Forum | La Fabrique

Cette discussion est verrouillée, vous ne pouvez plus poster de messages.

Short Paysages : Les Îles

Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Cette semaine, je vous propose une petite escapade dans les îles, sous toutes les latitudes, qu'importe l'hémisphère ! Des senteurs vanillées aux édifices énigmatiques de l'île de Pâques, des îles Grecques à celles du Japon, sous les Tropiques ou même, pourquoi, une île au milieu d'un lac !


Rappel du principe :
A la manière du Short Paysages organisé l'an passé sur le thème de l'Isère, je vous propose un Short Paysages hebdomadaire (du vendredi au vendredi) au cours duquel nous pourrons confronter/conforter nos différents points de vue autour d'un paysage en échangeant nos textes et BD (ou ceux que nous avons apprécié chez d'autres auteurs).
Attention tout de même, pour le Short Paysage, il est important de localiser son récit : soit dans le texte lui-même ou à-minima en précisant quel lieu vous a inspiré. On doit savoir où ça se trouve !

Postez-nous vos cartes postales... :-)

Pour poster des commentaires,
Mamounette
Mamounette · il y a
Carresses épicées
Chauds baisers des alizés
Une île se pame
Virgo34
Virgo34 · il y a
Minorque est bordée par un chemin piétonnier (un peu comme le sentier des douaniers, en Bretagne) qui fait la joie des randonneurs confirmés : 185 kilomètres en 20 étapes et sur 10 jours, voilà de quoi se régaler les yeux, avec des paysages variés et magnifiques : plages, falaises et calas (calanques rocheuses). On l'appelle le chemin des chevaux (es cami de cavalls, en langue minorquine) et c'est la meilleure façon d'observer la flore de l'île).

LE CAMI DE CAVALLS
Tout autour de Minorque, un chemin arboré,
Le cami de cavalls, c'est le nom qu'on lui donne,
Est devenu un jour une route piétonne
Qui serpente à travers les fleurs et les rochers.

Il eut dans le passé un rôle militaire,
Assurant la défense sur des ennemis
Qui débarquaient ici comme en pays conquis,
Arrivant par bateau, portés par notre mer.

Aujourd'hui, c'est la voie empruntée par tous ceux
Que la nature experte a rendus amoureux
De ces mille splendeurs en un tableau sublime :

La flore comme la faune, d'espèces endémiques,
Se concertent en secret pour un instant magique
Où les dieux bienveillants ont un soupir ultime.
Virgo34
Virgo34 · il y a
J'habite la moitié de l'année, comme en ce moment, sur une île de Méditerranée. Elle fait partie des Baléares et c'est une des plus petites, si ce n'est la plus petite habitée. Et justement, elle s'appelle Minorque. Elle m'a inspiré quelques poèmes.


Minorque, mon île magique

Pas très loin du tropique, elle souffre du chaud.
En forme de croissant, elle n'est pas bien grande
Mais sa côte arrondie danse une sarabande.
Ce sont ses plages d'or qu'on apprécie d'en haut.

La vie y est bercée de joie et de bonheur.
Son peuple enraciné dans ce beau paradis
A su actualiser ses trésors anoblis
Et dans chaque village on sent battre son cœur.

Sa campagne bien verte et ses coquelicots
Nous réjouissent les yeux, et l'on voit des chevaux
Galoper sans repos, crinière au vent marin.

Habitée en tous lieux depuis des millénaires,
Ombragée par des pins bien plus que centenaires,
C'est une île magique où toujours l'on revient.
JACB
JACB · il y a
Vous êtes privilégiée d'habiter en ces lieux Virgo; merci de nous y avoir invité(e)s.
Virgo34
Virgo34 · il y a
Oui, je sais, lol !
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
on irait bien y faire un tour pour y revenir...
Virgo34
Virgo34 · il y a
Qu'à cela ne tienne. L'île est de plus en plus ouverte au tourisme.
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Un petit détour par l'île de Tobago...
http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/turquoise-2
JACB
JACB · il y a
Il n'y a d'île que parce qu'il y a la mer et des bateaux pour y accoster.
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Certes! Une découverte à chaque fois renouvelée...
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Ton récit m'a captivée, Luc..
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Merci^^
Coucou!
Coucou! · il y a
Il est une île,
oubliée et oublieuse des hommes,
à la végétation luxuriante.
Une île cachée au fond de l'océan,
cachée à nos regards, à nos mémoires,
qui a trouvé le silence.
L'île mythique, mystérieuse,
royaume des poissons désormais,
garde son secret.
Un jour peut-être,
elle ressurgira des flots,
exposant ses plages de pierre au soleil.
Île, rêve lointain,
trésor d'espoir,
Atlantide.
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Il existe une île si petite qu'elle a une colonie d'oiseaux pour seuls habitants.
Pas de plage paradisiaque, pas de rochers fouettés par les vagues, juste un monumental platane qui situe son emplacement.
Elle n'est pas au milieu d'une mer lointaine ou d'un océan connu.
Elle n'appartient pas à un pays exotique et sa destination n'est prisée que par les petits bâteaux et les pédalos.
Elle se voit de loin et intrigue, surtout quand l'arbre géant revêt une blancheur hivernale due au guano de centaines de cormorans.
Bien sûr qu'elle a un nom! Elle s'appelle "l'île de Peilz", plantée dans la partie suisse du lac Léman, tout à l'est, face au Château de Chillon, ancienne forteresse qui s'avance sur l'eau et qui fut une redoutable prison (voir le poème "Le Prisonnier de Chillon" de Lord Byron)
Ce minuscule îlot d'un peu plus de 20 mètres-carrés a été offert par la Suisse à la Reine Victoria, Sa Majesté d'Angleterre, qui appréciait cette région unique...
Toutefois, il semblerait que la Reine Victoria, ulcérée qu'elle doive payer une taxe foncière à la Suisse aurait restituer son cadeau... mais rien n'est moins sûr...
JACB
JACB · il y a
c'est à cause du Brexit !!!!
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
T'as trouvé!! Tout vient de là... je suis pliée...
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Original et instructif!
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Etant plutôt sédentaire (je voyage immobile avec les reportages TV par contre!),je me suis dit que j'avais qd mm une île sous la main!!
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Et dire que lors de mes nombreux passages non loin du Léman je n'avais jamais remarqué cette île étrange! Encore merci de nous la faire découvrir ^^
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
En fait, Luc, on voit plutôt un arbre qui dépasse de l'eau... Si tu reviens par là, tu vas la guetter!
JACB
JACB · il y a
Elbe au vent
Tâche de terre sur l’océan
Kyste de pierre, abrupt en paravent
Nid de cormorans au nez des éléments
Sert de repaire au navigant, de chimère au divagant
D’étoile aux horizons, prison amère au dissident pour châtiment.
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
A Burano

A coup de burins
Le soleil plante ses couleurs
A Burano
Pour que les marins
Trop burinés retrouvent les leurs
A Burano
Et moi je marche
Le long de ces rues arc-en-ciel
Je crie Mort aux vaches
Maudissant le temps qui passe superficiel
J'ai passé l'âge
De croire aux heures providentielles
J'ai plus le courage
De penser que ma vie est essentielle

A coup de burins
Le soleil plante ses couleurs
A Burano
Pour que les marins
Trop burinés retrouvent les leurs
A Burano
Et moi je cours
Dans cette île ornée de dentelles
J'attends que le jour
Finisse par couler une bielle
Et les vautours
Sont plus nombreux que les hirondelles
A me faire la cour
Suis-je déjà pestilentiel

A coup de burins
Le soleil plante ses couleurs
A Burano
Pour que les marins
Trop burinés retrouvent les leurs
A Burano
Et moi je meurs
D'avoir suivi une demoiselle
Je crois au malheur
Dans mes artères un flot de fiel
Plus de hauteur
Dans mon horizon obsessionnel
Je sens plus mon coeur
L'amour n'est rien qu'artificiel

