muettes sous le ventre vorace
Du brochet en maraude, gueule féroce,
Dentée face au ballet des verrons en milice
Et discrets menuets d’écrevisses.

Soudain s’agacent du relent d’arnica tenace
Des peupliers qui tremblotent et jacassent,
Nid en pagaille de la pie noire et blanche
Pelote en édifice, percée jour à travers.
S’émoustillent sur les vagues de rides, véloces
Sous le nez de la lourde péniche qui glisse
Ventre gonflé, entre berges et négoces,
Rythmes d’écluses, aigles pêcheurs et serpents d’eau.

Se méfient des chutes aventureuses, se froissent
Des courants pernicieux, à l’endroit à l’envers.
Aux pieds du saule en sentinelle, s’ébahissent
D’une loutre en malice, d’un castor qui amasse.
S’émeuvent d’une libellule au bleu fugace
Posée scintillante au soleil sur la hanche
D’une feuille d’iris mauve, poils en brosse,
Reflets frisés sous cornes d’escargots et lentilles d’eau.

Se voilent au flou des reines des prés qui délacent
Sous le souffle du vent, le duvet blanc de leurs corsets,
Face au héron placide, cendré de plumes lisses.
Se noient dans l’intime, fantasment, trament, ourdissent
Tous les crimes en ouïes et en écailles au fond de l’eau.
Sagement se posent sur le bouchon, à la surface,
Guettent la gigue qui tournicote, la plongée brusque et ferrent
D’un coup sec, la carpe grasse qui se débat ventre à l’air,
Etourdie et transie sous les hoquets du moulinet.
Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
Un lit bien accueillant.;-)
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Un poème fleuve !
Gladys
Gladys · il y a
Avec de l'Italie
Où descendrait l'Escaut
Avec Frida la blonde
Quand elle devient Margot
Volsi
Volsi · il y a
Eh bien Eh bien, il s'en passe dans la Meuse...
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Un poème où on prend le temps... et ça fait du bien !
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Kéroman

Je marche seul sur les pontons
Les mains au chaud dans mon blouson
Y’a un vent froid qui brûle les yeux
Ou c’est le passé qu’est contagieux
La vie est un drôle de roman
Le long des quais de Kéroman

Contre ces murs rongés de sel
Le soleil crache ses étincelles
Et seuls quelques fantômes veillent
Sur la rade qui s’ensommeille
Qui se souvient du temps d’avant
Sur la vasière de Kéroman

C’était le temps de la frayeur
En Europe hurlait un führer
Partout des murs, des miradors
Des bruits de bottes quand on s’endort
La haine au bout de la raison
Dans les vents fous de Kéroman

C’était le temps, le temps des loups
De tous ces gamins aux yeux fous
Qui s’en allaient semer la peur
Du silence venait la terreur
L’amour est mort dans le béton
Pris dans les blocs de Kéroman

C’était le temps de la tanière
Bien trop de bombes qui giflaient l’air
Que reste-t-il dans les décombres
Parmi les ruines n’errent que des ombres
Comme il est lourd le prix du sang
Dans la mémoire de Kéroman

On a beau dire, on a beau faire
Essayer d’oublier la guerre
Elle s’accroche toujours à nos pas
Et moi je m’en fous, je pense à toi
Parce que c’est la vie qui nous ment
Qui broie l’avenir à Kéroman

Car je ne suis pas fait de béton
Juste d’un peu de chair et de sang
J’ai pas les veines remplies d’acier
Il fallait pas m’abandonner
Qui se souvient de nous amants
Dans le crachin de Kéroman
Gladys
Gladys · il y a
Oui comme Mamounette, je vous encourage à trouver rapidement un compositeur car votre oeuvre le mérite et rouverait une audience beaucoup plus large
Gladys
Gladys · il y a
Il vous faudrait le genre " Jean Ferrat"
Gladys
Gladys · il y a
Je peux vous le chanter en zoulou phonétique
Mamounette
Mamounette · il y a
On pourrait chanter ce poème...Êtes vous aussi musicien ?
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Non et je le regrette.
Par contre ce texte avait été écrit pour des amis musiciens qui devaient le mettre en musique. J'attends toujours ... ah ces musicos !!!!
James Wouaal
James Wouaal · il y a
Formidable poème sur les cormorans.
Si le cœur vous en dit ? venez soutenir ma petite chrysalide.
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/petite-chenille
Gladys
Gladys · il y a
???????????????????
Mamounette
Mamounette · il y a
????????????????
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Euh..........
Puisque c'est ainsi, je déverse sur vous l'inondation ! :-)