(extrait du recueil Venise paru aux éditions PVTST :
http://www.association-lac.com/editions/catalogue.html#05 )
Virgo34
Virgo34 · il y a
J'adore Burano, cette île aux mille couleurs. A côté, Murano est, à mon avis, sans grand attrait.
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Complètement d'accord !
Virgo34
Virgo34 · il y a
Ceci dit, j'adore Venise et sa lagune. Même le cimetière (San Georgio ?) est beau.
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Venise est une ville absolument fascinante pour qui sait quitter les sentiers touristiques et aller se perdre dans les quartiers populaires. J'ai une expression pour ça : prendre les ponts de traverse.
Virgo34
Virgo34 · il y a
C'est vrai, à condition aussi d'y aller hors saison touristique.
Coucou!
Coucou! · il y a
la légende de Burano: la naissance de la dentelle.
Un jour, un marin quitta sa fiancée pour une voyage en mer. Il lui promit qu'ils se marieraient à son retour. La belle, en pleurs, lui fit donc ces adieux, et il partit sur un navire marchand. Hélas, 3 jours après, alors qu'ils voguaient en mer Ionienne, des sirènes s'approchèrent du bateaux et se mirent à chanter. Envoûtés, les matelots sautèrent dans les flots rejoindre les ensorceleuses. Un seul resta a bord: le jeune marin fiancé. Intriguée par ce comportement singulier, la reine des sirènes s'approcha. Mais même à son chant il demeura insensible. Alors, elle le questionna, et il répondit: Déjà je me suis promis à la plus belle des créatures qui a posé sur mon coeur une prison de soie. Emue par la fidélité du jeune homme, la reine lui fit jaillir l'écume des vagues et la transforma en un large voile de dentelle. Elle le lui offrit et le laissa partir. Un mois plus tard, l'île toute entière s'émerveillait de la finesse du voile de la mariée, et dés lors, tous cherchèrent sans cesse à l'imiter.
Une autre version:
Un beau marin vénitien qui, partant, offrit à sa fiancée, une algue qui fut appelée, quand la promise eut reproduit son joli dessin aux fuseaux, la dentelle des sirènes.
Virgo34
Virgo34 · il y a
On voit encore, à Burano, des dentellières assises sur le pas de leur porte et penchées sur leur ouvrage. Et là, ce n'est pas une légende, même si le spectacle est offert aux touristes...
Luc M
Luc M · il y a
Superbe!
Volsi
Volsi · il y a
:-)
Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
C'est la dérive des continents...de l'incontinent, comme dirait un ami breton amateur d'à-peu-près.;-)))
Luc M
Luc M · il y a
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Belle pub pour "L'île des pins"...
Luc M
Luc M · il y a
Île magnifique!
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Comment se métamorphoser en Coin-Coin??
Décar
Décar · il y a
En y croyant fort ! :)
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
sacré coin-coin
Volsi
Volsi · il y a
Une montagne dans la mer. Les sommets blanchis brillent au soleil. Par endroit, quelques trainées d'ocre, coulées de couchant sur la neige aérée, aérienne. Parfois des arêtes aiguës brisent de leur dureté brune, la douceur des courbes de monts érodés. La mer qui, partout, entoure l'île, a l'écume crémeuse pourtant aucune vague ne semble l'agiter. Il flotte, curieusement, un parfum de vanille. Je saisis ma cuillère et entame mon dessert. :)
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
:-)
Lambda
Lambda · il y a
Et moi je vous emmène sur les îles croates (à l'origine du poème, mais il aurait pu être écrit sur d'autres!)
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/des-anes
Yasmina
Yasmina · il y a
Poème très émouvant !
Yasmina
Yasmina · il y a
Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
Comme dans la chanson d'Antoine...
Lambda
Lambda · il y a
Un haïku insulaire qui surfe sur le haut de la vague!
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Excellent! Ça tombe à pic ! :-D
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.LES.ILES.
TRANSITION
SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Je cours ! Je cours ! Je suis déjà en retard ! Je foule du pied le chemin de terre, dans mon sac d'ado tout valdingue à l'arrière. J'arrive aux rails. On a pas le droit de passer par là mais ma soeur et mon frère ont déjà tracé le chemin... Un enjambement, puis l'autre jambe, je fais des ciseaux au-dessus du grillage comme un athlète sur un cheval d'arçon. Le bus est déjà là, le chauffeur m'a vu et il m'attend. Je crois qu'il m'aime bien, je monte en souriant. Je crois surtout qu'il ne veut pas que je rate l'école... Au fond du bus, on me maudit déjà : je viens de leur faire perdre 5 min de pause clope-drague avant le début des cours. Je les emmerde. C'est parti pour une longue ligne droite sur la route nationale. A ma droite, la Montagne Noire nous offre ses plus belles courbes, vertes rondeurs boisées qui s'échelonnent. A ma gauche, des champs de colza, des prés, des blés et au fond quelques falaises se dessinent à qui sait les discerner. Droit devant, le soleil qui se lève. On longe la vallée du Thoré. Trois kilomètres plus loin un feu rouge, celui d'une sorte de petit bourg, là où on trouve une boulangerie, la boulangerie, the boulangerie... Autant vous dire qu'on a pas des croissants tous les matins.
Un champ, deux champs, trois ch... ah non, on arrive à la ville. Le quartier qu'on contourne et où j'aperçois mes lieux familiers. Puis le trou noir, le vacarme, un paysage indéchiffrable pour qui n'a pas un ordinateur à la place du coeur. C'est le carrefour le plus moche qui soit. Il pue, il fait du bruit, ça chahute à l'arrière ; il me tarde de passer à autre chose. Voilà, on tourne à gauche. A ce carrefour là il y a des fleurs dans des bacs. C'est déjà ça. On passe devant le collège, on poursuit le long du stade. On s'arrête, tout le monde descend. Je marche sous le pont. Je suis arrivée. Je suis au lycée. A l'heure !
Volsi
Volsi · il y a
T'as failli rater le créneau "sur le chemin de l'école"... ;-)
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Un nouveau sujet qui, j'espère, t'enthousiasmera ! :-)
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
A l'heure !
JACB
JACB · il y a
Ce matin -là il faisait beau et beaux ils étaient, majestueux avec leurs glands et leurs franges d’argent, les deux pans de drap noir postés en sentinelle de chaque côté du lourd portail qui me faisait rêver chaque jour sur le chemin de l’école. Des armoiries, lettres enlacées pour le deuil annoncé parachevaient l’ensemble. Le marquis De G. ne conduirait plus la Cadillac qui sortait chaque fois que je me rendais à l’école, juste après le carrefour du Boulevard Félix Gras et de la rue Baclerie où nous logions dans un petit trois pièces en entresol. Cette voiture signifiait pour moi richesse et noblesse, chaque fois dans mon cœur j’échafaudais des plans sur la comète pour un jour en offrir une à mes parents. Cela galvanisait mes dispositions d’écolière à toujours m’appliquer et réussir. Ce décès me désarçonna et je continuai en sautant d’une jambe sur l’autre pour compenser par le mouvement le vide qui me saisit. Je passai vite devant le garage où mon père parquait la petite Rosengart bleue dont maman avait refait tout l’habitacle. Un peu plus bas vers la place, je changeai de trottoir pour éviter la boucherie chevaline. La grosse tête de métal doré qui surplombait l’entrée et la sciure qui recouvrait le carrelage certes me répugnaient mais c’était surtout le fils des lieux qui me tyrannisait parfois sur le trajet, que je fuyais. Un regard au bureau de tabac où je venais acheter le paquet de Gitanes maïs de papa, mon Mickey et quelques roudoudous et je dévalai en courant le boulevard jusqu’à mon école. Publique elle portait nom Saint Vénérand, ses beaux tilleuls m’accueillirent à bras ouverts et j’y retrouvai mes copines pour jouer à la corde ou aux osselets. Je m’y sentis en sécurité.
PS. Il y a peu je suis retournée dans mon école. Il ne manque qu’un tilleul. Les six autres sont toujours là fidèles à mes souvenirs.
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Image d'épouvante, pour les enfants, que les enterrements d'autrefois...le cerceuil, dans une charrette noire, avec des plumets noirs aux 4 coins, tirée par des chevaux noirs... Les tilleuls fidèles au poste ont dû te rassurer JACB! Les arbres sont des témoins de longue haleine, pour autant qu'ils ne soient pas coupés...
Scribouille
Scribouille · il y a
Je quitte ma toute petite maison d’angle et je file à droite, rue des cuirs. La ruelle est sombre et déjà à cette époque, peu habitée. Je cours.
Une placette, une rue dont j’ai oublié les noms et c’est la grande rue, celle par laquelle tout le trafic routier entre et sort du gros bourg que j’habite. Il y a un passage piéton mais la vigilance est de mise, ici les automobilistes sont rois et les camions tellement hauts. Est-ce qu’ils me voient ?
L’artère principale traversée avec succès, me voilà dans la jolie rue de la laine, bordée de maisons de granit toujours bien fleuries. Au bout, l’école s’ouvre sur la campagne.
A l’aller, c’est mon chat qui m’accompagne, enfin je ne sais pas qui guide l’autre…
Je rentre seule, mon chat n’a pas horaire…
Un jour, après m’avoir accompagnée, il a disparu. Je lui en ai voulu. Je lui avais pourtant appris à regarder avant de traverser !
Shinji11
Shinji11 · il y a
je compatis, c'est si difficile de faire face à une perte soudaine et cruelle comme cela surtout enfant...
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Les chats et les routes n'ont jamais fait bon ménage... Scribouille, je te vois bien, petite fille, sur le chemin de l'école...
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Une fin toute aussi violente que ce qu'elle décrit ! :-D
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Cinq mois par année, il fallait s'habiller chaudement pour affronter les frimas des montagnes de mon enfance.
La pélerine était la pièce incontournable pour que les petits écoliers-marcheurs que nous étions puissent rester bien au chaud, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente. Cet habit ressemblait à un long poncho de laine, doublé, imperméable, sans manches, fermé sur le devant de gros boutons. Les bras restaient dessous, l'un portait le sac d'école de cuir épais. Une capuche enserrait la tête et la maman enroulait encore soigneusement une écharpe autour du cou.
Nous partions toujours en groupe vers le bâtiment scolaire situé à deux kms de notre quartier. On aurait dit une troupe de petits champignons sur pattes qui se serraient les coudes pour traverser une nature quelquefois hostile.
Nous quittions la chaleur des maisons pour couper à travers le grand pré du paysan voisin. Après la neige, venait le printemps, le vert tendre de l'herbe avant les fleurs des champs qui se donnaient le mot pour piquer le sol, toutes ensemble, de couleur pastel. Les abeilles bourdonnantes et les papillons s'ajoutaient à ce tableau bucolique. Puis venaient foins et regains et leur bonne odeur de végétation coupée et qui sèche.
Nous devions traverser un petit ruisseau dont l' humeur changeait au fil du temps. Il grondait à la sortie de l'hiver et s'endormait à la chaleur. Parfois, l'éclair vivace d'une truite fendait l'eau, et, selon les périodes, les têtards, cachés dans des coins secrets, nous captivaient ...
Il fallait ensuite aborder une forêt de sapins sombres. Ces arbres étaient nos amis avec leurs pives dédiées aux bricolages. A la belle saison, leur sous-bois offrait framboises, mûres, voire myrtilles selon la pente du terrain...
Quand le temps était à la tempête, on se hâtait, et chacun de nous cachait sa peur aux copains...
Une maison abandonnée faisait travailler l'imagination. Elle avait toutes les nuances de gris, du clair au très foncé, avec ses murs effondrés, ses trous de portes béants. Bien sûr, on entendait toujours, plus ou moins, les ricanements des fantômes, gris aussi, qui l'habitaient.
Nous avions encore un pâturage à longer avant d'atteindre la route goudronnée du village. Aux beaux jours, des vaches laitières débonnaires pâturaient dans le champ mais rien ne les distrayait de leur tonte méthodique...
Deux kilomètres de trajet, quatre fois par jour - car nous prenions le repas de midi chez nous - voilà de quoi forger de bons mollets portés par de petites têtes opiniâtres, avides de savoir, sur le chemin de l'école...
JACB
JACB · il y a
Vous lisant Elisabeth je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Heidi...Voilà de jolis souvenirs !
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
C'est un peu ça JACB... quand on vit au rythme des saisons dès l'enfance, il en reste toujours qq chose... pas de stress inutile, une certaine naïveté peut-être et un regard acéré... et aussi la philosophie que l'on est bien peu de chose, dans la nature, alors, il faut vivre chaque instant à fond...
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Je crois que j'ai sous-estimé le potentiel nostalgique du thème de cette semaine... j'ai aussi connu une maison abandonnée qui faisait travailler l'imagination, il en fallait pas plus aux marmots que nous étions ! L'image des petits champignons sur pattes en pélerines, j'ai trouvé ça extra :)
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Deddy, tu as ravivé des souvenirs chez les fidèles de ton post... c'est loin, mais pas tant que ça, finalement...
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
il y a des souvenirs qui nous habitent pour toujours
Shinji11
Shinji11 · il y a
Oui c'est vrai , ils reviennent parfois lorsqu'on ne s'y attend pas :-)
Volsi
Volsi · il y a
D’abord l’ascenseur, parfois l’escalier dans lequel chaque pas résonne. En bas, sur le parking de l’immeuble, je retrouve les jumeaux et leur grand frère. L’école on y va à pied parce que j’ai peut-être 6 ans, mais il y en a des plus grands et il n’y a pas de rue à traverser. Il suffit de décrire une sorte de rectangle pas fini, en restant toujours sur le même trottoir et en tournant deux fois à droite et une dernière fois encore pour rentrer dans l’école. En plus, on triche, on coupe par le vague terrain qui fait office d’aire de jeu : une cage à poule en métal où faire le cochon pendu, un tourniquet aux barres duquel il faut bien s’agripper pour pas finir éjecté, un pommier sauvage, trois brins d’herbe et surtout de la terre, de la poussière que je tamise pour faire du « sable doux ». Après, on passe par le trou dans le grillage et on atterrit au fond du cul de sac - j’adore ce mot que je peux dire alors qu’il contient un gros mot - perpendiculaire au chemin officiel. On récupère alors la dernière ligne droite et après quelques immeubles défraîchis, on longe enfin la cour de l’école, son grillage, sa haie de thuyas et on regarde d’un air entendu le tabac d’en face. Tout à l’heure, à la récréation, de l’autre côté de ce même grillage, tendant mon argent de poche de ma petite menotte à travers cette même haie, j’alpaguerai un passant pour qu’il aille m’acheter des bonbons à ce même tabac.
JACB
JACB · il y a
L'école buissonnière en ville...avec friandise à la clé . Un bel itinéraire d'enfant.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
On est allé à la même école ??... Paysage urbain, quand tu nous tiens...
Volsi
Volsi · il y a
Va savoir :)
Shinji11
Shinji11 · il y a
Les clefs dans la poche, je transpire, les gouttes de sueur coulent de ma nuque à mon dos.
La chaleur est écrasante, le ciel d'un bleu profond sans un nuage se déroule à l'infini je me sens merveilleusement bien, en parfaite osmose avec l'air ambiant,
les cigales chantent, invisibles, je sens leur présence près de moi,
les mauves poussent au milieu des herbes folles sechées par le soleil,
l'asphalte ramollit sous mes chaussures et fond lentement aux abords des fossés
l'odeur sèche du crottin mélée à celle des foins, les chevaux blancs aux longues crinières se protègent à l'ombre des pins
les melons laissés dans les champs exhaleront bientôt cette odeur presque écoeurante de fruit trop mûr, on sent le romarin et les feuilles de tomates coupées,
la poussière s'envole à chaque passage de voiture
j'ai hâte de rentrer pour boire un grande verre d'eau l'envie grandit quand on entend les cris des plus grands qui jouent dans leurs piscines, derrières les murs à lézards et geckos flanqués de cactus géants ou de canas...
Volsi
Volsi · il y a
Arles, Nîmes, la Camargue ? Merci pour ce voyage très olfactif.
Shinji11
Shinji11 · il y a
Occitanie maintenant ....
Volsi
Volsi · il y a
OK, je n'en saurai pas plus :)
Shinji11
Shinji11 · il y a
La Camargue ;-)
Sur ma page il y a un poème en vers libre soleil
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/soleil-14
Yasmina
Yasmina · il y a
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.SUR.LE.CHEMIN.DE.L'ECOLE.
TRANSITION
LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
J'ai beaucoup aimé notamment La baie (je n'ai pas encore lu l'ange d moulin). Merci du partage :)
Tenkervax
Tenkervax · il y a
Si t'en as marre de la finance
Qui se répand dans chaque recoin
Je t'invite à l'ouest de la France
On ne parle pas de taux d'embruns