Inondation

C'est un torrent grondant qui dévale sa pente et déjà il emporte avec lui les souvenirs et les débris.
Imprudent, gare si tu te retournes ! Tu le regardes et te voilà statue de sel !
Ce serpent se moque des conséquences. Il saigne de la boue et rugit son désamour.
Ciel terrible d'où ne pénètre aucune lueur. Un seul cri tente de s'élever : Pitié !
James Wouaal
James Wouaal · il y a
Très beau.
Vous me faites penser que j'évoquais un terrible fait divers aquatique dans un petit TTC bucolique.
http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/cimetiere-oublie
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Extrait de "Cimetière oublié" :
"Ce jour-là, tous les fantômes des antiques villages ont dû surgir de leurs vieilles pierres pour venir regarder l'Ouvèze emporter leurs descendants et quelques touristes vers le vieux pont de Vaison-La-Romaine où la placide rivière allait semer la mort et punir les bravaches qui avaient construit leurs nids dans son lit."
Gladys
Gladys · il y a
Je m'y suis baigné souvent vers Buis les Baronnies
Virgo34
Virgo34 · il y a
Elle a été kidnappée ?
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Je viens de voter pour ce superbe texte !
Oh pauvre K., pourquoi tant d'acharnement James ;-)
Virgo34
Virgo34 · il y a
Depuis le temps que cela dure... Ça commence à lasser... Heureusement que le ridicule ne tue pas... Quoique...
JACB
JACB · il y a
C'est un poisson d' Avril ? Bien dans le thème, James...
James Wouaal
James Wouaal · il y a
Je n'ai rien trouvé d'assez beau à dire sur ce superbe poème, alors je me suis réfugié dans une galéjade.
Virgo34
Virgo34 · il y a
L'horreur (encore) gravée dans le calme du présent. Plus jamais ça !
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Magnifique poème aux senteurs iodées, évoquant une marine où figurerait un bunker abandonné de l'époque du mur de l'Atlantique. Merci Michel pour ces strophes faites de chair et de sang, de fer et de béton.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
C'est un très beau poème oui, je suis bien d'accord avec Scribouille. C'est marrant comme la seconde guerre mondiale est souvent évoquée pour parler de certaines villes dans la moitié Nord, dans le Sud il n'y a pas eu les bombardements que vous avez connu (à part Marseille). Une Histoire qui se grave dans nos paysages pour qu'on n'en perde pas la mémoire...
Scribouille
Scribouille · il y a
Très beau poème. Tous les marins, les navigateurs , les promeneurs de Keroman seront heureux et fiers de savoir ce que vous écrivez sur ce lieu chargé de mémoire et porteur d'avenir.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
L'émoi d'un jeune enfant près de la Sèvre Niortaise (sonnet de Bernard Boutin) :
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/le-papillon-17
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Merci Deddy Khan pour ce partage de mon poème, hasard ou coïncidence, ayant pris connaissance tardivement d'un concours de poésie organisé par la RATP, j'ai proposé "Le papillon" le même jour que celui que vous avez choisi pour le mettre sur votre page forum.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
j'essaie de lire tous les poèmes en compèt' pour la saison, et quand je tombe sur un poème qui me plaît particulièrement je vais voir la page de l'auteur et je lis les autres (je me suis inscrite sur ShE il y a peu de temps). Le post sur ce forum venait tout juste d'être créé et je suis tombé sur "Le papillon"... Je ne sais pas s'il y a un hasard ou une coïncidence entre la RATP et le partage de votre poème, mais en tout cas il y a un joli hasard qui coïncide entre ma lecture de votre poème et l'ouverture de ce post :-)
Scribouille
Scribouille · il y a
Ils gisent dans un creux du Blavet. Leur capitaine, le ventre noué, a remonté une dernière fois la rade de Lorient et les a échoués là, entre terre et mer, à l’abri des tempêtes. Souvent, on les photographie en rêvant des routes qu’ils ont suivies. Ils s’envasent lentement, ils sont au cimetière, c’est vrai mais l’endroit est plaisant. Fini de naviguer, ils vont stagner ici à Kerhervy.
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
La rade de Lorient, sur laquelle j'ai navigué à bord de l'EDIC 9070, l'arsenal où j'étais basé en tant que matelot puis quartier-maître quand j'ai été appelé à faire mon service national. Nostalgie !
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Très bel endroit en effet. et pour les amateurs, un festival de théâtre en plein air l'été avec ce décor fabuleux en arrière plan.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
je ne connais pas cet endroit mais ça donne envie... je pense même que si un jour je vais dans ce coin, j'y passerai
Volsi
Volsi · il y a
Corse

Au creux de mes montagnes, je garde jalousement l'accès à ce torrent. Aucun touriste ne vient ici souiller les vasques de granit emplies d'une onde au vert d'eau fascinant. La Restonica déjà subit bien trop d'assauts. Ici nul ne viendra troubler le calme d'une nature, encore vierge de toute exploitation, qui s'offre, fraîche et farouche, dans un rire de rocaille au regard bienveillant et chaste de celui qui la contemple comme une sœur qu'il tient à protéger.
Grenelle
Grenelle · il y a
Voilà un texte qui se cache comme le torrent qu'il décrit. Aucun lecteur ne viendra le souiller. Mon regard bienveillant au murmure de l'eau.
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Votre texte en prose pour décrire ce torrent est empreint de poésie. On ressent à sa lecture votre attachement pour cet endroit, au point que vous nous y transporter. Merci Volsi pour ce voyage immobile.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
très joliment dit je trouve. Dans cette prose transparaît bien l'amour que portent les Corses à leur île de beauté. Et si un jour j'ai la chance de visiter cette contrée, j’essaierai de ne rien souiller autour de moi ;-)
JACB
JACB · il y a
C'est une très bonne idée que cette géographie littéraire...