Ici rien ne compte pour du beurre
Et tu ne seras pas mis à l'amann
Laisse tes soucis dans le Fromveur
Et inspire toi de ses légendes

N'hésite pas à tomber en rade
Tu y gagneras en émotions
Apres tout il est indéniable
Qu'il n'y a pas d'Aber à Sion

Et si tu veux ramener ta fraise
En t'égarant à Plougastel
Ne souffle pas trop sur les breizh
On t'entendrait du cross Etel

Il faut s'égarer sur le port
Du Guil à la fin d'une marée
Et s'immiscer dans le décor
De scènes de vie inopinées

Assied toi au troquet du coin
Et laisse faire la magie
Par contre ne déconne pas gamin
Au retour, pas toi qui conduit

Dans ce décor de phare ouest
Où Les cowboys ont des bottes aigle
La diligence n'est pas en reste
C'est la passion qui est la règle

Le point commun de tous ces gens
Dont le regard ne ment jamais
Restera toujours l'océan
Laisse toi dont conter ses secrets

Ce n'est pas le dolmen des dieux
Et le marbre est plutôt granit
Mais je vais te faire 1 aveu
On n'oublie jamais sa visite
Fred Panassac
Fred Panassac · il y a
Un délicieux poème, bravo Tenkervax !
Tenkervax
Tenkervax · il y a
Merci ! Quel plaisir que ces sujets du forum qui font renaitre une inspiration un peu assoupie
Fred Panassac
Fred Panassac · il y a
Heureusement, Tenkervax, le forum a ses bons côtés qui rachètent les râleries et médisances qui parfois s'y étalent. Alors je picore les bons grains ! Belle journée à vous !
Décar
Décar · il y a
Finistère

Où le rocher découpe et tranche
Où les senteurs de l’algue verte
Où se défont les vents marins
Où je nourris mon amertume
Aux cris stridents des goélands
Striant le ciel
Pesant sur Brest
Et terre finie à Porspoder
Sur la presqu’île Saint-Laurent
Patrick Barbier
Patrick Barbier · il y a
Brest est de granit et de métal... Anthracite et rouille…
Son port est un des seuls endroits que je connaisse où les jetées, les quais, les containers, les entrepôts, les grues, forment un ensemble quasi organique, en une révélation jusque là tenue secrète...
A Brest, l'oxymoron "beauté et poésie industrielles" échappe à la contradiction pour rallier l'évidence... C'est une ville meurtrie, massacrée, dont la renaissance, en un contrat faustien, n'a pu être autorisée qu'en échange de cicatrices de plomb et de béton... Au lieu de dissimuler ses stigmates, elle les arbore, racontant ainsi son Histoire qui se confond avec celle des hommes qui l'ont bâtie et rebâtie...
Mais à Brest, les souvenirs de jeunesse disparaissent au ponant tel un « Bon Chien Jaune » ou une « Ancre de Miséricorde »… Et l’alcool de couler en flots apaisants de chaque côté de la Rue de Siam afin de faire renaître les mémoires en chansons de marins, pleurées au milieu des rires et moquées entre deux chagrins.
Brest est de la couleur de son océan et de son ciel... Elle est le trait d'union entre cet océan et ce ciel...
Les tempêtes lui sont un écrin…
Scribouille
Scribouille · il y a
Ria d 'Etel - St Cado - Morbihan


Elle a un petit air de golfe du Morbihan, même lumière presque rosée, même proximité entre terre et mer, mêmes courants cachés sous une surface plane.
Son trésor, c'est un petit village de pierres, un confetti connu du monde entier grâce à un îlot dont la maison aux volets bleus a fait le tour du monde en photo ...St Cado
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Merci pour cette prose qui m'a fait découvrir la Ria d'Etel et St Cado... je ne connaissais pas
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
1er mai 2008 à Quiberon

Des maisons blanches, des toits en pentes,
Des murets pas très hauts,
Des embruns pas très chauds,
Des petites fleurs si charmantes
Près des vagues bleues
Près des tuiles bleues
Sous un beau ciel bleu
C'est le souvenir au fond des yeux
D'une escale sur la presqu'île
Où mon amie de la chocolaterie
Me ramenait ses caramels
Au beurre salé, pardi...euh, non... Paradis !
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Tout est - merveilleusement - dit, Deddy... note gourmande incluse. Bravo!
Yasmina
Yasmina · il y a
Délicieux !
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Si il te prend l’envie, de flinguer les étoiles
De hurler à la lune, de renverser du gas-oil
Et d’y foutre le feu pour regarder les flammes
Venir lécher tes pleurs de leurs langues sans âme

Viens,
On ira faire un tour
Loin du chemin des drames
Se marrer à La Torche
Se torcher à Penmarc’h
On ira faire un tour
On ira voir les dames
Allumées à La Torche
Pas si moche à Penmarc’h

Si il te prend l’envie, de tuer terre et mer
De te pendre à une corde, aller simple pour l’Enfer
De noyer dans l’écume tes souvenirs légers
Et de franchir le pas dans le port de Saint Gué

Si il te prend l’envie, de prendre ton envol
Gueuler aux goélands que t’en as ras-le-bol
Du haut du phare d’Eckmühl, avec le vent du large
Qui te crie aux oreilles que t’es peut-être bien barge

Si il te prend l’envie, de ne pas oublier
Cette fille de Kérity, le sel de ses baisers
Et la marque au fer rouge qu’elle t’a faite sur le cœur
Le jour où elle t’a dit que t’es rien qu’un branleur

Si il te prend l’envie, de croire que c’est la fin
De ce tour de manège où la vie ne vaut rien
Où la queue du Mickey t’a échappé des mains
Je te jure c’est pas vrai mais pour ça allez viens.

Allez viens,
On ira voir le jour
Malgré nos bleus à l’âme
Se lever sur La Torche
Et flamber à Penmarc’h
On ira à notre tour
Se moquer de ces dames
En se marrant à La Torche
En se torchant à Penmarc’h
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Tu as droit à la première marche du podium, Michel!!
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Départ de l'Hermione à l'issue de la fête maritime de Brest, observée non loin du Conquet:
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/le-soleil-decline
Yasmina
Yasmina · il y a
Déjà lu et apprécié !
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
J'étais en balade avec vous à la lecture de ce texte...
(il m'a aussi fait pensé à la chanson Torrey Canyon de Gainsbourg...)
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Un texte qui corrspond tout à fait au thème de la semaine. Je l'ai apprécié... Concernant les haïkus, navrée, je n'accroche absolument pas au genre.
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Je vous comprend! Il y a encore peu de temps je n'aimais pas, mais alors pas du tout les Haïkus... trop courts, trop abrupts, trop faciles...
Puis j'ai découvert celui-ci, qui en quelque sorte m'a ouvert les yeux sur cet immense univers que j'ignorais, voire méprisais totalement:
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/theodore-monod
Depuis ce jour, je prends autant de plaisir à en lire qu'à en écrire ^^
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Oui pareil, moi aussi les haïkus ça me disait trop rien sauf quand j'ai lu ceux de Yasmina et de Keith Simmonds. Il y en a certainement beaucoup d'autres qui sont très bien, il y a en ce moment le concours haïkus printemps... de quoi faire le plein de découvertes !
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Certains d'entre eux sont de véritables perles...
A mes yeux, ce qui entre autres fait le charme du Haïku est son apparente facilité mais sa difficulté bien réelle!
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Bien d'accord !
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Pointe du raz. Finistère.
Le sentier caillouteux et ce qui l'entoure vous donne déjà l'idée d'un coin de Bretagne sauvage et quasi-indompté.
A droite, la végétation rase, chiche et piquante s'aplatit encore sous la force du vent.
A gauche, vos regards furtifs redoutent les falaises abruptes et découpées qui naissent d'un océan déchaîné quelques dizaines de mètres plus bas.
L'eau est bleu nuit, striées de larges bandes vert émeraude.
Le souffle de l'iode bouscule vos poumons.
Des mouettes valdinguent dans le ciel noir et leurs appels grinçants ajoutent à l'atmosphère déjà lourde.
La tempête fait rage et assister à la colère des éléments est un spectacle rare et captivant.
Les vagues se jettent à l'assaut de la pointe du raz, inlassablement, obstinées, avec quelques courts instants de répit où elles reprennent leur souffle. Les brisants s'entrecoupent, se rejoignent et s'élancent sur le rocher sombre et luisant. Le bruit est assourdissant. Non loin, sorti d'un piton de pierre, un monument sévère affronte pareillement la violence des flots. Cela ne l'émeut pas. "Le phare de la vieille" en a vu d'autres...
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
whaou...mais comment fait-il ce phare pour rester stoïque face à un tel déferlement ? ... Très beau
Luc Dragoni
Luc Dragoni · il y a
Superbe! Un beau début de roman...
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Merci... mais ces quelques phrases vite pondues le sont pour le thème de la bretagne... Je ne suis pas assez persévérante pour en faire plus...
Yasmina
Yasmina · il y a
Pors Poulhan ( près d'Audierne )
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/marine-6
Volsi
Volsi · il y a
De la Bretagne, je me rappelle un triple galop endiablé sur une plage grise.
J’avais 8 ans. Mon poney s’appelait Tendresse, un shetland un peu plus haut que les autres, caractériel et fier qui n’avait pas apprécié que d’autres envisagent de le doubler et s’était emballé.
Travelling animal sur une plage, au couchant, ourlée de rochers noirs. Je filais, cheveux au vent, ivre de vitesse et de liberté, me réveillant centaure foulant le sable fin et tassé à marée basse. Quand tout à coup la scission eut lieu. La chute fut ponctuée d’un sabot dans la cuisse. Le bleu passé, me sont restées la beauté des paysages et la magie des sensations.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
La chevauchée extra-ordinaire... !
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Les longues bandes de plage sont des terrains formidables où peuvent s'éclater chevaux et lévriers...
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE.LA.BRETAGNE
TRANSITION
COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA

Le débrief' de la semaine :
Sur les grands écrans cette semaine, nous avons vu défilé des univers très diversifiés (visiblement, les Shortiens sont des cinéphiles avec de sacrées références !) : d'un classique STARS WARS, nous voilà propulsés en haut d'un gratte-ciel à Hong Kong où deux infiltrés se (re)découvrent sur les hauteurs vertigineuses d'une INFERNAL AFFAIR. C'est ensuite dans un décor à la fois épuré et pesant que nous suivons une femme prise au piège dans le village de DOGVILLE. Grands espaces, Grands acteurs, Grande histoire maintenant où la musique de fond fait avancer la locomotive du DOCTEUR JIVAGO. Locomotive qui déposera un peu plus tard un homme dans le FAR WEST brûlant des cows-boys audacieux qui ne vivent qu'au rythme de la gâchette. Après une telle chaleur harassante, rien de mieux qu'un bain de mer à la rencontre des PIRATES DES CARAIBES, le regard toujours vers l'horizon...
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Le bateau ivre (Pirates des Caraïbes)

Dans un panier de crabe, un marin s'était noyé avant même d'avoir appris à marcher sur la terre ferme. Maudits pirates !
Dans la nuit noire, les sirènes s'échouent sur le sable, éloignées par le phare de la raison et d'un formidable saut de l'ange. Le chant s'élève dans les airs.
Au milieu d'un bleu limpide, une île déserte. Mais pourquoi y a plus d'rhum ?!
Vogue Marin ! A perte de vue c'est l'infini qui t'ouvre ses portes par un rayon vert.
Volsi
Volsi · il y a
On est vendredi Deddy ;-)...
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
C'est prêt ! :-)
Volsi
Volsi · il y a
Gling !
JACB
JACB · il y a
La chaleur et le vent embrasent l’inertie d’un paysage. La gare, la réserve d’eau, décor moiré de rouille, d’ocre et de poussière connotent le silence d’un OUEST Américain. Tout semble aphone, ne vibrent que les couleurs, terre, pierres, métal, bois sous un ciel bleu qui croque toutes les formes d’un trait lapidaire. La torpeur amorce un traveling ambiant sur les rails, la citerne de nouveau la gare, aiguisant le bourdonnement irrité d’une mouche qui choit sur le nez patibulaire d’un cow-boy…Il y a vie au bord de la voie ferrée. Ils sont plusieurs et peu amènes à accueillir la loco et son tortillard qui s’époumonent . Des reflets brûlants titubent dans l’horizon de sable qui prend soudain champ entre deux jambes bottées d’éperons agressifs. Sous basques de cache-poussière crasseux le souffle de la vapeur s’expurge brusquement puis l’immobilité paralyse tous les éléments de la scène sauf peut-être…la mouche ! Monte alors la musique puis l’accent déchirant d’un harmonica quand du train, il descend…un homme.
Volsi
Volsi · il y a
Décidément raccord avec Elisabeth si je ne m'abuse... (voir son premier texte avant Dr Jivago)
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
JACB a plus respecté le thème - description d'un paysage - que moi qui ai plus raconté une scène. D'ailleurs, je vais effacer mon texte vu que j'en ai proposé un 2ième... Amitiés Voisi...
Volsi
Volsi · il y a
Dommage que vous l'ayez effacé, c'était chouette d'avoir deux approches...
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Et vous, Volsi, le thème "paysage dans les salles obscures" ne vous inspire pas?
Volsi
Volsi · il y a
Si, j'ai rédigé deux textes quand même, bon, sur des "paysages" atypiques, c'est vrai :)
Mais je n'avais pas envie de paysages au sens classique, sinon j'aurais pris "into the wild"...
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Bien aimé... excuse... je les ai lus sans regarder l'auteur...
Volsi
Volsi · il y a
Pas de souci :)
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
C'est l'histoire classique d'un homme marié qui a une maîtresse. Il l'aime. Elle l'aime. Avec passion.
Sauf que, dans ce film, tout est hors norme. A commencer par le paysage et l'époque.
L'immensité des prairies entourant Moscou est capitale à l'intrigue. Plate, à perte de vue, on s'y extasie à la splendeur du printemps et on y souffre en hiver. A cette saison, c'est la guerre. Une armée entière s'enfonce dans la neige et dans l'horreur.
Le docteur et une infirmière, soudés par les soins donnés aux blessés, se découvrent un amour qui aura beaucoup à affronter.
La datcha qui les abrite en été est un hâvre de paix... Sous la glace, la demeure qu'ils redécouvrent, abandonnée, se réchauffe à leurs ébats torrides.
Le traineau noir tiré par des chevaux noirs qui traverse la grande toundra blanche, la locomotive rouge, massive, avec sa couverture de fumée sombre. qui fend une colline immaculée, tout est démesuré sur l'écran. La musique de fond "Un jour Lara..." prolonge le frisson...
Reconnaissez-vous le film? De David Lean, avec Julie Christie et Omar Shariff... "Docteur Jivago".
JACB
JACB · il y a
J'ai adoré ce film et sa musique.
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Bien sûr JACB, c'est un film culte... du style "Autant en emporte le vent" que tu as peut-être apprécié aussi...
JACB
JACB · il y a
oui et aussi Docteur Jivago.
Volsi
Volsi · il y a
Dogville - Lars Von trier.

Pour tout décor, une scène de théâtre ou son équivalent. Un plateau nu ou presque, sur lequel on a dessiné à la peinture blanche les contours des maisons - comme on le fait d’un corps sur une scène de crime - et disposé quelques meubles. Un décor dépouillé au possible, au-delà de tout ce qui s’est tenté au cinéma. Un film qui laisse une place étrange et angoissante à l’imaginaire du spectateur lui ménageant un espace réel.
Dans ce village ouvert, aux maisons sans murs, une femme est recueillie. Dans ce village où chacun est soumis au regard permanent, une femme est enfermée. Et nous, avec elle.
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Deddy, je me suis trompée ci-dessous? J'ai mis une scène de film sans trop de paysages... je peux effacer... merci pour ta réponse...
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
oui bien sûr, pas de souci, c'est comme tu l'entends. En tous cas j'avais bien aimé :) on voit bien la scène et on entend même la musique !
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Merci d'avoir répondu si vite!! Je n'ai pas d'autre idée... je laisse le texte cette semaine, si tu es d'acc'... mais c'est hors-thème... Amitiés.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
ça marche, une bonne lecture est toujours bonne à prendre de toute façon. Si l'inspiration te vient cette semaine pour écrire un autre texte et que tu veux remplacer celui-ci, n'hésite pas ; c'est vraiment comme tu le souhaites
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Tu es bien aimable... je vais visionner un film avec beaux paysages et pondre qq chose... Amitiés
Volsi
Volsi · il y a
Infernal affairs - film de Alan Mak et Wai Keung Lau dont Scorsese a réalisé un remake : Les infiltrés

Hong Kong. La ville, et ses lignes infinies. Ses couleurs froides, ses néons. Ces gratte-ciel de verre, miroirs où se reflète la solitude. La verticalité vertigineuse, les ascenseurs qui la parcourent, et tout en haut, ce toit : mer de béton tranquille sur laquelle deux hommes marchent, hors du temps. Dans cet espace immense, ouvert à tous les vents et donnant sur la baie, deux hommes se cachent. Magnifique paradoxe servi par une esthétique sublime et une lenteur magique.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Tatooine (planète de Stars Wars)

Larges plaines aux flancs fouettés par les vents,
cratères infranchissables devenu lieux de cultes,
c'est aux deux soleils couchant que l'on doit la couleur rosé-ocre des paysages de Tatooine.
Lucas élève des dropalins, ces animaux au caractère bien trempés qui lui donne un peu de fil à retordre.
Un jour, il voyagera sur cette lune qu'il contemple. Il ira au-delà des confins de l'univers. Il cherchera à savoir s'il existe d'autres Tatooine dans un ailleurs peuplé d'autres Lucas comme lui, qui cherchent à se rencontrer en déjouant les lois physiques universelles du hasard qui ne cesse de les éloigner.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA.COMME.AU.CINEMA
TRANSITION
MONTS.ET.MERVEILLES.MONTS.ET.MERVEILLES.MONTS.ET.MERVEILLES.MONTS.ET.MERVEILLES

Le débrief de la semaine :
Que serait la montagne sans cette ascension qui fait monter en nous les sens pris entre découvertes, fleurs odorantes et panorama âprement mérités... C'est peut-être bien là ce que nous retiendrons du Short Paysage de cette semaine. A travers les étages montagnards des Alpes pour admirer le MONT-BLANC jusqu'au sommet vertigineux de l'ALCUDINA, nos chemins poétiques s'élèvent jusqu'à toucher les étoiles depuis l'OBIOU. Les monts et merveilles titillent notre imaginaire au point de nous emporter dans une épopée digne des contes et légendes à la conquête du MONTGRI... On en reste scotchés !
Merci à vous tous/toutes pour vos proses poétiques ; on continue notre périple, cette fois-ci dans les salles obscures...
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
L'angoisse que l'on peut ressentir quand on est seule en altitude est palpable dans votre récit... par bonheur, chat che finit bien...
JACB
JACB · il y a
ch'est chûr...
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
"L'Obiou", poème de Arthur Aurélian (Lauréat de Short paysage 2016) :
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/l-obiou

Ainsi qu’un Léviathan échoué dans le ciel,
Fossilisé par les temps aux tempêtes nues,
L’Obiou mord la Grande Ourse et fait couler son miel,
Tout en griffant la plaine, et dévore les nues.