Ma Loire de Touraine.

Ce matin, coiffée bas d’un long ruban
De brume effilochée, ma Loire
Tu frissonnes tel un triste chaland
Échoué au front d’une grève noire.
Toujours tachetée du blond des bancs
De sable, langoureuse ma Loire
Tu séduis à plaisir tous les amants
De ton si long cours à grimoires.
Car tu écris, tu crayonnes, tu peins tant
D’émotions naufragées ma Loire
Illuminant du tuffeau tous les blancs
Laiteux, ombrés quand vient le soir.
Rutilante sous le soleil couchant
De lumières moirées, ma Loire,
Tu te tapis tel un noir cormoran
Sur tes rives aux châteaux pleins d’Histoire.
Virgo34
Virgo34 · il y a
Un long fleuve tranquille dont la sérénité a été le cadre de châteaux à la Renaissance, construits pour déjà fuir "les embarras de Paris".
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Une promenade indolente au fil de la Loire, des dunes de sable aux carrières de tuffeau, en passant par les châteaux renaissance, tout y est. Il ne manque qu'un litre ou deux de vin du Val de Loire dans la besace pour ne pas finir ce long périple sur l'eau la gorge sèche.
Gladys
Gladys · il y a
Comment une promenade insolente, des carrières décadentes, des châteaux insolents...et des vins revigorants
JACB
JACB · il y a
Chin! Chin! Bernard...
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce poème. La Loire est mon fleuve préféré...surtout dans cette région autour de la Touraine. C'est l'Anjou blanc c'est ça ? J'aime aussi l'Anjou noir. L'estuaire aussi vaut le détour avec ses œuvres d'art qui s'égrainent (je ne les ai pas toutes vues mais je dois dire que la maison noyée m'a beaucoup amusée :-D )
JACB
JACB · il y a
http://short-edition.com/oeuvre/strips/loire-2#
Juste au pied du coteau de ROCHECORBON non loin de VOUVRAY (y'a du bon pétillant...)
Gladys
Gladys · il y a
Merci pour l'info! j'y vais, je fonce, le retour sera plus périlleux je pense
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
celui-ci aussi je le trouve pas mal au sujet de la Loire (poème de Nastacha7) :
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/loire-1
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Et c'est ainsi qu'après avoir découvert la plume de JACB, j'ai aussi découvert qu'il avait un sacré coup de pinceau... (ou bien est-ce une peinture au couteau ? je ne m'y connais pas très bien quant aux différentes techniques)
JACB
JACB · il y a
couteau et je suis "ELLE".
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
oups ! O:-)
James Wouaal
James Wouaal · il y a
Extrait d'une nouvelle qui est bien trop longue pour jamais paraître ici.

Il faisait carrément froid maintenant et la pleine lune renforçait cette sensation. J’ai fait cent mètres sur la route puis j’ai pris un petit chemin qui grimpait vers le sommet d’une colline et vers mon enfance. Je montais souvent là, petit, pour voir cette majestueuse Auvergne, ses très vieilles montagnes arrondies et polies par tant de siècles. Dans la nuit, sous sa blanche veilleuse, elle resplendissait l’Auvergne. Ma petite colline était plantée là, au beau milieu, comme un bourgeon de féminité, timidement dressé au creux d'une vallée gigantesque. Elle était surmontée d’une grande croix en bois cette éminence, en hommage au petit Jésus. Au loin, tout au bout de cette vallée, vers les puys, les sommets des montagnes enneigées semblaient des nuages descendus boire l'eau d'un torrent.
Virgo34
Virgo34 · il y a
Un "petit poème en prose", cet extrait. Le chemin mène aux souvenirs d'enfance et on a envie de le parcourir aussi...
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Cela donne envie de lire la suite !
James Wouaal
James Wouaal · il y a
C'est une histoire bien tragique.
JACB
JACB · il y a
J'adore la dernière image.
Deddy Khan
Deddy Khan · il y a
Je commence avec une petite prose :

"Ligérienne

Ainsi va la vie. Commode et paresseuse.
La Loire traverse son val et confirme ses pays d'une main lascive et caressante.
L'eau salée remonte jusqu'au bord de sa bouche mais ne cause ni tracas, ni tourments.
Ainsi va la vie, la lumière la rejoint. Quand l'harmonie se mêle à l'ennui, le rêve n'est pas loin."
.
Virgo34
Virgo34 · il y a
C'est fou comme la Loire est souvent le cadre tranquille d'histoires imaginées ou vraies. C'est certainement que son cours paisible a inspiré des écrits et des vies.
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Un texte tout en méandres !

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