Il est un vaste empire où le roc roule, tel
Un océan brisé de pierres retenues
Et dont l’écume vague en un très grand autel
Qui se dévoue à la voûte aux clefs contenues ;

Etoiles de ses flancs sans cesse en mouvement,
Les chamois rayonnants poussent l’achèvement
Du massif jusqu’aux cris craints du gypaète,

Serviteur des courants d’or cascadant sur l’eau :
L’ivresse grise accouche un or vert, comme un flot
Recouvrirait un Sphinx dont la crypte est sa tête.
Volsi
Volsi · il y a
Fin août sur le Coscione, quelques bêtes en estive paissent sur les pozzines, ces pelouses d’altitude parsemées d’un maillage de trous d’eau, emblématiques du lieu. L’aconit dresse fièrement ses fleurs bleues, belle et redoutable. C’est la plus toxique des gardiennes du plateau, bien plus que la digitale qui fait figure de débutante. L’aconit est mortelle.
Je traverse les aulnes odorants au parfum d’huile d’olive, je piétine malencontreusement erba barona et immortelle qui complètent le cocktail olfactif, prends garde à l’épine vinette, au genêt et à l’astragale qui rivalisent de malice pour écorcher chaque parcelle de peau découverte, et je continue mon chemin vers l’Alcudina, plus haut sommet de Corse du Sud.
D’en haut, la vue est époustouflante. Un 360 de montagnes dont le gris-bleu s’éclaircit en un délicat dégradé jusqu’à la mer qui ceint l’ensemble. Les chocards à bec jaune ont élu domicile dans un chaos rocheux inaccessible à l’homme. L’à-pic devant moi est vertigineux, et quand mon regard remonte pour rencontrer la crête en face, il se heurte aux aiguilles de Bavella, doigts des titans de pierre qui commencent doucement à accrocher les nuages pour dicter les orages. Il est temps de redescendre.

La photo d'arrière plan sur ma page est prise depuis l'Alcudina.
Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Magnifique panorama... je me vois bien m'y balader avec mes chiens...
Yasmina
Yasmina · il y a
Pointes acérées
les aiguilles de Bavella
percent les nuages
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Voilà que tu me donnes le vertige, Volsi!! Ta description détaillée nous fait suivre tes pas... Merci!
Volsi
Volsi · il y a
:-)
SakimaRomane
SakimaRomane · il y a
La Corse beauté absolue :)
Ô Corse île d'amour (Tino Rossi)
Yasmina
Yasmina · il y a
Je n'ai pu résister ! Jean Ferrat, Que la Montagne est belle !
https://www.youtube.com/watch?v=G3AJSToTlfY
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Merci du partage, la suivante est pas mal non plus "de plaines en forêts, de vallons en collines, du printemps qui va naître à tes mortes saisons..."
Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Comme ton thème m'inspire, Deddy, je me permets quelques lignes :
"Les Monts et Merveilles, depuis toujours, il faut les mériter.
Au départ, le sentier caillouteux traverse les pâturages. Le troupeau de petites vaches noires ignore le marcheur. Elles paissent, tranquilles, Monsieur Taureau au milieu d'elles. Les veaux, petits tas foncés, sont couchés dans l'herbe grasse.
Une forêt à traverser maintenant... Les sapins sont serrés, le sous-bois y est bien sombre. Une délicate odeur de champignons et d'humus chatouille les narines.
La barrière des arbres franchie, c'est l'espace et la lumière qui happent le randonneur.
La nature s'étale et, en son milieu, le chemin abrupt prend la direction du sommet.
Il faut grimper, plusieurs heures, un pas après l'autre, marche métronome, sans se presser, sans ralentir.
L'oeil s'émerveille en même temps : petites fleurs vaillantes, un lièvre qui détale, des chevreuils posés au loin, le plafond bleu du ciel tout proche, les nuages qui défilent, l'ombre des falaises des tours montagneuses.
Et voilà. Vous y êtes. Tout en haut.
Face à vous, les neiges éternelles s'offrent comme un gigantesque dessert qui ne vous verra jamais rassasié. A gauche, le glacier du Trient, en face, les Dents-du-Midi, à droite, les Dents Blanches, les merveilles de ce coin de terre qui font écrin au Mont-Blanc."
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Mais je vous en prie, la page est faite pour ça. Merci pour cette ballade dans les alpages. N'hésitez pas à revenir pour nous emmener à nouveau !
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
MONTS.ET.MERVEILLES./.MONTS.ET.MERVEILLES./.MONTS.ET.MERVEILLES./.MONTS.ET.MERVEILLES
TRANSITION
VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES

Le débrief' de la semaine :
le petit tram Shorty vient de nous déposer à TOURS, et c'est l'occasion pour nous de marcher un peu pour nous remémorer toutes nos escales, on adore ça quand on est à MARSEILLE et qu'on a plein de gourmandises dans le panier. Gardons en un peu jusqu'à BRUGES, ça ira très bien avec un verre de BORDEAUX même un peu vieillot. Ah mince, on a oublié quelque chose à TOULOUSE. Tant pis, pas grave, plus l'temps, on part pour BERLIN. Mais qui se cache à NEW-YORK ?
JACB
JACB · il y a
Caesarodunum
Maintenant il ondule, serpent de métal et de verre sur les pavés neufs bien rangés et sans âmes encore. Il se coule entre les façades post-guerre, la seconde, convoie Start-up’s men and women de la majestueuse gare signée Victor Laloux à de tout nouveaux hôtels en faction au bout du Pont de Pierre. Du nord au sud, du sud au nord le tram chevauche Loire et Cher en marge du cœur croisé Moyenâgeux, Place Plumereau, château et Cathédrale Saint Gatien filtrant la vie de Saint Martin en son vitrail. D’est en ouest l’Histoire se lit à ciel ouvert sur les façades, dans les cours et les ruelles, à demi-mot en noms de rues. On y bat monnaie, fait du commerce, négocie fiente de pigeons, engrange balles de draps , débite et sculpte le bois, élève des vers à soie pour tisser belles étoffes, déniaise les pucelles et se noie dans des pintes de vin aigrelet. On y rénove, colmate des rides anciennes mais l’ancien pavoise dans ces nouveaux atours, le cœur de ville palpite toujours à Tours dans les venelles, sous les bardeaux. Et curieusement ce Tram m’ invite à marcher….à pied.
Yasmina
Yasmina · il y a
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
To lose

Une pluie fine humectait la ruelle sombre qui nous enlaçait. Une lumière blanche frôlait ce vernis qui tapissait le sol et craquait sous nos pas. Que restait-il du rouge écarlate qui briquait nos visages ? Toulouse a connu bien des soleils radieux qui filtraient sur les prairies et que j'ai moi-même caressé de mes yeux. L'écureuil rit tandis que les Capitouls chantent mais les rues deviennent glauques quand on perd l'enchantement. Ce soir là, je savais que l'avenir nous tournait le dos et je laissais derrière moi cet amour perdu de vue.
Yasmina
Yasmina · il y a
Beau titre !
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Merci, il est inspiré de "To lose, lost, lost", une chanson de Renaud Papillon Paravel
JACB
JACB · il y a
désamour ?
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
à jamais associé à la ville rose
Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
Le Panier ( quartier historique et un peu hystérique de Marseille)

Un grand porche judas dans le rempart de pierre
Fascinante trouée qui mène au paradis
Indécis on franchit cette porte palière
Mon Stan est réservé, mais Laure, elle, est hardie...

La main glisse le long du chemin métallique
Vieille lisse lustrée par d'innombrables mains
Aimable conducteur dans ce passage oblique
Utile fil d'Ariane qui montre le chemin...

Le regard suit la flèche, celle du clocher si proche
Qui titille taquin le ciel environnant
Comme un poulet rôti lié au tourne-broche
On file résigné tout en se cramponnant...

On laisse, rue Caisserie, les buveurs de café
Qui parlent haut et fort pour couvrir de leurs voix
Ce flot automobile de moteurs surchauffés
Fuyant enfin le bruit on emprunte la voie...

Le panier est tressé de cordées de touristes
Entrelacs bigarrés qui cheminent gaiement
A l'ombre sur des marches, on croise des grévistes
Qui rêvent d'un bon " plat " au milieu du tourment...

Sur la langue de terre, se terrent bien des langues
La Vieille Charité, comme Tour de Babel
On ne s'entend pas tous mais quand les flâneurs tanguent
Les soupirs entendus sont du même label...

On bivouaque parfois au pied d'une façade
Quêtant quelque fraîcheur on se donne à l'obscur
L'abandon du soleil ne nous rend pas maussade
Car momentanément on baisse le mercure...

Dans ce si doux dédale, un air de déjà vu
Silhouette aperçue, quelques lacets plus bas
On s'interroge alors, qui commet la bévue
L'un, l'autre, voire les deux, la question fait débat...

De grossières venelles aux pavés trop polis
Transpirent le silence, les bruits sont en sourdine
Dans cet îlot pointu on parle l'aïoli
A l'ombre des croisées quand l'autochtone dine...

La farandole de linge tisse d'un même fil
Cousinant les deux rives, un lien inaltérable
La trame conviviale par ce biais se faufile
On s'amarre et se marre, intimes, inséparables...

Une place ombragée, comme une odeur de sieste
Accueille sur ses bancs quelques contemplatifs
En haut l'oiseau pépie, mélodieux manifeste
En bas l'oisif papy soupire méditatif...

Comme un port dans le port, un havre dans Marseille
Le temps s'arrête alors et je m'érige en cancre
Irrémédiablement, faisant fi des conseils
Dans cet endroit sacré, j'ai enfin jeté l'encre...

Alain Chenoz (8 juin 2015)
Mamounette
Mamounette · il y a
Je salue le véritable travail d'écriture avec ce très beau poème ... Aujourd'hui, temps maussade .... Merci Alain d'ensoleiller ma journée.
Gladys
Gladys · il y a
Bravo , avez-vous concouru avec ce texte?
Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
Non, je suis un peu aquaboniste..;-)
Gladys
Gladys · il y a
Ce texte mérite une plus grande audience, j'en suis persuadée
JACB
JACB · il y a
Des métaphores pétillantes !
Yasmina
Yasmina · il y a
Sublime !
Des images inattendues, des jeux de mots exquis.
A publier sur ta page.
Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
Merci mesdames, c'était dans le cadre d'un atelier d'écriture nomade où il fallait narrer pendant une heure de temps un périple urbain.
Chacun de son côté.
Je l'ai fait sous la forme d'alexandrins, d'autres en prose, il fallait éveiller ses sens, c'était très marrant à faire, un exercice très formateur, cependant ce n'est pas aisé d'écrire en marchant, je n'avais pas encore de tablette.;-)
Yasmina
Yasmina · il y a
Qu'importe le chemin, pourvu qu'on est l'ivresse poétique !
JACB
JACB · il y a
Et pourtant les pleins y sont et les déliés aussi...belle écriture.
Yasmina
Yasmina · il y a
J'avais beaucoup apprécié l'atmosphère de cette ville du Sud.
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/il-est-midi d'Alain Morinais
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
merci de nous l'avoir fait découvrir :)
JACB
JACB · il y a
Mai et ses ponts, l’échappée belle ! Je marche sur les pavés disjoints, ballotin à la main. Je lui souris, il me sourit. Saveur de ganache et de chocolat noir dans un baiser au son d’un carillon. Lignes blanches et brique rouge aux joues des maisons, ferveur des Béguines dans les carrés de buis, rubans d’eau lisse, cygnes en couvaison, ciel laiteux, vent frisquet et ma main dans la sienne. Bruges crochète dentelles de printemps en garde des canaux sages, sème des mots d’amour sur nos pas de concert.
Mamounette
Mamounette · il y a
Plus modestement j'ai écrit un court poème qui parle de cette belle ville...J'aime vraiment beaucoup votre texte...
JACB
JACB · il y a
Postez-le Mamounette, Bruges le vaut bien...et puis j'aimerai lire ce que vous en dites !
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
c'est gourmand :-D
Volsi
Volsi · il y a
Bordeaux
Vingt ans. Vingt ans que je n’avais arpenté tes rues pavées, détaillé tes façades de pierre et la noblesse de tes édifices. Les quais se sont ouverts afin que la Garonne puisse te contempler, voir la place de la Bourse se refléter dans le miroir d’eau qu’elle jalouse quand celui-ci diffuse une brume qu’elle, ne sait pas engendrer sur commande.
Tes bâtiments ont quitté leurs habits sombres pour afficher leur blonde nudité, tes places se sont peuplées d’arbrisseaux faits arbres, offrant calme, luxe et volupté et pourtant… Pourtant tu t’es noyée dans une gentrification qui touche toutes nos cités, oubliant combien ce sont les personnalités des lieux qui en faisaient la richesse, ces rades de seconde zone, ces ruelles maudites, ces impasses oubliées au fond desquelles on parvenait encore à trouver des merveilles, des vestiges d’un passé enfoui qui s’esquissait seulement sous le regard de ceux qui faisaient l’effort de le deviner. Vingt ans, vingt ans qui t’ont formatée, toi, ville de mes premiers émois, comme les orthodontistes zélés formatent les sourires de nos enfants, les dépouillant de leurs différences sous prétexte de leur offrir à tous une denture de rêve. Aujourd’hui, tu es devenue trop belle pour que je t’aime, mais ce n’est pas grave, je préfère les arbres tordus, le granit rugueux et les trognes des vieux qui hantent mes villages. J’étais, cependant, ravie de te revoir.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
c'est comme si tu parlais d'une ex-périence, ton texte m'inspire et je m'en vais de ce pas en écrire un qui serait un peu dans la même tonalité... et que je mettrai un peu plus haut quand il sera fait :) => To loose
JACB
JACB · il y a
Il n'empêche...c'est une belle ville pour qui n'y a jamais habité. Le temps heurte toujours nos souvenirs.
Volsi
Volsi · il y a
Ville superbe, en effet, qui charmera le voyageur de passage.
Yasmina
Yasmina · il y a
Bel hommage à Chaplin !
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
très beau..
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Ah!...j'essaie de me retenir mais... Ah! je n'y résiste pas, c'est plus fort que moi ! ... Pardon, mais c'est trop bon : https://www.youtube.com/watch?v=M7q3XtmF-tQ
Yasmina
Yasmina · il y a
Unique !
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
ouiii !
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES.VILLES
TRANSITION
COTE.ATLANTIQUE.VS.COTE.MEDITERRANEENE/COTE.ATLANTIQUE.VS.COTE.MEDITERRANEENE

Le débrief' de la semaine :
Cette semaine dans Short Paysage Made in Tripot, nous avons failli assisté à un raz de marrée océanique si la Méditerranée ne s'était pas manifesté en nous présentant une de ses plus belles perles, sauvage et majestueuse comme le LION DE ROCCAPINA... C'était sans compter sur le « MONT joyau » de SAINT MICHEL pour nous tendre la main vers les CÔTES BRETONNES où les fous de bassan, voltigeurs sans filets, narguent les marins comme pour venir en soutien d'un albatros par trop maladroit. En suivant les chemins de randonnées où s'échelonnent de multiples couleurs caressées par les embruns on découvre la ville portuaire de SAINT GILLES CROIX DE VIE où la mer océane nous laisse entendre sa complainte pour qui voudra bien s'en rendre compte. Et c'est le regard tourné vers le soleil couchant que nous imaginons déjà d'autres horizons, d'autres voyages, sur les ROUTES MARITIMES de l'exploration. Après nous être laissés portés suavement par les flots, nous avons finalement terminé notre périple bercés par les alizés sucrés d'un soir à FUNCHAL...
Et si nous envisagions pour les prochaines fois un Short Paysage spécial Îles ou encore spécial Bretagne ? En attendant, je vous propose de revenir un peu dans les terres :-)
JACB
JACB · il y a
Très bel itinéraire !
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Qu'il fut un plaisir de découvrir ensemble !
JACB
JACB · il y a
Atlantique exotique
Barouder dans des milieux exotiques ou sauvages, nous fondre
Dans d’autres mots, serrer des mains étrangères, amicales,
Croiser d’autres regards, d’autres peaux, écouter, solliciter,
Comprendre. Côtoyer des silhouettes habillées d’insolite,
Qui s’imposent, déconcertent, défient avec aplomb, l’académie
D’une culture mère, fissurent nos certitudes, agacent nos habitudes.

Rêver sous le vent adouci d’embruns qui nous sont inconnus,
Savourer l’ombre ajourée de rivages lointains, engranger
Précieusement l’image du pêcheur noir, la voile effilochée
Dans le claquement doux des palmes des cocotiers.
Me coller aux vagues tièdes, frisées du blanc de l’écume.

Ou bien encore, le soir assister au naufrage du soleil alangui
Qui tombe nu sous les mauves, les rouges d’orient, les ocres,
Poudrant d’or et de paillettes les rides bleues de l’océan.
Respirer, vivre la fin du jour sous le feu des chandelles,
M’ouvrir au souffle de la nuit, aux poids et aux parfums des ombres,
Poursuivre plus avant douceur et plénitude de la journée.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Le voyage...entre rêves et surprises ; un beau tableau paysager qui vogue sur les routes maritimes
Yasmina
Yasmina · il y a
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
La déchetterie

Je suis faite de larmes qui pleurent vos déboires.
Assez de ces filets et de ces coups de canettes qu'on m'assène !
Ne voyez-vous pas les arêtes qui crèvent quand je les rejette ?
J'ai le vague à l'âme pour ceux qui n'en ont pas.

(Toujours à St Gilles Croix de Vie, sur la plage... en hors saison...)
JACB
JACB · il y a
J'adore votre premier vers Deddy
C'est une autre image de la plage, et vous y avez quand même trouvé de la poésie.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Oui, c'est assez désolant comme spectacle. Pour moi qui n'ai pas grandit au bord de l'océan j'avais une image idyllique de ce type de plage. Quand j'ai vu ça j'ai été choquée :(
Si on voulait sensibiliser les gens à la pollution il suffirait de leur dire d'aller voir ces plages en hors saison... ce serait expéditif !
Volsi
Volsi · il y a
Au sud de l’île, avant que le granit ne cède la place au calcaire bonifacien, le lion de Roccapina garde une plage superbe, caressée par une eau turquoise indécemment transparente. Le sable fin y prend une teinte argentée. Le sol s’enfonce très doucement sous l’eau, prenant soin des enfants qui s’y aventureraient alors qu’ailleurs, bien souvent, il se fait traître et se dérobe au bout de trois pas.
C’est là, maintenant, qu’il faut s’y rendre et s’y baigner pour bénéficier de quiétude. Les parfums qui embaument le maquis commencent à prendre de l’ampleur, à se faire enjôleurs. Les fleurs aux tons éclatants réveillent les regards : on se croirait dans les alpages au début de l’été tant la variété des couleurs et la liberté des formes sont étonnantes.
Mais, attention, si vous vous aventurez dans l’eau vous serez peut-être surpris. Pas par sa température, qui est déjà idéale quand la chaleur vous assaille et que la mer vous nargue, mais parce qu’une étrange créature gris foncé vous suit lorsque vous nagez. Oppressante, elle est toujours là, juste en dessous de vous, d’une taille inquiétante… mais n’ayez pas peur, le soleil est moqueur ici en Corse et transperce l’eau sans vergogne pour projeter longtemps, à bien des profondeurs, votre ombre sur le sable.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
La fin est géniale :-D
Volsi
Volsi · il y a
et c'est tellement vrai ;-)
JACB
JACB · il y a
Saint Michel veille la baie
De grise mine vase ridée,
Le Mont joyau tout ensablé
Enkyste sel dans les prés
Moutonne laines oubliées.
Divin guetteur Michel le Saint
A la marée cambre les reins
Défie ressac et ses embruns
A l’égaré offre une main.
Yasmina
Yasmina · il y a
Côte atlantique : je vous propose cet haïsha
http://short-edition.com/oeuvre/strips/ma-lande-bretonne
Mamounette
Mamounette · il y a
Madère île femme
Et ses langueurs océanes
Sous les alizés

Douceur d'un soir à Funchal
Sous les bleus jacarandas

Madère île mère
Berce mon coeur voyageur
Jardins parfumés
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
St Gilles X de Vie

Petit port de pêche où la Vie circule entre deux clochers qui se font front.
Il y a l'écume mais pas Vénus et un bruit d'enfer quand tu lézardes au sommeil.
Le ressac emporte avec lui ton dépit mais te confronte à de nouvelles tempêtes submersives.
Les pas dans le sable, les branches d'un arbre, un marin cradingue, un artiste, des peintres ;
Venez donc goûter au sel de la vie sur un air de Jazz quand le soleil descend,
On est jamais aussi libre dans ce Monde que lorsqu'on est insignifiant.
JACB
JACB · il y a
Une dernière phrase à méditer!
Virgo34
Virgo34 · il y a
Zut ! Pas trop le temps... je pars mardi en pleine Méditerranée, sur mon île adorée... et ce pour un mois et demi. La mer, les îles, sont mes meilleures inspiratrices. Dommage !!!
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Dommage en effet mais quel beau voyage ! De quoi faire le plein d'inspiration
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
COTE.ATLANTIQUE.VS.COTE.MEDITERRANEENNE/COTE.ATLANTIQUE.VS.COTE.MEDITERRANEENNE
TRANSITION
FLEUVES.RIVIERES.RUISSEAUX/FLEUVES.RIVIERES.RUISSEAUX/FLEUVES.RIVIERES.RUISSEAUX/
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Un joli poème que j'aime beaucoup :
La Loire de Ligeria 4992
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/la-loire
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Le débrief' de la semaine :
Pour cette première semaine, on peut dire qu'on a pas mal voyagé : nous avons d'abord nonchalamment descendu le fleuve LOIRE qui nous a mené non loin de là sur le dos du BLAVET où s'inclinent d'intemporelles épaves comme faisant écho au souvenir meurtri d'un amour à Kéroman. Nous avons ensuite embarqué avec un pêcheur sur la MEUSE quelque peu espiègle à cette occasion tandis qu'un jeune garçon laissait s'envoler son chagrin au bord de la SEVRE. Pendant ce temps là, la Corse nous révélait ses secrets sans tout nous en dévoiler (cachottière !). Puis nous avons mis les pieds dans le contraste du Larzac entre la VIS souterraine et la Vis à l'air libre, et c'est légèrement triste que nous nous sommes laissés fondre dans les eaux vives du TARN. Ah oui, j'oubliais... il y a eu un léger débordement en com', ça rappelle celui de l'OUVEZE... Enfin, pour terminer la visite de ce premier Short Paysage « Made in Fabrique » nous avons rejoint le petit ru de GALLY fort utile au grand Versailles et à ses jardins. Gling Gling, tout le monde descend ! Prochain départ : 2 com' plus haut ;-)
Volsi
Volsi · il y a
Merci pour ce petit accéléré :-)
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
C'est avec plaisir !
JACB
JACB · il y a
Très sympa ce débrief Deddy, merci.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Le ru de Gally

Depuis la ferme qui l'a quasiment vu naître, il parcourt son domaine avec l'humilité de ceux qui sillonnent la terre. Loin des courtisans, des voleurs et des hypocrites, de par sa nature même, il lève le roi et l'emmène jusqu'au coucher du soleil. Un jardinier l'a compris. Un exemple à suivre. Le nôtre.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Sur le Tarn (poème de Décar)

J'ai glissé sur le Tarn
Et mon âme était lourde
Et mon âme était pleine
J'ai glissé en silence
Au milieu des rochers
Mon corps était de sueur
Et de muscles tendus
Et je sentais vibrer
Tout le règne animal
Aux clapotis de l'eau
Aux sifflets des feuillages
Comme oraison vitale
JACB
JACB · il y a
revigorant !
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Poème sur le Tarn à lire à gorge déployée !
Shinji11
Shinji11 · il y a
obligatoirement avec de l'eau alors ?
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/soleil-14
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
De l'eau qui court, oui... jusqu'à vendredi soir prochain !
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
De Vissec à la Vis

La gorge sèche, je m'entorse la cheville dans une vrille et m'écorche les genoux sur ces cailloux. Je manque d'eau comme je manque d'air, et j'espère.
Dans un bruit assourdissant venant des profondeurs, un trop plein trop longtemps retenu jaillit comme un fou ! Une explosion fait voler en éclats les contraintes passées. Enfin, je la vis. Elle remplit mes yeux de turquoise et d'émeraudes. Sa blanche fraîcheur scintille à mon oreille. Ses clapotis festifs achèvent le récit d'une haletante péripétie. Dans un incommensurable soulagement, je souris.

(NB : Vissec est un petit village dans le Larzac et la Vis est la rivière qui passe par le Cirque de Navacelle).
Gladys
Gladys · il y a
Un peu en aval il y a le clou
Gladys
Gladys · il y a
Avec la village de Clouet
Mamounette
Mamounette · il y a
Superbe !
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
On entend la chanson de l'eau !
Gladys
Gladys · il y a
Ce sont les galets qui roulent
Virgo34
Virgo34 · il y a
Belles gorges, la Vis, Que j'ai parcourues en rando.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Sacrées randos, pas vrai...
Virgo34
Virgo34 · il y a
oui, super !
JACB
JACB · il y a
Regards sur rives de MEUSE

Infiniment, les regards se prélassent,
S’oublient dans les trous noirs, pervers,
Prismes, rosaces, ruban où la rivière s’épanche,
Lèvres pulpeuses, toisons, mousses de vert,
Menthes sauvages, mailles de roseaux et becs d’oiseaux.

Musardent, s’immiscent dans la feuillée des branches,
Caressent la vulve de la rive, hument l’air,
Dénichent la fugueuse, la pourchassent,
Araignée frêle sur nénuphar au fil de l’eau.
Effleurent les fanges douces pelisses
De pierres muettes sous le ventre vorace
Du brochet en maraude, gueule féroce,
Dentée face au ballet des verrons en milice
Et discrets menuets d’écrevisses.

Soudain s’agacent du relent d’arnica tenace
Des peupliers qui tremblotent et jacassent,
Nid en pagaille de la pie noire et blanche
Pelote en édifice, percée jour à travers.
S’émoustillent sur les vagues de rides, véloces
Sous le nez de la lourde péniche qui glisse
Ventre gonflé, entre berges et négoces,
Rythmes d’écluses, aigles pêcheurs et serpents d’eau.

Se méfient des chutes aventureuses, se froissent
Des courants pernicieux, à l’endroit à l’envers.
Aux pieds du saule en sentinelle, s’ébahissent
D’une loutre en malice, d’un castor qui amasse.
S’émeuvent d’une libellule au bleu fugace
Posée scintillante au soleil sur la hanche
D’une feuille d’iris mauve, poils en brosse,
Reflets frisés sous cornes d’escargots et lentilles d’eau.

Se voilent au flou des reines des prés qui délacent
Sous le souffle du vent, le duvet blanc de leurs corsets,
Face au héron placide, cendré de plumes lisses.
Se noient dans l’intime, fantasment, trament, ourdissent
Tous les crimes en ouïes et en écailles au fond de l’eau.
Sagement se posent sur le bouchon, à la surface,
Guettent la gigue qui tournicote, la plongée brusque et ferrent
D’un coup sec, la carpe grasse qui se débat ventre à l’air,
Etourdie et transie sous les hoquets du moulinet.
Alain Chenoz
Alain Chenoz · il y a
Un lit bien accueillant.;-)
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Un poème fleuve !
Gladys
Gladys · il y a
Avec de l'Italie
Où descendrait l'Escaut
Avec Frida la blonde
Quand elle devient Margot
Volsi
Volsi · il y a
Eh bien Eh bien, il s'en passe dans la Meuse...
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Un poème où on prend le temps... et ça fait du bien !
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Kéroman

Je marche seul sur les pontons
Les mains au chaud dans mon blouson
Y’a un vent froid qui brûle les yeux
Ou c’est le passé qu’est contagieux
La vie est un drôle de roman
Le long des quais de Kéroman

Contre ces murs rongés de sel
Le soleil crache ses étincelles
Et seuls quelques fantômes veillent
Sur la rade qui s’ensommeille
Qui se souvient du temps d’avant
Sur la vasière de Kéroman

C’était le temps de la frayeur
En Europe hurlait un führer
Partout des murs, des miradors
Des bruits de bottes quand on s’endort
La haine au bout de la raison
Dans les vents fous de Kéroman

C’était le temps, le temps des loups
De tous ces gamins aux yeux fous
Qui s’en allaient semer la peur
Du silence venait la terreur
L’amour est mort dans le béton
Pris dans les blocs de Kéroman

C’était le temps de la tanière
Bien trop de bombes qui giflaient l’air
Que reste-t-il dans les décombres
Parmi les ruines n’errent que des ombres
Comme il est lourd le prix du sang
Dans la mémoire de Kéroman

On a beau dire, on a beau faire
Essayer d’oublier la guerre
Elle s’accroche toujours à nos pas
Et moi je m’en fous, je pense à toi
Parce que c’est la vie qui nous ment
Qui broie l’avenir à Kéroman

Car je ne suis pas fait de béton
Juste d’un peu de chair et de sang
J’ai pas les veines remplies d’acier
Il fallait pas m’abandonner
Qui se souvient de nous amants
Dans le crachin de Kéroman
Gladys
Gladys · il y a
Oui comme Mamounette, je vous encourage à trouver rapidement un compositeur car votre oeuvre le mérite et rouverait une audience beaucoup plus large
Gladys
Gladys · il y a
Il vous faudrait le genre " Jean Ferrat"
Gladys
Gladys · il y a
Je peux vous le chanter en zoulou phonétique
Mamounette
Mamounette · il y a
On pourrait chanter ce poème...Êtes vous aussi musicien ?
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Non et je le regrette.
Par contre ce texte avait été écrit pour des amis musiciens qui devaient le mettre en musique. J'attends toujours ... ah ces musicos !!!!
James Wouaal
James Wouaal · il y a
Formidable poème sur les cormorans.
Si le cœur vous en dit ? venez soutenir ma petite chrysalide.
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/petite-chenille
Gladys
Gladys · il y a
???????????????????
Mamounette
Mamounette · il y a
????????????????
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Euh..........
Puisque c'est ainsi, je déverse sur vous l'inondation ! :-)

Inondation

C'est un torrent grondant qui dévale sa pente et déjà il emporte avec lui les souvenirs et les débris.
Imprudent, gare si tu te retournes ! Tu le regardes et te voilà statue de sel !
Ce serpent se moque des conséquences. Il saigne de la boue et rugit son désamour.
Ciel terrible d'où ne pénètre aucune lueur. Un seul cri tente de s'élever : Pitié !
James Wouaal
James Wouaal · il y a
Très beau.
Vous me faites penser que j'évoquais un terrible fait divers aquatique dans un petit TTC bucolique.
http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/cimetiere-oublie
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Extrait de "Cimetière oublié" :
"Ce jour-là, tous les fantômes des antiques villages ont dû surgir de leurs vieilles pierres pour venir regarder l'Ouvèze emporter leurs descendants et quelques touristes vers le vieux pont de Vaison-La-Romaine où la placide rivière allait semer la mort et punir les bravaches qui avaient construit leurs nids dans son lit."
Gladys
Gladys · il y a
Je m'y suis baigné souvent vers Buis les Baronnies
Virgo34
Virgo34 · il y a
Elle a été kidnappée ?
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Je viens de voter pour ce superbe texte !
Oh pauvre K., pourquoi tant d'acharnement James ;-)
Virgo34
Virgo34 · il y a
Depuis le temps que cela dure... Ça commence à lasser... Heureusement que le ridicule ne tue pas... Quoique...
JACB
JACB · il y a
C'est un poisson d' Avril ? Bien dans le thème, James...
James Wouaal
James Wouaal · il y a
Je n'ai rien trouvé d'assez beau à dire sur ce superbe poème, alors je me suis réfugié dans une galéjade.
Virgo34
Virgo34 · il y a
L'horreur (encore) gravée dans le calme du présent. Plus jamais ça !
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Magnifique poème aux senteurs iodées, évoquant une marine où figurerait un bunker abandonné de l'époque du mur de l'Atlantique. Merci Michel pour ces strophes faites de chair et de sang, de fer et de béton.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
C'est un très beau poème oui, je suis bien d'accord avec Scribouille. C'est marrant comme la seconde guerre mondiale est souvent évoquée pour parler de certaines villes dans la moitié Nord, dans le Sud il n'y a pas eu les bombardements que vous avez connu (à part Marseille). Une Histoire qui se grave dans nos paysages pour qu'on n'en perde pas la mémoire...
Scribouille
Scribouille · il y a
Très beau poème. Tous les marins, les navigateurs , les promeneurs de Keroman seront heureux et fiers de savoir ce que vous écrivez sur ce lieu chargé de mémoire et porteur d'avenir.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
L'émoi d'un jeune enfant près de la Sèvre Niortaise (sonnet de Bernard Boutin) :
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/le-papillon-17
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Merci Deddy Khan pour ce partage de mon poème, hasard ou coïncidence, ayant pris connaissance tardivement d'un concours de poésie organisé par la RATP, j'ai proposé "Le papillon" le même jour que celui que vous avez choisi pour le mettre sur votre page forum.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
j'essaie de lire tous les poèmes en compèt' pour la saison, et quand je tombe sur un poème qui me plaît particulièrement je vais voir la page de l'auteur et je lis les autres (je me suis inscrite sur ShE il y a peu de temps). Le post sur ce forum venait tout juste d'être créé et je suis tombé sur "Le papillon"... Je ne sais pas s'il y a un hasard ou une coïncidence entre la RATP et le partage de votre poème, mais en tout cas il y a un joli hasard qui coïncide entre ma lecture de votre poème et l'ouverture de ce post :-)
Scribouille
Scribouille · il y a
Ils gisent dans un creux du Blavet. Leur capitaine, le ventre noué, a remonté une dernière fois la rade de Lorient et les a échoués là, entre terre et mer, à l’abri des tempêtes. Souvent, on les photographie en rêvant des routes qu’ils ont suivies. Ils s’envasent lentement, ils sont au cimetière, c’est vrai mais l’endroit est plaisant. Fini de naviguer, ils vont stagner ici à Kerhervy.
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
La rade de Lorient, sur laquelle j'ai navigué à bord de l'EDIC 9070, l'arsenal où j'étais basé en tant que matelot puis quartier-maître quand j'ai été appelé à faire mon service national. Nostalgie !
Michel Dréan
Michel Dréan · il y a
Très bel endroit en effet. et pour les amateurs, un festival de théâtre en plein air l'été avec ce décor fabuleux en arrière plan.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
je ne connais pas cet endroit mais ça donne envie... je pense même que si un jour je vais dans ce coin, j'y passerai
Volsi
Volsi · il y a
Corse

Au creux de mes montagnes, je garde jalousement l'accès à ce torrent. Aucun touriste ne vient ici souiller les vasques de granit emplies d'une onde au vert d'eau fascinant. La Restonica déjà subit bien trop d'assauts. Ici nul ne viendra troubler le calme d'une nature, encore vierge de toute exploitation, qui s'offre, fraîche et farouche, dans un rire de rocaille au regard bienveillant et chaste de celui qui la contemple comme une sœur qu'il tient à protéger.
Grenelle
Grenelle · il y a
Voilà un texte qui se cache comme le torrent qu'il décrit. Aucun lecteur ne viendra le souiller. Mon regard bienveillant au murmure de l'eau.
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Votre texte en prose pour décrire ce torrent est empreint de poésie. On ressent à sa lecture votre attachement pour cet endroit, au point que vous nous y transporter. Merci Volsi pour ce voyage immobile.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
très joliment dit je trouve. Dans cette prose transparaît bien l'amour que portent les Corses à leur île de beauté. Et si un jour j'ai la chance de visiter cette contrée, j’essaierai de ne rien souiller autour de moi ;-)
JACB
JACB · il y a
C'est une très bonne idée que cette géographie littéraire...

Ma Loire de Touraine.

Ce matin, coiffée bas d’un long ruban
De brume effilochée, ma Loire
Tu frissonnes tel un triste chaland
Échoué au front d’une grève noire.
Toujours tachetée du blond des bancs
De sable, langoureuse ma Loire
Tu séduis à plaisir tous les amants
De ton si long cours à grimoires.
Car tu écris, tu crayonnes, tu peins tant
D’émotions naufragées ma Loire
Illuminant du tuffeau tous les blancs
Laiteux, ombrés quand vient le soir.
Rutilante sous le soleil couchant
De lumières moirées, ma Loire,
Tu te tapis tel un noir cormoran
Sur tes rives aux châteaux pleins d’Histoire.
Virgo34
Virgo34 · il y a
Un long fleuve tranquille dont la sérénité a été le cadre de châteaux à la Renaissance, construits pour déjà fuir "les embarras de Paris".
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Une promenade indolente au fil de la Loire, des dunes de sable aux carrières de tuffeau, en passant par les châteaux renaissance, tout y est. Il ne manque qu'un litre ou deux de vin du Val de Loire dans la besace pour ne pas finir ce long périple sur l'eau la gorge sèche.
Gladys
Gladys · il y a
Comment une promenade insolente, des carrières décadentes, des châteaux insolents...et des vins revigorants
JACB
JACB · il y a
Chin! Chin! Bernard...
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce poème. La Loire est mon fleuve préféré...surtout dans cette région autour de la Touraine. C'est l'Anjou blanc c'est ça ? J'aime aussi l'Anjou noir. L'estuaire aussi vaut le détour avec ses œuvres d'art qui s'égrainent (je ne les ai pas toutes vues mais je dois dire que la maison noyée m'a beaucoup amusée :-D )
JACB
JACB · il y a
http://short-edition.com/oeuvre/strips/loire-2#
Juste au pied du coteau de ROCHECORBON non loin de VOUVRAY (y'a du bon pétillant...)
Gladys
Gladys · il y a
Merci pour l'info! j'y vais, je fonce, le retour sera plus périlleux je pense
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
celui-ci aussi je le trouve pas mal au sujet de la Loire (poème de Nastacha7) :
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/loire-1
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Et c'est ainsi qu'après avoir découvert la plume de JACB, j'ai aussi découvert qu'il avait un sacré coup de pinceau... (ou bien est-ce une peinture au couteau ? je ne m'y connais pas très bien quant aux différentes techniques)
JACB
JACB · il y a
couteau et je suis "ELLE".
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
oups ! O:-)
James Wouaal
James Wouaal · il y a
Extrait d'une nouvelle qui est bien trop longue pour jamais paraître ici.

Il faisait carrément froid maintenant et la pleine lune renforçait cette sensation. J’ai fait cent mètres sur la route puis j’ai pris un petit chemin qui grimpait vers le sommet d’une colline et vers mon enfance. Je montais souvent là, petit, pour voir cette majestueuse Auvergne, ses très vieilles montagnes arrondies et polies par tant de siècles. Dans la nuit, sous sa blanche veilleuse, elle resplendissait l’Auvergne. Ma petite colline était plantée là, au beau milieu, comme un bourgeon de féminité, timidement dressé au creux d'une vallée gigantesque. Elle était surmontée d’une grande croix en bois cette éminence, en hommage au petit Jésus. Au loin, tout au bout de cette vallée, vers les puys, les sommets des montagnes enneigées semblaient des nuages descendus boire l'eau d'un torrent.
Virgo34
Virgo34 · il y a
Un "petit poème en prose", cet extrait. Le chemin mène aux souvenirs d'enfance et on a envie de le parcourir aussi...
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Cela donne envie de lire la suite !
James Wouaal
James Wouaal · il y a
C'est une histoire bien tragique.
JACB
JACB · il y a
J'adore la dernière image.
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
pareil
Deddy Khan
 Deddy Khan · il y a
Je commence avec une petite prose :

"Ligérienne

Ainsi va la vie. Commode et paresseuse.
La Loire traverse son val et confirme ses pays d'une main lascive et caressante.
L'eau salée remonte jusqu'au bord de sa bouche mais ne cause ni tracas, ni tourments.
Ainsi va la vie, la lumière la rejoint. Quand l'harmonie se mêle à l'ennui, le rêve n'est pas loin."
.
Virgo34
Virgo34 · il y a
C'est fou comme la Loire est souvent le cadre tranquille d'histoires imaginées ou vraies. C'est certainement que son cours paisible a inspiré des écrits et des vies.
Bernard Boutin
Bernard Boutin · il y a
Un texte tout en méandres !

La charte du forum

La littérature (courte) est avant tout une passion, et un loisir qui s’adresse à tous. La diversité et l’éclectisme de la communauté Short Edition font donc toute sa richesse,...

Lire la charte